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ATR au pays de Bombardier

Le constructeur franco-italien vient de décrocher la certification canadienne pour son ATR 72-500. Une annonce d’autant plus étonnante que la production de ce modèle a cessé, en 2011, avec l’arrivée de la version -600 qui lui a succédé et qui n’est pas encore certifiée au Canada. Bombardier doit-il craindre la montée en puissance d’ATR sur son marché domestique ?

8.01.2018

Après l'ATR 42-500, c'est au tour de l'ATR 72-500 d'être certifié par l'administration canadienne de l'aviation. © ATR

Ce n’était pas une coquille dans un communiqué de presse. Il s’agit bien de l’ATR 72-500 et pas du -600 ; un ancien modèle, et d’une certification toute fraîche. ATR a, en effet, annoncé, il y a quelques jours (28 novembre 2017) que l’ATR 72-500 venait de recevoir la certification de Transport Canada, l’autorité canadienne compétente en matière de navigabilité.

En attendant l’ATR « -600 »

Cette certification permet désormais aux compagnies aériennes canadiennes d’exploiter les modèles ATR 72-500 en configuration cargo ou passager. Et c’est d’ailleurs à la demande d’un opérateur canadien dont l’identité n’a pas été révélée, que le constructeur a entamé les démarches.

Si l’ATR 72-500 n’était pas encore certifié au Canada, l’ATR 42-500 l’était. First Air exploite déjà depuis plusieurs années, dans le nord du Canada, cette version 50 sièges de la même série. Jusqu’à maintenant, la présence d’ATR au Canada est modeste. Dans ce vaste pays, la flotte des ATR avoisine une quarantaine d’appareils seulement. Pour l’essentiel, il s’agit de modèles anciens de type ATR 72-200 et ATR 42-300.

L’ATR face au Q400

Qui dit avions vieillissants, dit évidemment renouvellement. Et même si jusqu’à présent, Bombardier a fait vibrer la corde du patriotisme économique, la situation pourrait évoluer, d’autant qu’ATR est parti à la reconquête du marché voisin des USA et surtout que la rentabilité est devenu le critère de choix prioritaire. Depuis plusieurs années, le Q400 de Bombardier ne fait plus le poids face à l’ATR -600.

Les succès remportés en 2017 par le constructeur européen en sont la preuve. Le dernier en date est évidemment la commande de FedEx portant sur 50 avion-cargo (dont 20 options) qui entraine le lancement d’un nouveau modèle, en l’occurrence l’ATR 72-600F. Avant, il y avait eu le contrat avec IndiGo (50 ATR 72-600) qui marque le retour d’ATR en Inde, celui avec Tianju (10 ATR 42-600) qui entrouvre les portes de la Chine, ou encore la commande d’Iran Air de 40 ATR 72-600 (dont 20 options). Au total, depuis le début de l’année, ATR a vendu 135 avions et enregistré 40 options.

Plus rien ne s’oppose à la certification de la série -600 au Canada. Il suffit de désormais à ATR de décrocher un client canadien !

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

Un commentaire

  • gilles

    En terme de spécifications et donc de certification, il n’existe pas de différence entre l’ATR 72-500 et 72-600. En effet, ces 2 appelations ne sont que commerciale.
    Le type de certification reste le même, à savoir 72-212A.
    Ainsi donc, le Canada, en approuvant le Certificat de Type n¤ A0084, approuve l’ATR 72-212A dans son périmètre d’autorité.

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