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Collision meurtrière de deux hélicoptères de l’ALAT au Mali

Deux hélicoptères de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), un Tigre et un Cougar, se sont percutés en vol au  cours d’une opération de combat, dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali. Les treize occupants des deux appareils ont été tués.

26.11.2019

La perte simultanée d'un Cougar (ici à l’image) et d’un Tigre est un coup très dur porté à la force Barkhane et à l’Alat dans son ensemble. © Frédéric Lert/Aerobuzz

Le communiqué de l’état-major des armées, diffusé ce mardi matin (26 novembre 2019), précise que l’accident est intervenu hier lundi 25 novembre 2019 peu avant 20h. Il faisait donc nuit, une nuit sans Lune et sur un environnement semi désertique sans lumière résiduelle.

Tigre et Cougar sont habitués à travailler ensemble, mais un combat de nuit, sans lune, au-dessus d’une zone semi-désertique est le pire des scénarios. © Frédéric Lert/Aerobuzz

Tigre et Cougar sont habitués à travailler ensemble, mais un combat de nuit, sans lune, au-dessus d’une zone semi-désertique est le pire des scénarios. © Frédéric Lert/Aerobuzz

Un Cougar et un Tigre se sont abordés en vol au cours « d’une opération d’appui au profit de commandos de la force Barkhane qui étaient au contact de groupes armées terroristes (GAT) » précise le communiqué de l’état-major. L’opération se déroulait dans la région du Liptako malien, dans la zone où se rejoignent les frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso, bien connue pour être une zone d’action des « GAT » dans la région. Voici ce que précise également le communiqué des armées :

« Engagés au sol depuis quelques jours, les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000.

Un hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer «l’extraction immédiate» d’un élément au sol.

Vers 19h40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre. Aucun des militaires embarqués n’a survécu. Une opération de secours et de sécurisation de la zone d’accident est en cours. De nombreux moyens de la force Barkhane sont encore engagés. Les treize militaires morts au combat sont les deux membres d’équipage du Tigre du 5e  Régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC), les cinq membres d’équipage du Cougar (5e  RHC également), quatre opérateurs du Groupement commandos montagne (GCM) du 4e  Régiment de chasseurs (4e RCH), un opérateur GCM du 93e Régiment d’artillerie de montagne (93e RAM) et un opérateur GCM du 2e Régiment étranger du génie (2e REG). »

Dans le cadre de l’opération Barkhane, l’ALAT maintient à Gao un « Groupement tactique désert Aérocombat » (GTDA) fort d’environ 370 personnes et une vingtaine d’appareils. Le dernier décompte faisait apparaître 5 NH90, deux Cougar, 9 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque (Tigre et Gazelle) et un Pilatus PC6. Un détachement britannique fort de 3 CH-47 Chinook et 90 personnes est également associé aux forces françaises à Gao.

Face à l’intensité des combats, les Tigre sont devenus indispensables au Mali. © Frederic Lert/Aerobuzz

La dernière perte en opération de l’ALAT au Mali remontait au 24 juin 2019, lorsqu’une Gazelle avait été abattue en opération par des tirs venus du sol. Après un atterrissage d’urgence, l’appareil s’était couché et avait pris feu. Le commando qui était à bord était parvenu à extraire les deux pilotes blessés et avait organisé leur évacuation rapide.

C’est une véritable guerre qui se joue au Mali depuis janvier 2013. Plus de 4.500 soldats français y sont engagés en permanence et depuis le début des opérations en janvier 2013, 41 y ont trouvé la mort.

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

15 commentaires

  • Martin Schlumberger

    Avec des HF qui fonctionnent même à très basse altitude, et des GPS qui ont une précision diabolique, comment le contrôle aérien militaire a pu si mal travailler alors que l’ASECNA (Agence pour la SECurité et la Navigation Aérienne) fournie avec l’Aide Francaise de coopération aux pays d’Afrique francophone (dont le Mali et le Burkina Faso), grâce aux plans de vol et au suivi méticuleux obligatoire de tous les appareils civils, quelque soit leur taille, n’a jamais eu à déplorer un « Midair » en 70 ans d’existence.

    • Dolfin

      ????
      Je n’ai pas compris ou vous parlez de contrôle aérien et d’IFR?
      C’est juste hors de propos!
      On parle de « VFR de nuit » par des helicos qui volent en patrouille , cad à proximité l’un de l’autre.
      Le tout par une nuit sans lune et au fin fond de l’Afrique (hors portée radar car basse altitude et peu de radar en Afrique en règle générale).
      Je pense que le contrôle n’y est pour rien; je crois plus à une erreur tactique et/ou humaine malheureusement.

    • bernard Banoun

      Il y a plus d’un âne qui s’appelle Martin !
      « Plan de vol et contrôle aérien »
      Vous racontez n’importe quoi et vous n’avez manifestement aucune idée de ce que peut être un vol tactique en patrouille de nuit.

  • charles robert

    Pour avoir éffectué des vols de nuit VNRE sur PUMA 330 Ba , vol de nuit réferences extérieures puis en 1989 mise en place des jumelles intensification de lumiére sur PUMA de l’ALAT . Je dois signaler le « borderline » de ces vols , et des fois en formation serrée !
    Le 5 RHC et le 1 RHC , le 3 RHC ont défriché ces vols opérationnels en afrique , au TCHAD, CENTRAFRIQUE et DJIBOUTI .
    C’est le risque opérationnel , chacun est passé ric et rac à un moment de ces vols une nuit ou une autre.. …RESPECT

    • FMAFD

      Oups ! Que de commentaires à côté de la plaque !
      Dans la première moitié des années 80 une escadrille pouvait voler en formation de nuit : la distance de séparation des aéronefs était réduite à quelques dizaines de mètres… mais en temps de paix tout de même.
      Lors d’un virage, l’intérieur avait le badin dans le coma et l’extérieur était en deuxième butée…

      Quant à l’imbécile de base qui vient s’étaler en fadaises en nous parlant de plan de vol, les bras m’en tombent.

      * au Mali : combat + nuit de niveau 5 + …
      J’adresse un respectueux salut à mes frères d’armes.

  • McGyver

    Et si on équipait tout ces appareils d’un système électronique et intelligente d’anti-collision performante, couplé aux systèmes de pilotage? Cela existe au nivo des avions civiles. paix aux âmes des victimes et leurs familles

    • Pilotaillon

      J’imagine que les équipementiers y on pensé.
      Juste enyeux de se signaler par un dialogue hertzien… alors que la furtivité est capitale.

    • GJ

      Hello l’ingénieux,
      Il faudrait pas que ton système/algorithme nuise à la capacité de maneuver ces engins militaires. Le risque c’est que réduire le domaine de vol soit plus défavorable statistiquement que les collisions que ce système coûteux éviterait.

      Je me joins à Gil pour exprimer mon respect envers ces hommes de l’ombre dont l’engagement n’est médiatiquement reconnus que lorsqu’ils faillissent.

  • Magnum

    Tristesse et respect à la mémoire de ces victimes, sincères condoléances aux familles et aux proches. Remarque pour les stratèges: une patrouille de drones armés, relayée par des appareils ELINT n’aurait elle pas pu se substituer aux 2 hélicoptères?
    La guerre reste la guerre, mais au 21 è siècle le « zéro perte » prédomine dans les états majors occidentaux et la technologie évolue dans ce sens.
    A méditer…

    • fbo

      Et comment on fait pour extraire les commandos au sol avec des drones armés? Lisez les circonstances avant de faire des remarques au stratèges…

      • Magnum

        Le fait d’envoyer des drones pour traquer les cibles remplace l’envoi sur le terrain, au sol, de commandos qui prennent énormément de risques. Aucun reproche aux stratèges mais les décideurs doivent donner les moyens pour mener un tel « conflit asymétrique » . Les tonnes de napalm n’ont pas renverser le résultat militaire au Vietnam, non?

    • EHLR

      « Quand on ne sait pas, on ne dit pas ! »
      Et revenir à la charge est non seulement lourd mais aussi inconvenant et stupide.
      * Quel est le rapport avec des tonnes de napalm ?

      Vous mélangez tout et cela est du à votre totale inaptitude à parler de ce sujet dont vous n’imaginez pas la moindre bribe.
      Je vous serai gré de bien vouloir passer en mode furtif…

      • Magnum

        Excellent article dans DSI du 01/07/18 par X. Gallais. De quoi modérer la psychorigidité de certains.
        Transpondeur coupé. Mode furtif……..

  • Pilotaillon

    Action de nuit sans lune, en soutien de commandos… exploit quotidien qui apparait « au grand jour médiatique » seulement lorsque un accident survient.
    Respect et reccueillement.

  • Gil Roy
    Gil Roy

    Chaque fois qu’un événement dramatique comme celui qui touche aujourd’hui les forces françaises intervient, nous redoutons de découvrir dans la liste des victimes le nom d’un militaire que nous avons rencontré au cours de nos reportages. Et ce matin, en apprenant l’accident du Mali, plus encore. En 2019, en effet, l’ALAT s’est associée à Aerobuzz.fr pour fêter les dix ans d’existence de notre site d’information aéronautique. Depuis le début de l’année, nous avons ainsi eu de nombreuses occasions d’échanger et de rencontrer des membres de cette arme. A tous les niveaux de la hiérarchie, nous avons noué avec l’ALAT des relations amicales. Nous imaginons la douleur qui est la leur en ce moment, et nous voulons les assurer du soutien de l’équipe d’Aerobuzz.

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