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Daher s’installe dans le Top50 de l’industrie aéronautique mondiale

En 2023, les trois centres de formation spécialisés (logistique, industrie et services industriels) qui ont produit 10.000 heures de formation qualifiante pour les nouveaux entrants. © Daher

Avec un chiffre d’affaires (1,650 Md€) et un effectif (13.000 salariés) en forte progression en 2023, Daher occupe désormais une solide place dans le classement mondial des 50 premières entreprises de l’aéronautique. Le français qui réalise 35% de son chiffre d’affaires aux USA, prévoit encore 1.900 embauches en 2024 dont 1.600 en France.

En 2023, Daher s’est donné une feuille de route avec un horizon à 2027. Les résultats 2023 affichés par groupe démontrent qu’il tient ses objectifs. Il est bien parti pour atteindre le statut de « grande entreprise internationale rentable » auquel doit le conduire son plan stratégique quinquennal « Take Off 2027 » qui court de 2023 à 2027.

Le démarrage est spectaculaire. En 2023, le chiffre d’affaires est passé de 1,3 Md€ à 1,650 Md€ et les effectifs de 10.500 à 13.000 salariés. Cette croissance est liée à une suite de rachats d’entreprises opérés au cours des dernières années. La dernière prise de contrôle en date est celle d’AAA (Assistance Aéronautique et Aérospatiale) qui fournit, au niveau international, des services industriels pour l’aéronautique civile et de défense. AAA emploie près de 2.000 salariés dans le monde.  

Avant AAA, en 2022, Daher a acquis une usine de production d’aérostructures à Stuart, en Floride, auprès du groupe Triumph. En 2019, il a racheté Quest, le constructeur des avions Kodiak. Cette même année, il a également pris le contrôle du spécialiste de la soudure des composites thermoplastiques KVE Composites, aux Pays-Bas. La liste n’est pas exhaustive…

C’est en grande partie grâce à cette croissance externe, mais pas seulement, que Daher fait désormais partie des 50 principaux groupes de l’industrie aéronautique mondiale. En 2023, il a réalisé 35% de son chiffre d’affaires aux USA. Il a notamment livré le 100ème caisson central de voilure du ravitailleur Boeing KC-46A. En 2023, il a également livré près de 50 paires de winglets à Gulfstream pour le biréacteur d’affaires G700.

Au niveau du groupe, le carnet de commandes de Daher représente trois années de production. Il est plus modeste en ce qui concerne les avions. Il déborde sur 2025. En 2023, l’avionneur français a livré 74 avions, dont 56 TBM assemblés à Tarbes, et 18 Kodiak assemblés à Sandpoint dans l’Idaho, où il a ouvert une nouvelle unité de peinture. Didier Kayat, directeur général de Daher, estime qu’il aurait pu en livrer beaucoup plus ; la demande est là et l’outil est dimensionné en conséquence, mais les difficultés d’approvisionnement sont un frein. Ce problème n’impacte pas seulement la division Avion. Il touche aussi les aérostructures. Toute la filière aéronautique est logée à la même enseigne, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.

A ce problème d’approvisionnement, s’ajoute celui des recrutements. En 2023, Daher a recruté un peu plus de 2.000 personnes dont 1.200 en France. En 2024, il table d’ores et déjà sur 1.900 recrutements. Et les candidats ne se bousculent pas au portillon et la concurrence est vive entre les entreprises de l’aéronautique, mais aussi entre les différentes filières industrielles. Actuellement, les besoins de Daher portent essentiellement sur les cols bleus. Le groupe a créé trois centres de formation spécialisés (logistique, industrie et services industriels) qui ont produit, en 2023, 10.000 heures de formation qualifiante pour les nouveaux entrants.

C’est dans ce contexte tendu, que Daher intensifie ses efforts de recherche tournés vers la transition énergétique de l’aviation. Il associé à une quinzaine de projets du CORAC (Conseil pour la recherche aéronautique civile) dont le plus emblématique est EcoPulse qui a débuté ses vols d’essai. Il est aussi, aux côtés d’Airbus et d’ArianeGroupe, partenaire du tour du monde en avion à hydrogène Climate Impulse de Bertrand Piccard. Horizon 2028.  

Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable est reconnue. Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

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