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Le drone Global Hawk abattu en plein vol par l’administration Obama

Leon Panetta, Defense Secretary (ministre de la Défense) américain a sorti les couteaux et taillé dans les programmes pour faire des économies. La principale victime est le drone RQ-4 Global Hawk, dans sa version block 30, dont le programme est tout simplement annulé. Une drôle de claque pour la famille drones, jusqu’à présent plutôt chouchoutée par les militaires…

30.01.2012

Sur le carnet de note du Global Hawk Block 30, une mention lapidaire : « bien, mais nous coûte trop cher et aurait du mieux faire ». L’élève Global Hawk est donc remercié. Northrop Grumman, son constructeur, se dit déçu… Et les U-2 de l’US Air Force qu’il devait remplacer sont maintenus à leur poste… le temps qu’il faudra. Le U-2 remonte aux années cinquante, mais les versions aujourd’hui utilisées n’ont plus grand chose à voir avec les appareils qui sillonnaient l’espace aérien soviétique ou chinois pendant la Guerre Froide en se prenant de temps à autre un coup de SA-2 derrière les oreilles. Les U-2 dont dispose aujourd’hui l’US Air Force ont été construits dans les années 80 et ils ont ensuite été modernisés sans cesse. Nouvelles charges utiles, nouvelle avionique… les avions sont en fait toujours restés dans la course du renseignement stratégique. Mais il n’empêche : dans l’esprit du Pentagone, les choses étaient claires : le drone Global Hawk allait progressivement prendre la place de l’avion piloté dont le retrait de service progressif devait commencer en 2015. Ce plan est aujourd’hui abandonné et l’Air Force va maintenant s’attacher à remettre en place les outils techniques pour faire durer ses U-2.

Le scénario qui se déroule aujourd’hui n’est pourtant pas si brusque qu’il y semble. Depuis le début de l’année 2011, ça commençait à sentir le roussi pour le super drone, de l’envergure d’un Airbus A320. En février dernier, la commande de onze appareils au block 40, optimisés pour la surveillance maritime, était annulée. La cible totale pour le programme passait alors de 77 à 66 appareils.
Puis au mois de juin, nouveau coup de rabot avec cette fois la version block 30 qui est visée : onze appareils sont de nouveau annulés et la flotte descend virtuellement à 55 appareils : 7 block 10, 6 block 20, 31 block 30 (contre 42 avant le mois de juin) et 11 block 40. Comme la première, cette deuxième réduction était essentiellement motivée pour des raisons budgétaires. Le coût du programme était alors estimé à 12,4 milliards de dollars pour 55 appareils. Soit un peu plus de 160 millions d’euros la bête !

Pourtant, le Pentagone affirmait toujours à l’automne 2011 que le programme Global Hawk était essentiel à la sécurité nationale et devait être poursuivi, précisant même qu’il n’y avait pas d’alternative pouvant offrir des capacités identiques et pour un coût moindre. Il faut toutefois prendre garde à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’idée d’un appareil autonome pour la reconnaissance stratégique, capable de rester trente heures en vol loin de sa base n’est pas si mauvaise en soi… Douillettement installé dans sa combinaison pressurisée, sirotant son coca à la paille et urinant dans ses couches, le pilote de U-2 ne tient guère plus de onze heures, douze dans le meilleur des cas.

Le Global Hawk a d’ailleurs été utilisé en Afghanistan, en Irak et en Libye. Mais aussi, pour des missions moins militaires, au Japon (après le tsunami) et en Haïti (après le tremblement de terre). En Libye, un RQ-4 block 30 a été utilisé pour la première fois pour détecter des objectifs mobiles avec son radar avant de permettre leur identification avec ses caméras optiques.

Terminons ce papier avec un rapide tour d’horizon des autres programmes touchés par cette révision de la « revue de défense stratégique » par le Pentagone : six escadrons de combat et un d’entrainement vont être dissous. 27 C-5A Galaxy non modernisés vont être retirés du service. Idem pour les 65 C-130 Hercules les plus anciens. La flotte de transport américaine se composera donc à l’avenir de 52 C-5M modernisés, 222 C-17 et 318 C-130. Au chapitre des bonnes nouvelles pour l’Air Force, on note la poursuite des études pour un futur bombardier stratégique destiné à remplacer les B-2A et B-52H et bien entendu la poursuite du programme de ravitailleur KC-46 hautement prioritaire.

Frédérique Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

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