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Si l’histoire de l’aviation belge nous était contée…

Le Musée Royal de l’Armée et de l’Histoire Militaire de Bruxelles abrite, depuis 1972, un hall aviation qui présente près de cent aéronefs qui on marqué l’histoire de la Belgique. Sous une impressionnante nef de verre et d’acier, vous trouverez toute l’aviation belge, du ballon au F-16 en passant par les aéronefs pionniers et jusqu’au pou du ciel.

2.08.2016

Le Parc du Cinquantenaire de Bruxelles est un vaste écrin de verdure aménagé par le roi Léopold II pour célébrer les cinquante ans de l’indépendance de la Belgique née en 1830. Propice à la flânerie, le parc recèle plusieurs joyaux, et en particulier le Palais du Cinquantenaire, qui abrite pas moins de quatre musées, dont celui de l’aviation, depuis 1972.

 

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Le Baron de Caters est considéré comme le premier Belge volant à bord de son Voisin modifié en 1908, dont la réplique est visible au balcon

On pousse la grande porte de bois et on descend quelques marches pour arriver au guichet visiteur. Une famille avec une poussette éprouve quelques difficultés mais y arrive malgré tout. Si l’entrée était gratuite jusqu’en janvier de cette année, il faut désormais s’acquitter d’un modique droit de visite.

Les cinq euros demandés ne sont pas trop cher payés au regard de l’immensité du musée. Car vous aurez accès non seulement au hall aviation, mais également à l’intégralité du Musée Royal de l’Armée et d’Histoire Militaire qui se divise en neuf espaces, entre blindés, armures et marine. On y trouve même une salle réservée à la Russie!
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Sur la droite du guichet, on accède à un couloir qui mène aux neuf espaces du musée ainsi qu’au dixième espace qui nous intéresse plus particulièrement : le hall aviation.
On débute la visite par une suite de photos retraçant la mission de Dirk Frimout, premier belge dans l’espace, parti à bord d’Atlantis en 1992.

On prend les escaliers qui prolongent cette exposition permanente pour arriver à l’espace consacré aux précurseurs. Sur ce balcon large de quelques mètres, on trouvera retracée les débuts de l’aviation belge avec les ballons, une très belle collection d’avions de la Grande Guerre ainsi que des avions civils issu de construction amateur, récupérés d’aéroclubs ou de particuliers.

Le hall de l'aviation du musée royal de l'armée à Bruxelles

En haut des escaliers, on débute par l’espace réservé aux ballons belges, où sont exposées deux des quatre nacelles moteur du Zeppelin L-30 donné à la Belgique en guise de compensation une fois la Deuxième Guerre Mondiale terminée. Il ne reste hélas de ce monument volant que ces nacelles accompagnées de quelques objets ayant volé à bord du Zeppelin. Mais le plus saisissant peut-être est la vue qui nous est offerte de ce balcon sur les collections du musée.
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En s’approchant de la rambarde du balcon, tout vous saute littéralement à la figure. Vous contemplez d’un seul coup d’oeil cent ans d’aviation belge, des pionniers jusqu’au F-16. Tout ce qui vole est ici représenté, aéronefs civils et militaires, porteur de la cocarde belge ou d’autres couleurs, sous une immense verrière qui a valeur d’écrin, culminant à 40 mètres de hauteur.

La première impression est qu’on a fait rentrer un maximum de choses dans ce hall long de 170 mètres, que ce soient des aéronefs ou des objets et armements en lien avec l’aviation belge. Aucun espace qui ne soit pas occupé! Mais d’ailleurs comment a-t-on fait rentrer tous ces avions dans ce hall dépourvu de portes ? Car le lieu, à l’origine, n’a pas été prévu pour exposer des avions. Pas de piste à proximité comme au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Tous les éléments exposés ont été convoyés par la route puis remontés in situ.
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Depuis le balcon, vous vous retrouvez nez-à-nez avec la Caravelle qui trône sur ses piliers. Au gré de votre déambulation à l’étage, tout en jetant inlassablement un coup d’oeil au spectacle du rez-de-chaussée, vous trouverez une réplique grandeur nature du Voisin transformé par le premier aviateur belge, le Baron de Caters, en 1908, un Farman MF11 utilisé en 1914 notamment pour l’observation, un très beau Nieuport 23 rutilant avec ses cocardes noir-jaune-rouge. Les merveilles se suivent ainsi tout au long du balcon : un hydravion de construction française, le Schreck, construit en 1913.
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Au même étage, dans la partie aviation civile, vous trouverez un pou du ciel recouvert d’autocollants signalant son passage sur de nombreux aérodromes. C’est aussi le premier avion de bombardement civil belge : depuis son frêle aéronef, son propriétaire aurait ainsi bombardé la maison d’un voisin irrespectueux à l’aide de cailloux.
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Au rez-de-chaussée, se trouve la majeure partie de la collection du musée. Sous l’apparent entassement, un ordre scrupuleux a été respecté. On trouve un espace réservé à la Deuxième Guerre Mondiale avec Spitfire, Hurricane, Mosquito et Junkers Ju 52 entre autres. Se côtoient ainsi les avions à réaction du type Mirage 5, F-104, Ouragan, T-6 ou Fouga Magister parmi de nombreux avions de cette catégorie. Et, trônant dans l’allée centrale, le F-16 belge avec son armement qui, lui est très à l’aise et dispose d’une belle mise en valeur.
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Pour faire le tour du hall aviation, il faudra compter au minimum deux heures. Sous le Junkers Ju 52 exposé, comme la Caravelle, sur ses piliers, vous trouverez de quoi vous ressourcer, vous restaurer et vous désaltérer, avec modération bien-sûr, au Sky café dont la terrasse se trouve au beau milieu des collections.
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Vous pourrez terminer par une page d’histoire de la compagnie aérienne nationale, la Sabena, disparue en 2001, et dont le souvenir reste particulièrement vivant au sein du musée. La Caravelle exposée sur les piliers est d’ailleurs la toute première de la compagnie. Quelques membres du personnel navigant de la Sabena viennent régulièrement mettre sous tension le poste de pilotage d’une section de Boeing 707 et rencontrer le public du musée pour expliquer ce qu’était leur compagnie défunte.
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Placé sous la responsabilité de Stephen Vandeput, Ministre Belge de la Défense, le Musée Royal de l’Air et de l’Histoire Militaire, en plus des ses collections inestimables, est un lieu à part entière. Pourtant, au-dessus de la verrière du hall aviation plane un oiseau de mauvais augure, une épée de Damocles qui voudrait bien voir cette centaine d’aéronefs dispersés sur le territoire belge. C’est que ce hall aiguise les convoitises et les appétits.
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Imaginez ce qu’on pourrait faire comme fêtes à dimension européenne dans ce volume de 55.000 m2! On peut parler de disparition programmée du musée à plus ou moins court terme. Sur un effectif total de 187 personnes, cinq personnes seulement assurent la gestion de la section « Air et Espace ». L’association des amis du musée, constituée de bénévoles, aide heureusement les salariés et participent à la restauration des collections.

Ne tardez plus à aller découvrir les collections de ce musée exceptionnel à plus d’un titre. Et, même si les avions ont pour certains revêtu un habit poussiéreux, on a l’impression d’être dans un hangar merveilleux, une caverne d’Ali-baba de l’aviation.

Fabrice Morlon

 

Infos pratiques :

Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9h à 17h.

Tarifs :
5 euros (de 26 à 65 ans)
4 euros (de 6 de 26 ans, + de 65 ans et personnes handicapées et leur accompagnant)
Groupe (à partir de 15 personnes)
4 euros (de 26 à 65 ans)
2 euros (de 6 de 26 ans, + de 65 ans et personnes handicapées et leur accompagnant)
Gratuit : enfant de – de 6 ans.

Gratuit pour tous chaque premier mercredi du mois à partir de 13 h.

Parking gratuit sur l’esplanade du Cinquantenaire

Accès transport en commun:
En bus : Lignes 22, 27, 80 : arrêt Mérode / Lignes 12, 21, 22, 36, 60 79 : arrêt Schuman
En tram : Lignes 61 et 81, arrêt Mérode
En métro : Lignes 1 et 5, arrêt Mérode ou Schuman
Tous les arrêts sont à 10 minutes à pied du Musée

Adresse :
Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire
Parc du Cinquantenaire 3
1000 Bruxelles – Belgique

Site Internet : http://www.klm-mra.be/D7t/fr

 

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

5 commentaires

  • Paul Pontois

    En plus de celui de Fernand Noiset, quel est donc le deuxième pou du ciel exposé au musée ?
    Merci de votre réponse.

  • Jean-Mi

    Si l’histoire de l’aviation belge nous était contée…
    Musée magnifique et ambiance très « de terrain » plutôt que de musée… On ne serait pas surpris de croiser un mécano avec sa caisse à outil !
    Visité il y a pile un an en faisant moult photos et personne ne m’en a empêché !
    Je recommande fortement la section « époque Napoléonienne / indépendance Belge » qui est attenante à l’expo aviation !

  • louis cypher

    Si l’histoire de l’aviation belge nous était contée…
    Est il toujours interdit d y faire des photos?

  • serge

    Si l’histoire de l’aviation belge nous était contée…
    Je confirme tout l’intérêt de ce musée, même si en arrivant on a l’impression de se trouver plongé dans un bric-à-brac. Le fana de l’aviation en sortira émerveillé et y retournera plutôt deux fois qu’une.
    Honte à ce ministre flamand qui veut démanteler cette collection qui a le tort d’être « belge ».
    Et merci à Aerobuzz et à Fabrice.

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