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Electronics Ban : l’angoisse monte dans les aéroports européens

L’administration Trump semble prête à étendre à l’ensemble de l’Europe, l’interdiction des tablettes et ordinateurs portables à bord des avions à destination des USA. La Commission européenne tente d’attirer l’attention de la Sécurité intérieure américaine sur les conséquences d’une telle mesure. Pour l’Europe il s’agit d’éviter le pire.

17.05.2017

Sur les vols entre l'Europe et les USA, 60 à 90% des passagers voyagent avec une tablette ou un ordinateur portable. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

L’ACI Europe qui regroupe les aéroports européens est convaincu que si l’« Electronics Ban » est étendu à tous les pays européens, les conséquences seront catastrophiques pour le transport aérien dans son ensemble, et pour l’économie européenne également. Les compagnies et les aéroports ne sont pas organisés pour confisquer les appareils électroniques aux passagers à l’embarquement, à les transporter jusqu’à destination, et à les restituer à l’arrivée. 59 aéroports européens sont potentiellement concernés et 3.684 vols par semaine.

60 à 90% des passagers voyagent avec des équipements électroniques.

Pour les cinq plus grands aéroports les conséquences pourraient être désastreuses. Londres-Heathrow traite 761 vols à destination des USA par semaine, Paris-CDG 353, Francfort 291, Amsterdam-Schiphol 242 et Dublin 179. 60 à 90% des passagers voyagent avec des équipements électroniques.

Compte tenu de ces volumes, les mesures d’interdiction que semble vouloir imposer unilatéralement les États-Unis aux aéroports européens entraîneraient des perturbations importantes, avec des implications sur divers aspects des opérations aéroportuaires et aériennes, notamment au niveau du contrôle à l’embarquement et le transport des ordinateurs confisqués, à bord de l’avion.

Retards et annulations en vue

Cela nécessiterait le déploiement d’un très grand nombre de personnel de sécurité supplémentaire, affirme l’ACI Europe. Le personnel approprié n’est pas facilement disponible et devrait être formé, souligne le groupement des aéroports européens. En outre, comme pour toute personne travaillant dans la zone restreinte d’un aéroport européen, le nouveau personnel devrait d’abord obtenir une autorisation de sécurité des autorités nationales compétentes, un processus qui prend habituellement plusieurs semaines.

Les aéroports européens estiment également qu’il leur faudrait reconsidérer leur système d’attribution de portes d’embarquement de manière à regrouper les vols à destination des États-Unis. L’allongement des temps de traitement d’embarquement aurait des répercussions sur l’ensemble des vols. Les compagnies du Golfe qui ont été les premières visées par l’Electronics Ban ont été contraintes de délester leurs programmes de vols à destination des USA.

L’ACI Europe prévoit des annulations et des retards en cascade. D’autres mesures moins radicales et sans doute tout aussi efficaces pourraient être envisagées. L’ACI Europe propose un échange accru d’informations. Compagnies aériennes et aéroports redoutent un été cauchemardesque…

Aerobuzz.fr

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

12 commentaires

  • Gérard GELAY

    Il n’y a que les neutrons a être arrêtés et donc détecter les atomes légers qui constituent les explosifs.
    Il faut d’onc adjoindre dans les machines, des neutrons aux rayons X qui détectent les atomes lourds.
    Il n’est pas nécessaire que Colomb fasse de nouveau le kéké, réponde et dévoile un secret défense !!

  • patex

    Si les responsables de l’UE étaient autre chose que des marionettes incapables de monter au créneau pour défendre notre bifteck, il y a longtemps que les Etats-Unis auraient renoncé à un tel projet.
    L’UE détient un pouvoir de négociation colossal face aux Etats-Unis et l’ignore sciemment. On trahit nos intérêts.

  • Porco Rosso

    Une solution: ne plus y aller.., le Monde ne se reduit pas a Gringoland.
    C est ce que je fais depuis 15 ans..

  • G LESCALUP

    On peut vivre une journée, une semaine, un mois sans portable ou tablette.
    Trouver des problèmes là où il n’y en a pas.

    • Moipascomprendre

      La majeure partie des voyages Europe-USA se fait pour des raisons professionnelles.
      Allez donc expliquer à un cadre sup’ ou un patron qu’il va se passer de son ordi dans ce contexte ne serait-ce qu’une seule journée !
      Excusez-moi de vous reveiller pendant la sièste mais on est au 21ème siècle…

      • G LESCALUP

        Votre cadre sup, frimeur, emporte une clé USB avec lui. Autre solution, il a même mis ses précieuses données sans lesquelles il ne peut vivre sur le cloud.
        On est au 21ème siècle et on peut avoir les pieds sur terre.
        Et sans son téléphone portable fonctionnant sur les fréquences des fours micro ondes,, cela lui évitera de se griller une artère cérébrale ou cela retardera l’échéance. Comme il sera jeté à cinquante ans, cela lui augmente ses chances de survie. Mdr….

      • Julien

        Le cloud ? Accessible en vol ? C’est discutable (tributaire d’une connexion internet, pas toujours disponible, et avec un débit souvent insuffisant dès qu’on sort des documents bureautiques).

        Une clé USB ? Ben désolé, mais perso je ne mets aucune donnée (qu’elle soit professionnelle ou personnelle) sur un ordinateur que je ne connais pas, dont je ne sais pas si un malware n’a pas été implanté, dont je ne sais pas si il sera nettoyé ensuite, etc …
        Pour des films téléchargés, oui pourquoi pas. Pour le reste, on certainement pas.

        Enfin, bon nombre de sociétés utilisent des logiciels propriétaires, ou au moins « non standard ».
        Quid de l’utilisation d’un logiciel de type ERP ? ou d’outils de développement ou de conception ?

        Et ce n’est pas de la parano. Regardez par exemple WannaCry ces derniers jours

        Enfin bon, c’est plus très aéro là.
        N’empêche que si ils mettent en place l’Electronic Ban, ça va devenir très compliqué pour tous.

        Et un vol de 8h ou 11h sans électronique pour s’occuper (parce que le catalogue des IFE est pas toujours génial, et que parfois les IFE tombent en panne aussi) … perso je suis pas partant

      • fildru

        Et pourquoi pas la tablette a dynamo , a pédales ou a levier comme une pompe Jappy ? Dans un compartiment Classe en avion , ou comme a la gare du nord …!
        On arrêté la sieste !

  • nono le mecano

    bonjour.
    une doctrine a appliquer s’ appelle Reciprocite
    les USA ont le beau role, sachant que l’Europe est un gros ventre mou sans courage.
    avant que cette reglementation rentre en vigueur, il faudrait que l’ Europe-UNIE soit ferme, et impose la reciprocite aux US….est ce possible?

    • Porco Rosso

      Mon bon Nono, oui on devrait faire pareil, pour tout, les produits culturels, alimentaires, technologiques ect ect Mais ce n est malheusement pas le cas, vu que nos dirigeants sont mis en place par cette meme Police de l Univers..

  • Robert Demougeot.

    Gil, j’apprécie AEROBUZZ depuis assez longtemps. C’est une formidable source d’information pour les amateurs et les professionnels.
    J’ai fais ta connaissance alors que j’étais lyonnais et que je volais en aéro-club sur Bron. J’étais alors président ANORAA et refondateur URAA.
    Bien cordialement.
    Robert Demougeot.

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