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Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales

Dépassée la livraison de colis par DHL avec des drones ! Avec le projet Condor, la PME française Demonfort Airborne Engineering propose aujourd’hui le transport de parachutistes. Un engin à priori réservé aux forces spéciales…

24.04.2015

Ancien parachutiste d’essais de la marine, Thierry Demonfort est massif et direct, avec le sommet du crâne lisse comme le fuselage d’un P-51. En 2013, il a fondé la société DAE (Demonfort Airborne Engineering) avec une idée en tête : innover au profit des forces spéciales. Avec le Condor, drone cargo aérolargable qui semble tout droit sorti d’un James Bond, nul doute que la mission soit remplie…

L’engin innove avant tout par la mission qui lui est confiée : emporter un parachutiste à son bord pour lui donner une allonge supplémentaire. « L’infiltration sous voile classique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, offre tout au plus une trentaine de kilomètres de portée. Cela peut se révéler insuffisant pour pénétrer profondément en territoire hostile » explique le boss. « Avec le Condor, largué depuis la soute d’un avion cargo, le parachutiste parcours une centaine de kilomètres avant de quitter l’appareil, ouvrir sa voile et terminer son infiltration en silence ». Pendant que le parachutiste glisse sans bruit au cœur de la nuit, le drone fait demi tour et rejoint un point de récupération en territoire ami. Arrivé à bon port, il éteint ses moteurs, déclenche l’ouverture de son parachute de récupération et se pose comme une fleur.

Le scénario est beau mais pose un certain nombre de questions. D’abord celle de la stabilisation après le largage depuis l’avion cargo. Puis la motorisation de l’engin, ses commandes de vol, sa programmation, la procédure de largage du parachutiste etc. « Nous travaillons sur tous ces points avec le soutien de la DGA et de partenaires industriels » répond Thierry Demonfort. Pour la motorisation, DAE envisage l’utilisation de deux microréacteurs de 80 à 120 kg de poussée unitaire. De quoi propulser le Condor à 350 km/h pendant un peu plus de trente minutes. Allongé sur le ventre dans son caisson, le parachutiste se laissera porter par l’appareil sans risque de s’endormie : le vol promet d’être viril… Le passager disposera d’un minimanche avec une action limitée aux commandes, tout juste de quoi réaliser une manœuvre d’évitement. L’appareil définitif devrait mesurer environ 3m de long pour autant d’envergure. Il pèsera moins de 150 kg à vide, avec une charge utile de 200 kg.

Thierry Demonfort évoque le passage en soufflerie de son appareil dans le courant de l’été. Au printemps 2016 un prototype équipé d’un train d’atterrissage servira à la mise au point des commandes de vol. Les premiers largages auront lieu l’année suivante. Il est d’ores et déjà prévu que les essais en vol se fassent hors de France, possiblement dans le premier pays client. Il s’agira d’abord de faire voler des maquettes, puis des appareils à taille réelle en réalisant le largage de charges inertes, avant de passer aux choses sérieuses avec des volontaires…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

15 commentaires

  • Jean-jacques D

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    Avez vous vu ou revu Escape from New York ? c’est moins delirant que ca

  • Jean-jacques D

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    Engin jetable de haute technologie (moteurs non francais a la cle !), a faire peter avant de se lancer en parachute..
    Arretons de delirer

  • Ph Grisez

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    ma solution est déjà ancienne (étude sur la MVO) ;elle combine ailes à GV (géométrie variable ), mais légères , c’est possible . et propulsion -optionnelle – à turbine(s) électriques , les accus étant de la version à charge ultra rapide et haute capacité (cf Japon ) .
    L’ensemble ne devrait peser que 30 kgs plus la propulsion .
    Commandes de vol « instinctives « !
    J’ avais proposé cela aux chuteurs français (dont P de Gallardon ) ,mais ils ont voulu rester « tout tissu  » ,ce qui les bride , et leur pose … une trentaine de morts par an -en mondial .

  • liebe

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    sincèrement, je ne sais pas quoi penser. Mais, un machin qui tient 9 m carré de surface pour un para, il faudrait combien d’avions cargo pour emporter un bataillon à Kolwézi ?

    • Jean-Loup FROMMER

      Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
      @ liebe

      depuis quand les forces spéciales opèrent en bataillon ???????
      Tenez-vous au sujet abordé qui est bien précisé dans le titre de l’article !!!

  • Philippe

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    Un réacteur c’est une charge alaire dans les 10000 daN/m², à une vitesse de 350km/h c’est un rendement de 0,4 où une hélice aurait un rendement approchant 1. On double à minima le poids du carburant pour une même distance.
    Moins de poids, moins de puissance, moteur plus léger, moins de poids, ect…. Je préfère cette spirale.
    Une abaque pour se faite une idée.

  • Manu#1

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    je ne sais pas pourquoi mais ce truc me fait penser aux sois disant arme miracle d’Hitler…
    Un truc qui ne sert à rien !!!!!!

  • lieutenant bleubéret

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    Je ne peux pas résister…
    Le condor…chut !

  • lawrence

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    L’intérêt de la dérive sous voile est la furtivité electromagnetique permettant de pénétrer un espace aérien et de passer une frontière, un parachutiste ne dépassant pas une certaine vitesse ne déclenche pas les alarmes filtrantes des système radar. Avec ce dispositif je doute que l’on soit invisible.

    • Frédéric Lert
      Frédéric Lert

      Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
      Selon son créateur, le Condor ne vient pas se substituer à une dérive sous voile mais au contraire il s’y ajoute pour donner au parachutiste une allonge supplémentaire. cordialement.

  • Lou Ravi

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    Le pilote planeur sourit doucement… On a qd même de plus grandes « jambes » que les meilleures voiles au monde.

  • Theo

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    jetman existe déja !
    http://www.jetman.com/
    mais sans l’option RTB 🙂

  • fred

    Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
    superbe projet, pas si fou que cela….
    Attention toutefois à la signature sonore des micros réacteurs, car avec un compresseur centrifuge (comme les marborés) issus de l’industrie des turbos automobiles, ca siffle, et cela s’entend d’assez loin. JetMan a ouvert la voie, on sait que celà vole!

    • Garfield

      Le Condor donne de l’autonomie aux forces spéciales
      Je craindrais plus la signature thermique. Pour le bruit, rien ne les empêche de voler haut, puis de sauter et ouvrir haut comme ils le font actuellement, l’engin leur fournissant en fait juste « l’allonge » dont ils manquent. Exactement comme si on augmentait de beaucoup la finesse de leurs parachutes , avec l’avantage de la vitesse de surcroît !
      Quand on a assisté à un vol de Yves « JetMan » Rossi, on se rend compte qu’on ne l’entend plus passé 200/300m.

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