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Guyane (2/4): Lutte contre l’orpaillage clandestin, une guerre qui ne dit pas son nom
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Deuxième partie - En Guyane, la mission de l’armée de l’air ne se limite pas à la protection du Centre spatial Guyanais (CGS). Des moyens importants sont mobilisés pour combattre les orpailleurs clandestins. Des missions complexes et souvent dangereuses.

Finale sur le terrain de Camopi vue à travers le parebrise d’un Casa 235. Le terrain, qui exige une qualification spéciale pour s’y poser, est en bordure de l’Oyapock. Un des deux grands fleuves de Guyane qui sert de frontière naturelle avec le Brésil (sur la rive droite) © Frédéric Lert/Aerobuzz

La mission Harpie de lutte contre l’orpaillage clandestin est un investissement qui pèse sur les finances de la France. Environ 350 militaires et gendarmes y sont affectés en permanence depuis 2008. L’activité des trois Casa 235 de l’ET68 est consacrée à 80% au soutien logistique de cette opération et les Puma jouent également un rôle considérable.

Gilets pare-balles obligatoires

« On est en haut du spectre des missions temps de paix » expliquent les aviateurs en guise de préambule. Les zones de poser avion ou hélico sont très techniques, la météo souvent difficile, les élongations immenses et la forêt cohabite mal avec l’idée de panne moteur. Cerise sur le gâteau des tropiques, les orpailleurs dérangés dans leur activité ouvrent parfois le feu à l’arme de guerre. Les opérations se font avec le gilet pare-balles. Comme dans le Sahel…

Les Puma sont utilisés pour transporter les « Commandos de Recherche et d’Action en Jungle » de l’armée de Terre. Ils tiennent également une place essentielle pour le ravitaillement et les évacuations sanitaires en forêt profonde. © Frédéric Lert/Aerobuzz

Les Puma, hors d’âge, assurent les évacuation sanitaires ou la mise en place des groupes d’interventions pendant les raids contre les sites d’orpaillage clandestins. Trois des cinq appareils sont équipés de réservoirs supplémentaires dans les ballonnets du train d’atterrissage, ce qui leur donne un emport total de 2.250 litres.

Les Puma en soutien

Au rythme de 11 litres minutes, l’allonge est donc supérieure à trois heures. Mais elle peut-être encore augmentée par l’emploi de réservoirs supplémentaires de 450 litres en cabine. Au détriment bien entendu de la charge payante.

Un Puma reste également d’alerte H24 pour les évacuations sanitaires (Evasan), et notamment au profit des marins. Il se dit en Guyane que les grands bateaux de croisière attendent d’être dans les eaux françaises pour demander des Evasan. Le service fourni par la France serait de meilleure qualité qu’au Suriname ou Brésil…

Faute de terrains de déroutements, l’armée entretient des clairières au milieu de la forêt susceptibles de servir de terrains de secours aux hélicoptères. Le remplacement des Puma par des Caracal est prévu pour 2025. © Frédéric Lert/Aerobuzz

L’armée de l’Air a réalisé une cinquantaine d’Evasan en 2016 et elle en fera sans doute deux fois plus en 2017. Pourquoi ? En raison de l’indisponibilité de l’EC145 de la Sécurité Civile, en attente de pièces bloquées par des grévistes.

C’est une autre beauté de la Guyane, ceinturée par la forêt, les fleuves, l’océan et les mouvements sociaux de toutes natures qui tiennent avec le CSG un otage idéal pour faire monter les enchères.

« Nous sommes sur une ile » expliquent les responsables militaires locaux…

Frédéric Lert

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A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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