Accueil » Air France prévoit de recruter plus de 1.600 pilotes d’ici à 2024

Air France prévoit de recruter plus de 1.600 pilotes d’ici à 2024
premium
libre

Air France a recruté 200 pilotes en 2017 et devrait poursuivre sur un rythme de 200 à 250 embauches annuelles jusqu'en 2024. La compagnie aura bientôt épuisé sa liste d'attente constituée au départ de 600 pilotes, élaborée avant 2008,.Elle met en place d'autres processus de recrutements, dont la relance de la filière des cadets.

19.01.2018

Air France compte près de 3.700 pilotes actuellement. Pour satisfaire ses recrutements dans les années à venir, elle prévoit d'aller recruter à l'Enac, dans sa filiale HOP! et dans les autres compagnies, mais aussi de relancer la filière des cadets © European Cockpit Association

Près de 3.700 pilotes sont actuellement en activité chez Air France. Avec, d’une part, l’effet de la pyramide des âges, qui concerne un peu plus d’une centaine de pilotes par an qui feront valoir leurs droits à la retraite, et d’autre part l’augmentation de la flotte de la compagnie, Air France aura besoin, tous les ans, entre 200 et 250 pilotes sur 7 ans.

Jusqu’en 2024, en fonction de la conjoncture, ce sont 1.600 pilotes au total qui seront recrutés par la compagnie nationale. Didier Nicolini, DRH pilote et commandant de bord A320 chez Air France, que nous avons interrogé, estime que 300 pilotes devraient être recrutés en 2018 et autant en 2019. Les embauches devraient ensuite osciller entre 200 et 250 pilotes par an jusqu’en 2024.

600 pilotes sur liste d’attente

A l’heure actuelle, la compagnie puise dans un vivier de pilotes élaboré avant 2008, qui comptait 600 pilotes. C’est dans cette « liste d’attente » que la DRH d’Air France recrute aujourd’hui ses pilotes. Trois sources différentes sont venues abonder la liste d’attente en question.

La première source est celle des pilotes qui ont passé la sélection Air France avant 2008. La deuxième source de pilotes est constituée par les EPL (élèves pilotes de ligne) qui sont sortis de l’ENAC avant 2014. Enfin, la troisième source est celle des pilotes actuellement chez HOP!, qui ont satisfait aux sélections menées depuis 2015.

Or Air France puise dans cette liste d’attente depuis 2016. Didier Nicolini estime que le vivier ainsi constitué sera épuisé au deuxième semestre 2018. Pour faire face à cette situation, Air France s’organise actuellement pour recruter les futurs pilotes dont la compagnie a besoin.

Deux modes de recrutements

La première mesure est de relancer la filière des cadets, abandonnée depuis 2008. Didier Nicolini nous a confié que la sélection va reprendre dès la fin janvier 2018 avec l’ouverture du dépôt des candidatures sur le site RH de la compagnie. Les recrues ainsi formées seront prêtes en 2020.
Nous consacrerons prochainement un article complet sur la reprise de la filière des cadets, dans lequel nous reviendrons en détails sur les nouveautés, sur les prérequis et ce qui attend les prochaines sélections.

La deuxième voie de recrutement d’Air France concerne plus particulièrement les pilotes professionnels : anciens militaires, pilotes provenant des compagnies-sœur ou d’autres compagnies, des expatriés… Le pilote qui postule doit être titulaire de l’ATPL théorique, d’un CPL (Commercial Pilot Licence), de l’IR-ME (Instrument Rating-Muly Engines), de la licence MCC (Multi Crew Coordination), de la licence FCL.055 assortie du niveau 5 en Anglais.

Parce que jugé discriminant, le nombre d’heures de vol (1.500 heures demandées jusqu’à présent) n’entre plus en ligne de compte d’après Didier Nicolini, qui précise que « le dossier sera examiné au regard de certains critères qui intéressent Air France, en particulier le parcours personnel du candidat. » Sont notamment appréciés les profils de candidats s’étant investis en tant qu’instructeur ou ceux d’entre eux qui pratiquent le planeur.

Quand un pilote professionnel est recruté chez Air France, même s’il a exercé en tant que commandant de bord pendant 10 ans dans une autre compagnie, il démarre en qualité de co-pilote.
Il faut attendre huit ans, en moyenne en période faste, pour passer d’un grade de co-pilote à celui de commandant de bord. En période moins faste, il faudra patienter 15 ans.

Fabrice Morlon

 

Air France relance sa filière cadets fin janvier 2018

 

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

12 commentaires

  • GH

    En effet, rien de mieux qu’un pilote passionné, qui a fait des sacrifices pour arriver en place droite ou gauche d’un cockpit.
    Ce même pilote a souvent appris à piloter très tôt par passion, il est aussi capable de reconnaitre un décrochage, aussi bien au fesses qu’avec une alarme qui se manifeste dans le cockpit et de réagir en conséquence, peut être plus vite qu’un ab-initio!

  • FuturPiloteRyanair(faute de mieux)

    Ah oui, les cadets!! Ces modèles de compétence qui plantent des A330 dans l’Atlantique… Je comprends l’urgence de relancer cette filière si efficace, plutôt que de prendre des gens sortis d’écoles valables et prêts à l’emploi. Mais j’oubliais; Si on faisait ça, il n’y aurait plus de places dans les cockpits AF pour les fils de CDB AF SNPL, qui eux n’auront évidemment pas à payer leur formation.

    • Farid

      Retenez-vous de salir la mémoire des disparus! Pour qui vous prenez- vous pour juger!. Vous feriez mieux de vous poser la question de savoir si l’avion était reellement pilotable. Menez votre enquête….

      • GH

        Farid, je pense que « notre » futur pilote Rayanai » ne voulait surement pas salir la mémoire des malheureux du vol AF 447. Cependant rien ne vaut plus qu’un passionné d’aéronautique qui à sacrifié finances et temps pour se retrouver en place droite ou gauche de n’importe quel avion, qu’un ab initio qui aura passé des heures en simulateur pour prendre les commandes d’un 320 ou d’un 737 sans avoir ressenti les effets du décrochage, de la vrille, du virage engagé etc… Un avion qui décroche, que ce soit un DR400, un PA 28, un CAP 10 ou un CR 100, ça se sent au fesses….Avec cet enseignement n’importe quel être humain est capable de sentir ce qui se passe sur un liner en perte de vitesse…. ..et est capable d’être plus rapide pour réagir en conséquence!
        Je pense que c’est le message de de notre « futur pilote Rayanair »
        Aéronautiquement vôtre.

    • Farid

      Et vieux cdb AF, j’ai eu le temps de comparer les différentes origines, et les cadets ou les Enacs sont de bons produits, ce n’est pas dans ces origines que l’on trouve les pires…

  • EXPAT CANADIEN

    Bonjour

    Je ne comprends absolument pas la stratégie d’air france. Compagnie endettée, qui a fait des plans de départs volontaires il y a à peine 2-3 ans, et maintenant au lieu d’embaucher des pilotes déjà CPL IFR ME MCC sur le marché ou dans d’autres compagnies, décident de rouvrir les cadets… à hauteur de 100000 euros par pilote…!!??
    A cela s’ajoute son égarement dans la création de ses filiales: entre AF, joon hop Transavia bref cela va dans tout les sens… qu’elle chance que le kérosène ne soit pas trop cher….

  • Aurel

    Il y a aussi celle d’easyjet de faire payer des formations à plus de 120 000e pour les AB initios, ou sinon de considérer que les candidats avec expérience 320 ? les autres fond comment ? ha oui même avec une grosse expérience il faut re-payer un semi programme à prêt de 40 000e avec qt320 incluse.

  • Olivier

    Actuellement CDB TRI TRE 320 dans une compagnie low cost Anglaise je m’interroge sur la stratégie lamentable du groupe Air France et notamment de la direction des opérations …..!

    En effet quel est le meilleur moyen de déstabiliser la concurrence ? Bin c est assez simple à comprendre c est de recruter les Français actuellement chez EasyJet Vueling Volotea Ryanair et non des EPL ou cadet qui sont complètement inutile dans cette course contre la montre pour la reconquête pavillon national !

    • Mat

      C’est aussi prévu. C’est déjà d’ai Le cas

    • Bilou

      C’est évident, de plus on serait certain d’embaucher des pilotes motivés,expérimentés avec un coût de formation largement inférieur. Mais il y a de l’argent à se faire avec la formation ab initio et là on peut faire confiance à la mafia des « cadrillons et consorts «  qui se goinfrent à AF depuis toujours.

    • JACOB

      Bonjour,
      40 ans d’Air France, de la Caravelle au B747.
      La Cie n’a jamais jamais su anticiper la reprise et /ou le départ en retraite de ses PN
      Ton analyse demande trop de concentration à nos « chefs »
      CDLT
      Pierrick

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.