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Concorde, la révélation.

Pour François Brévot, ce 21 mai 1988, à la Ferté-Alais, Concorde a changé sa vie. A l'occasion du cinquantième anniversaire du 1er vol de Concorde, le 2 mars 1969, les journalistes d'Aerobuzz.fr se souviennent.

28.02.2019

Peu de spectateurs de meetings nés au XXIe siècle, peuvent imaginer que cette scène a été possible… un jour. © Michel Laurent.

Ce jour-là, je n’imagine pas que je vais me faire  » décoiffer  » à vie par Concorde. Je suis en  » fac « , et je me rends pour la première fois à La Ferté-Alais, avec un ami. Pour deux étudiants, c’est déjà une grande sortie. Nous effectuons le trajet entre nos domiciles et Cerny, dans une auto contemporaine du Concorde, la Renault R16, ce qui en dit long sur l’époque.

Nous assistons au ballet des hélices à l’ombre d’un conifère qui existe encore, en bord de piste. En fin de journée, le plateau aérien est consommé. Concorde est annoncé. Je suis incrédule. Mais pourquoi Air France enverrait-il Concorde dans un meeting à la campagne ?

Concorde arrive, escorté par la Patrouille de France. Le commandant de bord déverse son émotion à l’antenne sono. Le combiné Concorde – PAF vont effectuer deux passages. A l’issue du second, Concorde se sépare de la PAF avec une mémorable et odorante remise des gaz. Puis, Concorde revient. Il effectue un autre passage train sorti. Il longe le public, à quelques dizaines de mètres du sol, seulement.

Percevant un léger son de tôles, je sens l’oiseau de métal vivre son passage devant moi, et son ombre me traverser. Puis nous sommes envahis par une forme de brouillard mêlant chaleur des moteurs et effluves de kérosène. Le temps d’un dernier survol, dans son enthousiasme, le commentateur dont je découvre le nom, Bernard Chabbert, annonce qu’il a réussi à lire la marque des pneus du supersonique …

31 ans plus tard, je suis abonné aux salons aéronautiques, en Asie comme en Russie.

C’est ce jour-là, que Concorde m’a convaincu de photographier les machines les plus rutilantes partout où je le pourrai. Chaque année, je reviens à La Ferté auprès du conifère où tout a commencé. Mes enfants font les photos, mais eux n’ont pas connu le XXe Siècle, ce temps où les français pouvaient fièrement voyager dans un avion de ligne plus performant que ceux du XXIe.

François Brévot

 

Vous pouvez, vous aussi, partager vos souvenirs de Concorde via les commentaires.

A propos de François Brevot

chez Aerobuzz.fr
François Brévot est un reporter globe-trotter, chroniqueur, et photographe, passionné d’histoire contemporaine, aéronautique et spatiale, et de géopolitique. Il écrit en particulier, sur l’aviation militaire moderne ou ancienne, française ou internationale, et de nombreux récits de voyages sur des destinations et musées à caractère aéronautique. Spécialisé sur les nouvelles puissances aériennes, il visite très régulièrement les salons aéronautiques émergents du nouveau Siècle, que ce soit en Russie, en Chine, en Asie, en Turquie, et se passionne pour les nations d’Europe centrale.

6 commentaires

  • pierre.chauvin5

    Oui, j’y étais. Je sent encore le kérosene !! des moments comme celui ci restent graver dans la tête toute votre vie d’aviateur.

    • Jean-Mi

      C’est tout de même rare qu’après avoir assisté à une démonstration en vol d’un avion, on en garde certes les images, certes le son, certes les vibrations, mais aussi… les odeurs ?
      Bigre…
      Un moment rare…

  • Claudine Clostermann

    Un très bel article au travers duquel le lecteur ressent, dans l’écriture, la passion et l’émotion de son auteur. Moi, je n’ai pas vu cette merveilleuse formation avec la PAF et ce fabuleux passage solo à la Ferté, train sorti à quelques mètres du sol, commenté par Bernard….cause maternité, mon fils est né le 26 Mai 88 !! Au final, je n’ai jamais vu ce bel oiseau en vol, juste seulement très souvent en statique, d’abord aux couleurs d’Air France ensuite à celles de la British, au musée DELTA d’Athis-Mons. Dommage pour moi! C’est pourquoi je remercie François Brevot pour ce très beau texte et pour l’évocation de ce souvenir qui lui a mis le « pied à l’étrier » pour sa carrière journalistique.

  • Lieu

    Moi aussi j’y étais comme tous les ans depuis que je tiens debout… j’ai les larmes aux yeux quand je vois chaque année à la patrouilles de France passée sans le concorde ..

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