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John Young, mort d’un héros de la conquête spatiale

L’astronaute américain, John Young, est décédé le 5 janvier 2018, à l’âge de 87 ans. Ce marcheur lunaire (Apollo 16) restera le seul à avoir participé aux trois programmes Gemini, Apollo et Navette. Il avait véritablement l’étoffe d’un héros. C’était un homme attachant.

John Young est devenu marcheur lunaire en avril 1972 (Apollo 16). On aperçoit en arrière plan le module lunaire et le rover avec lequel l'astronaute élargit son exploration de la surface lunaire. © NASA

J’ai eu la chance de rencontrer John Young, et le privilège de passer quelques jours en sa compagnie. C’était à la fin des années 90, dans le cadre du festival Air Espace de Megève. Il avait fait le voyage de la Californie, où il vivait et où il s’est éteint vendredi dernier. Nous avons préparé ensemble, la conférence qu’il devait donner. Il avait apporté ses diapositives et des vidéos de son séjour sur la Lune.

Un astronaute professionnel

Il m’avait prévenu : à l’issue de sa conférence, il ne signerait pas d’autographes. A ses yeux, il n’y avait aucune raison de le faire. Contrairement à certains de ses collègues marcheurs lunaires, il ne se considérait pas comme une star, juste comme un professionnel qui avait accompli sa mission. A l’époque, il faisait encore partie de la NASA et il était déjà une légende.

John Young était pilote d’essai dans la Navy quand, en 1961, il entendit le président John F. Kennedy, annoncer qu’avant la fin des années 60, un américain poserait le pied sur la Lune et reviendrait sur Terre, en sécurité. L’année suivant, il rejoignait le corps des astronautes, et c’est ainsi, qu’en mars 1965, il effectua sa première mission spatiale, en compagnie de Gus Grissom, à bord de Gemini 3. Cette mission faillit être aussi sa dernière.

Le 21 juillet 1966, John Young en compagnie de Mike Collins après leur récupération en mer. (Gemini 10). © NASA

Un sandwich en orbite

Une fois en orbite, Young offrit à Grissom un sandwich qu’avait acheté Wally Schirra, dans un snack de Cocoa Beach (Floride), juste avant le lancement. Une manière pour les astronautes de dire qu’ils n’appréciaient pas les rations de la NASA.

La polémique qui s’en suivi faillit mettre définitivement le plaisantin sur la touche. Failli seulement… Un an plus tard, en juillet 1966, il commandera la mission Gemini 10. Puis ensuite, il embarquera dans le programme Apollo.

De Gemini à Apollo

En mai 1969, en tant que commandant de bord de la mission Apollo 10, il effectuera avec succès la répétition générale du vol d’Apollo 11. Il effleurera la surface lunaire. Il devra attendre avril 1972 et Apollo 16, pour se poser sur la Lune, marcher et rouler au volant du rover, en compagnie de Charlie Duke. Ils rapporteront près de 100 kg d’échantillons du sol lunaire.

Même si cette expédition lunaire constitue le point culminant de la carrière d’astronaute de John Young, les deux missions qui suivront n’en seront pas moins de nouveaux défis.

Pilote d’essais de la navette spatiale

En 1981, Young sera le commandant de bord de la mission STS-1, le premier vol de la navette Columbia. 55 heures de vol. La conquête spatiale entrait dans une ère nouvelle, et une fois encore, John Young ouvrait la voie. Il commandera, deux ans plus tard, la mission STS-9 qui durera cette fois-ci 10 jours.

John Young est le seul astronaute américain à avoir enchainé des missions dans trois programmes différents. © NASA

Je me souviendrai toujours des minutes qui ont précédé l’entrée en scène de John Young, dans le palais des sports de Megève, où il allait donner sa conférence. Nous étions tous les deux en coulisses, debout derrière l’écran. Par transparence nous regardions John Young, dans son scaphandre, en train d’enchainer des bonds de géant à la surface de la Lune. Je n’oublierai jamais l’émotion qui me submergeait alors. Du pur bonheur.

C’est avec tristesse que j’ai appris, ce matin, la mort de mon héros.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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