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Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique

Partis sur les traces de Blériot, Pierre Chabert et Gérard Feldzer ont réussi leur pari de traverser la Manche à bord d’un dirigeable électrique, établissant à la fois le record du monde de traversée et de vitesse dans cette catégorie. A bord du bateau suiveur, Aerobuzz a couvert pour vous ce vol historique.

4.09.2013

Il est 6 heures du matin lorsque le bateau suiveur quitte le port de Boulogne-sur-Mer, direction le Cap Gris-Nez : à son bord une partie de l’équipe Transocéans, dont le designer du dirigeable électrique, René Bouchara, ainsi que des représentants et élus de la mairie de Boulogne. Le levé de soleil sur le Cap présage d’une belle météo pour la matinée : jusqu’à la dernière minute, le doute aura persisté. Il faut dire que toute l’équipe attend ce moment avec impatience depuis 2011, date de la première tentative, infructueuse à l’époque pour cause de météo capricieuse. Cette fois, la fenêtre météo semble propice, le météorologue de l’équipe a donné son feu vert.

Les cœurs sont gonflés à bloc lorsque s’élève l’Iris Chalenger II au-dessus des terres du Pas-de-Calais. Il est 7h30, Pierre Chabert et Gérard Feldzer, respectivement pilote et co-pilote du ballon, sont en route pour tenter le record du monde de traversée de la Manche.

C’est un ballon particulier qui s’élève dans les airs : gonflé à l’hélium, ce dirigeable, fabriqué en Isère, est pourvu de deux moteurs électriques de 7 kw entrainant des hélices propulsives d’1m30 de diamètre. Haut de 6 mètres, il est pourvu d’une enveloppe de 14 mètres de diamètre et peut embarquer 200 kg de charge totale.

Le vol débute bien, avec des vents favorables puis, 1h30 après le décollage, le bateau de sauvetage, qui devait assurer à la fois la sécurité et les liaisons radio, tombe en panne à quelques milles marins de la côte française. Quelques instants après, Gérard Feldzer annonce à la radio qu’il a perdu le contact avec l’équipe de récupération sur le sol anglais. Les mines se crispent sur le bateau suiveur, qui devient alors le seul lien avec le ballon. Il est 9 heures et il reste encore près d’une heure de vol jusqu’aux côtes anglaises. Les deux pilotes sont livrés à eux-mêmes, pour une navigation sans assistance, comme à l’ancienne.

Le sourire revient sur les visages à bord du bateau lorsque les côtes anglaises apparaissent à l’horizon et que le contact avec l’équipe de récupération est rétabli. Le dirigeable file maintenant vers son but. Mais le vent à fait glisser le ballon vers l’est, décalant le point d’atterrissage prévu. L’équipage doit alors choisir un point d’aboutissement. A bord de notre bateau suiveur, la tension monte. René Bouchara est en liaison téléphonique avec Gérard Feldzer qui égrène les mètres… 3 m… 2 m… 1 m… « Iris has landed ! » Il est 9h53, heure française, lorsque l’Iris Challenger II atterrit dans un champ à Dymchurch, à quelques encablures de Folkestone, après 2h23 d’un vol sans encombre, près de 40 km parcourus et une vitesse air moyenne de 10 kts. Le record du monde FAI de la traversée et de vitesse est enregistré.

Alors que notre bateau retrouve son port d’attache, le dirigeable est démonté pour faire de nouveau la traversée, cette fois sur la Manche à bord d’un bateau. Déjà, l’équipe Transocéans envisage la suite, gonflée à bloc par ce premier succès : un record de vitesse en 2014, traverser la Méditerranée en 2015 puis l’Atlantique en 2018. A chaque événement un nouveau dirigeable électrique à construire et de nouveaux défis à relever.

Fabrice Morlon

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A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

10 commentaires

  • André Monroig à CABESTANY 66330

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    Je découvre cet exploi avec étonnement car les médias ne
    sont pas au rendez-vous de ses chose passionente.
    J’ai 79 ans et je pratique l’aéromodélisme.
    Il serait bon de trouver de la documentation pour reproduire le modéle pour du vol en salle

    Bravo pour la performence

    André M.

  • claudine clostermann

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    Pour ma part, je dirai que c’est une immense victoire vers le futur et une consécration pour ces 2 pilotes qui ont su vaincre des pb techniques, météorologiques, logistiques et forcément humains par leur courage et leur volonté de réussir afin de démontrer qu’i y avait qqchose derrière le kéro et le pétrole.
    Ce sont des pionniers de l’avenir de notre planète et l’histoire devra, un jour ou l’autre, leur rendre hommage.

  • lieutenant Bleubéret

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    D’accord avec Michel, et je souhaite à Balli de rêver au lieu de faire des cauchemars. Qui aurait imaginé, lorsque Blériot a traversé la Manche avec sa trapanelle, qu’un jour on volerait en Airbus ou Boeing ? Et qui aurait imaginé qu’un commandant de bord de 747 se serait risqué avec un ballon électrique au dessus du chanel ? Il faut voir loin, et ce sont des pionniers comme Pierre et Gérard qui font avancer le schmilblick. Et ils sont gonflés ! Leur exploit ( car il s’agit d’un exploit ) mériterait plus de tapage dans notre monde médiatique et tristounet.
    Je pense sincèrement que l’Histoire s’en souviendra.

  • Walter Simonson

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    Un grand bravo à Pierre et Gérard pour cette belle aventure… et bonne continuation avec la Méditerranée et puis … l’Atlantique ! … avec un bateau suiveur fiable ! Ne prêtez pas attention aux esprits chagrins qui trouvent toujours à tout critiquer. Vraiment dommage que les médias n’aient pas davantage parlé de cette information positive, alors qu’ils sont toujours prompts à commenter les mauvaises nouvelles dont ils ont pris la mauvaise habitude de faire leur fonds de commerce !

  • popoaviateur
    polacco

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    On a suivi l’opération en direct sur France Info !

  • Talbot Annie

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    Toutes mes félicitations les plus chaleureuses à Pierre Chabert, Gérard Feldzer (qui me connaît-IPSA-grande blonde) et toute leur équipe.
    Nous regrettons tous que l’on ait si peu parlé de cet exploit dans les médias.
    Bravo et continuez, tous les amoureux de l’aéronautique sont derrière vous.
    Annie T.

  • Lavidurev

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    « Le sourire revient sur les visages à bord du bateau lorsque les côtes anglaises apparaissent à l’horizon et que le contact avec l’équipe de récupération est rétabli »…Quand même quelques sueurs froides…

  • BALLI

    Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
    Ah, je vois que le progrès est en marche rapide dans le domaine des véhicules aériens qui ne servent à rien… Nous avions déjà le psychiatre suisse avec son tas de bois à 75 Millions d’Euros (avant les réparations..) qui traçait à 40km/h, mais voici la baudruche électrique qui fonce déjà à 18km/h de moyenne sur un raid de 35km!… Mais quelle avalanche de nouveautés dans le domaine des engins aériens de loisirs, n’en jetez plus, je n’arrive pas à suivre… Ah, pauvres de nous, mais quelle misère de descendre aussi vite et aussi ridiculement dans ce néant aéronautique concernant les basses couches… Sidérant et désespérant…

    • Michel

      Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
      Ma foi, ce n’est pas plus bête de se passionner pour ces curieux engins volants que d’engloutir des sommes pharamineuses pour faire courir des gens en culotte courte derrière un ballon avec des spectateurs buveurs de bière, braillards, capables de s’entre-tuer à l’occasion… qu’on nous laisse voler tranquille ! Bravo à nos deux aéronautes des temps modernes 🙂

    • JMB

      Ils ont traversé la Manche en dirigeable électrique
      On a toujours des ânes pour critiquer les évolutions technologiques.
      Arago dénoncait la folie des transports ferroviaires, qui allaient tuer leurs passagers à cause de la vitesse.
      Ce Balli peut-il nous attester que rien d’économiquement utile ne découlera de cette première traversée? Ne lui demandons pas trop, deux aéronefs et déjà il n’arrive plus à suivre!
      Ce n’est pas vers lui qu’il faut se tourner pour évaluer les progrès. Il est tout de suite dépassé.

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