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Accueil » Transport Aérien » Boost décollera avec des A321

Alors que le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) demeure opposé au projet de la création, par Air France, d’une filiale moyen/long-courrier à bas coût du groupe, la direction dévoile le déploiement de la flotte de Boost qui devrait atteindre à l’été 2021, 28 avions dont 10 A350

Dans un premier temps, Air France prévoit que Boost assurera ses liaisons long-courrier low cost avec quatre A340-300. © Air France

Pour mémoire, Boost est une nouvelle filiale à 100% qu’Air France entend lancer l’hiver prochain ; une nouvelle compagnie dans l’esprit low cost long-courrier, une formule qui a le vent en poupe en ce moment dans le transport aérien. Le modèle du genre est Norwegian qui depuis trois ans déploie ses 787 sur les Etats-Unis et l’Asie, au départ d’Europe.

Air France à la remorque

Lufthansa s’est positionnée sur ce segment de marché avec Eurowings en 2016. En juin 2017, Level, la low cost long-courrier du groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling…) démarrera ses activités depuis Barcelone avec des A330 (314 sièges). French Blue, la low cost du groupe Dubreuil (Air Caraïbes) doit mettre en service son premier A350-900 en juillet 2017. En résumé, pendant qu’Air France attend le bon vouloir du SNPL qui a jusqu’au 31 mai 2017 pour signer l’accord proposé par la direction au syndicat, les compagnies européennes se bousculent sur la ligne de départ.

Il n’est pas certain, qu’en l’occurrence, le retard au démarrage soit préjudiciable. Dans un premier temps, tout au moins, Air France ne va croiser le fer avec Norwegian, Eurowings, Level ou French Blue. Au début, Boost va se positionner sur le moyen-courrier, plus précisément sur des lignes actuellement déficitaires où la concurrence est exacerbée. Il s’agira notamment de liaisons avec des plates-formes de correspondances.

Des A340 en attendant les A350

Air France prévoit de démarrer les activités de Boost durant l’hiver 2017 avec 6 A321. Ce n’est que dans un deuxième temps, à l’été 2018, qu’elle va mettre en ligne trois ou quatre A340 pour contrattaquer les compagnies du Golfe. C’est la vocation principale du secteur long-courrier de Boost, soit 70% de son activité. Les 30% restants seront faits avec des ouvertures de lignes. C’est sans doute là, qu’Air France se retrouvera en face des low cost long-courriers de Lufthansa et British Airways, mais aussi en face de Norwegian qui ne cache pas ses grandes ambitions, notamment sur le marché français.

Les A340 ne sont pas les meilleurs outils pour baisser les coûts, sauf s’ils sont amortis, ce qui est le cas de ceux que Air France veut faire voler sous les couleurs de Boost en attendant l’arrivée des premiers A350 à l’hiver 2019.

Baisser les coûts de 15 à 18%

La montée en puissance de la flotte de Boost va se faire sur huit saisons IATA, pour passer de 6 A321 au programme Hiver 2017 à 12 A321, 6 A320 et 10 A350 à l’été 2021. Entre l’été 2018 et l’hiver 2020 (inclus), jusqu’à 4 A340 seront exploités. Les 3 premiers A350 arriveront dans la flotte pour l’hiver 2019. Les 10 seront opérationnels à l’été 2010. 28 avions dont 10 longs courriers, c’est ce qui a été négocié avec les syndicats.

La montée en puissance de la flotte de Boost. © Air France

Avec cette flotte, en renégociant la rémunération du personnel de cabine et la productivité des pilotes, avec un service à la carte, et en jouant sur d’autres leviers, Air France pense être en mesure d’avoir des coûts opérationnels de 15% inférieurs à ceux d’Air France sur le moyen courrier et 18% sur le long courrier.

Cet objectif est celui que la direction a présenté, il y a quelques jours, aux investisseurs. Le projet Boost a été rejeté par le Comité central d’entreprise le 10 mai. Le principal syndicat de pilotes de ligne qui est également opposé à jusqu’à la fin de mois pour faire part de sa décision.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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