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Pas besoin de convoquer de grands stratèges militaires. Chacun sait qu’il suffit d’attendre que l’adversaire se découvre pour qu’il devienne une cible de choix. Les pilotes de montagne viennent d’en faire l’expérience au grand désespoir du président de leur association. Il les avait pourtant mis en garde. Ils n’ont pas résisté à la tentation de faire leurs traces dans la neige fraîche. Un moment de faiblesse collective qui peut coûter cher.

Les « avions de tourisme » ne sont pas les bienvenus dans le massif du Mont-Blanc. Ce n’est pas nouveau… Mais, depuis la randonnée sur la Mer de glace, du président de la République, en février 2020, l’idée de sanctuariser le Mont-Blanc pour le protéger des abus en tout genre fait son chemin. Les aviateurs ne sont pas les seuls à compter dans leurs rangs des individus hors-jeu. Mais une cordée border line se fond plus facilement dans la masse qu’un Mousquetaire ou un Piper Cub qui la survole en toute légalité.

Les snipers étaient en position. Vu les retombées médiatiques de leur tir de précision, ils ont mis dans le mille ! Il faut reconnaître que les défenseurs de l’environnement locaux ont le sens de la formule. Faire passer les glaciers pour un « décor de véritables meetings aériens ». Il fallait oser. Ça a marché. Pas sûr qu’une lettre ouverte réussisse à remettre la balle au centre.

La partie est bien mal engagée. Elle n’est pas perdue pour autant. Bien peu parmi eux en ont conscience, mais les aviateurs montagnards ont un joker dans leur manche. Cet atout, c’est le Velis Electro avec lequel Avialpes veut aller tourner dans le massif du Mont-Blanc. Et ceux qui pensent que le Pipistrel ne fait pas le poids face à un Mousquetaire, n’ont rien compris à la partie qui est en train de se jouer. Le petit biplace électrique n’est pas plus un avion de montagne que le glacier du Tour est adapté à l’organisation d’un meeting aérien. Et pourtant…

Gil Roy

18.04.2021

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

13 commentaires

  • Laurent

    … et dire que pendant ce temps on ne parle pas de la pollution recurrente de la vallée de l’Arve et de celle de Chamonix en raison des camions … le lobby du transport routier doit se marrer plein pot (d’échappement) !

    • Pilotaillon écolo

      Eh bien si, ici https://www.aerobuzz.fr/aviation-generale/nuages-noirs-sur-le-mont-blanc/#comment-200377
      La réalité locale n’est pas celle à laquelle on pense, car seuls quelques actifs sur les réseaux alimentent les médias avec des contenus orientés. Voilà le vrai lobby, qui dément jamais lorsque les allégations de ses membres sont prises en faux.
      Je précise que je suis pour la régulation des pratiques exagérées (telles que les essaims de Dahuts au Mt Blanc, bousculades dans les bennes de la Compagnie des Alpes, exploitante des remontées mécaniques de Cham…) mais pas d’exclure les mineures, qui n’ont pas d’arguments de masse (poids économique, leviers d’influences locaux) pour se maintenir.
      Ou alors, par équité, de les interdire toutes !
      Bonne lecture Laurent.
      PS : L’aiguille du midi, une des destination les plus prisée par les étrangers, a égalité avec la tour Eiffel…
      L’entité de référence au sujet des aéropolluants de la vallée de l’Arve est le laboratoire USMB Locie, installé à Technolac.

  • Alain MOULENE

    Ce qui me fait le plus de peine, c’est de me mettre à la place du Président de l’aéroclub
    qui a été trahi par ces pilotes irresponsables.
    Il y aurait de quoi tout envoyer balader et ne plus s’occuper de rien !

  • Alain MOULENE

    Malheureusement, il y a autant d’abrutis dans l’aviation que dans la société en général, qui jettent l’opprobre sur toute l’activité parce qu’ils ne jouent pas collectif.

    Je peux dire une bêtise ? Si ces abrutis veulent laisser leurs traces dans la neige fraîche, qu’ils y aillent entre minuit et 3 h du mat. Pas plus tard car les alpinistes qui gravissent le Mont Blanc partent à 4 h du refuge du Goûter. 😁

  • Voir aussi mes « lignes de pilote » : CRÉTINS des ALPES dans le prochain magazine PILOTER, à paraître début Mai,
    pour dénoncer les excès imbéciles qui font peser de nouvelles menaces sur la plus belle des aviations, l’aviation de montagne!
    Et au lieu de lutter contre ses adversaires, réaction négative sans avenir, Soyons activement et positivement avec les POUR une Aviation de montagne Propre et Silencieuse: Velis et D 140G Gypaète dans l’immédiat

  • GÉRARD DAVID

    le projet Gypaète D 140G de Mousquetaire « propre et silencieux »peut sauver la mise de l’aviation de montagne et faire que demain A.L.P.E.S. signifie pour longtemps: Aviation légère Propre et Silencieuse!

  • Michel

    En stage vol à voile à Sisteron, j’ai rencontré un pilote fier d’être revenu avec un aigle encastré dans sa profondeur. On a empaillé l’aigle… Ceux qui connaissait ce soit-disant vélivole, à commencer par le chef instructeur, savaient qu’il allait souvent ennuyer ces oiseaux, une obsession chez lui. Certains auraient préféré que ce soit lui l’empaillé. J’ai orbité, à distance respectueuse, autour du mont saint Michel avec ma future épouse. Je ne le ferai pas avec ma fille; interdit à cause de ces abrutis qui ont frôlé l’archange. On est à la merci des c…, même volants et se draper avec mépris (surtout envers les désignés en bloc comme « khmers verts ») dans sa toge d’homme volant supérieur vous fait entrer dans cette catégorie. Modestie, exemplarité et communication : voler est un don du ciel.

  • Pilotaillon, vivant et réaliste

    Sur un tapis bleu ou vert, le Vélis représente une option de l’avenir de l’aéro de loisirs. Ça c’est le projet, qui pourra devenir le standard à 5 ou 10 ans. Nonobstant il reste toutes les machines « ancien format », dans les hangars, dont nous devons nous préoccuper…
    Très justement dans l’édito, Il ne faut pas nous tromper de sujet. A Annecy, dans un autre domaine, nous connaissons les pêcheurs amateurs qui souhaitent la sortie de tous les bateaux à moteurs « puissants », ceux qui permettent à une championne de ski nautique de gagner plusieurs championnats du monde, ou d’accéder aux plongeurs aux sites d’exploration…. Et avant le changement (2020) le lobby était porté un président ni particulièrement écolo ni un jeune (proche des 80 printemps).
    Donc nous assistons à des vagues (dont les pêcheurs ne veulent plus :o) de minorité qui pensent changer le monde à leur manière.
    Nous pensons, à tord je crois, que les tapages médiatiques sur la toile traduisent une réalité de terrain. Il nous manque une maturité pour temporiser, tel le seuil des votations en Suisse par exemple, où il faut soutient d’un minimum de 100 000 électeurs avant d’engager une procédure.
    Ce seuil a l’avantage de filtrer les vrais sujets et d’ouvrir un débat contradictoire avant de faire évoluer la règle. Il traduit l’avis des silencieux ou absents des réseaux sociaux, beaucoup plus nombreux que les activistes.
    Sans risque nous pouvons dire que rien ne va fondamentalement changer « sur France ». Il va falloir du temps avant de constater que les exagérations (réponses émotionnelles d’une poignée d’actifs qui ne mesurent pas les conséquences de leurs positions) génèrent rien de très efficace dans l’évolution des règles de vie collective.
    Mais ce temps risque d’être long, et il faut trouver des contenus médiatiques à la fois pour faire valoir nos positions pas très nocives sur les enjeux globaux mais surtout de réagir par le lancement d’une évolution technologique progressive de notre parc.
    Il nous faut des résultats rapidement, et donc s’organiser…
    Qui ? Fait quoi ? Qui accompagne (des soutiens volontaires) ?
    Asap…

    • Tarrieu

      Faire du n’importe quoi est la mode idiote pour s’afficher.Helas la bêtise n’est pas de mise

    • Michel

      Cela fait 2 ans que j’essaie d’implanter un hangar à énergie positive (panneaux solaires) sur un Ad qui permettrait de recharger un (ou des) avion électrique. Ce bâtiment a été « trimballé » virtuellement aux quatre coins du terrain. Malgré un accord de principe signé, il y a toujours quelque chose qui ne va pas, sans que ce soit très clair. J’ai fini par me fâcher avec la directrice des services techniques de la com de com gestionnaire sur le thème « je comprend maintenant la gestion catastrophique de la pandémie… ». Je pense que c’est fini: l’inertie des fonctionnaires est la force la plus puissante de l’univers.

      • Pilotaillon, vivant et réaliste

        Ces agents font valoir leurs prérogatives étant « par principe » indépendants mais seuls (= ce n’est jamais bénéfique d’être seul), « savent » et rendent des avis sans le moindre doute…
        C’est le même raisonnement pour les vieux (d’âge divers) qui n’ont que des convictions…
        C’est le même raisonnement pour les Verts (de bibliothèque différents des vrais experts du sujet) qui ne veulent entendre que des encouragements et des compliments… sinon prêcher pour la révolution.
        Et le temps passe, et les évènements tristes s’enchainent et ces « puissants réticents » (frileux et peureux au final) freinent et empêchent l’adaptation sociétale.
        J’ai également ce travers mais j’essaie de ne pas céder à cette facilité quand j’observe, sans complaisance, le monde et ses fonctionnements.
        J’en suis à me dire qu’il faut, coute que coute, conduire les adaptations avec le plus grand nombre, car les enjeux de vie collective et environnementaux le valent bien, laissant les extrêmes pour ce qu’elles sont, vaniteuses, ignares, péremptoires et donc bonimenteuses.

  • PlasticPlane

    Il y a vraisemblablement autant d’irresponsables chez les aviateurs que dans la population lambda (j’emploie le mot « irresponsable » mais ce n’est pas celui qui vient à l’esprit spontanément…) : pourquoi en serait il autrement ?.. Et comme on est toujours le c.. de quelqu’un, j’en fait probablement partie 🙂

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