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Aéroports de Lyon se prépare pour accueillir l’A380
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Aéroports de Lyon lance un chantier pour rendre l’aéroport Lyon-Saint Exupéry accessible aux A380. Bien que le quadriréacteur d’Airbus, neuf comme d’occasion, peine à intéresser des compagnies et que les monocouloirs transatlantiques ouvrent de nouveaux segments de marché, à l’épreuve des faits, la décision de Vinci Airports apparaît néanmoins pragmatique.

13.12.2018

Le premier A380 à se poser avec des passagers à Lyon-Saint Exupéry sera peut-être un de ceux d'Emirates Airlines, à moins qu'il n'arrive de Chine… © Airbus

L’A380 n’a plus la côte, sauf à Lyon-Saint Exupéry où Aéroports de Lyon a décidé d’investir un à deux millions d’euros pour élargir ses voies de circulation et restructurer ses parkings avions au contact afin d’accueillir le super jumbo d’Airbus. Vinci Airports, gestionnaire de la plate-forme lyonnaise, pourrait presque donner l’impression d’aller à contre courant. L’A380 ne se vend plus, ni d’ailleurs ne se revend d’occasion.

L’A380 en perte de vitesse, oui mais…

Cela fait, en effet, longtemps maintenant qu’Airbus n’a pas célébré un nouveau contrat de vente. Du coup, la chaine d’assemblage final de Toulouse tourne au ralenti. Et pour rien arranger, dix ans seulement après leur entrée en service, les premiers A380 commencent à être démantelés faute de trouver des repreneurs. Même bradés, les A380 de second main sont trop chers à exploiter, d’autant que le cout de la transformation des cabines s’avère trop élevé. Le chantier est évalué à 20 M€ par avion par Air France qui a décidé de retirer deux A380 de sa flotte pour économiser ainsi 40 M€.

Dans ce contexte, les A380 sont logiquement appelés à se raréfier sur les aéroports et à se concentrer sur les plus grands hubs de la planète. Sauf que le plus important exploitant d’A380 au monde est Emirates Airlines avec 108 appareils en service et 54 supplémentaires en attente de livraison. Et que Emirates exploite également la ligne Lyon-Dubai qui est devenue quotidienne durant l’été 2018.

L’A380 d’Emirates dans le sillage de 777

Cette liaison en croissance est actuellement opérée avec un Boeing 777-200LR de 266 sièges et occasionnellement, lors de pics de trafic, avec un 777-300 de 364 sièges. Compte tenu du développement du trafic entre Lyon et Dubai, après le passage du vol en quotidien l’été 2018, l’étape suivante sera l’exploitation permanente du 777-300. Ensuite, il ne restera plus que l’A380. Aéroports de Lyon en est convaincu et estime que ce stade pourrait être atteint d’ici trois à cinq ans. Il s’agit de s’y préparer.

Pour l’heure, les travaux bénéficieront à l’ensemble du trafic de la plate-forme. Il sera toujours temps d’envisager l’installation de passerelles spéciales pour desservir le pont supérieur de l’A380. A Lyon, on fait remarquer que Nice accueille l’A380 d’Emirates avec un équipement standard.

Rien n’est jamais acquis en transport aérien

Mais ce scénario envisagé par Aéroports de Lyon pourrait aussi être remis en question par Turkish Airlines. Avec la mise en service du nouvel aéroport d’Istanbul d’une capacité à terme de 250 millions de passagers, l’ambitieuse compagnie nationale turque va disposer d’un outil remarquable pour concurrencer Emirates Airlines. Les deux transporteurs visent en effet le même marché des passagers en correspondance. Sur Lyon-Dubai, ils représentent trois quarts du trafic de la ligne.

Aéroports de Lyon regarde également du côté de l’Asie et en particulier de la Chine. Les négociations avec des compagnies chinoises sont bien avancées. Elles bloquent sur des droits de trafic. Certaines de ces compagnies exploitent des A380.

L’intérêt que porte actuellement les lyonnais à l’A380 ne les empêche pas, évidemment, de regarder aussi du côté des nouveaux monocouloirs transatlantiques. Si le 737MAX-8 ne peut pas être envisagé pour desservir la côte Est de l’Amérique du nord (USA et Canada) au départ de Lyon (contrairement à Bordeaux), en revanche, l’A321LR à l’autonomie suffisante. Sauf qu’il faudra être patient. Les livraisons d’A321LR viennent tout juste de commencer et pendant quelques temps encore, leur nombre sera restreint. Les compagnies n’auront que l’embarras du choix. La concurrence risque d’être vive entre les aéroports.

D’ici là, Lyon pourrait accueillir son premier A380, aux couleurs d’Emirates, mais aussi d’une compagnie charter, à moins que ce soit celui d’Ifly. L’A380 de l’opérateur portugais n’a-t-il pas suppléé les 787 d’Air Austral ces derniers mois ?

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

22 commentaires

  • Pilotaillon, Européen vigilant

    Je vais être une fois encore à contre courant..
    – L’A380 vole et reste exploité, il est ni mort ni vivant, c’est un outil pour répondre à un marché. Chaque occasion est donc bonne à prendre.
    – Le sujet de l’emploi n’est que partiellement induit des subventions d’état ou européennes pour de bonnes raisons.
    L’entreprise va se positionner (et donc maintenir / créer des postes pour occuper ses marchés) selon la ressource = disponibilité / prix local de la compétence et la confiance dans l’écosystème local (marché, réglementations, stabilité…) Indicateurs PESTEL.
    La « performance » du tissus actif local est en le pré-requis du développement et pas l’inverse.
    Lorsque vous voulez vous déplacer, vous choisissez en priorité une voiture fiable et une route carrossable, sinon vous n’arrivez pas à destination… ou vous avez un ami dépanneur !
    Les services interviennent (apportent du financement par des avances ou des subventions) quand il s’agit de relancer, moderniser ou contribuer à la prise de position stratégique par un acteur – ou un groupe d’acteur – économique, pour préserver ou développer l’économie du territoire.
    N’en déplaise aux adeptes du complot, ou les révoltés des ronds points : on ne « mange pas de la subvention » pour des futilités, l’Etat ou l’Europe n’engagent pas de fonds à l’aveugle, ayant à répondre du bon emploi des budgets devant les exécutifs et donc les électeurs.
    Tous les états du monde en jouent (règles de l’OMC), particulièrement ceux qui disposent de réserves.
    Après comme toutes règles, il y a des petits malins qui opèrent en borderline, ou qui installent des « rentes » à la faveur d’opportunités mais c’est un autre sujet.
    Au dernières nouvelles les faussaires ne sont pas la majorité et sont en danger objectif, face aux médias d’investigation ou des services de contrôle.

  • michael tolini

    Monsieur Roy, il ne faut pas confondre ctoissance de traffic et syphonnage, 75% du traffic concerne les preacheminements qui font tres mal aux compte d’exploitation des compagnies. Au fait savez vous combiem Emirates paie pour les redevances aeroportuaires a Dubai ? Sans compter le prix du gallon de Jet-A1 en passant par les charges sociales. A contrario, les low cost qui font du point a point, participent elles a une croisssance saine.

  • Jeff

    Si on s’en tient à la VAC, la piste d’Istres (longueur TODA) est 958 m plus longue que celle de Lyon. Mais cette dernière est déjà pas mal avec ses 4000m! Votre information avait quelle origine?
    Bons vols!

    • Fbs

      La carte VAC, mais la longueur de la piste seulement. De mémoire c’etait 3975 et 3980 mètres – comme ça fait un moment que je ne les ai pas consulté , ça peut avoir changé

      On est d’accord que 4km, même pour un A380, c’est confortable. Ça permet de se poser en surcharge et sans volets avec un moteur en carafe et des trous dans l’aile par exemple 🙂

  • HG

    Quand on pratique St Exupéry et que l’ont connaît et subit les embouteillages aux contrôles de police à St Ex. il va falloir bien regarder les horaires de ces vols en 380 pour ne pas prendre un vol qui part ou qui arrive en même temps.
    Déjà avec le 777 c’est pas jojo, alors…..

  • Mat

    Quel intérêt de dépenser de l’argent pour un avion qui n’a pas d’avenir?
    De plus pour relier Lyon à un hub supplémentaire d’une compagnie hautement subventionnée. Je rappelle que Lyon est déjà relié aux hub long courrier de paris, Frankfort, Londres, Madrid…etc… Encore des emplois européens qui vont disparaître.
    Mais c’est vrai que pour les barons locaux, l’a380, et Emirates, ça fait chique…

    • Jean-Mi

      Je pense que les responsables locaux de la gestion de l’aéroport de Lyon sont bien au parfum de tout cela. Si ils ont ce projet, c’est qu’il y a une demande et qu’elle est fondée. En l’occurrence, Emirate utilise Lyon avec des avions à grande capacité B777-300 et semble vouloir passer à la taille encore supérieure avec l’A380. C’est qu’ils ont de la demande pour ça !
      « Ces gens là » font du business, pas du copinage. Le copinage est parfois un outil permettant de faire du business, mais jamais une finalité en soi.
      Sinon, c’est plutôt une bonne nouvelle pour Lyon et l’A380, non ? Mais si vous préférez le complot… En pleine crise des gilets jaunes, ça serait particulièrement suicidaire pour ceux qui annoncent et veulent investir beaucoup d’euros pour équiper Lyon pour l’A380… Pas loin avant les prochaines élections ?

    • François+

      A380 avion sans avenir? Le 747 à eu un démarrage bien plus laborieux encore et il a performé pendant 40 ans.
      Emirates pose à Nice un A380 tous les jours, tout se passe bien et il faut souhaiter que Nantes, Bordeaux, puissent accueillir un jour des A380.
      On peut juste regretter que l’esprit de clocher parisien ait retardé l’arrivée de « gros bébé » en Province.

  • michael tolini

    Air France a du mal a remplir ses A380 au depart de CDG, on voit mal comment rentabiliser une liaison depuis un aeoport de province …

    • Momin

      L’a380 atterrit à Lyon depuis 2015.avec Emirates… Je l’ai pris au mois de mai…. Ce n’est donc pas un scoop…

      • Marc Volland

        Non,erreur !!! Les vols EMIRATES au départ de Lyon (Vol aller et vol retour, EK81 et EN 82) sont effectués en Boeing 777 ! A l’ouverture de la liaison, cette dernière était effectué en Airbus A340 !!!

      • Gil Roy
        Gil Roy

        Dans l’article, nous précisons qu’Emirates dessert Lyon en 777-200LR et si besoin avec un 777-300 qui offre près de 100 sièges de plus. Nous précisons aussi que trois quarts des passagers de la ligne sont en correspondance à Dubai et que parmi eux, il y a une part importante de voyageurs d’affaires. Autrement dit, cette ligne n’est pas supportée par d’hypothétiques subventions publiques mais bien par un trafic en croissance. D’où le pari A380 d’Aéroports de Lyon. Tout cela est expliqué dans l’article. Mais pour informé, il faut être abonné.

      • Fbs

        Ce qui n’est pas difficile quand on est équipé de la piste la plus longue de France, qui dépasse même de 5 petits mètres celle du CEV d’istres en longueur…

      • Omar

        L’A380 s’est posé une seule fois pour des tests à Lyon et c’était en 2012 l’Emirates vient tous les jours en 777.
        Jusqu’à maintenant il n’y a eu aucun A380 à Lyon.

      • Mat

        C’est bien ce que j’expliquais dans mon message précédent, Emirates et les autres compagnies du golf sont hautement subventionnée, 42 Milliards d’après les américains. Elles siphonnent les hubs européens avec la complicité de nos aéroports régionaux. Les barons locaux sont fier de recevoir des longs courriers sur leur terrain même si cela tue l’économie et les emplois des compagnies européennes.
        Ces passagers transitent par Dubai et ont pour destinations des villes desservies par toutes nos compagnies.
        Quel est l’intérêt pour Lyon d’etre relié à un hub supplémentaire ?
        Je remercie cet aéroport d’encourager la concurrence déloyale et de détruire nos emplois.

      • Sebastien

        Moi aussi, j’ai bien embarqué sur un A380 d’Emirates depuis Lyon en novembre 2017. N’en déplaise à ceux qui le conteste !

    • stopparis

      @Mat
      Pour le cas français en tout cas,les emplois européens dont vous parlez sont des emplois…parisiens!
      Si Air Paris,pardon,Air France, n’est pas « subventionnée »à proprement parler,elle est largement favorisée par un état qui centralise tout sur sa capitale au mépris des territoires et…de leurs emplois.
      Je veux pas être méchant,mais si Émirates ou n’importe quelle autre compagnie peut voler le marché à Air Paris en détruisant tout les emplois de cette capitale vampire,mais en participant au développement économique de ma ville/région j’en serai ravi.

      • Fbs

        Euh, c’est pas exactement des subventions mais si vous regardez combien ADP siphonne de pognon à Air France pour qu’ils puissent y poser leurs avions et les garer , et que vous comparez à ce que paye émirates a dubai pour la même chose, la différence est à peu près de l’ordre de grandeur des bénéfices d’emirates
        Mais personne pour se plaindre que ADP tue le pavillon français…du moins tant que l’etat en encaisse une grande partie (peut être que ça changera quand ce sera Vinci mais je crains que cela ne s’aggrave encore…)

      • Mat

        Avec des raisonnements comme le vôtre, effectivement, c’est pas gagné. Un A380 en exploitation doit faire perdre 200 à 250 salariés à Air Paris comme vous dites. Et son arrivée à Lyon A380 doit pouvoir créer, en étant optimiste 5 emplois pour le traitement à l’escale.
        C’est sûre l’avenir économique de la région lyonnaise sera sauvé….

      • Mat

        Il est vrai que la création de cinq emplois lyonnais pour accueillir l’A380 vont redresser l’économie locale.
        Surtout si on la compare à la perte de 250 à 300 emplois que génère l’exploitation d’un A380 chez « air Paris « 

      • stopparis

        @Mat
        Votre raisonnement émane d’une vision parisiano-centré de la situation.
        Pour preuve,vous parlez d’escale sur Lyon…
        Si les Lyonnais,les toulousains,les marseillais étaient reliés directement au reste du monde sans être obligé de passer par Paris,la répartition des emplois sur notre territoire serait bien plus équilibrée.
        Le problème du centralisme c’est qu’il est exponentiel.
        Par exemple,un lyonnais qui voyage à news York paie le même billet d’avion qu’un francilien mais doit payer en plus un billet de TGV.
        Au delà du fait qu’il paie plus cher,il participe aussi, contre sa volonté,à l’économie francilienne puisque la SNCF,qui réalise son CA sur l’ensemble du territoire,domicilie ses bénéfices en IDF.
        De fait,via les taxes pro et autres,elle finance le métro du grand paris express et bien d’autres équipements francilien alors qu’elle ne participe absolument pas au financement des metros lyonnais,toulousain,marseillais.Et ce n’est qu’une toute petite goutte d’eau dans l’océan du centralisme parisien.
        La centralisation est un monstre à deux têtes devenue ingérable et insoutenable pour notre pays.
        Alors oui,sans vouloir être méchant,si je pouvais choisir entre la création de seulement 5 ou 6 emplois sur Lyon contre la destruction de centaines,voir de milliers d’emplois sur Paris,je n’hésiterai pas une seule seconde.

    • François+

      Air France passe pour être une compagnie où le service est déplorable.
      J’ai visionné la cabine de première classe de l’A380 d’Air France sur le compte YouTube de Monsieur Sam Chui, le simple rideau qui sépare le client du couloir, même les Wagons Lits y ont renoncé depuis plus de 100 ans.
      Franchement ça donne de la France une image détestable de médiocrité.

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