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A la recherche de l’aviation générale chinoise

Bruno Guimbal partage ses impressions après un séjour en Chine où il a visité des aérodromes d’aviation générale flambant neuf, mais sans piste, et d’immenses usines aéronautiques ultra-modernes qui n’ont encore produit aucune machine volante. Le père de l’hélicoptère Cabri G2 a aussi pu constater l’impressionnant engouement des chinois et en particulier des enfants pour tout ce qui touche à l’aéronautique. La Chine de l’aviation loin des clichés…

18.01.2019

Les futurs pilotes d’hélico. Il manque le son… 1.000 enfants passent là presque chaque jour dans cette maquette d'hélicoptère de combat. © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

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Comme beaucoup de français, je fais parfois une fixation sur la Chine et son rôle à venir dans notre activité, notamment industrielle. Il est certain que ce n’est pas la vue des magasins et du sapin de Noël familial qui peuvent me rassurer. Il y a bien des gens qui pensent que la Chine va devenir « L’Usine » du monde occidental, et j’en connais même qui pensent que c’est réaliste et acceptable.

En deux mots : pas moi ! Mais ce n’est pas mon sujet. Ce témoignage a pour but de partager une expérience récente au cours d’un séjour en Chine, qui a pas mal changé mon point de vue jusque-là assez ordinaire.

C’est probablement dans le domaine aéronautique que la France se défend (c’est le mot approprié) le mieux face à l’Empire du Milieu, et tout un chacun se demande : « Jusqu’à quand ? Quand vont-ils nous bouffer ? ».

Rappelez-vous, fin-2010, le gouvernement Chinois annonce urbi et orbi (et Aerobuzzi) l’ouverture sur trois ans de son espace aérien aux civils, notamment à l’aviation générale. Beaucoup ont alors pensé et écrit « C’est parti ! ». Le monde tremblera…
Un an après, en 2011, alors que nous sortions timidement nos tout-premiers hélicoptères, je reçois un coup de fil de Washington, où un chinois me demande de recevoir son boss, en visite à la Maison Blanche.

« Nous allons vous en acheter 50 pour commencer.  »

Impressionné, je reçois modestement le lendemain, une petite délégation menée par un homme posé, que Google m’a présenté comme puissant dans de nombreux domaines. Il m’explique exactement : « Mon gouvernement (sic !) a décidé d’équiper chaque canton de trois hélicoptères parapublics, d’ici cinq ans. Savez-vous combien il y a de cantons en Chine ? 2.860. – Ah ! » et de poursuivre « il faut au moins 4 pilotes par hélicoptère – (que j’imaginais taille Ecureuil ou EC 135). Donc nous avons besoin de 34.000 nouveaux pilotes au plus vite. Combien forme-t ’on de pilotes par an avec un Cabri ? ».

Aéroport de Deqing : les hangars inutiles prêtés en attendant des jours meilleurs © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Je connaissais un peu la réponse : « 5 en moyenne, 10 au maxi. – Il nous faut donc au moins 2.000 hélicoptères de formation tout de suite ! Nous allons vous en acheter 50 pour commencer ».  N’ayant aucune idée à l’époque de la certification chinoise, sinon que cela pouvait coûter très cher, j’ai ravalé mes cris de joie, et heureusement : dix jours après, je recevais pas moins de 50 pages de contrats à signer, traitant de tous les aspects, et où toutes les cinq lignes était écrit « Guimbal provides… etc. ». La documentation, la certification, la formation, le soutien, les garanties, tout y passait. Pour cent raisons nous n’avons rien pu faire de ces contrats.

Une forte volonté politique de développement.

Ceci dit, avec quelques années de recul, rien n’indiquait qu’il y ait eu volonté de « pomper » de la technologie : la délégation n’était pas du monde industriel, et d’ailleurs, il ne s’est rien passé de tel depuis, à part l’expression d’une forte volonté politique de développement. C’est vrai que de nombreuses entreprises d’aviation générale ont été rachetées par des groupes chinois souvent gigantesques – on connaît Cirrus, Diamond, Continental, Thielert, Enström, etc., mais les mouvements sont encore apparemment limités aux capitaux.

Les Cabri et les pilotes des Garde-Côtes © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Retour à notre expérience : deux ans après, nous rencontrons enfin ! un vrai client, qui nous commande quelques hélicoptères, et nous encourage à obtenir la certification CAAC (façon courante de nommer la validation de la certification EASA par la CAAC). Déjà, quelques Robinson, Schweizer et Enström volaient en Chine, et une forte demande pour plus de sécurité apparaissait.

Encore quatre ans plus tard – aujourd’hui, quoi – le sésame de la CAAC obtenu sans trop souffrir, nous avons livrés une trentaine de Cabri en République Populaire. Alors où en est ce « premier marché du monde  » ? J’avais de bons rapports faits par les trois ingénieurs et mécanos de chez nous qui sont au contact des clients, mais n’étant jamais allé en Chine, je voulais me faire mon idée en rencontrant nos principaux clients.

1.000 pilotes civils d’hélicoptère pour 1,4 milliard de Chinois

Avant même d’y arriver, un constat s’impose : aucun objectif ci-dessus n’est tenu, ni même approché. Non seulement il n’y a encore qu’un nombre infime d’hélicoptères parapublics, mais il n’y a dans TOUTE la Chine – 1.400 millions d’habitants – pas 1.000 pilotes civils – privés et professionnels – pour 3.000 en France (66 millions d’habitants) et 4.000 en Nouvelle-Zélande (4,8 millions d’habitants). Mille fois plus de pilotes par habitant !

Et surtout, l’espace aérien n’est encore ouvert nulle part à l’aviation générale, sauf sous des accords très locaux pour de la formation en tours de piste. Pas un vol entre aérodromes sans plan de vol militaire, plan qui apparemment n’est jamais accordé !

D’ailleurs, en 8 jours passés dans huit villes et à côté de six aérodromes entre Zhuhai (tout au sud), Shanghai (est), et Beijing (tout au nord), essentiellement par beau temps, nous n’avons pas vu dans le ciel UN SEUL avion ou hélicoptère léger.

Les efforts et investissements énormes des Provinces et des Villes pour promouvoir et installer l’aviation générale

Par comparaison avec notre « beau pays de tradition aéronautique », il est pour le moins surprenant de voir en Chine les efforts et investissements énormes des Provinces et des Villes pour promouvoir et installer l’aviation générale, associés à l’absence totale de lâcher-prise des militaires.

Aéroport de Deqing : un des salons fantômes « Business » © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

L’aérogare fantôme de Deqing © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Ainsi à Deqing Moganshan, ville de 400.000 habitants à 2 heures de Shanghai, le gouvernement de la Province Zhejiang a financé la construction d’un aérodrome d’aviation générale flambant neuf avec, côté rampants, un grand parking voitures paysagé, une aérogare sur trois étages avec gardiens et hôtesses en uniforme, portiques de filtrage des personnels et des bagages, nombreuses salles VIP, bureaux des compagnies etc.

Côté aviation, une tour, un parking et des taxiways pour plusieurs turboprops ou moyens courriers, des hangars immenses et luxueux de taille A320, des véhicules SSIS.

J’oubliais un détail : depuis deux ans, l’armée refuse la construction de la piste, qui est limitée… au parking de 500 m. Les mêmes militaires refusent au gouvernement de la Province l’ouverture de l’espace aérien, limité au tour de piste pour ULM. Du coup, tout est vide et proposé gratuitement pour le remontage d’ULM ou d’hélicoptères, comme le fait notre client ! Ca fait effectivement rêver.

De grosses écoles

Dans un genre un peu différent, le plus important aérodrome d’aviation générale à côté de Beijing, Badaling. On dirait un peu Avignon – Caumont, sans l’aérogare passagers, ou Toussus, mais avec cinq fois moins d’avions. Une dizaine de Cirrus, quelques monomoteurs et bimoteurs autres, plusieurs Ecureuil, six Robinson, cinq Cabri, répartis sur cinq ou six écoles plutôt professionnelles. Les coûts sont ici très élevés, et les opérateurs sont de grosses écoles comme notre client le Groupe HNA qui compte entre autres, la grande compagnie aérienne Chinoise Hainan Airlines, qui est équipée de 223 Airbus récents.

Un AN-2 « spécial performance » ! © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

A Badaling aussi quelques avions russes antédiluviens comme cet Antonov AN-2 équipé de winglets de recherche ( !!! pour en faire un long courrier ?). Belle piste, beau paysage notamment grâce à la Grande Muraille qui passe juste à côté. Notre client nous offre un tour en Ecureuil sur la Grande Muraille et là, stupéfaction : personne ne peut dépasser 500 mètres d’altitude (comme l’URSS, la Chine ne reconnaît pas le pied) ni un rayon de 15 km. Il faut vraiment avoir besoin de voler, dans ces conditions !

De vrais aviateurs, exploitant très professionnellement de belles machines

Nous avons rencontré par contre en Chine de vraies organisations avec de vrais aviateurs, exploitant très professionnellement de belles machines, mais ils sont plus près du militaire que de l’aviation générale. Par exemple sur la péninsule de Yantai, qui contrôle la Mer de Bohai et la Mer Jaune, face à la Corée, la base des garde-côtes inspire le respect.

Super-Puma et S76 des Garde-Côtes de la péninsule de Yantai, opérationnels H24 © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Equipés pour le secours en mer, de Sikorsky S76, Super-Puma EC 225 et même deux EH 101, auxquels bien sûr j’ajoute fièrement quatre Cabri G2 pour l’entraînement des pilotes, ces gens-là sortent toute l’année pour secourir des marins, par des temps à faire pâlir Ouessant. Et au vu des centaines de bateaux de pêche pourris venus tout droit de la Dynastie Jin (265 ap JC), on comprend que ces gens soient considérés comme des héros. Leur jeune chef-pilote compte 850 personnes sauvées à son actif.  Respect !

La péninsule et la baie sont interdites à la circulation aérienne, bien que ce soit apparemment une zone de grandes plages estivales – ceci dit le temps était plutôt propice au naufrage en mer, en cette fin d’année.

Ferveur populaire pour l’aviation.

En contraste avec cette quasi-absence d’aviation générale, ce qui nous a le plus frappés en Chine, c’est l’incroyable enthousiasme – on peut dire ferveur populaire pour l’aviation. Notre visite a débuté au Salon de Zhuhai, équivalent local du Salon du Bourget. Des dizaines de milliers de spectateurs venus par tous les moyens, paient cher l’entrée, pour faire une foule compacte entre les avions exposés, allant du nouveau chasseur à poussée vectorielle au vieux biplan soviétique, et sont capables de faire la queue deux heures pour payer 10 euros une photo d’eux dans un Cabri (excusez-moi, j’étais un peu focalisé) faite par une hôtesse avec…leur propre téléphone !

Le luxe remarquable des stands nous a aussi frappés, comme celui d’AVIC, dont l’allée central avait un plafond constitué d’un écran plasma haute définition de 80 m x 15 m (sissi, j’ai mesuré !), présentant en vol, comme grandeur nature, tous les aéronefs ayant sillonné le ciel de Chine depuis…le premier. Absolument magnifique ! On comprend où sont fabriqués nos jeux vidéos.

Moins enthousiasmante était la très faible présence de l’industrie Française à Zhuhai, quasi invisible, très en retrait même de l’industrie Allemande (Liebherr, ZF, Krupp, Widia, etc.).

Des robots allemands faisant semblant d’assembler un aéronef par heure.

Et l’apogée de cette ferveur pour l’aviation, nous l’avons vue à Jingdezhen, ville de 350.000 habitants connue comme la capitale mondiale historique de la porcelaine. Là, une immense usine moderne, financée par le Gouvernement pour construire des avions et des hélicoptères légers, côtoie un musée de l’hélicoptère aussi tout neuf.

Une chaîne de montage « factice » à Jingdezhen © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Le hangar du musée de Jingdezhen – les appareils sont dehors. © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

L’usine, totalisant 80.000 m², est quasiment vide et présente une chaîne d’assemblage façon automobile, complètement factice, équipée de robots allemands « faisant semblant » d’assembler un aéronef par heure. Depuis trois ans, elle a pour but d’essayer d’attirer des avionneurs étrangers – suivez mon regard – pour fonder une activité industrielle.

Un hybride entre Disneyland et le Musée de l’Air.

Le musée, lui, est un hybride entre un parc d’attraction et le Musée de l’Air. Quelques vieux hélicoptères disparates, des maquettes et des simulateurs pour enfants. Factice et plutôt pitoyable du point de vue du patrimoine. Par contre, ce qui l’était beaucoup moins, c’est les milliers d’enfants de 5 à 10 ans, hurlant leur joie de faire la queue une heure pour s’assoir 2 minutes dans le cockpit en bois d’un faux hélicoptère ou dans un simulateur archaïque.

Le musée ne désemplit pas, et les maîtres y conduisent les enfants même les samedis et dimanches. Les murs sont couverts de dessins d’enfants d’avions et d’hélicoptères (les lauréats du concours gagnent des baptêmes de l’air…en Cabri).  Mon épouse et moi avons presque pleuré en pensant que le Musée de l’Air est quasi inconnu chez nous, et que dans l’école primaire de nos enfants, à Aix les Milles, circulent chaque année des pétitions de riverains pour exiger la fermeture de l’aérodrome.

La Grande Muraille vue d’hélicoptère © Bruno Guimbal / Aerobuzz.fr

Là on peut dire, « quand la Chine s’éveillera », quand ces enfants auront grandi, nous allons trembler et devoir réveiller notre aviation générale sous peine de nous reconvertir dans l’hôtellerie et le tourisme. Ceci dit, ça ne semble pas encore pour demain, on peut toujours espérer, et travailler.

Bruno Guimbal

A propos de Bruno Guimbal

chez Aerobuzz.fr
Bruno Guimbal est un ingénieur passionné par les machines, qu'elles soient "outil" ou "volantes". A la fin des années 2000, après avoir quitté Eurocopter, il a créé sa société "Hélicoptères Guimbal" pour produire un hélicoptère biplace léger, le Cabri G2.

25 commentaires

  • danyfly

    Mon fils qui connait bien le Cabri et la Chine pense la même chose que Bruno Guimbal
    Un niveau technique encore faible coté mécanique de bon pilotes volant dans dans des conditions extremes
    Beaucoup de cinéma, de fausses usines, des maquettes, …
    Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas ce méfier

  • François Brevot
    François Brevot

    Bravo Bruno. Nous nous sommes croisés à Zhuhai sans le savoir. Je partage en effet ce que tu écris. Mêmes constats . Nous en reparlerons peut-être au cours de la conférence que je donnerai en juin 2019 sur le salon aéronautique de Zhuhai, à l’Aéroclub de France de Paris. Pour nos lecteurs un petit rappel, j’ai pu publier plusieurs articles dans Aerobuzz sur Zhuhai, dont celui-ci : https://www.aerobuzz.fr/defense/la-chine-sest-lancee-dans-la-poussee-vectorielle/

  • yves germain

    Bravo !!
    Très bel article Bruno, bon vent pour ton parcours au de la de la grande muraille….. Merci !

    • Jean-Marie Klinka
      JMK

      Bruno (j’ai perdu ton email !)
      Un commentaire digne de ce nom, les pieds sur terre, il est heureux que tu ai fait ce voyage, depuis le temps. Les paysages doivent être superbes, je vous envie.
      Un jour la Chine s’éveillera, un peuple est prêt, c’est ce que tu montres et qu’on a du mal à appréhender. Pour l’instant il y a les militaires qui freinent mais techniquement, que dire d’un pays capable de piloter des satellites sur la Lune.
      Il faut lutter comme tu le fais. Même si les constructeurs comme toi, comme Pierre Robin, comme Auguste Mudry, comme René Fournier, ont tendance à disparaître.
      Ne pas laisser la place, pour nos enfants ou petits enfants, à des restos de malbouffe.

  • francois h.

    Merci pour ce témoignage ciselé. Qu’en pensera M. Raffarin (« dans dix ans, notre alliée la Chine »)?

  • Martial DAUPHIN

    Merci Monsieur Guimbal pour ce reportage.
    C’est instructif et inquiétant bien-sur.
    Je pense que le but de la Chine est l’hégémonie mondiale, et si possible grasse aux transferts de technologies.
    Après le lancement de sa ligne d’assemblage d’A 320 à Tianjin, près de Pékin, Airbus a inauguré le 20 septembre, toujours à Tianjin, un nouveau site dédié à la finition des long-courriers A 330.
    Cette usine, dans laquelle Airbus a investi 150 millions d’euros, réceptionnera les A 330 assemblés à Toulouse, et prendra en charge l’aménagement intérieur et la peinture des appareils.
    Ce nouveau site vient s’ajouter à une implantation locale déjà impressionnante : entre la ligne d’assemblage d’A 320, le centre de matériaux composites à Harbin dans le nord du pays, les structures de maintenance et de formation et le centre d’ingénierie de Pékin, Airbus emploie 1 500 personnes en Chine, combien d’emplois et de savoir-faire industriels perdu en France ?.
    Le Comac C919 est à son lancement le plus gros avion commercial jamais conçu et construit par la Chine.
    Son premier vol a eu lieu le 5 mai 2017, les premières livraisons étant prévues pour 2020-2021.
    Il a pour ambition de concurrencer les différentes déclinaisons des Airbus A320 et Boeing 737. Déja plus de 500 avions commandés, c’est autant de moins pour Airbus ou Boeing.
    « Ils ont les moyens financiers, les compétences, le marché », expliquait un jour l’ancien PDG de Boeing Jim McNerney.
    Vous le soulignez très justement, la Chine a lancé une industrie en mettant en place des équipes très importantes.
    Pour que cela soit une vraie industrie et non pas un coup, il faut donner à manger à cette industrie et donc lancer un nouveau programme une fois le C919 terminé, Comme ils ont l’argent, la volonté et le marché, ils le feront.
    Comac travaille en effet avec le russe UAC sur la conception d’un appareil gros-porteur, bi-couloir de 250 à 350 sièges, dont la mise en service serait prévue vers le milieu de la prochaine décennie. Cela fera t’il trembler A350 et A330 NEO (mort dans l’œuf pour ce dernier)?
    Tenez bon Monsieur Guimbal.

  • CHAUVIN

    récit de Brunol Guimbal particulièrement intéressant car il vient du terrain. Bruno n’est pas un perdreau de l’année en aéronautique et son analyse vaut le coup d’être prise en compte. N’oublions pas que la Chine, grand pays dans beaucoup de domaines, est composée d’hommes et d’un Parti Communiste omniprésent qui doivent être intégrés à la réflexion pour « bien comprendre la Chine ».

  • Hernoult

    Bonjour,

    Les chinois ont fait un appareil très proche du Cabri, on ne peut pas parler d’une véritable copie car le design est un peu différent. Les chinois ont fait aussi le Z11, une copie d’Ecureuil pour l’exporter en Argentine http://www.helis.com/database/cn/27827/ mais le marché n’a pas été finalisé. L’hélicoptère Kompress a été copié et dronisé. Zongshen a présenté son moteur C 145, très inspiré du 914 turbo. Paradoxalement l’hélicoptère monoplace Mosquito a aussi était copié, mais il était mieux que l’original! Bruno Guimbal découvrira probablement dans les prochains mois (humour) le premier vol du Cabri 4 places « made in china » avant même qu’il assemble son prototype en France.

    La Chine est un rouleau compresseur qui ne s’arrête jamais.

    Christophe

  • A ce jour le ciel chinois est controlé par les militaires . Il n’ y a que les écoles de pilotage établies formant des pilotes commerciaux et les lignes commerciales qui peuvent voler. « L’ouverture du ciel  » est toujours devant même pour u n constructeur d’avion chinois. Les taxes diverse aéroport, MTO, contrôle, hangar …sont exhubérantes.

  • Peter

    Merci Monsieur Guimbal d’avoir pris le temps de partager vos observations de voyage avec la communauté aéronautique francophone. L’éclairage que vous donnez est intéressant et n’est bien sûr qu’une facette d’une réalité complexe.
    Espérons qu’elle fera réfléchir ceux qui nombrilisent et voir aux esprits ouverts les opportunités que ces nouveaux marchés présentent pour notre « Vieux continent » !

  • Toin

    Re-bonjour, je voulais compléter mon commentaire précédent. La Chine n’a pas l’exclusivité des aéroports fantômes ou inutiles. Ainsi les au moins dix aéroports espagnols qui ne servent à rien. Et en France ceux que nous pourrions fermer comme Tarbes (il y a celui de Pau à proximité), Bergerac et d’autres. Heureusement nous avons échappé à celui de Nantes / Notre Dame des Landes…

    • Woodplane

      Pourquoi fermer l’aeroport de Bergerac?

    • BIB57

      Vous illustrez bien toute la différence qu’il peut y avoir entre la conception chinoise de l’intérêt national et la notre: là-bas ils investissent par centaines de milliards pour créer les conditions de la richesse de demain (allant effectivement trop vite pour certains représentants du « monde d’avant », comme les militaires, mais je pense que ces derniers devront tôt ou tard se rendre……à l’évidence!); ici on dilapide le capital d’infrastructures existantes pour faire des économies d’épiciers, transformant notre pays en déserts d’activité en dehors de quelques métropoles dynamiques!

  • Toin

    Bonjour, d’abord cessez de qualifier la Chine « d’Empire du milieu ». C’est un cliché racoleur et éculé qu’aucun observateur sérieux du pays n’utilise. Le nom chinois du pays « Zhongguo » se traduit littéralement par « pays du milieu ». Ensuite je suis étonné que n’importe quel chinois ait pu vous faire croire qu’il allait vous faire signer le contrat de votre vie. Lisez mes treize rubriques parues sur le site « Déplacements pros » (rubrique Voyages d’affaires pratiques). Pour faire du business avec la Chine, il faut s’intéresser au pays et ses habitants sans superficialité. Et s’entourer de collaborateurs chinois… compétents et honnêtes. La Chine n’est pas ou plus un Eldorado où l’on s’enrichit en proposant n’importe quoi. Vous avez raison quant au poids de l’armée sur la gestion de l’espace aérien. Mais votre analyse concernant le peu d’amateurs pour l’aviation générale, ne tient pas compte des extrêmes inégalités de revenus (voler coûte cher) même si quelques uns ont les moyens de se payer la formation de piloté privé, ni du fait de l’absence de bourses et de facilités contrairement à chez nous. L’incroyable progression des compagnies aériennes chinoises et des aéroports dont j’ai été le témoin depuis 1980, prouve qu »un réel développement existe dans certains domaines. Les équipement collectifs (routes, trains, hôpitaux) n’ont rien de commun avec ceux de l’Inde. L’ouverture de l’aéroport de Daxing à Pékin en fin d’année (qui fonctionnera certainement mieux que le nouvel aéroport d’Istanbul), prouve les capacités du pays. Quant à la façon dont la Chine s’accapare de la technologie occidentale, lisez « L’empreinte du Dragon » que j’ai écrit avec la collaboration de Bruno Rivière (C.L.C. Editions / disponible sur Amazon et autres sites). Peut-être découvrirez vous comment les chinois se sont emparés de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et ont disséqué l’Airbus A320 ? Jean Tuan

    • Bruno Guimbal

      Cher Monsieur Tuan,
      Votre commentaire appelle commentaire, à part sa forme un peu agressive.
      D’abord je note soigneusement que « l’Empire du milieu » est « un cliché racoleur et éculé » (!). Je l’ai écrit pour éviter d’écrire six fois Chine en huit lignes, comme on écrirait avec sympathie « l’Hexagone » ou « le Pays du Soleil levant ». Je dirai aussi à mes amis anglais d’arrêter de m’appeler gentiment « bouffeur de grenouilles » – je n’ai même jamais vu une cuisse de grenouille.
      Ensuite, le dirigeant chinois qui m’a rendu visite en 2011 était en photo la veille à côté de Barack Obama et Hu Jintao. Dirigeant de Province, recteur d’académie, conseiller supérieur de plusieurs organismes etc. Comme vous dites, « n’importe quel chinois ». Et il ne m’a jamais fait croire que j’allais signer le contrat de ma vie, au contraire hélas! ; relisez moi.
      Pour le fond, vos remarques me font penser à l’émission de BFM « les entreprises françaises en Chine », qui chaque samedi, donne des témoignages similaires au vôtre. Ils m’ont interviewé peu après que nous ayons vendu pour 12 M€ d’hélicoptères en Chine, et mes réponses, toutes simples, étaient tellement peu conformes à leurs conseils qu’ils en ont censuré les trois-quarts. Non, nous n’avons jamais été entourés de spécialistes chinois, pas un avocat, pas un banquier, pas un commercial, pas un expert. Nous ne sommes même jamais allés en Chine avant la première livraison. Pour autant je ne donnerai de leçon à personne, d’autant que nous n’avons jamais pris l’initiative de vendre en Chine.
      C’est un peu aussi la force de la Certification, qui crée une référence mondiale.

      Là où vous me surprenez, c’est de citer mon « analyse concernant le peu d’amateurs pour l’aviation générale ». Je dis exactement le contraire !
      Je n’avais jamais vu autant de passionnés d’aviation. Dans les halls d’hôtels, les infos passaient en boucle le show aérien du Salon de Zhuhai. Lisez ma visite du musée. Bien sûr, on voit immédiatement qu’il y a un énorme problème d’argent, comme vous dites.
      C’est intéressant de voir que la France est probablement le pays au Monde où voler est le plus accessible à la majorité (forte tradition, aérodromes de loin les moins chers du Monde, essence avion comparativement bon marché, aéroclubs très accessibles, espace aérien ouvert, etc.), et que la tendance y est si mauvaise.
      C’est un débat trop d’actualité…

      Quant aux aéroports chinois, modernes et bondés, c’est sûr que c’est frappant, mais comme c’est ce qu’on lit partout, je m’y attendais et je n’ai rien de pertinent à dire.
      Enfin, c’est mon tour de trouver « cliché racoleur et éculé » de dire que les Chinois ont « disséqué l’A320 ». Les constructeurs automobiles, au moins en France pour ce que je sais, dissèquent méthodiquement les nouveaux modèles des confrères et roulent avec ; moi-même j’ai disséqué plusieurs épaves de Robinson (et pourtant j’ai fait tout différent après), et on m’a rapporté que plusieurs ingénieurs de Robinson sont allés voir de très près un Cabri, etc. Il faudrait être idiot et très prétentieux pour développer un avion moyen-courrier sans commencer par disséquer un A 320. C’est ce qu’on appelle la « veille technologique » dans les grands groupes où on l’encourage fortement.
      Je lirais avec intérêt votre récit de la façon dont des Chinois se sont emparés de l’Aéroport de Toulouse, mais je suppose que nous avons été assez bêtes et faibles pour le leur vendre. Si ce n’était QUE l’aéroport de Toulouse…
      Salutations

  • Bousquet

    Merci beaucoup pour cet article d’autant plus que le cabri est moulé dans le bâtiment à côté de celui où je travaille. Par contre si les robots cités dans l’article sont orange (pour ne pas citer de marque) il faut savoir que la marque à été rachetée par ….des chinois.

  • Arès

    @bgse. Ce que je voulais surtout dire, était de ne pas sous estimer un peuple de 1400 millions d’âmes, et le spectacle des tambours de Pékin aux JO 2008, est là pour nous le rappeler… . Reste que l’alunissage sur la face cachée de la lune, est un véritable exploit, et ce n’est pas parce que l’on est le 1er à le tenter, qu’on le réussit nécessairement.

  • Arès

    D’un côté, une aviation générale quasi-inexistante, et de l’autre, ils ont réussi le premier alunissage de l’histoire, sur la face cachée de la lune..excusez du peu!.
    Je ne crois pas que l’on puisse comprendre, un jour, le peuple Chinois, mais je pense que leur but est l’hégémonie mondiale, et dans notre pays qui semble passer plus de temps à détruire la richesse, qu’à vaincre la pauvreté, je ne donne pas cher de notre peau.
    Aussi, comme vous le dîtes si bien, dans la dernière phrase de votre article, ne nous reste pour éviter la submersion: l’espoir et le travail ( surtout le travail).

    • bgse

      bien sûr que ce sont les premiers a l’avoir réussi puisque ce sont sont eux les premiers à l’avoir tenté.
      Les occidentaux se sont depuis longtemps détournés de la lune pour se pencher vers d’autres challenges comme aller sur Mars, survoler le soleil, et autres.

  • LBE

    Un grand merci pour ce récit qui respire le vécu et un tout autre regard de ce qu’on a l’habitude de lire sur ce secteur de ce grand pays bien présent sur la scène aéronautique …

  • HeliHenri

    Bonjour,
    Les info chiffrées et précises sont vraiment étonnantes !
    Cela donne une bonne base pour estimer la situation actuelle de l’aviation générale.
    P.S : il n’y a aucun EH 101 en Chine selon tous les sites spécialisés y compris celui de Leonardo, mystère …

    • Bruno Guimbal

      Bonjour,
      Oups ! ma langue a fourché, je voulais écrire Siko S92, pas EH 101. Pourtant je connais assez bien les deux grosses machines, mais je n’ai pas trop regardé de ce côté. Ne me jugez pas trop sévèrement svp 🙂
      J’ai une photo, l’immat est B-73… et le marquage Eastern General, appareil équipé SAR apparemment.
      La machine préférée des pilotes est de loin l’EC 225 ceci dit. Ca mérite d’être noté aujourd’hui.

      • HeliHenri

        Bonjour,
        Le 225 est le préféré des pilotes et le S92 celui des Pax 😉
        Pour revenir à la Chine, elle est maintenant en tête des ventes du G2 avec le Royaume Uni. Quel parcours en si peu de temps ! 👍

  • Merci pour ce récit sur le thême  » aviation générale en Chine : état des lieux et perspectives »: je partage votre perception sur l’engouement de la jeunesse pour les nouvelles technologies que j’ai moi même constaté
    si nos dirigeants et nos jeunes pouvaient lire votre récit cela nous ferait probablement progresser vers les vrais enjeux : amour et curiosité pour la technique et engagement doublé d’ investissements ciblés

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