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Le nouveau théorique drone au banc d’essai

Pierre-Emmanuel Leclère, formateur de télépilotes, a passé le nouvel examen théorique spécifique drone afin d’évaluer ce à quoi doivent désormais s’attendre les candidats en quête du certificat théorique leur permettant d’utiliser un drone à des fins professionnelles.

24.07.2018

Les premiers indicateurs laissent paraître déjà des taux d’échec importants à l’examen théorique de télépilote de drone. © P.E. Leclere / Vivarais Developpement

Depuis le 1er juillet 2018, le « théorique ULM » est remplacé par le « théorique Drone », autrement dit, l’examen théorique est devenu plus ciblé. Pierre-Emmanuel Leclère, en tant que formateur, a tenu à tester ce nouvel examen, afin de pouvoir adapter la préparation de ses futurs stagiaires aux nouvelles exigences réglementaires. Au vu du taux élevé d’échec, il reconnaît qu’il a pris un risque.

Il s’est donc retrouvé, le 18 juillet 2018 à Lyon-Saint Exupéry avec une quinzaine d’autres candidats, pour la cinquième session organisée par la DGAC après Toulouse (3 juillet), Bordeaux (10), Beauvais (11) et Strasbourg (17). Pour préparer cette épreuve, pour l’heure, la seule référence est le programme détaillé mis en ligne par la DGAC.

Les 60 questions du QCM auxquelles ils doivent répondre en une heure et demie maximum permettent aux candidats de voir immédiatement s’ils ont visé juste. « Sur l’activité drone, les questions peuvent être assez techniques et aller dans le détail de la règlementation ou de l’utilisation d’un drone et de ses périphériques (batterie, masse, nacelle,…). Sur l’activité aviation générale (espace aérien, règles de l’air, météo,…), les questions sont moins pointues que ce que l’on peut avoir sur nos QCM PPL ou ULM mais demandent d’avoir quand même une bonne connaissance des sujets en lien avec l’utilisation d’un drone. », analyse Pierre-Emmanuel Leclère. « Pour résumer, le candidat doit avoir une connaissance pointue sur la règlementation et l’utilisation d’un drone et une connaissance plus générale sur le code de l’air et la règlementation aérienne. »

Avant de créer un centre de formation de référence pour les télépilotes (Techni Drone dont il a été le président de 2013 à 2017. 1.000 télépilotes formés), Pierre-Emmanuel Leclère a été instructeur ULM (8.700 heures de vol). Il se souvient de l’arrivée du théorique ULM et de l’hécatombe aux premiers examens. « Les premiers indicateurs laissent paraître déjà des taux d’échec importants à l’examen. » Il semblerait logiquement que le scénario se reproduise avec le drone.

« Je considère que le passage en candidat libre dans un premier temps sera difficile. Il sera simplifié lorsque l’on commencera à avoir des banques QCM en ligne (même si cela n’est pas la solution pour un apprentissage et une compréhension précise de l’activité). Les centres de formation de télépilote vont également devoir mettre leur programme rapidement à jour au risque d’avoir des taux d’échec très importants. »

Au Pouzin (Ardèche), Pierre-Emmanuel Leclère s’y emploie. « J’ai passé cet examen pour avoir une idée précise de la manière d’aborder la formation, c’est fait. » Dernière précision : il a obtenu son certificat théorique de télépilote nouvelle version !

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

14 commentaires

  • Berthe

    Bonjour
    Dans le cadre dun « bachotage auriez vous un manuel a me conseiller? Merci beaucoup

  • Drone Store

    Merci pour l’article, très intéressant et formel !

  • Fred

    Il faudrait que les autorités ne confondent plus activité drone et modèle radio-commandé (où le modèle reste en visuel).

  • Philippe

    Il y a une formation pour les gros drones professionnels mais piur les petits achètes sur internet commandé par iPhone ou équivalent et qui vient survoler et epier ses voisins ou faire un survol de prison Ou aeroport. La il n y a pas de formation et de contrôle. Les drone strike vont commencer à apparaître aux abords des aérodromes vous verrez.

  • Alex

    Bonjour, merci pour l’article.
    Doit on conclure qu’il vaut mieux pour le moment attendre quelques mois (?) que formation et examen s’équilibrent, avant de se lancer dans cet apprentissage?

    • LECLERE

      Bonjour,
      Les QCM de l’examen évoluerons mais le programme ne changera pas que ce soit dans 1 mois ou dans 1 an. L’important dans tout cela est de comprendre ce que l’on fait. Il y a deux méthodes pour ce former dans le drone (comme dans l’ULM et d’autres activités aéro ou pas). La première est le « bachotage » avec pour objectif d’apprendre le maximum de données et les ressortir au plus vite à l’examen. La deuxième est de passer par une formation afin d’avoir des explications et de comprendre l’activité. On entend régulièrement la réflexion : « la règlementation drone est compliquée ». Je peux vous affirmer qu’aujourd’hui que si une règlementation n’est pas compliqué, c’est bien celle du drone, elle pourrait l’être d’avantage.
      Mais voilà, il y a des règles, des procédures et un comportement à connaître et à apprivoiser. Malheureusement, cela ne convient pas toujours à tout le monde et ce n’est pas spécifique au drone.

  • Tobias

    Souhaitons que l’hecatombe continue et que ce machin dangereux pour le sécurité des vols et la liberté individuelle tombe dans l’oubli.

    • Jean-Mi

      Bof, les modes, ça vient, ça passe…
      Le problème est d’avoir les épaules assez solide entre les deux et que le législateur n’ait pas mis le brin là-dedans… Ha… et merde… 🙁

    • Christophe Giroud

      Un drone est comme un outil : avec un marteau, on peut enfoncer un clou ou s’écraser un doigt. Tout ça pour dire que ce ne sont pas les drones qui sont dangereux, mais les utilisateurs, éventuellement. Pour ma part, je m’impose des normes strictes, afin d’éviter tout problème, et n’ai nullement le sentiment d’être dangereux.

  • pa

    Je me demande si, un jour, du fait du pilotage de drones, il y aura une partie programmée et une partie pilotée en assistance. Cela pourrait être le fait que le télépilote est transporté pour suivre l’action.

    • Jean-Mi

      Ben… C’est déjà le cas !
      Beaucoup de travaux fait par drone le sont en automatique avec un pilote qui surveille tout ça.
      Par exemple un relevé topologique dans une carrière ou le traitement chimique de cultures au besoin.
      Le suivi automatique d’un plan de vol par un drone est la base même du drone, et fait son intérêt et sa majeure différence avec un modèle réduit même piloté depuis la caméra du bord.
      D’autre part, l’électronique embarquée et, entre autre, le positionnement par GPS, permet déjà très facilement de bloquer un drone pour ne pas pénétrer une zone genre centrale ou pour le bloquer à une altitude maximum donnée.

  • Leclere

    Bonjour Gil, merci pour cet article.

  • Arnaud G.

    Bonjour !
    Merci de l’article. Le lien vers le programme détaillé DGAC ne semble plus être valide, il faut prendre celui-ci :
    https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Programme_examen_theorique_telepilote_drone.pdf

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