Accueil » Bordeaux investit 140 M€ dans son aéroport

Bordeaux investit 140 M€ dans son aéroport

Bordeaux-Mérignac augmente sa capacité pour faire face à la croissance soutenue de son trafic passager qui devrait franchir la barre des 10 millions en 2023. Trois grands chantiers sont lancés.

9.04.2019

La création du troisième satellite pour le hall A, au droit de la tour de contrôle, va augmenter de 2,5 à 3 millions de passagers la capacité totale de l’aéroport. © Aéroport de Bordeaux.

3,3 millions de passagers en 2009, 6,8 l’an passé et 7,5 pour 2019 : en dix ans, le trafic de la plateforme bordelaise a fait plus que doubler et la courbe de croissance ne montre aucun signe de faiblesse. Les 10 millions de passagers devraient être atteints autour de 2023.

Bordeaux a su anticiper le phénomène low cost et l’arrivée du TGV

Bordeaux a le vent en poupe et multiplie les bons résultats : l’effet LGV, avec Paris à deux heures de TGV de la Gironde, est désormais absorbé et le point bas semble atteint. Le trafic national est reparti à la hausse en début d’année. Il n’en demeure pas moins que c’est bien le trafic international qui tire Bordeaux vers le haut avec un fort développement vers l’Europe de l’est et du nord. Les low cost jouent un rôle essentiel dans ce schéma, avec Easyjet, Ryanair et Voloteo qui renforcent constamment leur base bordelaise avec de nouveaux avions et de nouvelles destinations.

Bordeaux, l’aéroport aux trois bases low cost

Création d’un satellite international

Ce succès se traduit par un enjeu capacitaire qui est aujourd’hui la première préoccupation du gestionnaire de l’aéroport. « Il nous manque aujourd’hui des espaces d’attente et des salles d’embarquement » reconnaît Pascal Personne, le directeur de la plateforme. Trois grands chantiers majeurs vont donc déboucher sur la création de plusieurs milliers de mètres carrés de surface dans les années à venir.

L’aéroport Bordeaux-Mérignac en 2023. © ABM

Avec en premier lieu la création d’un satellite 3 consacré aux vols internationaux et rattaché au hall A. La construction débutera dans les jours à venir et le bâtiment sera livré à l’été 2020. Ce nouveau satellite offrira quatre espaces d’embarquement, des commerces et quatre postes avions, le tout offrant une capacité annuelle de 2,5 à 3 millions de passagers.

Agrandissement de Billi

Deuxième chantier à venir, l’agrandissement du terminal Billi entièrement consacré aux compagnies à bas coût. Billi voit aujourd’hui passer 55% du trafic de l’aéroport et, surtout, il représente 80% de sa croissance ! En portant sa capacité à 6 millions de passagers, Bordeaux va donc s’offrir une locomotive encore plus puissante pour prolonger sa croissance !

Easyjet implante une base à Bordeaux

Ryanair et Bordeaux, un prometteur mariage de raison…

Le nouveau Billi sera achevé en 2021, avec des espaces intérieurs entièrement réaménagés, l’automatisation de la dépose et de la livraison des bagages et surtout le passage de quatre à dix postes avions. La création de ces postes se fera en direction de la piste secondaire 11/29 et en déplaçant une partie de l’activité fret.

Après 2023, Bordeaux pourra s’attaquer au volet aéronautique de son activité, avec par exemple la création de voies de dégagement rapides pour augmenter la capacité de ses pistes. L’heure n’est pas toutefois à la création d’un doublet de piste, même si le foncier le permettrait… © Frédéric Lert/Aerobuzz.fr

Jonction entre les halls A et B

Dernier chantier d’envergure, la création du terminal de jonction des halls A et B qui accueillera la totalité des postes d’inspection filtrage des deux halls ainsi qu’une zone commerciale de 4.600m2. Le début des travaux se fera en 2021, avec une livraison prévue à l’été 2023.

Air Canada sur Bordeaux-Montréal en 737 MAX8

Au delà des seuls terminaux, l’aéroport va également s’engager très rapidement dans une refonte complète de ses parkings et de ses voies d’accès en prévision de l’arrivée du tramway au pied de l’actuel hall B en 2022. L’enveloppe globale de tous les investissements cités est de 140 millions d’Euros, avec un autofinancement de la société aéroportuaire supérieur à 50%. « Nous sommes très peu endettés et nous n’avons pas eu de problème pour emprunter et boucler le budget » souligne Pascal Personne, qui peut également se prévaloir du quitus donné sur sa gestion par les trois actionnaires de l’aéroport : l’état à 60%, la CCI de Bordeaux à 25% et les collectivités locales pour les derniers 15%.

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.