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Air France relance sa filière cadets fin janvier 2018
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Annoncée depuis quelques mois, la relance de la filière des cadets est confirmée par Air France. L'ouverture du dépôt des candidatures est programmée pour la fin janvier 2018. Les 100 premiers cadets sélectionnés seront formés à partir du mois de juin 2018 dans une ou plusieurs écoles qui seront précisées par Air France d'ici la fin janvier. Les premières recrues sortiront de formation en 2020.

23.01.2018

Les pré-requis pour accéder à la formation réservée aux cadets d'Air France ont été revus par rapport à la première version des cadets des années 2000 : plus de limite d'âge et le passage en Math Sup n'est pas nécessaire © Airbus

La filière des cadets d’Air France a été mise en place par la compagnie au début des années 90. Pendant un peu plus de dix ans, 300 pilotes au total ont été formés, à raison de 30 cadets par session de formation. La dernière sélection de cadets date de 2008. Dix ans plus tard, la filière des cadets est donc réactivée par la compagnie, qui estime avoir besoin de 1.600 pilotes d’ici à 2024.

Sur les 200 à 250 pilotes dont Air France estime avoir besoin tous les ans pendant 7 ans, la moitié proviendra des cadets, pour lesquels des sélections seront organisées tous les ans. Didier Nicolini, DRH pilote chez Air France et commandant de bord A320, que nous avons interrogé, nous a aidé à dresser le portrait-robot du cadet chez Air France.

Des critères élargis

Le cadet, c’est un futur pilote sans expérience aéronautique, qui va suivre une formation dite « ab initio. » En comparaison des sélections de cadets d’il y a 10 ans, les critères de candidature sont plus ouverts.

La limite d’âge, discriminante, a disparu. Même si le parcours « classique » reste un passage par Math Sup, les candidats n’ayant pas suivi de cursus scientifique, les titulaires d’un Master 1 ou 2 ou les détenteurs d’un Bac et d’un ATPL théorique peuvent prétendre à intégrer la filière des cadets.

Dépôt des candidatures

Le candidat pourra déposer son dossier entre le 25 janvier et le 1er mars 2018, directement sur le site de recrutement d’Air France, où sont détaillés les pré-requis pour postuler. Pour passer la barrière de la première sélection, le futur cadet, a qui il sera demandé 160 € pour couvrir les frais d’inscription, devra satisfaire aux conditions suivantes :

  • Être de nationalité des pays membres de l’Espace Economique Européen ou de nationalité Suisse et s’exprimer couramment dans la langue française;
  • Ne pas avoir été ajourné(e) et/ou éliminé(e) deux fois à une sélection « Pilote Air France » quelle que soit la filière;
  • Ne pas avoir été éliminé(e) au cours d’une formation Pilote Air France ou Transavia;
  • Satisfaire à l’une des conditions suivantes :
    • Avoir un baccalauréat et être titulaire de l’ATPL théorique délivré par une école homologuée d’un état membre de l’Union Européenne et en cours de validité,
    • Ou être en deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles (y compris classes préparatoires intégrées école d’ingénieur),
    • Ou avoir suivi un cursus d’étude ayant permis d’obtenir un BAC+2 dans un domaine scientifique ou un minimum de 120 crédits ECTS,
    • Ou être en cycle Master (BAC+4/+5) d’une université ou d’une école (ou diplômé-e);
  • Avoir un score minimum au TOEIC (Listening and Reading) de 850pts datant de moins de 2 ans;
  • Avoir l’aptitude médicale sans dérogation de Classe 2 délivrée par un médecin agréé EASA/DGAC.

Pré-sélection sécurisée en ligne

Après avoir vérifié les dossiers de candidatures reçus, Air France va convier l’intégralité des candidats pour des épreuves de pré-sélection à la fin du mois de mars 2018. Le candidat se connectera sur un espace sécurisé pour subir, pendant deux à trois heures, des tests psychotechniques, de logique, de mémoire, d’orientation spatiale, de raisonnement, de culture générale et d’Anglais.

Les sélections PSY 1 et PSY 2

Pour les candidats ayant réussi les épreuves de pré-sélections, la phase de sélection sera composée de deux séries de tests et d’entretiens.

  • Une première phase de tests est programmée à l’ENAC, à Toulouse, à partir du mois d’avril et jusqu’en juillet 2018. Par sessions de 50 personnes, les candidats subiront des tests psychotechniques et psychomoteurs, appelés « PSY 1. »
  • La phase « PSY 2 » se déroulera sur deux demi-journées entre mai et octobre 2018, dans les locaux d’Air France à Roissy, au cours de laquelle seront entrepris une deuxième phase de tests, sous la forme d’entretiens en groupe puis d’entretiens individuels.

La mise en formation

A l’issue de ces épreuves de sélection, les dossiers des candidats ayant réussi les épreuves seront examinés par une commission qui validera ou non la « mise en formation » du cadet. Le lauréat devra alors passer une visite médicale de classe 1 avant l’entrée en stage. La première session, constituée de 30 à 50 cadets, débutera en juin 2018.

Le cadet signera alors une convention de formation qui précisera les conditions de sa rémunération, à hauteur d’un certain pourcentage du SMIC, entre 900 et 1.000 € par mois. La formation du cadet durera entre 20 et 24 mois. Les premiers pilotes seront donc opérationnels en 2020.

La formation qui sera dispensée aux cadets est celle prévue par la réglementation. Elle comprend une partie théorique pour accéder à l’ATPL (Airline Transport Pilot Licence) et impliquent des examens théoriques portant sur 14 modules (réglementation, opérations, navigation, mécanique…).

Puis la formation pratique consistera en un CPL (Commercial Pilot Licence), assorti d’un IR-ME (Instrument Rating-Multi Engine) et d’une licence MCC (Multi Crew Coordination). Didier Nicolini précise que quelques heures seront ajoutées au minimum réglementaire sur certaines matières et que, comme Air France l’avait souhaité en 2009 pour la dernière promotion des cadets sélectionnés en 2008, la pratique du planeur fera sans doute partie de la formation.

Après sa formation, le cadet suit une période d’adaptation en ligne avant d’être reconnu comme co-pilote travaillant en coordination avec son commandant de bord. Thomas Pesquet, à droite, est lui-même issu de la filière des cadets © Air France

Contrôle Air France

Air France sera présent tout au long de la formation via les compte-rendus pédagogiques qui seront transmis de manière hebdomadaire par la ou les écoles qui assureront la formation. Les instructeurs de la compagnie effectueront également des visites régulières, au cours d’un « contrôle Air France » : les instructeurs valideront la progression de chaque stagiaire en effectuant un vol en tandem.

Une fois les épreuves pratiques réussies, après la licence MCC, le cadet devra passer une qualification de type (QT) avec l’ATO Air France : le pilote suivra un stage « réacteur » puis passera sa QT qui sera déterminée en fonction du choix du pilote mais surtout des besoins de la compagnie en 2020. Ainsi, pour schématiser, si les besoins d’Air France sont plus importants en termes de pilotes d’A320, la compagnie orientera les pilotes issus de la filière cadet vers une QT A320.

Une fois sa QT en poche, le pilote sera prêt à débuter son adaptation en ligne et sera aiguillé vers Air France ou Transavia. Pendant deux à trois mois, il volera avec un instructeur de manière à terminer sa formation et faciliter son intégration, puis deviendra co-pilote travaillant en équipe, seul avec un commandant de bord.

La DRH d’Air France nous a précisé que le pilote issu de la filière cadet recevra un salaire inférieur à celui d’un professionnel qui intègre la compagnie : Air France répercute en effet les frais de formation des cadets, qui sont rémunérés 3.500 € mensuels en début de carrière.

Négociations en cours avec les écoles

La ou les écoles qui formeront les cadets devraient être sélectionnées par Air France d’ici la fin janvier 2018. Un appel d’offres ouvert a été lancé en Europe en 2017 et plusieurs écoles ont répondu au cahier des charges, dont des écoles hors France.

Didier Nicolini précise qu’une « short-list » a été établie de quelques écoles qui ont répondu aux critères imposés par la compagnie, dont celui d’une formation en langue anglaise. Des négociations sont en cours avec ces écoles finalistes et les différents services de la compagnie (département achat, juridique…) pour déterminer des méthodes de travail communes. Enfin, le DRH pilote nous a laissé entendre que la formation pourrait être assurée par plusieurs écoles.

Fabrice Morlon

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

11 commentaires

  • Gindre H.

    Jacques Rantet, l’ancien champion de France / d’Europe de vol à voile?
    .. Ah! le LS-1, le Libelle H-201….ça c’est la meilleure école, aussi pour sentir les réactions d’un liner aux fesses!

  • Géllin

    Je lis ces commentaires en étant un peu entendu. Vous sous entendez que le fait de n’avoir que le Bac avant d’entrer en formation fait d’un pilote un potentiel danger ? Mais vous semblez complètement ignorer qu’il n’y aucune nécessité d’avoir fait des études supérieures pour être un bon pilote.
    « Ahhhh pour être pilote il faut avoir une bonne vue et être bon en Math » => Et bien c’est faux et faux ! On peut faire un très bon pilote avec juste le BAC et un très mauvais en sortant de polytechnique.
    Maintenant allez sur le site
    https://www.pilotest.com/fr/selections/preparez-les-tests-psychotechniques-et-psychomoteurs-des-selections-pilotes-cadets-air-france
    et vous verrez un peu quels sont les tests de la sélection. Clairement il faut être bien cablé mais le niveau purement scolaire est celui d’un élève de troisième !
    Enfin sur l’aspect cooptation au niveau cadets, j’avoue que là en revanche il y a un doute. Et surtout on constate un gros nombre de cadets « fils de cdb af ». mais bon les fils de profs aussi deviennent prof donc peut on parler de cooptation réelle ?
    Et sinon que dire de l’enac qui vient de ré instaurer 3 types d’avis pour le concours EPL (très favorable, juste ok, défavorable) avec tous les très favorables qui passent devant les autres…c’est un peu la note de gueule à l’armée supprimée il y a 20 ans car discriminatoire non ?

  • lavidurev

    La gloire du heros masque de profondes blessures. N envier jamais mais croire sans cesse.

  • Arès

    Place gauche sur 777! Ca aussi, ça à de la gueule Stormy!. M…e! c’est moi qui suis jaloux..

  • fildru

    Récemment , le niveau était devenu dut ou BTS avec le diplôme obligatoire pour l efficacité !… Les temps changent , et il faudra bientôt un dut robotique pour être reconnu partout , jusque sur Mars , rêvons !

  • Arès

    Les futurs cadets AF questionnés par.. des gens d’AF…c’est comme le futur ouvrier boulanger questionné par..le boulanger!! Où est le mal Docteur?.
    La filière cadet pour ‘les fils de’..faut pas exagérer non plus. Bien sur qu’il y aura quelques coups de piston, c’est vieux comme le monde ça, mais de là à généraliser..faut pas pousser mémé dans les orties!.
    Allez Stormy, un peu de fierté Française: AF recrute, c’est bien et tant mieux pour ceux qui vont présenter les cadets, gonflés à bloc, avec au bout ce magnifique rêve, de s’asseoir aux commandes d’un avion de la Compagnie Nationale! Avoue que ça à de la gueule! de quoi être jaloux.. ce que tu n’es pas Stormy.

    • Stormy

      De ma place gauche de 777, non je ne suis pas jaloux ….
      Quant à l’ENAC, j’avais réussi le concours à l’époque où on était payé pour faire cette école, c’est-vous-dire que ça ne date pas d’hier.
      Et celui qui s’était cramponné au mini-manche d’un A330 lors d’un accident célèbre et tragique était justement un cadet AF …. ce qui n’avait pas aidé pour le renom du recrutement, même si ce n’était pas la faute des autres !

  • Stormy

    La filière cadet part d’un bon sentiment … mais elle permet surtout aux fils de commandants de bord qui n’ont pas pu rentrer à l’ENAC (concours difficile, peu d’élus) de connaître le succès car les interviews sont faits par des gens d’Air France…. !
    Et là maintenant on en rabaisse le niveau (BAC simplement, plus de Math Sup) – pour la même raison …
    Quant à ceux qui nous serineront la même antienne  » pas besoin d’être ingénieur pour être un bon pilote  » (comme disent ceux qui ne le sont pas) je commencerai par leur dire que l’ENAC-pilote (recrutement Math Sup, et non Math Spé, un des rares concours ainsi) ne délivre pas de diplôme d’ingénieur, au contraire de l’ENAC… ingénieur justement !

    • patex

      Où voulez-vous en venir, au juste ? Etes-vous complexé ? Avez-vous raté les deux ? A vous lire, la filière cadets est une filière au rabais qui recrute des déficients mentaux, assistés et « fils de » !

    • Rantet.jacques

      Stormy tu as 60.ans de retard! En 1957 R Sirreta publiait dans la revue Aviasport un article intitulé: L’école des »Seigneurs ». Il faisait référence au premier stage ab initio organisé parAF : leA1 suivi duA2. N’étant pas fils de… j’ai hésité et me suis quand même présenté au concours et j’ai été admis.Alors je t’ en prie ne décourageons pas les jeunes.Tout le monde à sa chance Il faut la saisir.Oui dans les Cies aériennes Il y’a des fils de pilotes ,dans la marine des fils de marins,dans l’armée des fls de militaires etc…
      Quant au jury de sélection ,oui Il y a des pilotes…je dirais heureusement ! mais leur voix n’ est pas prépondérante.

  • G LESCALUP

    Quelque part, malgré les stéréotypes actuels où les entreprises ne peuvent plus rien faire, c’est normal qu’une grande société forme.

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