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B-52neo

par Gil Roy
par Gil Roy

Qui osait encore y croire ? A part les motoristes évidemment ! Et pour cause. A raison de huit moteurs par B-52, plus quelques dizaines pour le maintien en condition opérationnelle de la flotte des 76 bombardiers, le marché est évalué à 2,6 milliards de dollars. C’est finalement Rolls-Royce qui a décroché le gros lot. Le britannique a réussi à placer une évolution du moteur qui équipe notamment le Gulfstream G700 et le futur Falcon 10X de Dassault.

Avec cette nouvelle motorisation, le B-52 entre dans l’ère « NEO » et en en reprend pour 30 ans, minimum, au moment-même où, faute de s’être vu accorder une seconde chance, l’A380 va tirer sa révérence. Airbus va livrer le dernier exemplaire dans quelques semaines.

Cruel raccourci. Malgré l’insistance de son meilleur client, Airbus n’y a pas cru. Pas de remotorisation. L’A380neo réclamé par Emirates ne verra jamais le jour. Airbus ne reviendra pas sur sa décision :  la chaine d’assemblage final de Toulouse est en cours de démontage.

Pas question de remuer le couteau dans la plaie. Airbus a commis une erreur et en assume les conséquences. Boeing ne s’était pourtant pas privé de répéter, alors que l’A380 s’appelait encore A3XX, que les très gros-porteurs n’avaient pas d’avenir. L’évolution du transport aérien mondial lui donne raison aujourd’hui. Sauf que l’américain n’a rien à proposer aux compagnies, à l’inverse de l’européen qui a su rebondir avec les versions long courrier de son A320. C’est en lieu et place de la chaine d’assemblage final de l’A380, dans le hall Jean-Luc Lagardère, que seront assemblés les A321neo. Airbus s’en sort bien… Boeing se console avec le retrofit des B-52, une rente depuis les années 50.

L'A380 est l'avion préféré des voyageurs aériens se plait à répéter Airbus, mais on ne gagne pas les guerres, y compris économiques, avec de bons sentiments. Dans 30 ans et plus, quand les Stratofortress continueront à zébrer le ciel de leurs trainées de condensation reconnaissables entre toutes, qui se souviendra du Super Jumbo d’Airbus ? Il aurait mieux valu l’inverse. Qu’au bout de 10 ans, le monde s’aperçoive qu’il n’avait plus besoin de bombardier stratégique ? Faut pas rêver !

Gil Roy

3.10.2021

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5 commentaires

  • Vladimir_K

    L’A380 est victime de ce nouveau monde, où l’image règne sans partage, ne laissant guère de place au bon sens.

    De même que rouler en Tesla est un acte de mode militant, alors que son cycle de vie est plus polluant que celui d’une Mercedes diesel de 1985, l’image de trois A320LR qui traversent l’Atlantique est plus « glamour » que celle d’un unique A380 qui pourrait les remplacer.

    Et l’image du B52 alors ? Le B52 a la chance d’être né dans le « camp du bien », tout comme « Little Boy » et « Fat Man » qui étaient des bombes « pacifiques » (il n’y a pas de jeu de mot ici), contrairement aux programmes nucléaires Nord-Coréen ou Iranien par exemple.

    Le B52 reprendra du service, sans doute pour 30 ans, comme le mentionne Gil, et ça ne choque personne ; sa mission n’est pas vraiment de lâcher des œufs en chocolat, mais peu importe : les lieux qu’il bombarde aveuglément sont si lointains, et comme on dit, loin des yeux, loin du cœur. Et puis, on peut faire confiance aux militaires américains, ce sont des gens responsables, qui ne lâcheront que des bombes qui à 10000 m d’altitude font la différence entre civils et militaires/rebelles.

    Dans quel drôle de monde vivons-nous.

  • Laurent Altenburger

    excusez moi, je crois que le moteur RR est un dérivé du BR725 et non du Pearl

    https://www.rolls-royce.com/products-and-services/defence/aerospace/combat-jets/f130.aspx#/tab2

  • François JOST

    Seule Engine Alliance était prête à développer une nouveau moteur destiné à un A380 neo.
    Or Emirates, sur qui reposait la destinée du programme de part ses nombreuses commandes, avait choisi Rolls Royce pour les moteurs de ses derniers appareils.
    D’où l’impasse dans la quelle se trouvait Airbus, pour le développement d’une version remotorisée.

  • popoaviateur

    Sauf que l’A380 ne tire pas sa révérence, la plupart des compagnies en remettent en vol ou s’y préparent ….. Cessons de nous flageller ….. Le B747 lui termine vraiment sa longue et belle carrière ……

  • bernardbacquie

    Hé oui, le fabuleux destin du B-52 ! Une oeuvre d’art, ciselée à la fin des années 40, donnant un coup de vieux à son prédécesseur, le B-29 que les Russes employaient encore. Regardez cette queue en lame de couteau, ce cockpit aux larges baies vitrées et ses ailes démesurées et d’une telle souplesse qu’elles décollent nettement avant le fuselage. Il fallait bien huit réacteurs pour propulser l’engin dont les soutes permettent l’emport d’engins de mort modulables. Et souvenez-vous ! Le X-15, suspendu sous son aile droite, allait défier les limites de la stratosphère. Quand on est né au moment où les ingénieurs de Boeing traçaient les premières épures de ce géant et qu’on voit aujourd’hui qu’il conserve tout son potentiel opérationnel avec une petite cure de rajeunissement, cela permet de se dire qu’on n’est pas mort, qu’il y a encore une vie pour peu qu’on se donne la peine de se maintenir en forme, de s’habiller comme les jeunes, d’écouter leur musique et surtout de fuir ceux qui commencent leurs discours par « Nous les vieux… »

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