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Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique

Le GPPA ou Groupement pour le Préservation du Patrimoine d’Angers n’est plus seulement un musée. La belle idée de Christian Ravel a grandi. La collection s’est enrichie et pendant qu’une partie des membres de l’association restaure des trésors, une autre partie accueille le public.

4.08.2016

Au début, en 1981, Christian Ravel, a eu l’idée de présenter quelques avions ou planeurs « de collection » en état de vol ou radiés, selon leur état. Et c’est comme cela qu’est né le musée d’Angers qu’il convient aujourd’hui d’appeler Espace Air passion. Entre temps, la ville d’Angers lui a offert, en 1998, un magnifique écrin, sur l’aéroport d’Angers-Marcé. Aujourd’hui Christian a pris du recul et se consacre à l’activité qui lui tient à cœur : les « Archives » de l’Aviation Légère dont nous aurons l’occasion de parler dans un autre article.

Il laisse à François Blondeau, l’actuel président, un outil de communication unique en son genre, orienté vers la jeunesse notamment, en ce sens que l’Espace Air Passion est plus qu’un musée. Christian ne peut s’empêcher de nous faire faire le tour du propriétaire, même s’il a su s’entourer d’une solide équipe de salariés et de bénévoles tous passionnés et marchant dans la même direction. Il y a en particulier Laetitia Tiratay, « dircom » du Musée, qui vous accueillera dans ce magnifique bâtiment inspiré par l’aérodynamique et Alban Dury, bénévole, qui prépare l’avenir du « Musée » et des « Archives ». Il a réalisé des représentations 3D d’un certain nombre d’aéronefs, comme ce planeur SO-P1 , dessiné par Lucien Servanty, à qui l’on doit aussi le Concorde, construit entièrement en alliage léger (baptisé « ferblantine »), ce qui a permis un profil laminaire SNCASO de seulement 10% d’épaisseur relative.

Le planeur SO-P1, dessiné par Lucien Servanty, a été développé dans le secret, pendant l’occupation, en 1941

L’ « Espace Air Passion », (EAP), est un concept novateur qui porte bien son nom. C’est d’abord un « Espace » à disposition des petits (qui ont besoin d’un espace pour s’amuser, sans les parents), à disposition des ados (qui peuvent visiter avec intérêt (ou non) les collections), la plupart du temps en classe découverte (l’EAP a préparé un guide pédagogique pour les instituteurs et professeurs) et à disposition des parents.

Parcours éducatif pour les enfants et les ados.

Les petits sont accueillis et pris en charge par une équipe de salariés dans un Espace dédié, avec des animations diverses (dont cet avion biplan en mousse)

L’EAP, une aire de jeux pour les petits

Un terrain de jeux très apprécié, le Broussard, comme neuf !

Le T6, simulateur de vol pour les petits, avec les mêmes impressions qu’au centre de formation d’Air France à Villgenis

Les parents pourront s’émerveiller devant l’aviation de leur jeunesse (planeurs C800 ou Nord 1300) ou devant des inventions atypiques qui n’ont jamais volé (avion à ailles battantes). Je suis venu un mercredi, jour de congé scolaire pour les enfants : le musée était animé par 3 ou 4 classes de primaire, plutôt sages et disciplinées le matin, plus « animées » l’après midi, auxquelles il est offert un parcours historique, avec des avions en libre service (avec les commandes de vol, branchées, ne manquent que les batteries de démarrage..) : Broussard, Fouga, T6 simulateur de vol, simu de vol à voile Condor etc..
L’ « Espace Air Passion », c’est ensuite « Air » parce que le musée se consacre à toute l’histoire du plus lourd que l’air, notamment à ses débuts, donc à l’histoire de l’aviation légère, y compris celle des amateurs, y compris celle qui s’est soldée par un échec (on admire ce chef d’œuvre de mécanique de l’avion Albert A6 à aile battantes comme une libellule).

Photo d’archives de ’avion à ailes battantes Albert A6

L’avion à ailes battantes Albert A6, pièce rare et unique, que possède le musée d’Angers

Et enfin « Passion », parce que vous ne pouvez que vous passionner devant une telle richesse. Parce qu’on peut y passer la journée ou plus (j’y vais chaque année depuis 10 ans, sur la route de mes vacances vers la Bretagne) et si vous avez la passion de ce qui a conduit les ingénieurs vers certains détails de design : ne passez pas à côté.

Il est difficile de faire une sélection. Vous serez accueilli dès l’entrée par ce magnifique Peyret Mauboussin, un chef d’œuvre du point de vue résistance des matériaux (donc du calcul des masses), que je considère comme l’ancêtre des Virus/Sinus de Pipistrel. Cet avion, le F-AJUL a connu de nombreuses aventures, dont un raid à travers l’Afrique en 1932, AR Le Bourget-Tananarive avec 40 ch et un total de 30.000 km.

Le Microjet

Le planeur C800, ou le C25S, vous rappellera peut être le temps où vous étiez jeune pilote.

Planeur Breguet 904 en cours de restauration

Et en suppliant Laetitia, vous aurez droit à une visite des Réserves, espace ne pouvant recevoir de public car non organisé pour, où attendent en dormant des richesses insoupçonnées qui seront un jour révélées grâce au travail (de fourmis) d’une bonne trentaine de bénévoles passionnés.

Jean-Marie Klinka

 

Informations pratiques

Le Musée est ouvert tous le jours, sauf le lundi (fermeture complète). Le matin de 10h à 12 h et l’après midi de 14h à 18h, décalé d’une heure le dimanche après midi : de 15h à 19h.
Le plein tarif d’entrée est de 6€.

Le site internet du musée

Le restaurant « L’envol » de l’aéroport d’Angers est ouvert le midi, du mardi au dimanche avec accès à une terrasse donnant sur l’aéroport.
http://praud-wahlin.com/restaurant-lenvol/

 

A propos de Jean-Marie Klinka

chez Aerobuzz.fr
Jean-Marie Klinka est ingénieur (aussi pilote). Il a partagé sa carrière entre le bureau d’études, essentiellement aux Avions Mudry, la formation, à l’ENSICA de Toulouse et l’ESEM d’Orléans, la certification à la DGAC. Pour Aerobuzz.fr, il jette un regard personnel sur les activités de l’aviation légère.

8 commentaires

  • Bob

    Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
    Je confirme tout ce qui précède…

    • Jean-Marie Klinka
      JMK

      Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
      Bon sang, mais c’est bien sûr ! comme disait Bourrel.
      Comment ai-je pu confondre ce simu d’un Brewster F2A « Buffalo » avec celui d’un T6, biplace bien connu ? D’accord, le T6 a été transformé en Zéro japonais par l’équipe de Jean Salis, un monoplace, mais avec une autre déco.
      JMK

  • Grisez Ph

    Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
    Ce Albert A6 est un bon exemple d’essai « fantasmagorique » sur la technique oiseau en vol battu ! (avec pour conséquence la « céconsidération du sujet chez les « vrais  » aviateurs !)
    En plus de « déclarer » sa « mécanique de vol /plané avion  » par un empennage classique , ce projet a voulu combiner des éléments du domaine insecte (aux Reynolds spéciaux ) avec ceux de …de n’importe quoi ,ni oiseau (qui se servent à 100% de leur géométrie variable ), ni avion (qui ont des ailes fixes ) …
    Certains des brevets qui m’ont été opposés ne prenaient en compte qu’une partie des forces en jeu dans le vol (aéro plus masses) , et enrobaient ça dans un texte poétique du plus bel effet ! On était en 1930…La théorie du vol battu est bien connue , et celle du vol plané (qui se combine à la précédente ) que j’ai développée montre que l’économie de vol est maximale justement en raison de l’utilisation de la GV , les ailes étant toujours « repliées » ,en dièdre et flèche ,au « upstroke  » (la remontée de l’aile ) , même en vol de croisière ; pourquoi ? tout simplement pour trainer moins ,et conserver de la pression sous l’aile …
    J’aurais aimé que des aérodynamiciens se penchent sur la question pour chiffrer un peu tout ça ,mais voilà …pas de candidat !

  • RAVEL Christian

    Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
    juste une petite correction, due à un malencontreux glissement de plume:
    L’avion à aile battante n’est pas l’Albert A-6 mais le Riout n° 2.
    – La restauration de l’Albert A-61 débutera début septembre.
    Que celui qui n’a jamais péché…
    Amitiés à tous.

    Christian RAVEL et toute l’équipe d’Espace Air Passion

  • Bert

    Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
    C’est le musée a ne pas rater. C’est un des rares musée thématique où vous pouvez venir en famille, entre amis et où même les non passionnés d’aviation, les non initiés du domaine aéronautique en ressortiront avec un souvenir inoubliable, avec le sentiment d’avoir découvert des choses extra ordinaires.
    La mise en valeur de ces trésors et surtout la vulgarisation (pour être à la portée de tous) des informations fait que toutes les générations et toutes les tranches d’age sont conquises.
    De plus c’est comme le « Chateau fort de Guédelon », on peut y revenir régulièrement et on trouvera toujours quelque chose de nouveau ou que l’on avait pas vu tellement c’est dense.
    Bravo à Jean-Marie et à sa prose si agréable.
    Bert

  • Jean-Mi

    Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
    Un superbe espace que je recommande fortement !
    L’EAP d’Angers, non content de préserver le patrimoine de l’aviation légère, s’occupe de TOUTE l’aviation, et donc en particulier de l’aéromodélisme, ce qui est (très) rare… N’oublions pas que de très nombreux pilotes de chasse et de ligne ont commencé par coller des bouts de bois et à lancer d’improbables machines éventuellement volantes dans les prés alentours… Demandez à Christian Ravel !
    Vous trouverez donc également à Angers une collection particulièrement riche de toute l’histoire de l’aéromodélisme, qui commence avant l’aviation « grandeur », et qui a toujours un cran d’avance vu que ce sont des modèles réduits qui volent en soufflerie avant les essais réels… 😉
    Allez Monsieur Klinka, je ne vous en veux pas (trop) de cet oubli…

    • Jean-Marie Klinka
      JMK

      Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
      Oui bien sûr, il aurait fallu écrire un papier sur le GPPA, musée du modèle réduit d’avion, dire combien cette activité peut être enrichissante pour la jeunesse, surtout que j’ai cassé plusieurs « CB » avant d’en avoir un en vol, parler de la « boutique », que sais-je ? Il me faut maintenant écrire sur les archives, les réserves, le futur de la muséographie .. Ça nous emmène après les vacances.
      Et Errare Humanum Est: l’avion à ailes battantes est un Riout et non un Albert.
      JMK

    • Grisez Ph

      Angers, de la préservation à la mise en valeur du patrimoine aéronautique
      De toutes façons ,merci de nous faire connaître ce passionnant musée. Et je maintiens ma prose (à venir ? ) sur le vol battu , et le réalisme de nos pionniers …en ajoutant que le planeur à « aile de mouette  » présenté en 1er est Aussi représentatif des « approx » des débuts de l’aviation . Pour qu’une aile soit plus efficace « brisée » que droite ,il faut ,à mon sens , au moins 4 angles , 2 sur chaque élément de plan pour une aile « de mouette  » ,à 2 portions d’ailes (en gros !) , donc 6 angles pour les ailes à grand allongement des albatros et autres grands planeurs marins . Pourquoi ? parce que la flèche inverse renforce le rendement du profil ,de même que le dièdre (léger ,dans le bon sens !)
      D’où ,selon moi ,la supériorité des ailes en « M2 » ,ou « M3 » des oiseaux de mer , dans la catégorie voiliers rapides .

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