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Près de 100 contrôleurs aériens recrutés par an en France

La France recrute 96 futurs contrôleurs aériens par an. Le rythme devrait s'accroître dans les années à venir, conjointement avec l'augmentation attendue du trafic aérien. Pour faire face à ces besoins, l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile (ENAC), fait évoluer la sélection au concours d'entrée.

17.07.2019

Théorie, pratique et alternance ponctuent la formation du contrôleur aérien qui se déroule sur trois ans. © DGAC

3.642 ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne assurent aujourd’hui la sécurité et la fluidité du trafic aérien au-dessus du territoire français, soit environ 11.000 vols quotidiens en moyenne. Le contrôleur aérien est la personne dont le pilote ne connaît que la voix et qui, entre autres tâches, assure le suivi d’un vol ou la séparation entre les aéronefs dans les zones de contrôle, dans les centres de contrôle en-route ou sur un aéroport.

Responsabilités importantes, horaires atypiques, travail d’équipe et maîtrise de l’Anglais résument en quelques mots ce métier souvent méconnu. Si l’on parle souvent du recrutement nécessaire dans les années à venir parmi les techniciens, le personnel de bord et les pilotes, le secteur du contrôle aérien connaît lui aussi un besoin qui va aller crescendo.

Concours d’entrée

Les contrôleurs aériens font partie intégrante de la fonction publique de l’État au sein du ministère chargé des Transports, ils sont classés dans la catégorie A. La formation d’ingénieur du contrôle de la navigation aérienne (ICNA), gratuite et rémunérée, se déroule sur trois ans. Pour y accéder, un concours d’entrée spécifique a été instauré par l’ENAC. Celui-ci évolue en 2020.

A cette date, le recrutement des élèves, qui doivent être âgés de moins de 26 ans et justifier d’une deuxième année de classe préparatoire scientifique, se fera désormais sur la banque de données des épreuves du concours commun INP : le groupe INP, Instituts Nationaux Polytechniques, a vocation de permettre l’entrée dans une soixantaine d’écoles d’ingénieurs en France) dans les filières MP (Maths – Physique), PC (Physique et Chimie) et PSI (Physique – Sciences de l’ingénieur).

Pour s’entraîner, les apprentis ICNA utilisent les simulateurs de l’ENAC. © ENAC

Le concours d’entrée comporte des épreuves écrites d’admissibilité constituées en majeure partie de matières scientifiques mais aussi de langue vivante, de Français et de philosophie. La deuxième étape du concours réside dans les épreuves d’admission, à l’oral, avec notamment de l’Anglais et un entretien de 40 minutes devant un jury composé de personnels de l’ENAC, de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) et d’un contrôleur aérien opérationnel. Jusqu’à présent, les épreuves écrites étaient basées sur des questions à choix multiples (QCM). A partir de 2020, exit les QCM : les postulants devront rédiger leurs réponses en langage clair.

Trois ans d’apprentissage

L’élève sélectionné intègre alors l’une des trois promotions annuelles de l’ENAC, constituées chacune de 32 apprentis ICNA. « Le cursus que nous suivons dès le départ est très diversifié, » explique Laura, contrôleuse aérienne à Brest, « la première étape est l’obtention de la licence européenne de contrôleur stagiaire, qui se prépare sur 18 mois. Nos instructeurs à l’ENAC nous enseignent aussi bien la météorologie, la gestion et l’économie du transport aérien, l’organisation de l’aviation civile en France et au niveau international, avec une forte présence de la langue anglaise. » La pratique sur simulateur de contrôle d’aérodrome, d’approche et de contrôle en-route est le cœur de la formation.

Au terme de ces 18 mois de formation intensive, l’apprenti contrôleur entame la deuxième phase de sa formation : il intègre l’un des centres de contrôle en-route français (Athis-Mons, Aix-en-Provence, Bordeaux, Brest et Reims) ou l’un des 39 grands aéroports français. Pendant 18 mois, l’apprenti va suivre une formation sur le principe de l’alternance, dans son centre et à l’ENAC.

Au terme d’une formation de trois ans qui valide ses études, le contrôleur suit une nouvelle formation sur deux ans dans son centre de contrôle, qui permet de valider sa fonction de contrôleur opérationnel.© DGAC

Pendant deux mois, les élèves vont passer leur licence de pilote privé avion monomoteur (PPL A) de manière à mieux appréhender le travail du pilote à bord d’un avion et afin de s’adapter à ces contraintes, une fois au micro de la tour de contrôle ou de la zone en-route. Pendant près de 10 mois, les apprentis effectuent dans leur centre des simulations supervisées par leurs instructeurs sur des simulateurs de contrôle qui reproduisent très fidèlement leur conditions de travail en trafic réel, en alternance avec des séances en opérations réelles.

Au terme de ces trois années, la formation est validée par la soutenance d’un rapport de projet de fin d’études. Après avoir validé ses études, le contrôleur débute une nouvelle période de formation pratique de deux ans au terme de laquelle lui sera délivrée la qualification de contrôleur aérien opérationnel.

Formation rémunérée

Dès leur entrée en formation, les élèves ICNA sont rémunérés. En première année, 1.500 euro bruts leur sont attribués et en 3ème année, 2.200 euro. Une fois opérationnel, le contrôleur aérien est rémunéré autour de 7.000 euro bruts mensuels. Si la profession reste majoritairement masculine, les femmes contrôleuses sont de plus en plus nombreuses chaque année. « Entre 30 et 35% des contrôleurs sont des femmes à l’heure actuelle », explique Olivier Chansou, directeur général de l’ENAC, « et l’ENAC souhaite poursuivre dans cette voie en augmentant la présence féminine non seulement dans cette formation mais partout ailleurs dans les cursus proposés. »

Fabrice Morlon

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

23 commentaires

  • Serge

    Le trafic aérien continue d’augmenter, tout comme le nombre de contrôleurs de la circulation aérienne. Néanmoins, pour moi, c’est l’une des professions les plus stressantes que je puisse imaginer. J’espère que les futurs contrôleurs aériens sauront dans quoi ils s’embarquent.

    • Mikeul

      Je ne dis pas que ce métier n est pas exigeant et parfois stressant. Je dis simplement que le niveau d entrée est surévalué comme souvent en France . En grande Bretagne le niveau d entrée est inférieure et le rapport qualité coût du service est voisin avec moins de mouvements sociaux. Pour info j’ ai fait 3 jours de formation à Eurocontrol Brétigny derrière le pupitre avec des vrais enregistrements de la FIR Budapest ( pas la pire je reconnais) en route,terminal, et approche . La fonction publique en France garde ses mauvaises habitudes et nous paierons tous la facture. Bon courage

      • Tonton Volant

        3 jours de formation à Eurocontrol Brétigny derrière le pupitre avec des vrais enregistrements de la FIR Budapest
        Hi ! hi ! Après cela, il a tout compris, le monsieur ! Quant au « rapport qualité coût « , encore un qui va s’abonner à « Que Choisir » ou à 60 million de consommateurs » (pourvu que ce soit gratuit) !

  • PlasticPlane

    Avec 2 amis, comme moi branleurs de manches de base, nous nous amusons à écouter les échanges radios de Lyon St Ex à l’heure du hub certains vendredis soir. C’est… dense ! Pas trop le droit à l’erreur nos amis contrôleurs et contrôleuses… Jolie vista dans les échanges dans toutes sortes d’anglais :-), une courtoisie permanente… et un paquet de vies au bout de l’alternat. Pas d’aigreurs camarades : ils font juste bien leur boulot ! Et on est heureux de les retrouver pour les infos de vol quand on est un peu dans la panade en l’air…

  • Odaignan

    J’ajouterai que tous les contrôleurs ne sont pas forcément icnas, il existent certains terrains gérés par des techniciens TSEEAC recrutés niveau bac ( ex TOUSSUS le noble, cannes, LYON bron …) et les recrutements sont ouverts à tous donc au lieu de tjs critiquer n hésitez pas à passer le concours, il n y a même plus de limite d âge / ceci dit je reconnais que c est plus simple de râler depuis son fauteuils que ce sont des fainéants surpayés et empêcheurs de tourner en rond

  • Tonton Volant

    Juste une précision, par ci, par là.
    Le contrôleur doit, comme pour beaucoup d’administrations qui forment ses agents, 5 à 7 ans de fonction au sein de celle-ci, autrement, il rembourse : on n’est pas dans la « Haute » qui peut pantoufler
    Il n’est pas (pas grave..) apprenti, mais élève, – ça fait plus sérieux :-))
    Les 7 000 € sont en fin de carrière et en fonction du poste et de l’importance centre – les CCR sont plus « gâtés » que les TWR et APP .

  • Garcia

    Si mes enfants étaient en age, je les pousserai à choisir ce métier :
    – Moins de 180 jours de travail par an
    – Retraite à 58 ans
    – Salaire supérieur à celui d’un ingénieur, avec seulement BAC+4
    – Garantie de l’emploi
    – Pouvoir de nuisance quasi illimité grâce à la possibilité de faire grève pour un oui ou pour un non…
    Bref…. un job de rêve dont la plupart des salariés aimeraient bien avoir au moins 10% des avantages…

    • Pilotaillon du 21eme siècle

      C’est malheureusement la triste image que le confort du poste – et donc le comportement d’enfants gâtés – que laisse paraître une partie des personnels au public.
      Juste compléter en tant que pilotaillon VFR que l’accueil dans les zones est le plus souvent top, en terme de courtoisie et de facilité d’échange.

      Perso, j’aimerais disposer d’une interface écran collationnant les échanges clés avec l’ATC, clairances notamment, pour la sécurité et la suppression des doutes.
      Demain certainement.

    • FloFlo

      Avez vous la moindre idée de la charge de travail qu’ont les ATC ? Je vous invite à vous glisser de l’autre côté du micro et à vous « amuser », si vous le pouvez, à tenter de faire leur boulot à l’aide d’un joli simulateur. Aller, je vous donne 10min avant d’exploser en plein vol après une belle séquence d’approche sur un terrain fréquenté.
      Des fonctionnaires payés à rien f*****, il y en a un tas mais tapez sur les bonnes personnes…
      Si ce job faisant tant rêver et était si simple, ils n’auraient peut être pas autant de pénurie de personnel ?

      • STEVE

        Réponse trop facile, si je demande à un contrôleur aérien d’atterir un boeing de l’armée nul doute qu’il s’écrase et tue ses passagers, et pourtant les pilotes de l’armée gagnent moitié moins qu’un contrôleur aérien pour un niveau d’étude équivalent ou supérieur

    • Tonton Volant

      Encore un qui ne connait pas le boulot et qui, par principe, lâche sa diatribe de dénigrement systématique.
      Qu’il vienne faire un tour en période de « charge » et se mettre sur un secteur … On verra.
      Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas. (proverbe attribué à Lao-Tseu)
      Tonton Volant (retraité)

    • Val

      Je vous en prie venez prendre leur place. Il y a un manque cruel de personnels. Quand aux avantages : pas plus que dans une grosse entreprise du CAC40 pourtant on n’entend pas bcp de gens se plaindre de leurs avantages. Après si vous considérez que le droit de grève est un avantage sachez qu’il est inscrit au code du travail pour chaque salarié (du privé comme du public).
      Je vous demanderais également de vérifier vos infos.
      Retraite à 59 ans pas 58 (je ne détaillerai pas les justification mais sachez juste qu’un controleur travail H24 7j/7 et que de sa capacité mentale et physique dépendent la vie de centaines de personnes.
      Et le niveau de diplôme est celui de Master donc Bac + 5
      Avant de dire n’importe quoi sur internet pour paraitre malin on vérifie ses sources.
      Bien à vous

    • dosias

      hum..pas si simple(iste)..
      retraite à 59 ans et age de départ le plus vieux d’Europe cela dit..
      pouvoir de nuisance!?..manière de voir un peu réductrice:les grèves sont 12 fois moins longues et 8 fois plus rares qu à la ratp par ex et concernent essentiellement des revendications d’effectifs ,de matériel et donc de sécurité..
      pour une profession dont le point d’indice est gelé depuis plus de 10ans et dont 53% de la rémunération est constituée de primes non comptabilisées pour la retraite, vu ainsi on pourrait aussi en conclure que leur taux de revendication est faible ..tout dépend l’éclairage que l’on porte et quelles informations on décide de filtrer..les médias en service commandé ont de beaux jours devant eux: l’enfumage du gogo(dont je peux faire partie) ça marche toujours..diviser pour mieux régner..les pouvoirs publics savent orienter les médias dans ce sens..
      si vos enfant étaient en age et intéressés vous seriez peut être fier qu’ils s’engagent dans un service public noble et ,une fois objectivement renseigné peut etre seriez vous alors inquiet de les voir œuvrer dans un métier à risque: taux de divorce,dépression,etc..,hors norme,espérance de vie inférieure à la moyenne française(70/75 ans contre 78/82) par ex..
      étant du métier ,je reste à votre disposition pour de plus amples informations
      cordialement
      c Dosias

    • ATC

      J’espère seulement que vos enfants auront un très bon niveau en maths, physique, anglais pour décrocher ce concours et ensuite une excellente maitrise de leur stress et de la pression en formation dans leur centre de contrôle. De plus, sachez que le concours se passe à bac+2 , la formation dure 3 ans à l’Enac auquel il faut ajouter 2 à 3 ans de plus de formation dans le centre de contrôle où l’on est affecté (ça fait un modeste Bac +7. Bon courage à vos enfants.

    • Petitcolin

      Bac+7 si vous saviez compter déjà, et c’est vrai que certains avantages peuvent sembler démesurés j’en conviens mais peut-être ne connaissez vous pas la réalité du terrain ? (pression énorme, sécurité à garantir, milieu aérien en pleine expension). Beaucoup de contrôleur ne finissent pas leur carrière en raison du stress qui leur détruit la santé, sans parler des exigences d’admission au concours d’entrée

  • Mikeul

    Les autres pays européens recrutent sur un niveau scolaire moins élevé ( voir UK ) et cela marche aussi bien et avec moins de grève : inflation des diplômes pour justifier des salaires élevés ensuite= des services publiques au rapport qualité de service coût pour le moins duscutable

    • Valentin

      Pas besoin d’inflation du diplôme pour justifier du salaire. Regardez les autres pays européens et vous verrez que les français ne sont pas les mieux payés… Et de loin. Mais par contre le diplôme permet de légitimisé l’accession à des postes d’encadrement et de management.

    • Looping

      Et leur salaire encore plus élevé…et leur coût global du contrôle aérien également…: du coup quid de leur rapport qualité/prix?? Je vous invite à comparer le taux de redevance unitaire de route de contrôle aérien(qui est en simplifiant le taux facturé aux compagnies et donc de facto à l’usager, pour un vol donné(fonction de la masse max au décollage et de la distance parcourue entre autres). De mémoire ce taux unitaire est de 63€ en France, 67€ en Allemagne, UK et Belgique, 70€ en Espagne, 80€ en Italie et 98€ en Suisse.
      Ah et les Allemands qui ont fait le choix de moins de personnel, plus productif, payé au prix fort, détiennent en cette première moitié d’année le triste record du centre générant le plus de délai en Europe, cause des délais? : ATC staffing…

  • Iff

    Il n’y a pas que l’aviation civile qui recrute massivement des contrôleurs aériens. Les armées également. La marine nationale recherche des bacheliers, qu’elle forme à l’ENAC avant de les affecter sur une des 4 bases d’aéronautique navale, ses centres de contrôle Atlantique et Méditerranée ou sur le porte-avion!

    https://www.etremarin.fr/metiers-et-formations/tous-les-metiers/controleur-aerien?gclid=Cj0KCQjwjrvpBRC0ARIsAFrFuV_8paJMMHbnNeBPH-NmOyC3dRv_1I959_auy2R97QicilXAGSrxYfMaAmhFEALw_wcB&gclsrc=aw.ds

  • presto

    Contrairement à ce que dit l’appellation ICNA (ingénieur du contrôle et de la navigation aérienne),un contrôleur aérien n’est pas Ingénieur diplomé.En effet,son diplôme n’est pas reconnu par la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI).
    Quelques heures de cours théoriques supplémentaires et quelques professeurs qualifiés suffiraient à la CTI pour le reconnaitre comme diplôme d’ingénieur.
    Pourquoi s’en priver ?

    • Odaignan

      Le diplôme actuel de fin d étude est le MCTA, c est un diplôme reconnu par le ministère de l enseignement supérieur en tant que Master donc bac + 5

    • Lancelot

      Un ingénieur est un terme générique qui n’a pas de rapport avec la CTI.. Ensuite la CTI n’a pour unique but que de se faire recruter.. Un ICNA entre a l’enac avec déjà un poste réservé à sa sortie, donc faire venir un gars qui vérifie que la formation ICNA respecte les critères CTI ne sert à RIEN. Ensuite les contrôleurs aériens ne travaille EN AUCUN 7J/7 24H/24.. Ils ont un planning de travail de 6jours /12 jours.. Je trouve cet article et vos commentaires très étrange, renseignez-vous auprès de contrôleurs aériens français avant de balancer autant d’âneries svp 😂

      • sylvain

        Jusqu’à 7j/12 dans certains centres en période de pointe (été aéronautique, en gros d’avril/mai à fin sept/oct)

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