Accueil » Voler en 3ème niveau

Le « 3ème niveau » : l’expression est passée de mode. Elle recouvrait l’aviation de ligne avec des avions de moins de 5,7 tonnes. Michel Kossa qui l’a pratiquée en d’autres temps la fait revivre.

30.01.2020

Fairchild Swearingen Metroliner II, l'un des biturbopropulseurs emblématiques du 3ème niveau dans les années 80-90. © DR

Cela fait très longtemps que l’expression « 3ème niveau » n’a pas été employée ici. L’a-t-elle d’ailleurs été ? Aerobuzz.fr est né dans les années 2000. Cela faisait déjà un certain qu’elle n’était plus utilisée, même si elle subsistait. Elle renvoie à une époque où le transport aérien tentait de s’imposer avec difficulté à l’intérieur de l’hexagone. Des petites compagnies bataillaient pour développer un réseau propre sans froisser la compagnie nationale. Elles s’appelaient Flandre Air, Air Vendée, Proteus ou encore Air Littoral. Elles avaient débuté leur exploitation avec des biturbopropulseurs de moins de 20 sièges. Certaines par la suite sont passées à l’ATR voire aux biréacteurs régionaux. Celles qui n’ont pas été englouties par Air France ont disparu.

Mais le troisième niveau c’est avant tout le temps des défricheurs de lignes aux commandes d’avions de moins de 5,7 tonnes. Des pilotes professionnels qui n’avaient pas le statut de pilotes de ligne, mais qui y tendaient. Le troisième niveau était alors un passage obligé pour ceux qui n’empruntaient pas la voie royale de l’ENAC. Ils apprenaient le métier à la dure. C’est ce que raconte Michel Kossa dans son livre « Voler en 3ème niveau ».

Michel Kossa a notamment été employé par Air Littoral et son livre est d’abord un reportage qui sent le vécu. Le pilote-auteur raconte une journée type d’un pilote du 3ème niveau, dans les années 90. Avec un Fairchild Sweraingen Metro II, ce jour-là, il devait faire cinq étapes : Clermont-Ferrand – Marseille, Marseille – Nice, Nice – Clermont – Ferrand, Clermont – Ferrand – Nice et enfin Nice – Marseille. Une journée standard, bien remplie et d’autant plus éprouvante, qu’elle s’intercale entre deux autres journées identiques.

Voler en 3ème niveau. Par Michel Kossa. Editions JPO. 20 x 24 cm. 130 pages. 29 €. ISBN : 978.2.37301.117.3

Michel Kossa propose un récit détaillé et vivant de cette rotation en intercalant les documents de travail, du dossier météo aux check-lists en passant par les cartes d’approche et de départ. Ce livre est un témoignage sur la réalité du travail de ces pilotes, on serait presque tenté de dire sur une époque révolue, tant il ne reste peu de compagnies exploitant des avions de moins de 5,7 t en France. Les low cost sont passées par là.

Aujourd’hui, le « 3ème niveau » n’est plus un passage obligé, tout au plus une alternative. L’offre étant plus importante, la possibilité d’accéder au statut de pilote de ligne est beaucoup plus développée. Il n’en demeure pas moins que pour celui ou celle qui n’a pas la possibilité d’intégrer l’ENAC ou un cursus de Cadet, le parcours reste semé d’embuches et la formation coûteuse. G.R.

Voler en 3ème niveau. Par Michel Kossa. Editions JPO. 20 x 24 cm. 130 pages. 29 €. ISBN : 978.2.37301.117.3

 

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14 commentaires

  • lavidurev

    @Numa Grange
    Vu sous un autre angle Chalair vous pernet de vous rembourser une QT Beech 1900 paye au SMIC tout en vous offrant une experience en ligne. Si vous n avez pas le choix, vous prenez.

  • François Formicula

    Merci pour ton livre Michel ce fut un plaisir de voler avec toi sur nos chers Metro II chez Air Litt…une belle aventure!

  • PHILIPPE christian

    Le Métroliner 2 ,un avion d’homme qui ne permettait pas la faute
    Je l’ai pratiqué un millier d’heures chez Air Littoral avant d’intégrer le
    secteur E 120.
    Je regarde cet avion avec beaucoup de respect.

  • MARTEAU JC

    Une superbe époque et carrière par laquelle je suis passé pour terminer CDB long courrier.

  • Raphael SALGUEIRO
    Raphou

    Quelles sont les compagnies française qui volent encore sur des avions de moins de 5,7T ? A part Chalair et Twinjet ?

  • mikeul

    JPO un superbe editeur de bons livres
    Un exemple : les essais en vol de l A380 par Claude Lelaie =un régal bien écrit et du vécu opérationnel

  • Thomas Kientz

    Il reste des compagnies de Troisième niveau qui n’ont pas été englouties par AF : Chalair ou Twinjet qui exploitent des Be1900D encore aujourd’hui.

    • Pilotatillon

      Pour bien comprendre cette 3eme dimension, la PanEuropéenne qui n’a pas (encore) été engloutie par une avalanche entre-t-elle dans cette classification ?

      • dolfin

        A mon avis, la PanEuropéenne n’est pas une 3 ème niveau; elle n’as pas de lignes régulières (à ma connaissance) et n’est donc qu’une compagnie charter.
        Amélia (Regourd Aviation) par contre en est une; même type d’avion mais elle exploite une ligne régulière (Paris-Rodez) en son nom.
        ça c’est si on s’arrête au coté « défricheur de ligne » parce qu’au niveau des masses, on est loin des 5,7t…

      • Pilotatillon

        Merci !

    • Numa Grange

      Chalair est tout sauf une compagnie aerienne. Elle surexploite des pilotes n’ayant pas d’autres solutions que de voler pour eux et les traite comme des indigents. Payés au SMIC avec obligation de se payer la QT B1900 dans une école canadienne. Je ne comprends pas qu’elle n’ait pas encore disparue!

      • Tonton Volant

        La preuve par Ryanair, Easyjet et autres, le même système dit : low-cost .
        Cordialement

      • Pilotatillon

        Etonnant…
        Je suis très loin d’être le plus (mieux) informé, toutefois je ne m’explique pas pourquoi on trouve un nombre pléthorique d’offres de formation / d’emplois dans ces mêmes colonnes ?
        Pourquoi dans ce contexte les insatisfaits ne trouvent pas d’opportunités pour se repositionner ?

  • Gabriel Nturo

    Bonjour, votre article est intéressant et instructif. J’espère en recevoir régulièrement.
    Merci d’avance.

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