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Le ministère des armées confirme la mort de l’équipage du Mirage 2000D

Le Mirage 2000D était engagé dans un vol d’entrainement en basse altitude par très mauvais temps dans un couloir d’entraînement protégé : la mission la plus complexe qui soit. La violence du choc avec le sol explique le délai pour localiser l'épave.

11.01.2019

L'équipage du Mirage 2000D de l'Armée de l'air qui s'est écrasé dans le Jura, le 9 janvier 2019, totalisait 121 missions de guerre et 2.190 heures de vol. © Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Un communiqué publié le 10 janvier 2019, peu après 21 h a confirmé le décès du capitaine Baptiste Chirié, pilote, et de la lieutenant Audrey Michelon, navigatrice, « morts en service aérien commandé ». Baptiste Chirié détenait la qualification de pilote de combat opérationnel (PCO) et totalisait 24 missions de guerre et 940 heures de vol. Il était représentatif de la génération actuelle de navigants engagés très vite dans les opérations de guerre, dès le début de leur carrière.

La qualification de PCO est la première obtenue en escadron. Les pilotes ont ensuite la possibilité de devenir sous-chef de patrouille puis chef de patrouille. La même gradation existe pour les navigateurs de combat qui complètent l’équipage du Mirage 2000D.

Audrey Michelon était quant à elle sensiblement plus expérimentée que son pilote, avec 97 missions de guerre, 1.250 heures de vol et la qualification de sous-chef navigatrice (équivalente pour les navigateurs à sous-chef de patrouille pour les pilotes).

Rien n’a été dit sur les circonstances exactes du drame, mais tout indique un impact très violent avec le sol avec un éparpillement des débris sur une très large zone. L’avion était engagé dans un vol d’entrainement en basse altitude par très mauvais temps dans un couloir d’entraînement protégé : la mission la plus complexe qui soit, mais celle aussi qui est au cœur des capacités du Mirage 2000D.

Aucun signal de détresse n’avait été capté, ni avant ni après l’accident, ce qui semblait déjà indiquer que l’équipage ne s’était pas éjecté : « lorsqu’il y a éjection, il y a déclenchement automatique d’une balise de détresse et les équipages disposent également d’une balise qui peut être déclenchée manuellement » avait précisé le colonel Cyrille Duvivier, chef du Sirpa Air lors d’un point presse organisé très rapidement après l’annonce de l’accident.

Le communiqué confirmant le décès de l’équipage a été publié près de 36 heures après l’annonce de la disparition de l’avion. Pour un accident survenu en France métropolitaine, et en regard des moyens de recherche engagés, le délai semble considérable, mais il s’explique par la difficulté d’accès dans la zone de recherche (une forêt de sapins à 1.000m d’altitude) et les conditions météorologiques (abondantes chutes de neige). Dans l’après-midi du 10 janvier, l’armée et la Gendarmerie avait dépêché sur place des équipes de médecine légale, laissant entrevoir la possibilité que des fragments humains avaient été découverts. Une information qui avait alors été reprise par l’AFP.

Près de 300 militaires sont encore présents sur la zone de l’accident et continuent aujourd’hui de ratisser le terrain dans la neige et par -10°C pour collecter les équipements du Mirage. Les photos publiées laissent voir des pièces à demi ensevelies sous la neige et éparpillées sur une grande surface.

Frédéric Lert

 

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.

3 commentaires

  • Jane

    Nous pouvons tous participer, une cagnotte existe, alors n’hésitez pas merci pour votre soutien.
    https://www.leetchi.com/c/soutien-aux-familles-daudrey-et-de-baptiste

  • Bour Michel

    Bonjour,
    Respect pour cet équipage défenseur de notre nation. Paix à leurs Ames, pensées pour le Corps d’Arme et leurs proches.
    Désolant, envers les journaux télévisés véhiculant de l’information en continue et à scandale.
    Navrant, pour l’espace vide laissé à cette information.
    Mépris à ces journaleux de l’information et à leurs rédactions ou est bafouée la déontologie journalistique. Ils ne connaissent que sensationnel pour faire de l’audience.
    Envoyer une équipe dans le froid et la neige il n’y aurait pas beaucoup de volontaire pour faire, des images sur 3 morceaux de mirage 2000D désintégrés.
    Aller rue Trévise à Paris (explosion au gaz), ce n’est pas compliqué, confortable et surtout spectaculaire.
    Aller devant la caserne des pompiers pour filmer 3 bouquets de fleurs c’est faire de la compassion, du voyeurisme. Mais pour cela ça marche.
    2 Morts dans l’Armée de l’Air
    2 morts chez les pompiers de Paris
    Ou est la différence pour ces 4 personnes décédées en mission. Pour les 1er pas de sensationnel, pour les seconds, du sensationnel !
    Cordialement
    Michel BOUR

  • lem
    lemarchand

    Je tiens à apporter avec ces quelques phrases toute ma sympathie aux proches des 2 pilotes et à leurs Collègues Aviateurs et Aviatrices…
    Le drame s’est déroulé dans la R45 située à quelques kilomètres de Pontarlier où depuis 1994 le CIRAS est implanté .
    L’Armée de l’Air , par l’intermédiaire du CIRFA AIR de Besançon et de la BA 116 de Luxeuil , en est un officiel , actif et fidèle partenaire !
    Nous avons ainsi tissé spontanément depuis 25 ans une relation de travail basée sur la confiance et une très grande cordialité .
    De nombreux jeunes BIA , issus du CIRAS ( Lycée Xavier Marmier ) sont actuellement pour certains dans les Ecoles de l’Armée de l’Air ( EPA , SALON de PROVENCE ) ou pour les autres , Officiers Pilotes actifs au sein des forces aériennes.
    Je me devais en toute amitié et au nom de tous mes Collègues formateurs(trices) et de nos Jeunes BIA , vous transmettre ces quelques mots sincères qui j’espère seront réconfortants .

    Jean-Marie LEMARCHAND
    Coordonnateur du CIRAS de l’Académie de Besançon
    Pilote LAPL – Instructeur CAEA – Professeur de Mathématiques
    ( Comité d’Initiation Régional Aéronautique et Spatial : structure assurant la formation des jeunes au Brevet d’Initiation Aéronautique dans les établissements scolaires de la Région Franche Comté )

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