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Coavionnage : Mise en garde de la DGAC

Face à l’apparition d’applications mobiles spécifiques, la DGAC a choisi d’alerter le public, mais aussi et surtout les pilotes privés et les propriétaires d’avions légers, sur les risques que peut leur faire courir la pratique du coavionnage.

15.09.2015

Et même si le coavionnage pourrait se révéler à l’usage être une fausse bonne idée, sa pratique même à petite échelle, risque de faire des dégâts, avant de tomber dans les oubliettes. La DGAC (Direction générale de l’aviation civile), la FFA (Fédération française aéronautique) ainsi que les assureurs ne peuvent pas attendre que la fièvre médiatique retombe. Certains pourraient y perdre des plumes avant.

Dans son communiqué de presse diffusé le 15 septembre 2015, la DGAC a choisi de faire de la pédagogie. Certains diront de mettre les points sur les « i ».

« La réglementation permet à un pilote privé de partager les frais du vol avec des membres du cercle familial ou amical lors d’un vol privé ou de loisirs. L’extension au grand public sort du cadre privé et se rapproche du transport public ».

A destination des passagers, elle insiste sur les grandes différences entre aviation de loisir et transport aérien public, en soulignant explicitement que les garanties de sécurité ne sont pas les mêmes.

« Le transport aérien public commercial est soumis à un ensemble de règles contraignantes relatives au pilote professionnel, à l’aéronef, à son entretien, à son équipement et aux procédures d’exploitation. Le transport public présente un haut niveau de sécurité bien supérieur à celui de l’aviation générale ».

La DGAC attire ainsi l’attention de ceux qui seraient tentés par le coavionnage sur les risques qu’ils encourent : les risques d’accident pour les passagers, les sanctions disciplinaires et pénales pour les pilotes et les propriétaires des avions.

L’administration espère susciter une prise de conscience qui lui permette de gagner quelques semaines, le temps d’étudier la question avec notamment la FFA. Pour sa part, la FFA prépare un amendement « coavionnage » que les aéro-clubs seront invités à ajouter à leurs statuts dès la fin de l’année. Entre la presse et les réseaux sociaux, le coavionnage bénéficie d’une publicité gratuite qui a pris l’aviation légère de court…

Difficile d’évaluer la réalité du phénomène. Mais une chose est sûre, cette forme de partage ne connaîtra pas avec l’avion l’ampleur qu’elle a atteinte avec la voiture. Les volumes ne sont évidemment pas les même, ce qui rend l’offre beaucoup moins attrayante. L’aviation est également plus contraignante. Entre les difficultés d’accès aux aérodromes et les aléas météo, il faut être motivé pour voyager en avion léger, ou passionné. Pour aller d’un point à un autre, n’importe où, n’importe quand, la voiture est imbattable. En revanche, pour une balade touristique pourquoi pas ?

Quelle que soit la trajectoire que suive le coavionnage, mieux vaut éviter les embrouilles, avant que cette formule en apparence alléchante n’ait démontré ses limites. La mise en garde de la DGAC est là pour faire réfléchir tous ceux qui seraient tentés.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

53 commentaires

  • Blackcat

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Bonsoir,

    de mon avis, deux notions s’opposent:
    – règlementaire
    – philosophique

    D’un point de vue règlementaire, la consigne DFGAC n’a aucune valeur juridique. En effet seul un texte du législateur peut être opposé à un citoyen, ou une jurisprudence. et la notion de cercle d’ami n’est qu’une interprétation. Privé n’est pas la traduction de cercle d’amis, mais l’opposition à Commercial, c’est à dire « pour soi-même ».
    De plus le partage de frais n’est pas défini dans le texte de loi !! Seul une jurisprudence peut permettre de s’appuyer sur cette notion de quota et blablabla …
    D’ailleurs, un PPL peut être rémunéré.. si si ! un instructeur ou examinateur dans certaines conditions … Cf règlement 1178 AIRCREW !!!
    Peut-être peut on trouver une limite de la pratique du co avionnage dans les règlements intérieur des associations ou dans les polices d’assurance !?
    Et finalement, le vol pourrait n’être illégal que si le passager en est la raison, et non juste accessoire !! Attention aux pilotes qui proposent des vols qui ne se font pas faute de passagers….

    Sur le fond, il faut arrêter de comparer voiture bateau avion et trottinette.. se sont de faux arguments ! Certains pilotes sont de vrai dangers, même avec plusieurs heures de vol.. qui n’a pas dans sont club l’électron libre ??? le problème c’est qu’un pilote privé qui est contrôle, licences a jour, sur des avions qui sont passés par l’OSAC sont de facto « clean » et apte à voler… avec des passagers qui plus est !!! Mais on peut se poser des question de la sécurité d’un vol par un pilote pas ou peu habitué a voler à plusieurs, avec l’envie de montrer qu’il est pilote ( qui n’a pas dans son club le mytho a ray-ban et sacoche de vol pleine d’objets et qui une fois sur deux oubli de rentrer les volet au décollage ou de remettre le bouchon du resrvoir ?). Et qui accumule un problème de météo, de passagers, ou une panne … l’accident arrive toujours dans l’accumulation de plusieurs facteur (Cf james Reason).
    D’ailleurs, pourquoi de simple « baptêmes » sont si encadrés et restreints ???
    Donc dans ce domaine, ce n’est pas la loi mais la pédagogie qu’il faut employer. Au présidents de club de prendre des décisions ( car en cas d’accident vous serez mis en cause, si si, ça arrive souvent avec condamnation à l’issue ! )

    restera toujours le cas des proprios isolés ..

    Pour l’ULM la réponse est simple : Art L330-1 et R330 du CAC

    Pour la DGAC et l’ULM : la DGAC s’en fout… l’activité ULM sort de son domaine de surveillance … Bah oui, sauf pour les pilotes … donc en cas de soucis c’est le CDB et non pas la société qui sera responsable !!

    PS : désolé pour les fautes de frappe ..

  • Fabrice

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Je ne vois pas bien où est le problème ; pour une fois, la loi est limpide : un pilote privé peut partager les frais de son vol avec ses passagers, passagers qu’il peut trouver où bon lui semble.
    Si la DGAC et l’USPNT veulent changer la loi, qu’ils essayent. En attendant, les sites de co-avionage sont légaux.
    Par prudence, je serais ces derniers, je demanderais d’ores et déjà à un juge une requête gracieuse d’interprétation de la loi, avant que la DGAC ne ponde un décret.

    Point barre.

  • Poussou Paul

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Bonjour à tous, la lecture de l’ensemble des commentaires, m’a beaucoup apporté, avec l’envie de témoigner de mon expérience. je suis ppl et pilote ULM 3 axe. j’ai 200h de vols en club sur 20 ans de pratique sur dr400 et depuis 5 ans propriétaire de mon ULM 3 axes. Durant ces 5 dernières années, j’ai effectué 400h, soit 80h par ans. tout cela pour répondre aux questions de différenciation entre les ppl et pilote ULM. je me sent bien plus compétant sur mon ULM que lorsque je pilotais en club avion. Être propriétaire m’a permis d’assouvir ma soif de pilotage et de voyage. Pour raison familiale, je traverse la France environ 6 fois par ans. ces voyages se pratiquent en condition VFR, avec tous les aléas que chacun connait ; départ différé, déroutement, date de retour aléatoire. Passionné d’aviation et conscient de la chance que j’ai eu d’être soutenu par mes parents lors de mon apprentissage, c’est avec très grand plaisir, que je propose à mon entourage et particulièrement aux jeunes de partager mes vols. Et ça n’arrive pas souvent, car l’accumulation des contraintes aéronautiques, à mes contraintes professionnelles et aux contraintes de mon passager, fait, comme vous l’imaginez, que la fenêtre de tir est plus étroite, que pour le lancement d’Ariane. En 5 année je n’ai jamais partagé un voyage avec une connaissance. Et pour une quinzaine de fois avec un membre de ma famille qui avait pour le coup, le même objectif que moi, d’aller rendre visite à une personne commune, pour une durée aléatoire mais commune. Tout cela pour vous dire que si des apprentis pilotes de ligne sont prêts à louer leur service de taxi-brousse, il faut en limiter la possibilité. Mais pour ce qui est de permettre de faire profiter un ami ou un inconnu d’une place libre dans mon ULM, avec ou sans site de co-avionnage, je continuerais à le faire en reconnaissance de tous ces vieux pilotes qui m’invitaient à venir prendre place dans leur avion, alors que je trainais des journées entières autour de l’aéroclub. Il en va de l’esprit même de notre passion et des valeurs éducatives et de responsabilité humaine, quelle véhicule. permettez moi de moi aussi faire une citation. « la peur n’évite pas le danger », seul la formation, la connaissance et la compétence vous maintiendront en vie. Sinon restez chez vous, vendez votre voitures et cultivez votre jardin. Bons vols à tous, bonnes fêtes auprès de vos proches, moi je garde la tête dans les étoiles.

    • Olivier

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Merci Jacquesfly pour ce lien : je connaissais déjà l’arrêté du 31 juillet 1981. Alors je cite l’article 4.2.2 :  »…la licence de pilote privé avion permet à son titulaire d’exercer sans rémunération les fonctions de commandants de bord… » là, nous sommes bien d’accord, pas question à un PPL de se faire payer. Mais, je continue l’article  »…un pilote privé peut partager les dépenses de fonctionnement d’un vol avec ses passagers… » c’est là, encore une fois, que je ne suis plus d’accord avec le communiqué de la DGAC qui à rajouté 3 petits mots  »cadre familial amical ». Or, l’article 4.2.2 est clair : il n’y a aucune restriction dans le principe du partage. Alors d’où la DGAC tire-t-elle ces 3 mots ?

  • Olivier

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    A Gil Roy ou tout autre  »spécialiste » : la DGAC a mis en garde les aéroclubs, sur le phénomène du co-avionnage, en indiquant :  »… la réglementation permet à un pilote privé de partager les frais du vol avec des membres du cercle familial ou amical … ». Pouvez-vous m’indiquer le numéro du paragraphe et la référence de l’article de la réglementation qui en parle ? (le terme  »dans le cadre familial ou amical » est introuvable) La réglementation européenne ne restreint pas ce cadre du partage, alors quoi appliquer ? Etant trésorier d’un aéroclub, je recherche exactement le titre de loi avant diffusion. D’avance merci.

    • Fred2

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      J’ai trouvé le communiqué de presse de la DGAC sur le sujet :
      http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-risques-de-la-pratique-du.html

    • Olivier

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Merci Fred2. Mais il ne s’agit qu’un communiqué et non un texte de loi, donc aucune valeur. Par définition c’est toujours la loi qui est applicable et cette loi aujourd’hui ne restreint pas les connaissances du pilote pour effectuer son vol de partage. Depuis 15 jours que j’ai déposée ma question sur divers sites (même un mail à la DSAC, mais resté sans réponse) personne n’a été en mesure de me donner exactement la référence du texte de loi (encore moins les soit-disant  »journalistes » qui ont relayaient ce communiqué).

    • Fred2

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Absolument d’accord avec vous : l’arrêté de 81 est toujours en vigueur, et donc le partage des frais est possible. De plus, il n’est mentionné nulle part dans quelle mesure et avec qui.

  • RV

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Chère DGAC, comme la sécurité est ta priorité, et que tu ne veux surtout pas laisser des PPL faire du CPL (et j’approuve!) pense aussi alors à regarder du coté de l’ULM…

    Eux on le droit d’être professionnels… experts et vrais dangers public, il y a un peu de tout, et ça ne pose de problème à personne…

    OULA!!!!!, je vois déjà les commentaires d’ULMistes!!!
    « c’est une minorité, certains ulmiste sont bien meilleur que certains PPL etc… »
    c’est vrai et justement!,
    les professionnels de l’ULM, sont 400% moins formé que les CPL, volent sur des machines non certifié, et ça se passe pas trop mal…

    Alors DGAC que fait on? on interdit le pro aux ULM ou on autorise le pro (light) au PPL hors club?
    Quel Bordel! Bon courage……………

  • marmiton

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    pour faire du transport de passagers sur rendez-vous, il faut des avions IFR et degivrés , je me rappelle un retour au dessus de la frontière espagnole !
    et bien sur, des pilotes IFR ayant un entrainement suivi
    autrement dit, il faut voir des compagnies du 3° niveau

  • Eric

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Bonjour à tous.

    Si je comprends bien, pour la DGAC nous (PPL) sommes en fait pas suffisamment dangereux pour des pax qui sont de notre famille, mais très dangereux lorsque ces mêmes pax sont des inconnus… Quelle cohérence ?

    D’autre part, ce qui est autorisé pour l’automobile (blablacar) ne l’est pas pour l’aéronautique. Même si bien évidemment l’exigence n’est pas la même il y a bien plus de mort en voiture qu’en avion léger. Donc, là aussi, prendre la route avec un jeune qui n’a presque jamais conduit la grosse routière qu’il vient d’emprunter à son père, pour peu qu’il soit sous l’emprise de stupéfiants, semble acceptable, mais pas le même trajet en avion avec un pilote qui passe des tests… Désolé, mais je ne comprends pas !

    Pour ma part, cette pratique ne m’intéresse pas, je vole pour mon loisir et aussi pour des déplacements professionnels, mais, je pense que cela peut être une bonne chose pour démocratiser les vols courtes distances, comme aux USA.

    Libérons les énergies…

  • aerofourq

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Apres avoir lu toutes les reactions, apres avoir constaté que la FAA était appelée en procédure pour lecture eronnee des textes, apres avoir constaté la peur infondée de quelques syndicalistes aéronautiques professionnels, et avoir lu et relu la mise en garde de la DGAC, je me permets de vous proposer mon interpretation du sujet.
    -Tous les sites de co avionnage presentent les trajets comme possibles, et ne mettent pas assez l’accent sur les aléas météo, et les décisions commandant de bord dans ce cas, ce qui, admettons le, est naturellement accidentogene, surtout pour un pilote peu experimenté, bien que qualifié pour le vol, juridiquement.
    -La FAA a tranché de maniere abrupte vis a vis de Flytenow car le coté lucratif lui semblait évident, ce que combat Flytenow.
    -les arguments de la dgac et de l’USpnt mettent en avant la faible fiabilité technique et la médiocre compétence des pilotes, qu’ils soient privés, ou professionnels amateurs d’aviation generale, or il est avéré que le carcan reglementaire, tant technique que competences pilotes, existe déja et est appliqué scrupuleusement par nos partenaires de la DGAC et de l’OSAC, carcan équivalent a ce qui se fait avec un CTA ou un Jar145, voir les part M et autres ATO imposes par l’EASA a nos aeroclubs!
    -l’effet BlablaCar est evident, et dans l’air du temps, mais l’attrait pour la formule, qui est bien plus d’agrement qu’economique, comme demontree precedemment, va t’il durer, avec quelques changements de destinations impromptus et repetitifs?
    En conclusion, le point clef est evidemment la couverture juridique associee a cette activité qui a le merite de permettre aux pilotes d’amortir le cout de l’heure de vol, de faire decouvrir notre activité de passionné a un plus grand nombre, peut etre meme de creer des vocations pour de futurs membres de nos clubs, et relancer peu ou prou la filiere aviation generale moribonde- pour memoire moyenne annuelle HDV pilotes 12/an, age moyen 49 ans, age parc avion 22 ans! la DGAC ferait bien d’etre precurseur au sein de l’Europe dans une decision de relance de l’aviation generale en bornant de maniere positive cette activité, sinon la branche finira par etre sciee. et que l’USPNT se rassure, les coavionneurs ne feront pas d’ombre a Air France, elle en a déja assez par ailleurs.
    Bons vol a Tous.
    Arnaud

  • bertrand

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    A la lecture de la lettre de l’USPNT à notre chère ministre de tutelle, je tombe vraiment des nues !!!
    Tout d’abord, je cite :  »ces pratiques se font au détriment des pilotes professionnels français, dont un grand nombre est à la recherche d’emploi » :
    il ne me semble pas que nous jouons dans la même cours : comment un DR400 ou un PA28 peut faire de la concurrence à un A320 !!!
    Je cite encore :  »…portent atteinte…à la sûreté nationale…ils offrent des possibilités de contournement des contrôles douaniers et
    d’affranchissement … » : ah !!! Je ne savais pas que tous les détenteurs de PPL étaient dealers ou trafiquants !!!
    Encore  »…à bord d’avions dont ils ne sont pas forcément propriétaires… » : et eux, sont-ils propriétaires de leur avions ?
    Et je pourrais encore citer plein de chose.
    La seule chose qui est importante dans cette lettre, mais malheureusement noyée dans tout ce tissus de blabla est : » le cas d’incident ou d’accident,
    la couverture des contrats d’assurance ».

    Non vraiment, ces pilottes se moquent de nous, petits pilotes privés.
    Je croyais que nous avions tous la même passion : l’aviation.
    Eh ben non !!!
    Tous ce qu’ils veulent c’est conserver leur travail et leurs privilèges.Il n’y a qu’à voir ce qu’il s’est passé, à une autre époque : Air Lib, Air Littoral, …

    De plus, depuis quelques semaines, nous lisons tout et n’importe quoi dans les revues aéro au sujet du co-avionnage.
    Moi, je suis comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois : alors s’il vous plait messieurs les rédacteurs : arrêtez de crier au loup sans preuves !
    Et appuyez vous sur des preuves en les mettant en avant, voir citez la référence des articles de la règlementation pour que nous puissions les consulter.
    Car en colportant des choses fausses, vous alimentez les ragôts et appeurez tout le monde. D’avance merci.

    Et merci à la DGAC de statuer, en toute neutralité, le co-avionnage non pas pour satisfaire tel ou tel syndicat,
    mais pour garantir la plus grande sécurité aux aéroclubs, aux pilotes et co-avionneurs.

    • EMC

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Bonjour
      C’est quoi votre metier Bertrand ?
      Je vais vous mettre en concurrence, non declaree, avec des « amateurs » eclaires certes, qui vont faire une partie de votre boulot pour quasi rien.
      Et apres on verra si vous etes toujours aussi fan de la dereglementation a outrance et du neoliberalisme.
      Les ricains sont des gens pragmatiques
      S’ils ont interdit cette pratique je me dis qu’il doit y avoir une bonne raison, et pas syndicale
      Emc

    • bertrand

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Je suis content de voir que mon commentaire à suscité quelques réactions.
      C’est le principe de la démocratie, tout le monde à le droit se s’exprimer et de réfléchir.

      Pour continuer la discussion, sur la concurrence ou la non-concurrence, je me suis laissé aller à un petit scénario.
      Etant donné que je demande aux rédacteurs d’apporter des preuves, je vais tanter d’en faire de même.

      Je vais opposer, sur un trajet défini, les 2 modes de transport Compagnie aérienne (par exemple Air france) / Un co-avionnage.

      Je ne peux pas faire ma démonstration sur un vol Marseille-Avignon ou Montélimar étant donné qu’il n’y a pas de vol régulier sur ces trajets : donc là, pas de concurrence !!! Affaire classée.

      Je vais plutot traiter un Marseille-Paris.
      Disons un week-end (oui, les pilotes privés peuvent travailler en semaine), dans un délai de 15 jours (le temps de préparer sa log de navigation, lire les cartes VAC ….).

      Solution 1 :
      Sur le site d’Air France, j’ai trouvé un vol Marseille – Paris Orly, le 11/10/2015, à 118 €.

      Solution 2 :
      Petit pilote privé, je vais préparer un Marseille-Toussus le Noble.
      Pas question pour moi d’atterrir à Orly avec mon PA28, pourtant ouvert à la CAP.
      Mais je préfère payer 16,68 € de redevance contre 188,58 € à Orly (Tarifs 2015 – ADP)(NOTA : souvenez-vous des 2 tarifs pour la fin).

      Sur Air Nav Pro, je trace rapidement ma route entre Marseille (LFML) et Toussus le Noble (LFPN).
      Cela me donne assez directement 356 NM, soit avec un facteur de base de 0,6 (pour mon PA28) une durée de vol de 3h34.
      Rajoutons 10 min de roulage à Marseille et autant à Toussus, cela fait 3h54.
      Je ne parle pas des temps additionnels que la réglementation nous impose.

      Aie, si je veux amener avec moi 3 co-avionneurs avec une petite valise, je suis obligé de m’arrêter sur  »la route » pour faire le plein.
      En effet, le calcul de la masse et centrage m’empêche de partir avec plein total, soit 5h d’autonomie.
      Mais pour la démonstration allons droit au but.

      L’heure de vol de mon PA28 est fixée à 180 €.
      Cela fait donc 180x3h54+16,68 (redevance Toussus)/4 personnes (3 coavionneurs+1 pilote) = 175 €
      Souvenez-vous, arrivée à Toussus-le-Noble et non à Orly, sinon avec la redevance d’Orly, cela fait 223 €

      En résumé
      Solution 1 : 1h d’Airbus A320-211 (180 passagers), départ par quasi tous les temps, pour 118€

      Solution 2 : 3h54 de PA28 (4 passagers au total), avec une incertitude de partir plus importante (principe de vol VFR, selon la météo), pour 175 €.
      Je ne reparle pas de l’arrêt possible en cours de  »route » sur un aérodrome (donc paiement d’une redevance supplémentaire) afin de refaire le plein. Ou alors, je n’emmène que 2 personnes.

      Maintenant, soyez pragmatiques : vous voulez passer un week-end à Paris. J’imagine que vous avez déjà réservé un hôtel. Alors vous choisirez quelle solution ?

      Alors concurrence ou non-concurrence ?
      Pour moi, il y a plus important et je le redis : les risques d’accident et les responsabilités

    • Pilote terrassier teneur de manche

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Ok pour cette démonstration sur un paris marseille avec de la concurrence ligne… ou TGV
      C’est pas la que c’est utile….
      prenons un sens province Paris plutot, un Ussel aérodrome Chirac – Paris Toussus. 194 Nm 116mn à 100 Knt allez 2h et quelques miettes (il n’y a pas de roulage long à Ussel)
      Ben la rien ne se compare.
      De Ussel s’il n’y a pas cette solution, il faut prendre le train ou la voiture (6h de route). (j’ai pas pris Tulle on aurait pensé que je justifiai le tralala de notre Président et il n’y a pas d’aérodrome malgré une économie florissante)
      On a de la chance il y a plusieurs départ prenons le 1er en matinée pour ensuite pouvoir mettre en parallèle.
      6h33 arrivée 12h30 gare de PARIS AUSTERLITZ
      on mange et se rend sur le lieu de RDV
      à 14h rendez vous, on a bien planifié.
      16h retour c’est bête pas un seul départ avant 06h37 (le lendemain matin) PARIS AUSTERLITZ arrivée 11h42 USSEL GARE
      donc une bonne nuit d’hotel… et 2 matinées dans le train (il n’ya généralement pas de prise pour bosser sur un train intercité… il faut compter sur ses réserves de batterie téléphone ou portable)

      De toute manière en arrivant à Paris à 12h30 il faut y rester la nuit il n’y a le temps de rein faire…
      En trajet de train environ 80€ soit 160€ A/R plus nuit d’hôtel on va dire même prix soit 240€ (c’est déja plus cher qu’un Paris Marseille ou Paris Toulouse ou Paris Nantes).

      par contre en co-avionnage départ 6h33 à Ussel arrivée 8h 40 avec le roulage à Toussus et parking.
      1 h de RER ou de taxi à 10h rendez vous possible
      pour être prudent 14h départ paris après avoir mangé avec son client 1h RER ou taxi et décollage 15h 30 toussus 17h30 Ussel…
      ça se fait dans la journée. (on est d’accord Météo OK)
      il n’y a pas photo…. et en PA28… 180X 1Aller + 1Retour = 360€ même seul sans avoir 3 pax ça vaut le coup….
      de plus on vole en N pour baisser le prix de l’heure de vol et voila….

  • CS

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Bonjour.
    Avant toute chose, peut-être convient-il de se référer à la sémantique du mot :
    Privé , adjectif
    Sens 1 : Qui n’est pas ouvert au public.
    Donc, un pilote privé ne peut réaliser que des vols PRIVES c’est à dire : NE FAISANT PAS APPEL AU PUBLIC !!!!
    «  » » Pas besoin d’avoir un doctorat en droit pour comprendre ça ! «  » »
    Quoi dire de plus ?
    Cordialement.

  • Pepito

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Ca va se finir que, amis/famille ou pas, on va en arriver à faire signer à tout passager d’aviation générale une décharge de responsabilité en cas d’incident/accident, qui prouvera que le pilote a clairement exposé les risques éventuels d’un vol non-commercial (déroutement, demi-tour, etc) …

  • JMB

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Dans mon commentaire je parlais de Pierre Sparaco mais c’est surtout à Michel Barry à qui je pensais, voici d’ailleurs le lien vers l’article d’Aerobuzz à son sujet:
    http://www.aerobuzz.fr/culture-aero/article/michel-barry-ou-la-sagesse-d-un

    A méditer…

  • JMB

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Aux partisans inconditionnels du coavionnage, connaissez-vous beaucoup de clubs où les baptêmes sont faits par des pilotes sans considération d’expérience totale ni d’expérience récente dans les mois précédents?
    Pensez-vous que ce soit juste pour brider les « jeunes » pilotes ou ceux qui ont du mal à faire des heures?
    Et je vous renvoie vers les articles de Pierre Sparaco et tout ce qui a été dit à l’occasion de son décès y compris ici sur Aérobuzz pour réfléchir à pourquoi n’importe qui ne peut pas s’improviser pilote de balade et encore moins pilote de transport du point A au point B.

  • syndrom

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Le coavionnage c’est super !
    Ça permet de faire voler des gens (utilisateur comme pilote) qui n’en aurait pas les moyens habituellement ! Les pilotes peuvent donc acquérir des heures de vols et donc de l’expérience !
    Les avions volent tous les jours et il y a très peu d’accident !!! Pas besoin de réglementer encore plus une filière déjà plombé par la DGAC.
    Pour rappel : ça ce pratique déjà depuis de nombreuses années, certes en dehors d’une vitrine internet mais oui ça existe déjà et sa fonctionne très très bien :)))

    Et si vous doutez de la compétence de vos pilotes (de votre formation ab initio) pourquoi ne pas développer l’aviation général ? pourquoi ne formerait’on pas les pilotes a l’IFR pour les sortir d’une mauvaise passe ??
    Non on préfère les voir galérer a se poser n’importe ou en payant tjrs plus de taxe !

    La DGAC passe son temps a dire NON ! que ce soit le coavionnage, les pseudo copilote SMUH ou encore les drones…..

  • mpascalm

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Bonjour
    On m’a toujours dit que l’avion( ,celui du club )est un moyen de transport rapide si l’on est pas pressé .
    Et après 30 années de pratique je vous assure que c’est vrai !
    Les voyages c’est super lorsqu’il fait très beau et le truc c’est de bien informer vos passagers
    que peut-être ,suivant la météo on n’arrivera pas la ou l’on voulait aller .
    Comme dirait notre regretté A Claude , c’est une affaire d’état d’esprit !
    Bon vols

  • Pedro

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Merci à la DGAC ! NON à l’UBERisation de la société !
    L’aviation est un domaine de professionnels, il ne s’agit pas de faire Marseille-Montpellier en Audi A3 climatisée sur « l’autoroute du soleil » !
    Déjà que l’on considère en compagnie qu’un pilote pro de 200 heures est un « bébé pilote », comment peut on penser faire du TP (oui, c’est bien du TP) avec des jeunes sans réelle expérience, sinon celle de leur instruction et de leur dizaine d’approches IFR aux minimas…?
    Alors oui, l’idée était bonne, il y a beaucoup de pilotes sur le carreau, et Blablacar a l’air de bien marcher, mais ce modèle ne PEUT PAS s’appliquer à l’aviation, et notamment à sa spécificité concernant l’accumulation d’expérience !
    « Un bon pilote est un vieux pilote » ! Et quand bien même il y aurait dans le lot des gens «  »expérimentés » », il reste un problème juridique quant à la règlementation sur le TPP.

  • ikarus

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    « Objectif Destination » est la pire consigne à laquelle puisse obéir un pilote VFR. Pratiquer l’aviation de loisir, c’est accepter (comme cela m’est arrivé il y a quelques années) de planifier un voyage vers l’Alsace et de finalement me retrouver à Montpellier car pendant deux jours, les terrains vers l’est étaient IMC. Je ne vois pas comment proposer des places en co-avionnage avec une obligation (même seulement morale) de résultat en contexte VFR.

    Il ne s’agit pas de réglementation mais de simple bon sens. On peut proposer un vol à des amis pour survoler la région à condition de payer sa quote part, personne n’y trouvera à redire. Faire un déplacement de A vers B peut apparaître comme du transport public déguisé sitôt qu’il est prouvé que les participants n’ont aucun lien en dehors du voyage.

    Un exploitant, proprétaire ou non, de l’avion peut se trouver en grande difficulté en cas d’accident, car même si les participants ont accepté de renoncer à toute action en de telles circonstances, cela n’engage nullement leurs ayant-droits.

  • Alain

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Pour la promotion de l’aviation légère, il y a effectivement beaucoup à faire à commencer par l’aménagement des infrastructures pour que les gens aient envie de venir passer un (bon) moment sur un aérodrome.
    Mais remplacer des pilotes professionnels par des pilotes privés est une gageure, tant d’un point de vue sécuritaire que de la création d’emploi et de la fiscalité qui font nécessairement parti de l’équation. Les pilotes privés ne doivent surtout pas se sentir humiliés lorsque l’on dit ça. Ils ne sont naturellement pas (du tout) « dangereux » lorsqu’ils emportent des passagers dans le cadre de leurs vols de loisirs. Ce dont on parle ici, ce sont des vols à objectifs. Sous pression. Ne pas faire la différence signifie juste qu’on y a jamais été confronté mais c’est justement pour ce type de vols que l’on a créé une formation de pilote dit « professionnel ».
    Il faut bien garder à l’esprit que, au-delà de la qualité personnelle du pilote, la sécurité est directement conditionnée par la formation qu’il a reçue (en nombre d’heure et en qualité de contenu) et par son expérience qui est une sorte de formation continue (si elle est bien encadrée). Les pilotes militaires vous le diront, les compétiteurs vous le diront, la formation, c’est essentiel! Si vous êtes d’accord là-dessus, la question des prérogatives ne devrait pas vraiment être soulevée.

    Je suis tout à fait d’accord sur le fait que l’on doit pouvoir (enfin) communiquer avec le grand public. La publicité récurrente étant interdite aux associations loi 1901 pour des raisons principalement fiscales, il y a des pilotes qui se sont mis courageusement à leur compte pour tenter de promouvoir le secteur et l’emploi. Le monde aéro étant malheureusement très cloisonné, vous ne les côtoyez peut-être pas mais ils sont mu par la même passion que vous, la même volonté de promouvoir leur discipline, ils ont passé leur pilote privé comme vous puis ont eu la chance de pouvoir approfondir avec un CPL voire plus. Ils se payent au SMIC et parfois moins car ils volent et entreprennent par vocation. Ce sont nos amis, nos proches, nos enfants et tous nos espoirs doivent reposer sur eux car ils sont clairement détenteurs de la solution. Ce sont en quelque sorte les Mermoz du 21ème siècle. N’oubliez pas que la société a complètement changé.
    Le problème c’est que nos jeunes pilotes professionnels entrepreneurs sont bloqués par les coûts exorbitants des suivis administratifs demandés. Pour vous donner une idée, certains parlent de 4000€/mois de surcout pour exploiter un avion de tourisme dans les règles (CTA). Et le malheur c’est que l’on se rend compte (même à l’EASA) que cela n’améliore pas vraiment le niveau de sécurité qui reste essentiellement une question de formation (et de culture d’entreprise mais c’est encore une histoire de formation). C’est ce barrage qui au final génère toute ces ondes de choc. Si l’on aidait ceux d’entre nous qui passent professionnels, ou tout au moins si on ne les freinait pas inutilement, on n’aurait pas ce débat, on n’aurait pas ces initiatives de ruptures désespérées, et le grand public reviendrait le week-end sur les aérodromes au grand bonheur de tous les acteurs, professionnels ou non.
    Surtout, n’opposons pas les uns aux autres par méconnaissance, décloisonnons nos sphères, prenons du recul et tous ensemble pensons « secteur ». La communauté doit se ranger derrière ses professionnels, n’est-on pas fier lorsqu’un de nos enfants ou élèves devient professionnel?
    Réfléchissons à comment créer des emplois de pilotes sur nos aérodromes, ils fermeront moins vite. Il n’est pas normal que l’on pousse les pilotes CPL vers l’ANPE ou vers des activités illégales plutôt que de les aider à faire fonctionner l’économie et à sauver le secteur.

    Et avec 80 millions de touristes chaque année, est-il normal de « s’interdire » de leur vendre un tour en avion de tourisme ou en planeur sachant que l’on a entre 400 et 450 aérodromes en France? N’est-ce pas là un job de murissement parfait pour les CPL? Une opportunité pour les aérodromes et les régions?

    Soyons fiers de nos professionnels et prenons conscience que dans notre société en mutation rapide, la solution passe par eux et par une réglementation adaptée.

    • FbS

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Il doit y avoir un juste milieu, que l’EASA/la DGAC peine à trouver. Mais ils ont effectivement pour principe d’interdire d’abord, et de surtout ne pas copier ce qui marche ailleurs.

      En vous lisant je pensais au blog tenu par un jeune CPL qui est allé « murir » en namibie. Il a été embauché la bas par une compagnie qui ballade des touristes dans tout le pays en Cessna 210. C’est un business qui marche assez bien la bas, pour le plus grand bonheur de tout le monde. Et puis, en cas de pépin, un 210, ca se pose encore dans un champ.

      Mais en France, pas de TP en VFR, ni en monomoteur et encore moins avec des moteurs à pistons (berk)

  • Fred2

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    @ Guynemer13 : Le sujet des GIE a été abordé dans un autre sujet par Gil Roy à propos du patron d’Uber. Merci donc de ne pas tout mélanger.

  • guynemer13

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Et les GIE !!! personne ne leur dit rien, personne ne s’offusque de leur activité !!! Je connais quelques Cies d’Aviation d’affaires dont l’activité s’est finalement arrêté en partie à cause de leur présence.

  • manu

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    La DGAC gardienne du sacro-saint temple n’aura pas tardé à réagir au développement du coavionnage qui n’est qu’une application de plus des mutations profondes qui touchent et toucheront qu’ont le veuille ou non l’ensemble de notre société à travers la notion de « partage » (voitures, maisons, bateaux, savoir faire etc…) et qui efface peu à peu l’esprit d’égoïsme profond, fondement même de notre société de consommation. C’était oublier qu’en aviation rien ne saurait être simple ni comme ailleurs. Souvenez vous de la poignée de verrière des DR400 issue des pièces de chez Citroën mais qu’on ne pouvait toucher qu’à 10 fois le prix des pièces de la marque car estampillée pour un usage aéronautique… On est bien loin de l’aviation populaire (qu’on connu nos grands parents quand l’Etat voulait des pilotes pour faire la guerre). Aujourd’hui, tout ce qui peut favoriser l’essor de l’aviation légère est à proscrire. Alors pensez, le coavionnage: quelle horreur!
    Si le pilote privé est bien détenteur d’une licence lui accordant pour privilège l’emport de passagers sans rémunération (donc gain d’argent), je n’ai pas souvenir que la définition de passagers dans les textes s’accompagnait d’une précision sur la nature de ces passagers. Famille ou amis… Faudra t’il maintenant préciser un degré de parenté ou un niveau d’amitié pour pouvoir faire courir un tel risque aux candidats au vol qu’on fait du coup passer pour de purs inconscients? Le dangereux fou volant ne pourrait donc mettre que la vie de ses proches en jeu? C’est sûr qu’avec cela on va recruter pour nos aéroclub, c’est très vendeur! De plus à partir de quand devient on ami avec un pilote? Cela se compte t’il en soirées copieusement arrosées, en nombre de sms, en années depuis la maternelle? Faudra t’il un certificat attestant de l’amitié réelle et sincère. Intenable ou trop facile pour les tribunaux avec une notion si vague.
    Intenable aussi l’idée que l’on tente de véhiculer sur l’activité. Nos avions sont contrôlés toutes le 25 heures, subissent des CN, des contraintes très lourdes qui sont bien proches (pour les appareils en régime CDN) de celles imposées aux compagnies. Et on utilise bien moins de « scotch alu » que sur les liners (je sais ça ne va pas plaire).
    Reste l’entrainement, le sérieux des pilotes. C’est comme partout, il y a les bons et les mauvais (cf rapport du BEA du Rio-Paris que je ne développerai pas ici). Sauf que dans le cas du co-avionnage, vous avez le choix de refuser de suivre le pilote si vous ne le « sentez pas ». On est entre grandes personnes, on discute, on est libre d’accepter les risques ou pas.
    Pour écarter toute dérive commerciale, on pourrait se raccrocher à la notion impérieuse de loisir ou de plaisance pour les deux parties. Faire un vol de plaisance, d’un point A vers lui même ou vers un point B, cela doit rester un vol sans obligation de résultat. Pas d’horaires, pas de nécessité de partir ni d’arriver au point donné. Un vol réalisé pour l’unique plaisir des participants tout en considérant le trajet comme secondaire. C’est sur cette « idée maîtresse » que les sites de coavionnage doivent se construire.
    On ne peut pas tout interdire à priori. C’est une fausse excuse que de vouloir protéger les éventuels participants. Des sites identiques se développent pour la navigation maritime de plaisance et personne ne bronche. Pourtant des risques existent comme dans toute activité humaine. La réalité c’est que tout ce qui peut favoriser l’aviation légère est systématiquement écarté. Tout ce qui peut la freiner est encouragé (réglementations, ZIT, ZRT, SID, ATO) sous couvert de toujours plus de sécurité. Je me désole un peu de voir ce pays pionnier de l’aviation, seconde nation aéronautique forte de ses 40000 pilotes avoir soudainement peur de la forme d’aviation la plus accessible au grand public.
    Je ne suis pas un défenseur a tout prix du coavionnage. Cela ne me gène pas de payer mes heures de vol mais je trouve dommage de dénier par principe de précaution ou par protectionnisme le droit de faire entrer un plus large public dans une activité voulue trop confidentielle. On ne sauvera pas Air France en interdisant le coavionnage mais on privera l’aviation légère d’une bulle d’oxygène dont elle a bien besoin alors qu’il suffirait de préciser les règles. C’est pathétique.

    • stanislas

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      @manu ;Je suis entièrement de votre avis.
      Je m’étonne à la lecture de ces commentaires que personne n’ait évoqué la position des assurances sur le sujet.
      Sur le fond, je trouve pitoyable les termes utilisés par la DGAC dans son communiqué pour désigner les gens qu’un pilote peut emmener avec lui. C’est fou l’art que nos responsables exercent à produire des textes réglementaires qui laissent la place à autant d’interprétations. Il est clair que dans ce milieu on ne sait plus parler français.

    • syndrom

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      D’accord a 100% avec les 2 commentaires précédents 🙂

    • pascal. legrand

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      DACORD A 200%

  • Alain

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Comparer co avionnage et covoiturage me semble méconnaître la réalité de l’écrasante majorité des pilotes PPL … qui ne sont pas suicidaires au point de transformer notre privilège de PPL d’un vol local entre amis en vol de « quasi’ transport de Perpignan à Mulhouse par exemple pour faire gagner du temps à un patron de PME et partager des frais, un novice m’a demandé un jour ce service que j’ai bien entendu refusé car pas envie de se retrouver dans la crasse en VFR de nuit en Monomoteur à piston car le rdv à Mulhouse a duré plus que prévu… bref pour moi pas besoin de polémiquer sur ce communiqué de la DGAC qui est très clairement dans son rôle ici, et ceux qui s’amuseraient à ce petit jeu dangereux sauront qu’ils sont visés par le message. Moi petit PPL à 120h je ne me sens pas visé par ce message, je suis juste heureux de pouvoir faire partager mon plaisir de voler de temps en temps par beau temps à des amis.

  • Christian

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Il y a des raccourcis qui font mal !
    « Le transport aérien public commercial est soumis à un ensemble de règles contraignantes relatives au pilote professionnel, à l’aéronef, à son entretien, à son équipement et aux procédures d’exploitation. Le transport public présente un haut niveau de sécurité bien supérieur à celui de l’aviation générale ».
    Les deux phrases mises côte à côte laissent penser à une relation de cause à effet insinuant que si l’aviation générale présente un niveau de sécurité moindre , ce qui est indéniable, c’est en raison de l’absence de règles et de contraintes relatives à ses pilotes ses aéronefs, leur entretien et leur exploitation. Nous savons bien qu’il n’en est rien et qu’il faut chercher ailleurs (en tout cas pas dans une absence de règlements et de contraintes) les raisons de cette moindre sécurité.
    Le rapprochement des deux constitue donc une désinformation insidieuse.
    si la DGAC à raison de mettre en garde, son argumentaire contient une manipulation sémantique.

  • ChP

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Dans ce dossier, tout en mettant de côté les différents aspects techniques, réglementaires et humains développés par les uns ou les autres, bien qu’ayant toujours gardé en mémoire un vieil adage répété souvent par l’un de mes instructeurs (il y a un certain nombre d’années, il est vrai…) : « L’aviation légère est un moyen de transport rapide pour gens pas pressés!!! », il est un aspect dont il n’est pas parlé et qui peut concerner tout un chacun, particulier comme surtout association, c’est à dire « club », à savoir : L’ASPECT FISCAL lequel peut avoir des répercussions importantes (application TVA ou non, impôt sur chiffre d’affaire à défaut d’exonération particulière selon le régime appliqué, cotisations sociales ou autres, etc…). Par expérience, quand l’administration fiscale instrumente ce type de dossier (et croyez moi, les fonctionnaires de ce service sont des gens compétents), le résultat n’est pas aussi positif qu’on pourrait (ingénument) le croire au départ.
    Bons vols à tous, néanmoins.

  • Fred2

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    @ arno :
    Je crois que vous mesurez très mal le sens d’un vol à frais partagés dans le but d’aller d’un point A à un point B.
    Je vais passer sur l’aspect réglementaire dont il est assez débattu ici pour me concentrer sur l’aspect humain.
    Il s’agit ici d’obtenir un résultat de manière implicite : arriver au point B.
    Les personnes transportées ne connaissant rien à l’aviation pour le cas qui nous occupe, ne comprendront pas pourquoi « on fait demi-tour ». Et la tentation sera grande pour le pilote de vouloir « arriver à destination ».
    Pour mémoire : il n’y a pas très longtemps un professionnel de l’aviation s’est tué avec toute sa famille pour avoir voulu arriver « à tous prix » avec un avion non-équipé en conséquence pour mener le vol à bien : entrée en conditions IMC avec la colline derrière.
    Un pilote privé fraîchement sorti de test n’a pas toujours le « recul » nécessaire pour entreprendre ce type de vol avec résultat « imposé ».
    Je dit bien « imposé » entre guillemets, car ce sera clairement ce qu’on attendra de lui de façon implicite, et ce qu’il s’évertuera à faire pour ne pas décevoir et aussi accessoirement rembourser ses « clients » du jour.
    Rembourser 450 € pour 4 heures de vol infructueuses, ça fait du bruit dans le porte-monnaie.
    Pilote de Transport Public est une activité qui ne s’improvise absolument pas : témoin les 14 à 16 vols en A.E.L. parfois nécessaires avant d’être un « primo-dégrossi ».
    Je dis « primo-dégrossi », car croyez-moi sur parole : on est très loin de tout savoir au bout de seulement une trentaine de vols.

    • arno

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Pour ce cas précis, je vous rejoins totalement c’est le problème du facteur humain qui n’échappe à personne ; privé comme pro. Mais le principe franco-français, particulièrement ancré dans la haute autorité de l’aviation civile, du « j’interdis tout » est très pénible. Il en est de même sur le « j’interdis tout pour ne pas discriminer… comme ça tout le monde est au même pied d’égalité… » Vu aussi bien trop souvent.
      Certes je ne pratique pas (encore??…) le co-avionnage mais si sur le site le « risque » du déroutement n’est pas clairement présenté, peut être faudrait il également l’imposer plus fermement ?
      De plus, le fait d’avancer qu’un pilote pro saura lui faire face à un no-go ou déroutement… mouai, à d’autres… :-/ je fréquente bien trop cette corporation pour y croire…

  • Marc

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Comment cela se fait ? Pourquoi cela est-il permis au Royaume-Uni et en Allemagne mais pas en France ?
    USPNT & DGAC: Je pensais que la DGAC devait suivre la loi européenne…

    • Nico

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Le PPL(A) est européen et délivré par l’EASA. N’est ce donc pas à l’EASA de se positionner ?
      Mais l’EASA a délégué une partie de ses pouvoirs à l’autorité nationale (DGAC pour nous).
      Les règles de navigation ne sont toujours pas communes en Europe puisque chacun peut y inclure des spécificités nationales. Bref un ciel européen unifié n’est pas pour demain. 🙁

  • Lancelot

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Parfait cette position de la DGAC…. !!! Qu’en est il de la position de la DGAC sur les GIE ??? qui font également du Transport Public Illicite ??? Cela fait des années que les GIE nuisent aux Compagnies Aériennes, sans être inquiétés !… Je rappelle juste qu’un GIE est hors la loi sur ce plan car son activité « aérienne » n’est quasiment jamais rattachée à l’activité économique (Code du Commerce L251-1) et que le Le transport (aérien) n’est pas une activité auxiliaire à une quelconque autre activité et ne la prolonge pas mais est une activité en soi, distincte de toute autre activité. (Circulaire no 2005-55 du 22 août 2005 BO-2005-17 du ministère du développement durable) … Il serait inintéressant de connaitre la position de l’USPNT a ce sujet ainsi que la DGAC d’ailleurs…

  • USPNT

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    L’USPNT se félicite que la DGAC dans son communiqué de presse du 15 septembre 2015 sur le coavionnage reprenne à son compte les arguments soumis par l’USPNT dans son courrier du début du mois d’août envoyé à Madame la Ministre de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie :
    http://uspnt.com/co-avionnage-precarisation-et-contournement-des-lois/

    C’est ainsi que la DGAC rappelle que le coavionnage public est interdit en France. Un pilote privé ne peut transporter que des passagers faisant parti de son cercle de connaissances. Ce principe, martelé par l’USPNT, est le garant de la sécurité, de la sureté et permet de lutter contre toute dérive de transport public illicite et de précarisation de l’emploi pilote.

    L’USPNT surveillera dans les semaines qui viennent la mise en œuvre effective de se rappel à l’ordre par la tutelle et continuera à participer activement au débat sur le coavionnage pour défendre la sécurité, la sureté et les conditions de travail et de rémunération des pilotes professionnels.

    L’USPNT a mis en ligne le communiqué de presse de la DGAC :
    http://uspnt.com/coavionnage-la-dgac-siffle-la-fin-de-la-recre/

    • arno

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Réaction typiquement corporatiste et liberticide : « D’autre part, ces pratiques se font au détriment des pilotes professionnels français, dont un grand nombre est à la recherche d’emploi. »
      De plus avant de cité de grands principes à tendance régalienne merci de citer vos référence : « Un pilote privé ne peut transporter que des passagers faisant parti de son cercle de connaissances ». Aujourd’hui l’heure de vol est de plus en plus chère, le prix du carburant s’enflamme. Luttez vous également pour démocratiser le vol VFR ? Si toute discipline connaît ses dérives, il est typiquement franco-français de tout interdire.
      Je reste étonné que le co-avionnage en DR400 fasse de l’ombre au Falcon 7X du Bourget.
      Le PPL donne des privilèges à son titulaire ; celui à minima d’embarquer des personnes lors d’un vol. Crier à l’insécurité c’est reconnaître implicitement que la DGAC met en danger les citoyens français en les octroyant finalement trop facilement. Nous allons finir par faire monter les hdv mini pour l’obtention d’un simple PPL. Nous ne sommes peut être pas tous des nantis!!

    • Bertrand

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Hier, c’est tenu le comité d’entreprise d’Air France. Les syndicats ont investi les lieux. Ils nous ont livré un spectacle qui ne fait pas la fierté d’hommes soient disant civilisés. Je peux comprendre leur colère mais de là à venir aux mains et agresser sept personnes, dont une dans le coma, c’est affligeant.
      Je ne peux m’empêcher de faire un lien avec une phrase de leur lettre :  »Ils (nous les pilotes PPL) portent atteinte à la sécurité aérienne et à la sûreté nationale … ». Aujourd’hui, jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons agresser personnes.
      Certes, le raccourci est facile !!! Mais tout comme eux, dans leur déclaration, en nous faisant passer comme potentiellement des faiseurs de troubles.
      A bientôt !!!

  • François

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Il me semble qu’il y a deux choses différentes, la première étant le partage des frais et dans ce cas le coût du vol ne peut-être connu qu’à la fin du vol, la deuxième étant d’annoncer un coût à priori, et qui ne relève pas du partage de frais, mais peut s’apparenter à une opération de type commercial…Les aéro-clubs se doivent d’être vigilants à ce propos, celui auprès duquel je pratique l’aviation est très explicite à ce propos

    • arno

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Le coût approximatif (à priori donc)peut être connu au départ…!! c’est simplement un ratio du temps de l’heure de vol !! maintenant il faut simplement l’expliquer aux personnes embarquées. Je ne vois pas où est l’aspect commercial à priori… cela ne peut que l’être à posteriori!!

  • Johan

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Merci pour cette mise en garde! Je pense également que c’est mieux comme ça et pour tout le monde! La vie humaine n’a pas de prix…

    • Eric

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Bonjour Johan,

      quel rapport avec la vie humaine ?

      Si je réserve un blablacar et que je tombe sur une « tanche » qui sort de la route à 120 km/h, là c’est acceptable ?

      Je pense qu’un trajet en avion est plus sécurisé que le même en voiture…

      Cordialement,

  • Gus

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    merci pour cet article et la synthèse de la situation
    quand la DGAC indique « cercle familial & amical », est-ce dans les textes ou s’agit il d’une prise de position opportuniste ?

    • Bertrand

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Que veut dire de nos jours le  »cercle amical » ? A l’heure des réseaux sociaux, où l’on peut se vanter d’avoir plus de 500 amis sur tel ou tel site.
      La DGAC est d’accord pour classer les amis de mes amis, de mes amis …. dans la catégorie  »amical » !!!
      Dans ce cas là, pas de soucis : je peux voler et partager les frais avec eux (mais ? je ne les connais pas !!! et jamais discuter avec eux).
      Alors que un co-avionneur, avec qui je discute depuis 15 jours sur un site de co-avionnage, où je lui explique les différentes règles aéro, le plan d’accès, le vol à venir … ben là je n’ai pas le droit !!!!
      Ca laisse à réfléchir, non ?

  • Hugues CHOMEAUX

    Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
    Il me semble effectivement que la prudence s’impose, d’autant que je vois sur un site où je suis allé par curiosité que des vols sont proposés par des pilotes ayant moins de 100 heures de vol ou moins de 20 heures sur type.
    Est-ce bien raisonnable ?

    • arno

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      La DGAC a établi qu’un pilote PPL peut emporter des personnes après un examen pour lequel ce pilote a totalisé un minimum de 45hdv… pourquoi mettre sur le dos de ces pilotes l’aspect dangereux? C’est donc implicitement insinuer que cette haute autorité permet à tort de faire voler des gens et de les mettre en danger consciemment. De plus les accidents les plus importants sont ils tous à mettre à la charge de jeunes pilotes…? Les statistiques en la matière démontrent le contraire !!! Est ce donc bien raisonnable de donner de tel privilège avec seulement 45 hdv ? Montons alors les hdv avant examen PPL à 200h….. :-/

    • syndrom

      Coavionnage : Mise en garde de la DGAC
      Complètement d’accord !

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