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Merci Richard !

Les pistes d’envol des grands aéroports fermées pour stocker les avions qui ne volent plus. Des compagnies aériennes qui cherchent leur salut dans la nationalisation. Des élèves pilotes de ligne abandonnés au milieu du gué par dizaines de milliers. Les salons aéronautiques annulés les uns après les autres. Airbus qui pourrait réduire de moitié ses livraisons dans les années à venir. Le nombre de victimes qui augmente. La pénurie de masques. Le confinement. STOP ! C’est le moment de se souvenir du message que Gene Kranz, alors directeur des vols de la NASA, envoya à l’équipage d’Apollo 13 : « Attendez, messieurs, attendez ! Je n’en ai rien à faire de ce qui va de travers. J’ai besoin de savoir ce qui marche encore dans ce vaisseau spatial. »

C’est en inversant de cette manière la logique que Richard de Crespigny ramena au sol son A380 en lambeaux et ses 469 passagers sains et saufs. Souvenez-vous : l’explosion du réacteur Rolls-Royce N°2 avait déchiré l’aile gauche du super jumbo de Qantas, éventrant les réservoirs de carburant, arrachant les circuits hydrauliques et pneumatiques. Sur les quatre moteurs, un seul fonctionnait à peu près normalement et les pompes à carburant étaient en panne. Des 22 systèmes que compte un A380, plus qu’un seul était intact : l’oxygène.

Dans un premier temps, comme il l’avait appris en qualification et comme la procédure l’imposait, l’équipage se soumit à l’ECAM, le système électronique centralisé de bord qui annonce le problème et affiche la check list pour y remédier. Sauf que l’ampleur du problème du vol QF32 défiait la logique de l’ECAM. En une heure, le système avait affiché une centaine de longues checklists toutes plus vitales les unes que les autres, ciblant un problème sans tenir compte des autres. Impossible non plus d’éteindre les alarmes sonores et lumineuses qui avaient transformé le cockpit en enfer. C’est à ce moment-là que le commandant de bord décida de reprendre son destin en main. Ce n’était pas gagné pour autant…

En explosant telle une bombe à fragmentation, le moteur avait sectionné les câbles. Richard de Crespigny avait perdu la moitié de ses spoilers et les becs de bord d’attaque de l’aile gauche. La bonne nouvelle écrit-il, est que « nous volions toujours ». L’équipage s’est alors focalisé sur le carburant qui lui restait et les surfaces de commandes qui étaient encore manœuvrables. Et il a ramené l’avion sur la piste de Changi.

Dans le récit qu’il a fait par la suite de cet événement, il y a cette phrase qui aujourd’hui doit nous inspirer : « Je me fatiguais de plus en plus à réagir à l’ECAM et je voulais me concentrer sur quelque chose de positif ». A notre tour d’éteindre BFM TV et de reprendre notre vie en main.

Gil Roy

 

Le livre de Richard de Crespigny Vol QF32 - A380 en détresse est paru aux éditions JPO.

22.03.2020

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

45 commentaires

  • lavidurev

    Merci Gil pour votre message positif. Merci aussi a celles et ceux qui par leurs experiences vecues , leurs anecdotes, leurs savoirs enrichissent nos connaissances.

  • MIKE

    Oui ! Quelle que soit la machine, l’Homme a le dernier mot !

  • Valérie GALLINA

    Merci pour votre article Gil, plein d’humour et de bon sens. Je pense néanmoins qu’une certaine lucidité, tout comme une certaine transparence, ne nuit jamais à l’action et qu’elle permet d’agir en toute connaissance de cause.
    Quel pilote responsable partirait en vol avec un moteur, ou des circuits déffectueux ? Je n’en connais aucun, ou alors il est suicidaire…
    Mais effectivement, maintenant qu’on est en vol, il faut tenir fermement le manche et tenter de garder le cap, pour arriver à destination sans se crasher. Tous ensemble.
    Je vous souhaite à tous un excellente journée confinée. Prenez soin de vous.

  • Marc Lecocq

    IL faut continuer à vivre ! Respectons les consignes de confinement. c’est le seul moyen d’arriver entier à bon port dans cette troisième guerre mondiale contre cet ennemi commun invisible mais terriblement efficace sans arme, avions, tank, missile. Le personnel soignant est un peu comme cette poignée de pilote de la RAF qui ont défendu l’Angleterre et dont Winston Churchill a dit :  »Jamais tant de gens n’ont dû autant à si peu ». Il a aussi dit :  »Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. Le succès n’est pas final l’Échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte ». Courage, il faut tenir bon dans cette tempête, la piste d’atterrissage sera en vue à condition d’y croire et de se préserver au maximum.

  • guest_100

    c’est pas faux.

  • Darche regis

    Merci Monsieur pour ces rappels ; j adhère totalement .
    Respectons strictement les consignes et faisons confiance a ceux qui pilotent.

    • Michel Bour

      Bonjour Gil
      Une fois de plus je partage votre analyse. Messieurs les annonceurs coupez les vivres à ces soit disant journaleux de l’information en con…… tInue. Ce ne sont que de minables perroquets. Ils gavent la société des idiots et analphabètes.
      Alors messieurs les industriels et fabricants de produits de consommation acceptez humblement que la planète tournait dans un mauvais sens. Ouf ce virus est un bien qui arrive au bon moment. Tout reste à inventer pour faire table rase du passé. Comme après une guerre.
      Cordialement
      Michel BOUR

  • Gérard GELAY

    Bonjour, Je réagis à chaud à cet excellent Article, comme toujours d’ailleurs !!
    Je fais appel à ma mémoire mais sur les Années 70; donc il y aura surement des imprécisions, je n’ai pas révisé !!.
    Je vais m’intéresser à l’aspect plutôt mécanique et balistique de l’incident et vais essayer de faire court !.
    Je suis Spécialiste des Matériaux Composites Aérospatiaux et des Blindages légers.
    Je travaillais à l’Epoque, dans le Service Matériaux d’un Centre de Recherche d’une Société Nationale spécialisée dans la Chimie et en 73, j’ai été dans les premiers à recevoir les premiers Kilos de Kevlar arrivés en France.
    J’ai d’abord eu des Contrats de Recherche, contre les Munitions d’Arme de Poing, puis d’Epaule et la 12,7.
    Ensuite un Contrat, pour participer à la Recherche de Gain de Poids sur Concorde, car on cherchait à ce qu’il puisse faire Francfort – New York et donc entrainer l’Allemagne dans ce combat pour le faire accepter aux USA.
    Une Tonne était affectée au Cas d’Eclatement Réacteur, renfort de la Structure et Blindage Titane entre Moteur et Réservoir de carburant dans les Ailes.
    Les Réacteurs étant simple flux, j’ai donc reçu un éventail d’Aubes représentatives et les Essais ont eu lieu au CEAT avec son Canon à air comprimé. Les Aubes était lancées, soit aubes en avant ou talon en avant.
    Les Aubes en avant, représentent une Energie surfacique considérable et donc le Kevlar qui arrête très bien les « éclats » doit être équipé en l’occurrence d’une surface qui transforme le projectile perforant en « éclats ».
    Nous avons trouvé une solution, mais le Titane ayant une densité de 4 et le Composite Kevlar de l’ordre de 1,35, il n’y avait pas assez de place pour le « Blindage Kevlar » dans l’espace réservé.
    Ensuite, un autre Contrat pour le Falcon 20 G qui se voyait doté là, pour la première fois, d’un réacteur Double Flux et dans le cadre de ce qu’un « Avionneur doit mettre en œuvre, tous les moyens pour contenir un évènement « dramatique » ( le terme utilisé en Aéronautique) » il se devait pour un Moteur tout Nouveau, d’envisager toutes les solutions préventives.
    Et ce qui a été jugé « dramatique » pour la Certification, c’était l’éclatement d’un Disque de Fan. Certainement par ce que , des éléments vitaux se trouvaient dans le Cône d’Eclats !!.
    Là, j’avais de la place dans le Cône de Bord d’Attaque du Moteur, après une Première campagne d’Essais au CEAT, j’ai trouvé une solution validée lors de la deuxième campagne d’Essais. Hélas pour moi et ma Société, mais Bénéfique pour Dassault et Garret, le moteur s’est montré très fiable et le Blindage n’a pas été retenu pour la série.
    Alors s’agissant, si je me souviens bien sur les Moteur Rolls Royce de l’A380 de Quantas, d’une destruction dû à une rupture de canalisation d’huile , il me semble, qu’elle n’avait certainement pas été envisagé par les Organismes de Certification ! Mais l’on voit l’extraordinaire capacité de destruction du départ d’aubes ou de corps de réacteur.
    Rassurez-vous !!!! , Heureusement !! Ouf !!, Il y a eu bien sûr des Applications de ces Recherches, dont une, dont je peux parler, c’est le Blindage de Protection des Pilotes des Gazelles Hot, lors de la Première Guerre du Golf. Et d’autres …………et en ce moment.

  • Jean MARQUINEZ

    Merci Mr GIL, il y a 10 ans j’ai perdu mon rotor arriére et suis toujours la, a 82 ans confiant et optimiste dans nos capacités a réagir . merci je vais maintenant perdre BFM TV et quelques autres. Bon vol en confinement. Verticales salutations . JEEP

  • Caille

    Tant qu’un morceau fonctionne , il peut nous aider a faire redémarrer autre chose et ainsi de suite. Arrêtons de regarder toutes ces informations, l’essentiel a été dit au début de la semaine. Serrons les dents, maintenons nous en forme pour repartir à fond dans les semaines a venir qui vont être de très grandes consommatrice en énergie.

  • PHILIPPE BOUTIN

    Merci Gil de ce massage !
    Tu remets « l’église au milieu du village » et nous allons au fondamental, à l’essentiel.
    Et donc à l’espoir qui a conduit toutes les aventures humaines ….
    Et oui OK pour boycotter tous ces médias qui tournent en boucle et n’ont aucune analyse ni synthèse et qui ne cherchent que audience.
    Cela dit j’ai le sentiment qu’ils sont en train de préciîter eux même leur mort médiatique …. et ce sera sain !

  • CHAMBRILLON

    Bravo.
    Transposable à tous!

  • charliemike

    Bravo pour ce très beau texte ; l’important n’est pas ce qui est en panne mais bien ce qui fonctionne encore, dans le corps humain comme dans le monde. Merci et bon courage !

  • RICARD

    Merci Gil pour ce message volontaire.
    En effet, il faut savoir prioriser dans ces moments de fragilité, prendre ses responsabilités, vouloir s’en sortir, et revenir aux choses simples et efficaces tout en restant à sa place. Le triptyque expérience, volonté et CONFIANCE est souvent le meilleur moyen de gérer la crise.
    Nous aurons beaucoup appris une fois sortis de cette période. Et c’est aujourd’hui que chacun a sa place à prendre dans cette crise.
    Alexandre

  • Toto45

    Visiblement, il reste encore pas mal d’avions dans le ciel si on consulte flightradar24 !
    Y compris en France, en Espagne et toute l’Europe. Certes très peu sur l’Italie.

    https://www.flightradar24.com/46.61,7.01/5

    En tous cas, merci à Gil pour ses billets du dimanche.

  • Bravo Gil.
    Je suis pour ma part surpris que (presque) chacun en France partage en égale quantité l’autosatisfaction et la critique des autres. Rapporté à une grande partie de la nation cela pose un simple enjeu de cohérence. Quelle est la moité qui a raison ?
    Face à tous les problèmes il y a les constructifs… Et les autres. Je ne me risquerais pas à proposer un ratio.

  • JEAN CHARDIGNY

    Pour reprendre Roger ‘tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » A écouter ou lire tous les média, on finit par croire que c’est la fin du monde. Faisons réagir notre bon sens d’être humain et non pas comme des animaux. Nous avons le pouvoir de réfléchir, d’analyser, de conceptualiser les événements. Les défaitistes perdent plus que les optimistes qui, eux, ont l’espoir de rester en vie.

  • Seb

    Oui, je pense plus au après qu’au présent. Il y aura beaucoup de chômage après cette crise, mais il peut y avoir l’inverse. Les gens vont être tellement heureux de cette liberté retrouvé qu’ils vont d’abords vouloir être ensemble, dans un premier temps, puis ce faire plaisir en voyageant ou par tout autre moyen.
    Mais c’est sûr, dès maintenant, arrêtons de regarder les infos c’est trop déprimant. Ce qui n’empêche pas de se tenir au courant pour voir les changements de règles de confinement, mais pas toute la journée. Ca fait trois jours que je pratique de la sorte et c’est très bien.

    Bon courage à tous!

  • GRANVAL Daniel

    C’est exactement ça. Mieux vaut voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide. Grâce au confinement j’avance énormément sur un projet de livre qui est en cours. A ce rythme là, il sera terminé bien avant l’échéance fixée.

  • aristid

    Toutes les routes et quel que soit le cap choisi notre ciel est vide, « les zoizeaux zailes raides » sont à l’arrêt. Par contre nous sommes arrivés à saturation concernant nos médias, mais aussi dans la privatisation de nos libertés individuelles car une minorité n’a pas compris que de garder ses distances pouvait changer la donne…

  • AUBRIET

    J’ai adoré cette magnifique lecture Merci Gilles!

  • Dumez

    Bien lu, bien vu !
    Philippe

  • seveillac

    Bravo pour cet édito de Gil Roy, et pour sa conclusion… Oui, il est urgent d’éteindre BFM TV!
    Personnellement, je ne me souvenais pas de cet accident majeur survenu sur un A 380 de Qantas, merci de l’avoir remis en lumière; il est vrai qu’on en a beaucoup moins parlé que de l’accident de l’A 320 posé sur l’Hudson River…

  • JC Gibert

    Merci Gil pour ces lignes remplies d’optimisme et de bons sens

  • Jean-Luc

    Bonjour et merci pour ce message d’espoir.
    J’ai transféré à tous mes collègues de Anciens-Aérodromes et eux l’ont aussi transférés à d’autres associations.
    En 1/2 heure j’ai de quoi recueillir un petit livre.
    Cordialement

    Jean-Luc Charles

  • Emmanuel Davidson
    Emmanuel Davidson

    Bonjour Gil,
    Merci de ce petit mot qui met en lumière les pensées que nous avons tous un peu trop tôt enfoui sous une couche de mauvaises nouvelles.
    Du positif, il y en a, la DGAC et l’OSAC sont montés en première ligne et ont montré l’exemple en prenant les problèmes de l’aviation au bras le corps.
    Licences, médicales, qualifications, ARC (CEN), agréments, licences de mécaniciens seront prolongées artificiellement pour que leurs détenteurs n’aient pas de mauvaises surprises dès lors que nous retrouverons le cours de notre vie « normale ».
    Cela peut paraitre futile, mais ces mesures permettront à l’aviation professionnelle de repartir plus facilement et à l’aviation de loisir de redevenir un ballon d’oxygène pour ses pratiquants.
    On dit souvent que ce sont dans les heures noires que le genre humain montre son meilleur coté (d’autres diront que c’est le mauvais, mais oublions les pour l ‘instant!)
    La manière dont les associations et fédérations (FFA, FFPLUM, AOPA) ont travaillé avec les autorités de tutelle nationales ou l’EASA a été exemplaire.
    Notons toutefois que la DGAC et l’OSAC ont été les premiers à agir en Europe. Bravo à eux pour cette bienveillance et pour une clairvoyance de très bon aloi!

    • GR

      Bonjour Monsieur Davidson,
      Y a t’il eu une info officielle de la DGAC concernant la prolongation des validités des licences et médicales ?
      Merci

  • Roger

    Merci Gil de nous rappeler que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

  • yves le bec

    Merci Gil. C’est là le meilleur sermon que j’aie entendu un dimanche matin !

  • bernardbacquie

    Bravo Gil !
    Oui, elle est là la solution… Il y a des points positifs. Je ne veux pas les énumérer tous, je n’ai sans doute pas toute la compétence pour cela.
    Mais regardons ce qui marche toujours. Si l’on n’a pas de difficultés respiratoires, si l’on de la famille, des amis avec qui échanger par téléphone et par courriels, et si l’on peut encore aller s’approvisionner – d’ailleurs là, il faudrait instaurer un système de tour pour éviter la cohue dans les magasins -, c’est qu’on vit. Il est temps de ranger la maison, de passer le chiffon là où votre aide-ménagère ‘oublie’ de le faire, de se repasser de bons films culte (‘Les ponts de Toko-Ri’, ‘Tora Tora Tora’…) et, et… lire. Et pourquoi pas relire les bons bouquins : ‘Araignée du soir’, ‘Le pilote oublié’, mais encore du Marguerite Duras, un peu de Kessel, pas trop, un peu plus de Saint-Ex, mijoté d’Henry de Monfreid…
    Bon, puisque c’est ça, je vais vous sortir deux livres cette année. Le premier est quasiment prêt ; le second suivra, mais bon sang, j’aimerais aussi revoir Sète, ses quais, son mont Saint-Clair, sa luminosité à la Marqués, ses joutes, pour espérer à nouveau la venue des grands voiliers… ce lien avec notre passé. Car l’instant présent ne vaut rien. Seuls comptent le futur et notre mémoire qui nous relie à nos racines.
    Vous savez quoi ? De retour de vacances lointaines, j’avais trouvé un nid de moucherons dans mon baobab – oui, j’ai un baobab, mais pas très gros encore, rassurez-vous ! – et ces vilains insectes lui avaient bouffé toutes les feuilles. En outre ils avaient proliféré dans la terre de toutes mes plantes. Ma femme de ménage – celle qui oublie de passer sous les tapis -, me dit d’aller voir sur Internet. Là, une jolie blonde m’expliqua que la seule solution était de recouvrir la terre de mes plantes d’une couche de sable de 2 cm d’épaisseur et d’attendre 3 semaines le résultat. Au bout de ce délai de confinement de leurs larves dans la terre, mes moucherons disparurent.
    C’est drôle, cette histoire me fait penser à autre chose… Bon courage à tous ! On aura tous les virus, comme on a les moucherons.

  • Turina

    Merci Gil pour cette invitation à réagir, par un coup de chapeau au commandant Richard de Crespigny et à son équipage, PNT et PNC confondus.
    Voici un extrait de ce que j’avais écrit en 2007 pour le BSV de l’Armée de l’air.
    «  En cas d’urgence, pilote de « petit » ou de « gros » avion, jeune ou plus expérimenté, nous redevenons tous égaux. C’est notre « cerveau reptilien » qui veut prendre les commandes. Tout se joue dans l’analyse de la situation et dans le choix des priorités, pour pouvoir construire une solution, avec les moyens qui restent utilisables, dans le temps qui reste disponible. Deux éléments vitaux qui peuvent évoluer très rapidement et sur lesquels nous n’avons souvent aucune certitude.
    Il faut donc lire, interpréter et trier les informations fournies par les instruments et par l’environnement. Il faut vouloir aller chercher ces informations et vouloir les traiter. Ceci impose un gros effort d’analyse et de réflexion, souvent couvert par ce que nous « hurlent » nos sens et nos hormones. Ce n’est pas toujours facile. Une vibration inhabituelle de l’avion, ressentie par notre corps, se fera toujours plus pressante que la vue d’une aiguille en butée haute ou en butée basse. Je ne parle pas d’une petite odeur de « cramé » qui, sans qu’il soit besoin du moindre effort de réflexion, fera plus que l’allumage de n’importe quelle lampe rouge pour polluer l’ambiance, jusque là sereine, qui pouvait régner dans une cabine.

    En vol, garder de la capacité d’attention disponible pour détecter, analyser et traiter, les informations que l’on reçoit et que l’on n’attend pas. Se méfier de ce que nous disent nos sens et notre « cerveau reptilien », qui s’imposent naturellement et peuvent altérer notre capacité de réflexion.
    En cas de pépin, rechercher l’information, lire les instruments. Bien faire la différence entre ce que l’on croit et ce que l’on sait. Définir les priorités, appliquer les procédures.
    « Yaka » analyser, trier, décider, exécuter. Rien de tout cela ne se fait naturellement. C’est celui ou celle qui raisonnera et agira le mieux, qui aura les meilleures chances de s’en sortir. »

  • Libes-Mermoz

    Bonjour. A ma modeste mesure : tout à fait du même avis ! Par contre ne nous limitons pas à BFM TV; c’est presque toute la classe media qui est à réformer et nettoyer ! Bon courage; et, dans l’immédiat, Bon dimanche. C. L-M

  • McManus

    J’aimerais valider, en ce matin de crise sanitaire mondiale, le parallèle, souvent effectué entre des situations aéronautiques critiques et des situations de crise collective et globale. Souvent, on prend pour exemple le back to basics réflexe du pilote sauvant sa peau, celle de ses passagers, en tirant le meilleur d’une machine devenue folle ou inerte. C’est notre culture d’humains volants, celle du pilote qui gère l’urgence par les procédures d’urgence, puis par la logique et l’ultime ressource quand même la procédure ne peut plus aider. Voir le positif, extirper ce qui fonctionne encore pour en tirer avantage et se sortir d’une situation apparemment inextricable. J’aimerais que ce réflexe soit salvateur en ce 22 mars 2020. Je doute, en espérant me tromper, que ce tsunami épidémique puisse être comparé à un aéronef en pleine dislocation. La planète se disloque, l’humanité se disloque, l’économie se disloque, la démocratie se disloque, et, m’est avis que l’homme reclus et un sursaut de logique individuelle n’y pourront pas grand chose. On peut comparer un A380 explosé ou un A320 planeur à une entreprise en déroute. L’humanité, elle, ne répondra pas aux actions géniales d’un commandant de bord virtuose. Parce qu’une planète n’est pas un engin mécanique réfléchi et logique. Et parce qu’on n’a pas de commandant de bord planétaire. Malheureusement.

    • Pilotaillon du 21eme siècle

      La société est devenue une machine folle : oui par le consentement des bénéficiaires et par l’anesthésie de soit disant « éléments de confort indispensables ».
      Si chacun commençait par se gérer lui-même, par de la distance par des expériences de vie éclairantes ?
      Les gamins commencent leur vie en étant considérés comme LA merveille du monde que l’on dépose devant la porte de l’école parce que cet être prendrait trop de risques à utiliser sa tête et ses jambes.
      Après cela comment ne plus attendre tout de la collectivité ?
      Comment se départir de la certitude d’un monde hostile ?
      Comment ne plus attendre toutes sortes de subterfuges que l’on nous vend comme indispensables ?
      On a oublié les écris de St Ex et de Théodore Monod sur les belles leçons de vie associées au dénument dans le désert.
      Qui aujourd’hui a le courage de prendre un sac et se servir de ses 2 jambes pour faire une ballade de seulement 2 jours en autonomie ? Voilà le monde actuel.
      Evidemment, on investi des milliers d’heures de travail pour protéger les consommateurs de tous les périls (alors que nous devrions être acteurs…).
      Celui qui utilise ce que la vie lui a donné (un peu d’autenticité, d’intiative et de lucidité) devient naturellement un héro.
      Il n’empèche que Richard De Crespigny ou Robert Pearson (Gimli) ou tant d’autres qui ont été à la hauteur des situations, ont été des hommes remarquables qui devraient inspirer davantage que pris pour des sauveurs universels.

    • Derry GREGOIRE

      Assez d’accord avec votre prose…je vous invite à lire (si ce n’est déjà fait) l’excellent livre de Daniel KAHNEMAN (prix Nobel d’économie par ailleurs)

      « Système 1, Système 2 »
      LES DEUX VITESSES DE LA PENSÉE
      Flammarion

      Lecture qui trouve son application dans l’étude des FH en aéronautique…
      Blue Skies

  • Hugues LE CARDINAL

    Merci Gil pour ce message positif !
    Je vis à Milan et quand j’écoute France info, j’ai l’impression que tous les habitants sont morts. Ce n’est pas vrai ! Respectons les règles de confinement, soyons raisonnables et les vols reprendront.
    Bon dimanche à toutes et à tous,
    Hugues

  • Olivier Demacon

    Magnifique édito Gilles. Merci!

    • Yves-Marie LE DEM

      Excellent ! et je vais déjà commencer par m’abonner à Aerobuzz . depuis le temps que j’en profite , il est temps de renvoyer la balle !

      • Gil Roy
        Gil Roy

        Merci sincèrement pour cette intention. C’est un très fort encouragement à continuer dans cette voie que vous nous adressez. Plus que jamais nous avons besoin du soutien de nos lecteurs.

    • Teil

      +1 Merci Gil, merci à tous,
      Bon courage et profitez du soleil à travers la fenêtre, ça bourgeonne dehors. Une pensée à ceux qui s’activent à chercher des solutions dans l’urgence.
      aéro-micalement
      Pascal

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