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Les Piaggio d’Oyonnair en renfort dans le combat contre le Covid-19

Quatre Piaggio Avanti II de la compagnie d’aviation d’affaires Oyonnair basée à Lyon-Bron sont impliqués dans l’évacuation des malades du Covid-19 du Grand Est. Les biturbopropulseurs sont envoyés là où l’A330 Phénix de l’Armée de l’Air ne peut pas opérer.

28.03.2020

L'évacuation des malades du Covid-19 du Grand Est met en lumière le rôle des aéroports de proximité. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

Les quatre Piaggio d’Oyonnair ont effectué leurs premières rotations le vendredi 27 mars 2020. Ils ont enchainé le lendemain et ils sont déjà programmés pour le dimanche 29 mars. « A l’exception du premier jour où nous avons été appelés à 10h00 pour décoller à 14h00, nous recevons un appel vers 22h00 pour le lendemain », explique Daniel Vovk, le dirigeant d’Oyonnair, qui a l’habitude de travailler dans l’urgence. Les évacuations sanitaires représentent l’essentiel de son activité, et le transport d’organes un tiers.

Les vols qui lui ont été confiés par la cellule de crise du ministère de la Santé s’inscrivent dans le cadre de l’évacuation des malades du Covid-19 de la région Grand-Est, vers des régions encore épargnées par l’épidémie. Jusqu’à présent, les Piaggio ont chargé leurs patients à Dôle et à Montbéliard, pour les évacuer ensuite vers la Nouvelle-Aquitaine. Chaque avion transporte deux malades accompagnés de deux membres de l’équipe médicale du SAMU. Il effectue deux rotations par jour.

Oyonnair a développé un savoir-faire dans les évacuations sanitaires, son coeur de métier. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

L’avion décolle de Lyon-Bron et va d’abord chercher l’équipe du SAMU de l’hôpital qui va recevoir les malades. Ensuite, il se rend dans le Grand Est. Il fait ainsi deux allers-retours avant de revenir à sa base. Si c’est une équipe du SAMU de l’hôpital d’où sont évacués les malades qui accompagne, il faudra ensuite reconduire les soignants avant de revenir à Bron.

« Nous prévoyons que les équipages décollent vers 8h00 et soient de retour vers 18h00 après avoir fait deux rotations et six étapes, soit entre 4 et 7 heures de vol dans la journée », explique Daniel Vovk. Une dizaine de pilotes se sont portés volontaires pour ces missions. « Nous avons choisi de ne pas faire appel aux plus âgés, ni à ceux qui ont des enfants ou qui ont des problèmes de santé ». Oyonnair emploie une vingtaine de pilotes.

Oyonnair exploite une flotte de 5 Piaggio Avanti II et 4 Citation Mustang. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

La cabine du Piaggio Avanti II peut recevoir deux civières. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

Dans le cadre des missions Covid-19, bien évidemment, les équipages doivent respecter des consignes strictes définies par le SAMU 69. Un cheminement spécifique a été mis en place pour les pilotes à leur retour. Les produits contaminés, en particulier les tenues de vol, sont stockés dans un endroit dédié.

« Go to ». Dans un ciel vidé de ses avions, grâce aux contrôleurs aériens qui se montrent coopératifs, les pilotes d’Oyonnair ne font que des directes d’où un gain d’efficacité. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

En vol, les pilotes portent un masque de protection FFP2, une denrée rare fournie par le SAMU 69, ainsi que les gants. Les combinaisons de vol antimicrobiennes ont été récupérées par la compagnie dans une carrosserie automobile. Elle en dispose d’une centaine. La pénurie touche même ceux qui sont en première ligne…

L’avion doit aussi être décontaminé avec des produits spéciaux selon une procédure identique à celle des ambulances du SAMU. Il faut compter une heure et demie environ.

Les pilotes d’Oyonnair sont eux aussi en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. © Oyonnair / Aerobuzz.fr

Daniel Vovk et son équipe ont le sentiment d’être engagés dans une opération qui pourrait durer longtemps. Ils ont également conscience que les rotations vont évoluer au fil des jours, avec le développement géographique de l’épidémie. Moins médiatisés que l’A330 Phénix de l’Armée de l’Air, les Piaggio d’Oyonnair abattent un travail remarquable, tout aussi vital.

A 20h00, quand de votre fenêtre ou de votre balcon, vous applaudirez les soignants, ayez aussi une pensée pour les pilotes et les mécaniciens d’Oyonnair. Ils font partie de la même armée.

Gil Roy

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

40 commentaires

  • Régine SELOSSE

    Tous simplement , merci à ceux qui estiment être concernés . Peu importe les « oui mais » …..il y a seulement une équipe qui a le courage d’utiliser nos petits avions dans un but humanitaire. Point!

  • Max64

    Orgoglioso di aver messo mani, in quanto dipendente dal 2006, su almeno un P180 costruito in Piaggio Aerospace utilizzato per spostamenti sanitari… In questo momento difficile per la nostra storia

  • ZANETTO

    Un ami me poste souvent des news issues de votre site. A chaque fois je trouve cela très intéressant et avec la News letter j’en saurai un petit plus . Bien Cordialement,
    Romeo Zoulou

  • BLN

    Bravo les copains 🙂

    Courage à vous.

  • Guignot Vincent

    Bravo à vous tous , continuez dans le même état d’esprit que nous avions créé.
    Courage à vous .
    Vincent Guignot

  • Fred P

    Bravo Oyonnair,
    Grand respect à Michel Maradan, visionnaire passionné !

  • Rejony

    Bravo à ceux qui mouillent la chemise et qui ont quelque chose dans le pantalon, quelque soit le type d’avion utilisé. Chapeau bas d’un ancien président de compagnie d’affaires Brondillante.

  • Arminius

    Cet article explique enfin pourquoi on voit autant de Piaggios sur flightradar. C’est bien courageux que des équipages acceptent cette promiscuité avec des malades. Cela nous ramène aux missions basiques et essentielles de l’aviation en général, les évasans. Pour avoir participé à ce genre de mission en mystère 20 (c’est loin maintenant), je connais toute l’importance de ces missions pour les patients et au delà de la logique comptable qui nous met régulièrement en panne de moyens (comme c’est le cas pour cette pandémie) il ne faut surtout pas perdre de vue qu’il s’agit de personnes en détresse qu’il faut sauver.

    • JYP Air

      « au delà de la logique comptable » : et quand on propose quelque chose de moins cher tout le monde s’en fout.

      • Arminius

        Malheureusement, en termes de santé, la logique comptable consiste à ne pas faire. Quand elle est prise en défaut, on assiste à un grand bazar des plus couteux. Mais comme ce n’est pas sur a même ligne budgétaire, ce n’est pas important….

      • Pilotaillon

        Faut pas être triste…
        Les toubibs et leurs équipes sont à fond, ressentent de l’impuissance, en ayant prêté serment, alors les budgets passent en second.
        Mais juse pour se remettre en perspective les ordres de grandeur, à la sécu :
        – Maladie : 193,5 milliards d’euros
        – Accidents du travail / maladies professionnelles (AT-MP) : 8,8 milliards d’euros, donc un vol en plus ou en moins… Je ne connais pas la partie taxi-Vsl qui aujourd’hui tourne au ralenti, sur la route j’entends.
        Puis l’emploi des ressources militaires « hors budget »…
        Il me semble que les gisements d’économie ne sont pas là où nous le pensons…

      • Tonton Volant

        La santé a un coût mais n’a pas de prix !

      • Pilotaillon écolo

        @Tonton Volant : La santé a un coût mais n’a pas de prix : Super !
        J’ai l’impression qu’en creux vous considérez que la santé sans limite est un dû de la société ?
        Les chiffres Insee 2018 : 4 200 euros par personne, 11,1 % du PIB.
        Mais les moyens sanitaires sont quasi inexistants dans la moitié des pays du globe et le prix moyen de la prise en charge du Covid-19 aux US est de 73.000$.
        Pourquoi traverse-t-on la méditerrannée à la nage ?
        C’est un luxe que nous pouvons nous offrir, citoyen des nations occidentales politiquement « tempérées ».
        Il n’y a pas si longtemps, l’épidémie de grippe de 68 a fait plus de 31.000 décès en 2 mois, en France seulement. https://www.liberation.fr/france/2005/12/07/1968-la-planete-grippee_540957 . La flotte n’a cessé de voler…
        En 2020, nous pouvons « encore » nous payer (via nos contributions diverses) un système de santé à la hauteur de notre farouche volonté de préserver tout le monde… Comment se passera demain ?
        Que penser des atteintes faites aux les ressources naturelles ? Quand aurons nous un comportement individuel sobre et investirons-nous massivement sur l’environnement ?
        Car le jour où le climat dérappe, je doute qu’une armée de médecins suffise, et j’entends déjà ceux qui vont faire valoir un dû de la société… sans regarder ni le coût ni les causes.

  • jean louis capdeville

    Bravo aux équipages d’Oyonnair!. Ce type de transfert sanitaire aérien dans la crise que nous vivons parait être d’un apport complémentaire précieux, encore bravo à tous ceux qui en ont eu l’initiative et maintenant la pratique!

  • Pilotaillon du 21eme siècle

    Peut-on vraiment parler de budget quand l’armée est mise à contribution ?
    Perso je préfère que l’activité militaire revète un interet général. Il faut maitenir les compétences et les équipements, autant éviter des vols sans autres objectifs, c’est à dire les soutes vides…
    Donc bravo à tous ceux qui se lèvent le matin avec une mission tellement pleine de sens : maintenir la vie du plus grand nombre, qu’ils soient civils ou sous les drapeaux.

    PS : la milice Suisse est mobilisée pour l’organisation de manifestations publiques (Air 2014 par ex.), tout les spectateurs applaudissent car ce sont des fonds confédéraux utiles en temps de paix.

  • Lauber

    Bravo à cette équipe de volontaires courageux pour des missions pas faciles…mais oh combien plus économiques et sensées que ces opérations médiatiques et ultra coûteuses avec des A330,des A400M,des Pumas ou équivalents qui ne transportent que très peu de malades(2 dans un 400M,6 dans un A330 Mrtt).On dirait qu’il s’agit plus d’opérations de promotion de l’armée…(on ne parle même pas du porte-hélicoptères pour 12 malades entre Corse et continent)…que de vrais missions commandos faites avec des plus petits avions plus adaptés (type Piaggio,Falcon ou équivalent) !

  • Meyer

    Bravo à toute ton équipe Daniel et bravo pour ce que tu as fait d’Oyonnair !
    Hommage également à Michel Maradan… fière d’avoir fait partie de l’aventure il y a déjà 20 ans !!!! Respect et courage à vous tous !!

    Nathalie

  • Morbier

    Ca doit en tout cas être moins cher par patient qu’un A330 MRTT+utilisable sur piste plus courtes

  • Alpha

    Merci Gil Roy pour cet article intéressant. Et bravo aux pilotes !

  • Morry

    Ce qui est surtout dépassé ce sont des personnes comme vous qui se permettent des commentaires sans justifications . Facile de préciser que ces avions sont dépassés certe avec une vitesse de croisière à en moyenne de 380 kts. Il n y a pas de mots pour commenter le grand courage de ses équipages de PIAGGIO AVANTI 2 . Femme d un commandant de bord de la société OYONNAIR . RESPECT LES GARS

  • Guillaud philippe

    Ces avions sont dépassés et ne permettent pas d’acheminer des patients en détresse respiratoire ..mais bravo quant même

    • Morbier

      Pourquoi dépassés ? Plutôt pas adaptés pour cette activité non ?

    • PALIOT

      Bonjour

      Médecin de rapatriement sanitaire avec OYONNAIR depuis plus de 10 ans je fais régulièrement ce type mission ( sans confinement covid bien sure) et je vous assure qu’un patient intube ventilé peut être transporté Sans problème . J’ai de nombreuses missions à mon actif
      Merci à OYONNAIR et pensée aux pilotes, mécaniciens et logistiques

    • Meyer

      Commentaire superflu et franchement stupide !

    • djac64
      Djac64

      Oyonnair, entreprise hautement respectable, dirigée par une équipe de pros qui s’y connaît en matière d’Evasan a fait le choix du P180. Et voilà qu’un quidam sorti d’on ne sait où se permet de juger ce choix… Affligeant
      Pour ma part, je n’ai qu’admiration et respect pour cette société et tous ceux et celles qui la font tourner, surtout par les temps qui courent. Vous sauvez des vies, voilà l’essentiel. Le reste, comme plusieurs commentaires que j’ai lus, n’est qu’insignifiance

    • Dajoy

      Votre commentaire est lui aussi dépassé, mais bravo quand même …

    • Tonton Volant

      Dans le milieu aéronautique, c’est fou ce qu’il y a d’experts qui ne connaissent rien !
      « Il y a des gens qui parlent un moment avant que d’avoir pensé. » (La Bruyère)

  • Nicolas MAC'NAB

    L’A330 MRTT « Morphée » est à la base un ravitailleur, avec tous les équipements que ça implique: perche de queue + tuyaux déroulables en bout d’ailes, et le poste de conduite de ces équipements, qui a été muni d’un module sanitaire.
    Par ailleurs les 6 malades sont évidemment accompagnés de personnel médical et de tout le nécessaire pour le maintien en réanimation, y compris en état grave.
    Ce n’est donc pas équivalent, mais complémentaire aux Avanti.

    • DAUMONT

      Oui mais ! L’A310 de l’armée allemande évacue 16 patients « Covid19 » à chaque rotation Italie/Allemagne. 2 jours pour désinfecter l’A330 contre 1,5 heure pour le Piaggio Avanti.

  • Alexis

    2 patients dans un Piaggio (x2 rotations par jour), cela me semble déjà plus cohérent que 6 dans un A330 (tous les 3 jours)!
    Courage (et merci) aux soignants et à tout le personnel qui mouille ainsi sa tenue microbienne dans la lutte contre le covid19.
    Alexis

    • BuckDanny91

      Bonjour.
      J’espère que vous avez bien conscience qu’il n’y a pas que 6 personnes dans le MRTT mais également tout le personnel médical autour et que la prise en charge est extrêmement lourde pour des patients gravement atteint … Je ne suis pas sûr que ce soit le même type d’évacuation qui soit faite par les Avanti.

      • DAUMONT

        Je ne pense pas que les malades soient laissés seul dans les Piaggio. 4 Piaggio qui transportent 4 malades/jour pendant 3 jours : 48 malades transportés contre 6 par l’A330. 3 jours pour décontaminer l’A330 ! Il y a sûrement des contraintes mais la solution A330 seule ne peut pas désengorger rapidement les hôpitaux.

      • JmB

        Est-ce que c’est plus clair comme ça ?

        « Bonjour
        Médecin de rapatriement sanitaire avec OYONNAIR depuis plus de 10 ans je fais régulièrement ce type de mission (sans confinement covid bien sur) et je vous assure qu’un patient intube ventilé peut être transporté sans problème . J’ai de nombreuses missions à mon actif »

        C’est incroyable cette culture du doute quand on ne sait pas, qu’on ne connaît pas.
        Tout était pourtant clairement dit dans l’article.

      • BuckDanny91

        Aucune culture du doute mais pourquoi vouloir opposer les moyens mis en oeuvre ? Chacun a ses spécificités.

        Bon courage à vous en cette période.

    • genevieve thomas

      merci, aux PILOTES pour leur engagement.
      une pensée tte particulière pour UN.

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