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Faut-il vraiment interdire les vols domestiques en France ?

Au rythme où la cote d’impopularité du transport aérien s’envole, la filière aéronautique risque rapidement de manquer d’arguments face à ceux qui militent pour la taxation du kérosène et la fermeture de lignes domestiques, et tous ceux qui rejettent avec plus ou moins de radicalité l'avion.

7.06.2019

A ce prix, on se demande encore pourquoi des gens choisissent d'aller à pied à Saint-Jacques-de-Compostelle, plutôt qu'en avion. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Il y a peu de probabilité pour que la proposition de loi visant à interdire 70 lignes domestiques en France aboutisse. L’idée a néanmoins été lancée sur la place publique et elle va faire son chemin dans les esprits. Comme est en train de le faire, le principe d’une taxation du kérosène.

Prise à l’échelle de la France, pas plus l’une que l’autre n’a de sens, sauf à mettre en péril le pavillon français déjà bien fragilisé. Mais face à la prise de conscience grandissante de l’urgence climatique, le transport aérien risque de devenir une victime expiatoire facile, d’autant que dans l’emballement médiatique, les arguments des professionnels sont inaudibles. La promesse de réduire de 50% les émissions de CO2 du transport aérien d’ici à 2050 est à double tranchant quand pour beaucoup il est déjà trop tard pour inverser le mouvement. Pour les collégiens et les lycéens engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique, 2050 est une non réponse à leur demande d’action immédiate.

Ils ne sont pas les seuls à rejeter l’avion comme moyen de transport. Un collectif de scientifiques prône une recherche d’alternative aux colloques et séminaires internationaux générateurs de voyages aériens. Ce n’est là qu’un exemple de l’évolution des mentalités qui est en train de s’opérer, au niveau collectif, comme au niveau individuel. Il s’agit d’un véritable mouvement de fond dont il est aussi difficile de cerner les contours que de prévoir les conséquences qu’il pourrait avoir, à terme, sur la croissance du transport aérien.

Combien de temps encore, les prix d’appel des low cost vont-ils tirer, de façon artificielle, la croissance du trafic ? Le temps peut-être de retrouver le sens du voyage… 35 euros pour se rendre, en un peu plus d’une heure, à Saint-Jacques-de-Compostelle, avec Vueling, c’est une affaire ! Dans ces conditions, pourquoi y aller en marchant ?

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

36 commentaires

  • fildru

    Donc innovons , sur trajets océaniques des voiliers hydrofoils, ecoppant et en moulinette électrolyse , produisant donc O2 et H2 , auraient le 1/3 du voyage marin , le 2 eme aérien grâce à cet autofuel propre , et le 3eme planant à destination , nickel mr Hulo !
    En terrestre , évitons les caténaires baladeur dans les coups de vent , il y a mieux avec les spires sans contact ! Je me souviens des tramways à perche ou le wattman faisait le tour avec son écoute , non pas de voile , dans les aiguillages je crois …!

  • Vladimir_K

    Je vais ressortir mon marronnier sur l’hydrogène, que j’ai déjà sorti plusieurs fois en commentaires de ces colonnes… désolé pour ceux qui l’ont déjà vu.

    En 1988 Tupolev a testé une version du TU-154, le TU-155 équipé d’un moteur à hydrogène (et deux conventionnels) et cela a fonctionné. Ils ont dû arrêter les essais faute de moyen et de disparition du pays.

    Je sais que l’hydrogène coûte cher (pour le moment) à produire, mais cela reste une alternative intéressante et que l’on sait fonctionnelle. Cela peut même être une technologie de transition (un moteur et/ou APU hydro, + deux moteurs kero) pour roder le concept.

    Pour ce qui est des lignes intérieures, pourquoi ne pas remettre les dirigeables à la mode ?

    • MP

      Petit rappel au sujet des concepts :
      _ un aerostat avec aéro pour air et stat pour statique est un véhicule aérien qui permet de s’élever dans l’air suivant le principe d’Archimede en bref c’est un ballon…Le problème ainsi résolu c’est d’avoir compris comment lutter contre la pesanteur, de fait on laisse la chose errer au gré du vent !
      _ un aerodyne avec aéro pour air et dyne pour dynamique est un véhicule aérien qui permet de s’élever dans l’air suivant les lois édictées par Bernouilli en bref c’est un avion…Le problème ainsi résolu c’est d’avoir compris comment utiliser pour partie la résistance de l’air pour décoller du sol et se maintenir en altitude et d’avoir à vaincre pour partie la résistance de l’air au mouvement tout en ayant compris qu’avec une hélice ou voilure tournante on utilise à nouveau les lois de Bernouilli…Bref de bref, on lutte contre des forces naturelles mais contraires et de fait on utilise de l’énergie pour créer des forces motrices…Le problème qui se pose pour concevoir un véhicule aérien ou terrestre ou marin est uniquement celui de l’énergie ! L’avantage démontré est qu’une énergie stockable donc fossile par « essence » à toujours convenu…On n’entrevoit pas trop comment un vehicule aérien dont les critères de masse embarquée sont les seuls pertinents peut du jour au lendemain à l’instigation des kmers verts et de leurs discussion de comptoir passer de l’énergie fossile à l’énergie renouvelable…Avant d’interdire, le péché originel des conservateurs de tout poil, il faut réfléchir pour innover et croire au progrès c’est à dire considérer que l’Homme est intelligent et PEUT FAIRE !

  • TGVF

    En tant qu’ex-aérodynamicien d’Airbus, j’apprécie le débat technique mais… les questions soulevées par Gil Roy sont d’ordre psycho-socio-écolonomique, autrement dit politique, ce qui n’a pas grand-chose à voir.
    Taxation du kérosène: c’est juste une question de concurrence équitable avec les transports terrestres… Quelqu’un peut-il avancer une bonne raison pour exempter les transports aérien et maritime d’une taxation carburant qui s’applique aux transports terrestres? Que cette exemption soit consentie ailleurs que chez nous n’est qu’un bien mauvais prétexte.
    Clairement l’avantage vitesse de l’avion n’a de sens que sur de moyennes et longues distances, ou bien lorsque les transports de surface sont inefficaces et dans ces conditions, l’émission de CO2 par km*pax d’un liner est acceptable sous réserve d’éviter les vols de 12000 km sans escale (on y brûle du carburant pour transporter surtout du carburant et peu de pax!).
    Pas besoin d’interdire les vols domestiques, taxer le carburant doit suffire à mettre un peu de bon sens dans les tarifs low-cost. Les vols très courts courriers, aberrants économiquement et écologiquement, disparaitront alors d’eux-mêmes. D’ailleurs ceux qui veulent s’offrir des frissons sur la route avec une voiture de plus de 500 ch en incommodant leur voisinage et nous gavant de CO2 doivent en payer le prix. De même, ceux qui veulent à tout prix bronzer le week-end à Tenerife ne doivent pas s’attendre à ce que les Gilets Jaunes leur paient le voyage avec la surtaxe sur leur Diesel auto…

  • Gypaète barbu

    Bonjour,
    Il me semble que depuis un certain temps les mesures constructeurs auto des conso et émissions font l’objet de débats pour essayer d’avoir des choses plus conformes à un usage routier en conditions réelles. Est-ce que quelqu’un sait si on a le même débat concernant les avions de ligne ?
    Merci pour vos réponses.

  • Patrick leroux

    C’est une idée aussi stupide que celle des 35 heures, il n’y a que la gauche pour avoir de telles idées…
    Pensez-donc, il faudrait que les cheminots travaillent beaucoup plus que les 30(? ) heures qu’ils font actuellement et les trains n’arrivent toujours pas tous à l’heure.
    D’ailleurs, d’après la SNCF, un train est à l’heure quand il a moins de 5 minutes de
    retard !!!
    Ce qui est curieux, c’est qu’on ne parle pas du prix des trajets en train…
    A titre de comparaison, 2 fois par semaine, il y a un vol de Tours à Marseille pour 45€ et une durée de 1h30.
    Le train le moins cher coûte 80 € ( tarif PREMS) et met 7 heures.
    A vous de comparer.

    • Bon Vol 87

      Bonsoir Patrick.
      Il me semble que vous devriez essayer de suivre des cheminots au travail, de nuit, de jour, par tous les temps…avec votre chronomètre. Il risque d’afficher plus de 30 heures.
      Et il est bien dommage que les gens délaissent autant le train pour l’individualise routier, tellement plus dangereux et polluant. L’avion pollue, bien sur, mais quid de 50 ou 60 véhicules avec une personne à bord sur un même trajet…
      Au fait, je ne suis pas cheminot.
      Bonne soirée

  • Zouzou

    On pourrait commencer par réduire drastiquement le recours aux avions de l’ETEC; escadron de transport, d’entraînement et de calibration 00.065 (ETEC 65). Ex GLAM.

  • HG

    Si l’on supprime les lignes radiales vers Paris telles que Lyon/Strasbourg/Bordeaux, Marseille…… et j’en passe, que feront les voyageurs internationaux qui transitaient ( encore!!) par paris CDG?
    Ils feront, comme nombre le font déjà depuis longtemps, des transits via Francfort, Munich, Zurich, Madrid ou Amsterdam……. ou il ya d’ailleurs plus de choix de correspondances aussi bien sur l’Europe que sur le long courrier.
    Qui payera la casse? C’est Air France et son hub de CDG tout simplement. Merci Mr Ruffin, Mme Batho et autres stratèges en économie.

    • bdd13
      bdd13

      Je crois que la question dépasse le sens commercial. C’est un sujet de profonde mutation sociologique.
      Il faut se poser ce genre de question, surtout si on réfléchit à long terme, ce qui n’est évidemment pas le cas de tout le monde….
      L’avenir de l’humanité passe nécessairement par une réflexion où le court termiste et la cupidité sont bannis.
      A nous de trouver le bon chemin….
      Il s’agit ni plus ni moins que la fin du monde…. Enfin, de notre monde.

  • bdd13
    bdd13

    Je suis très agréablement surpris par la qualité des commentaires pour un article qui a mobilisé le brain-storming sur un sujet… brûlant.
    Preuve que les consciences se réveillent, car de tels discours il y a quelques années (ou quelques mois certainement) auraient plutôt tourné en faveur de moqueries envers nos problèmes environnementaux.
    Ce qu’il y a de certain, vu de loin, et bien au-delà des problèmes physiques de l’aérodynamisme, c’est que payer 30€ pour faire un trajet de plusieurs milliers de km en très peu de temps est aujourd’hui une aberration, en poussant les gens à voyager la plupart du temps inutilement (se poser sur une plage pour bronzer aux UV ?), tout cela pour satisfaire la soif entrepreneuriale débridée… et libérée (libérale ?), qui n’a que faire d’une conscience globalement Terrienne.
    La grande question est bien, dans un monde libéral (donc hostile à tout système grégaire), comment redonner une responsabilité collective, alors même que les problèmes physiques sont d’une telle complexité et d’une telle interaction, que la parole juste, permettant de prendre les bonnes décisions, est difficilement identifiable.

  • François + Azub Tricon

    Le vélo couché et rien d’autre!

    Vive Mao et longue vie à Xi Jinping!

    • MP

      Longue vie, ou pas…Longue marche ou pas…monsieur Xi a mobilisé son bon peuple pour la domination du monde dans 30 ans…2049, 1949 = un siècle de pouvoir « populaire  » ! Ceux qui n’ont pas compris que ce sont déjà les chinois qui commandent ce monde ont juste ce délai de 30 ans pour se bouger avec leurs grands principes écologistes…Il n’y a qu’à aller en Islande, en canoé ou planche à voile, pour se rendre compte qu’ils ne vont pas ergoter pour s’éclater à leur tour dans les voyages autour du monde…Que ceux qui n’en sont pas convaincus aillent seulement faire un tour à pied dans Colmar !

  • MP

    2,9 litres de kérosène aux 100 km par passager pour voyager en Airbus 350…
    7 litres d’E10 aux 100 km pour voyager en Peugeot 3008 : avec 3 passagers, le critère pertinent justifie de choisir la voiture…Problème auquel n’a pas pensé Ruffin pseudo cinéaste de la LFI, qui remplit sa 3008 avec 3 passagers ?

    • Tonton Volant

      Ouh ! Le pauvre Ruffin, qu’est-ce qu’il prend ! On se demande ce qu’il vient faire ici, sauf à cause d’une ire personnelle et « politique ».
      Pour info, passée sous silence, le sus-nommé est — d’abord — journaliste, fondateur et rédacteur en chef de « Fakir ». Pseudo-cinéaste ? A quand même reçu un très grand succès.
      Bon, je dis ça, … Ce n’est pas ici le lieu en pour parler.
      Comment est-il possible que le Marquis de Carabas n’existe pas, vu que le Chat Botté dit qu’il est à son service ?

      • Mp

        Tenez vous au courant sur le motif de l’article ! RUFFIN l’insoumis veut soumettre les autres (environ 7 milliards !)…C’EST LE COMPLEXE DE LA GRENOUILLE…

    • BeeGee

      On ne peut comparer le transport individuel au transport de masse, la comparaison doit être faite avec le transport ferroviaire où là il n’y a pas photo.
      Supprimer la concurrence inutile serait un début d’intelligence collective

      Notre monde à croissance sans fin n’est pas soutenable, on ne pourra pas continuer à doubler le trafic aérien tous les 15 ans, il faut bien en être conscient.

      • stanloc

        Le transport ferroviaire aujourd’hui n’est absolument pas plus vertueux que le transport aérien. Evidemment il faut comparer tous les transports dans leur globalité. Pour le TGV il faut considérer l’immense gêne sonore pour les riverains des voies express. Il faut prendre en compte l’impact écologique de ces immenses saignées dans la nature et cerise sur le gâteau, le coût astronomique de la construction des voies dédiées pour SEULEMENT gagner un peu de temps de parcours, que l’on perd largement avant et après le trajet en TGV. D’ailleurs si on considère les déplacements seulement à raison touristique, on est obligé de constater que le tourisme de masse est une calamité. Si vous n’êtes pas convaincus allez interroger les vénitiens, les responsables des visites touristiques à Notre Dame de Paris avant l’incendie et autres hauts-lieux touristiques. Aujourd’hui en réunion de famille ou d’amis, ceux qui font la conversation et que tout le monde envie sont ceux qui annoncent qu’ils viennent de faire « un voyage fabuleux » qu’ils disent !!!!!

      • Raoul Volfoni

        Oui la croissance sans fin n’est pas tenable, mais même en supprimant tous les vols intérieurs Français le traffic aérien mondial doublera tous les 15 ans. l’Inde et la Chine (pour ne citer qu’eux) représentent une population 40 fois supérieure a la France, leur niveau de vie augmente chaque année, dans ces deux pays le nombre de gens qui aspirent a prendre l’avion ou tout au moins a passer du vélo à la voiture se compte en milliards. Transformer nos aéroports régionaux en déserts n’apportera rien, à part appauvrir notre économie. Les solutions sont ailleurs, à commencer par limiter la croissance de la population mondiale, sujet qu’aucun homme politique ni aucun « expert » n’osera mettre en avant car trop explosif, c’est bien plus facile de taper/taxer sur les avions pour qu’on leur tende un micro….

  • Alex MOUTET

    Sans parler de pollution potentielle ou non, avec vous déjà fait des trajets courts avec les deux modes de transport les plus rapides, le train et l’avion ? Prenons un Lyon Marseille (parce que je le connais) en train on arrive 10 mn avant le départ du train, aucune formalité ou presque, on s’installe a sa place réservée et 1h 40 plus tard on est au centre ville de Marseille. Moins de 2h de trajet total. Je quitte le centre de Lyon pour Saint Exupery 25 mn en navette j’arrive une heure avant le départ pour enregistrer mon billet et passer le contrôle et la fouille, une heure de vol pour Marignane 30 mn pour récupérer sa valise si elle ne rentrait pas en cabine et 25 mn pour rejoindre le centre de marseille en navette si l’autoroute est vide. Total plus de 3 h de trajet ……. je me demande vraiment pourquoi il existe encore des passagers sur cette ligne, a moins qu’ils ne voient ça comme une 1ere classe prémium ++ (au rabais vu le peu de service disponible en vol)

    • stanloc

      Je vais aller dans le même sens que vous. Pour le WE de Pâques, m’étant pris trop tard il n’y avait plus de place dans les trains sur Paris-Nantes. J’optai pour l »avion. Comme le prix du parking à Orly est dissuasif, nous avons pris la voiture pour faire 10 km pour prendre le RER puis deux bus et un tramway. Devant les incertitudes des correspondances, nous avons pris large et nous avons quitté notre domicile à 8 : 30 et nous sommes entrés à l’hotel à Nantes centre ville à 16 heures. En voiture en respectant les limitations nous aurions mis 3 : 15 heures porte à porte. Là ce qui refroidit c’est le prix des péages.
      J’ai « adoré » le moment délicieux où on tient son pantalon d’une main et que de l’autre on s’évertue de faire avancer ses paniers tout en surveillant qu’on ne vous vole pas votre portable et/ou votre pochette avec tous vos documents et cartes de paiement.

  • PM

    Bonjour,
    Quelques recherches internet permettent de rapidement trouver que le dernier Airbus, le 350 consomme 2,9 litres de kérosène par passager aux 100 km…critère pertinent de comparaison….
    Ma nouvelle Peugeot 3008 1,2 l 130 CV avec 3 cylindres essence E10 consomme plus près des 7 litres aux 100 que des 5 litres aux 100 de mon ancienne Honda Accord iCTDI 2,2 l 130 CV avec 4 cylindres diesel…d’où l’erreur…
    Le problème est simple : tout transporteur aéro sait remplir son A350 de passagers pour être au ratio du calcul économique théorique de 2,9 l, moi je ne sais pas remplir ma 3008 avec plus de 2 passagers ! Ruffin de LFI est un cinéaste, bref ce député est sur un scénario de fiction…on n’est pas obligé d’aimer ce genre de ciné, ni celui de Ruffin…

  • stanloc

    @HZ et @FBS; vos efforts sont méritoires pour essayer de nous expliquer devant quels compromis sont placés les aérodynamiciens qui doivent concevoir un avion, MAIS vous ne pourrez pas nous démontrer que pour un avion tout comme pour votre voiture, lorsque vous êtes en régime établi en conditions assez stables, si vous voulez augmenter votre vitesse, que la chose la plus évidente à faire c’est de pousser la manette des gaz et à l’inverse si vous voulez ralentir il faut réduire les gaz. CQFD
    @FBS, vous êtes fort en physique mais peu perspicace car mon billet se voulait être ce que l’on appelle une démonstration par l’absurde ou autrement dit de l’humour au second degré.

    • Fbs

      CQFD rien du tout parce que vous manquez clairement d’imagination et que vous êtes incapables de sortir du cadre applicable aux véhicules terrestres (le soi disant vertueux train y compris). Pour consommer moins, on peut aussi réduire les frottements : monter plus haut en altitude. Voire sortir carrément de l’atmosphère…ou, faire circuler les trains dans des tubes à vide (idée d’hyperloop d’Elon Musk).
      Assener doctement comme vous le faites que la solution pour sauver notre planète est de revenir à l’age de pierre (et encore même le feu de bois pollue et pose des problèmes de renouvellement de la ressource), n’est pas mon modèle et est une insulte à l’intelligence humaine – meme si je vous accorde volontiers que ce n’est pas ce qui est le mieux partagé.
      La dépense d’energie n’est pas un mal en soi. Ce qu’il faut corriger, c’est d’être massivement basé sur du non renouvelable. Et faire la transition vers du renouvelable. On peut produire du carburant de synthèse à partir du CO2 atmosphérique et d’électricité renouvelable (c’est du reste une excellente option de stockage). A partir de là, où est le problème ?

  • Hotel Zoulou

    @Fbs
    C’est sympa de donner des leçons de physique à ceux qui en connaissent moins que vous, mais il faut vérifier que vous ne dites rien d’inexact.
    Ainsi, c’est vrai que l’énergie de sustentation sur un trajet donné diminue quand la vitesse augmente, mais ce n’est pas au carré de la vitesse, ce n’est que proportionnel. Mais surtout pour un avion de ligne c’est négligeable devant la traînée : un liner moyen vole avec une finesse de 20 (traînée totale = 5% du poids de l’avion) et son aile a une finesse formidable, proche de 100 (traînée de sustentation = 1% du poids de l’avion). Donc 80 % de l’énergie est dépensée pour la traînée visqueuse (sensiblement comme un TGV, dont les roues dépensent aussi environ 1% du poids en « traînée de roulement »).
    Donc l’énergie dépensée est bel et bien croissante avec la vitesse, et fortement – presque le carré de la vitesse, si on reste à altitude et finesse données.
    C’est vrai qu’il faut aller plus vite pour pouvoir monter plus haut, et que du coup, grâce au gain de résistance de l’air, la vitesse n’est pas si coûteuse en énergie. Les avions de lignes modernes volent vers Mach 0,8 à 10.000 ou 11.000 m, car avec les technologies d’hypersustentation modernes, cela correspond à la finesse max de l’aile lisse , en restant juste en dessous du mur du son – aussi appelé Mach de Divergence de Traînée, ce qui en dit long. C’est le fameux « coffin corner », entre décrochage et mur du son, célèbre depuis l’accident Rio-Paris.
    Je ne suis peut être pas très clair, mais c’est une science du compromis très complexe, qui mobilise de brillants ingénieurs depuis des décennies pour économiser toujours plus : on ne peut pas tout comprendre en une phrase…
    Quant à votre affirmation que le rendement d’un propulseur augmente avec la vitesse, elle est surtout vraie pour les vieux réacteurs qui ont un très mauvais rendement à basse vitesse, ceux à faible taux de dilution. Elle est fausse pour les réacteurs modernes à très fort taux de dilution, et encore plus fausse pour les hélices.

    En conclusion sans polémique, il semble bien que si on n’était pas si pressés, tous les avions seraient à hélice, iraient moins vite et consommeraient beaucoup moins au kilomètre, notamment en court et moyen courrier.
    On verra bien quand le carburant sera vraiment très rare, donc très cher, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui quoi qu’on en dise.

    • Fbs

      Il va falloir réviser votre meca vol. C’est bien l’inverse du carré de la vitesse pour la traînée induite

      Et si sur un petit avion on vole a une vitesse nettement supérieure à la vitesse de finesse Max (qui est celle où la traînée de profil et la traînée induite sont égales), les liners en croisière sont au contraire très proche de cette vitesse optimum.

      Vous avez raison sur un point : on peut aller moins vite et moins cher avec des hélices (turbopropulseurs). Du moins si on reste dans des schémas classiques. Mais il parait que le grand public n’aime pas les hélices. Ceci dit, si Airbus avait les cojones de faire un biturbiprop de 150 places avec deux turbines d’a400m, je suis sûr que rien-air se jetterai dessus pour faire du low cost encore plus loin cost, et sur du court courrier, 15mn de vol en plus c’est négligeable par rapport au temps perdu avec les contrôles de sécurité – mais si le prix du pétrole s’enflamme un peu, ils y viendront probablement

      En fait, le principal problème, c’est que le pétrole n’est pas assez cher et que c’est bien plus simple d’en bruler à gogo que de se casser la tête

  • Emmanuel

    Question aux experts fiscalistes lecteurs de cet article : par rapport à la taxation du carburant, l’aérien n’est-il pas à la même enseigne que toutes les professions qui en consomment? Les transporteurs routiers, les pêcheurs, le transport maritime ne sont ils pas eux aussi exonérés de ticpe?

    Car le kérosène pour les particuliers (enfin les rares qui ont un jet ou un turboprop) est bien soumis à la ticpe (de même que la 100LL en aéroclub)…

    Si c’était bien le cas, je serais curieux d’avoir un ordre de grandeur du carburant consommé par le transport routier et le comparer à celui du transport aérien…

  • Cyril Lambiel

    @FBS
    Tout fait d’accord avec vous quant à la justification physique du problème évoqué.

    Le souci réside dans un manque général de connaissances en physique, ce qui « libère » la plupart d’entre-nous de problèmes de conscience en matière de consommation énergétique globale, que cela soit en avion, train, voiture, ou pire véhicule électrique ayant la cote des bien-pensants à divers niveaux.

    Davantage de culture sur la consommation énergétique permettrait de se rendre compte spontanément des aberrations actuelles relatives aux offres de transports à coûts explosés et injustifiables.

    Quand je lis des commentaires du type de celui de Gramsch, je me dis que nous subirons inéluctablement des taxes car de tels comportements irresponsables et égoïstes devront être matés, par la force de la taxe.

    Peu importe de prétendre que le climat n’a de cesse de changer, c’est juste.
    Par contre la rapidité desdits changements, leur nature, les pollutions concernées etc, etc, ceci repose malheureusement sur des faits concrets et indiscutables.

    Si chacun de nous s’interrogeait un tant soit peu sur la nécessité de se déplacer à tout va car les prix sont ridicules, nous nous porterions tous bien mieux, nos enfants également.

    Mais ceci correspond à la définition de la conscience et de responsabilité, et ça, malheureusement, tout un chacun n’en est pas doté de la même manière….

  • Gramsch

    Je vais être grossier:
    ils nous pompent l’air avec leurs c… d’urgence climatique…
    Le climat ne nous a pas attendu pour varier.
    Mais je suis d’accord pour vivre plus propre, balancer moins de plastique et autres cochonneries dans la nature.
    Chers français commencez par ne plus jeter n’importe quoi dans la rue, par dessus bord de votre voiture, dans les bois et les fossés, vos encombrants, etc…
    Et puis consommez moins de médicaments, d’anxiolytiques, etc…

  • Pilotaillon du 21eme siècle

    Juste ajouter que les états majors des composantes de l’industrie aérienne ont pris la mesure des enjeux environnementaux, pour peu qu’on lise avec attention les arguments de vente des 10 dernières années, qui de l’efficacité des moteurs, des solutions aérodynamiques, des compensations CO2 portées par les gestionnaires d’aéroports…
    Seulement le rythme de l’attente sociétale n’est pas celui dont l’industrie a besoin pour changer le modèle.
    La période de crispation ne fait que commencer. (Cf JM Jancovici)
    Je vous invite à relire les commentaires (sévère Aéro Buzz ) liés à l’E-Fan et aux motorisations hybrides…
    Il va falloir de la patience et de la pédagogie pour expliquer ce qui devient un vrai mouvement de foule qui risque de « défoncer les barrières ».
    Au moins, l’argument « pollution » mettra tout le monde d’accord du côté des syndicalistes les plus radicaux…

  • Fbs

    Le propre de la pensée totalitaire et fasciste qui malheureusement a le vent en poupe dans notre société est que « ceux qui savent » et sont au pouvoir ou rêvent d’y être, savent mieux que chaque individu ce qui est bon pour lui et si il doit dépenser son argent dans quelques litres de kérosène pour voler ou quelques litres de gasoil à engins de chantier pour construire les voies de chemin de fer. Compte tenu que le prix ne représente à la fin que la quantité de ressources qu’il a fallu mobiliser pour produire le service (plus une petite marge), si l’avion est compétitif, c’est que c’est pas une idée si bête que ça.

    Par contre, interdire ou mieux encadrer les subsides que versent les conseils régionaux pour faire des billets à prix cassés, et mieux faire respecter le droit du travail permettrait un plus juste équilibre…après, le client tranchera très bien tout seul

    Et quant au CO2, pourquoi ne pas interdire ou limiter le pétrole pompé dans le sol, et laisser ensuite le marché arbitrer sur le meilleur usage de ce qui reste ? Si on pourrit notre atmosphère de co2, c’est parce que ça coûte moins cher de bruler du pétrole. Et un litre de pétrole brûlé fait autant de CO2 qu’il soit brûlé par un avion ou le vieux diesel d’un gilet jaune…

  • stanloc

    Un constat simple : plus on veut aller vite avec un moyen quelconque de transport et plus il faut dépenser de l’énergie. DONC il faut réduire de façon drastique la vitesse de TOUS les moyens de déplacement pour limiter l’impact climatique de ceux-ci. Il faut faire voler les avions à 400-500 km/h, rouler les trains à 150 km/h, les CAMIONS et les voitures à 50 km/h. Les conséquences ? si elles ne plaisent pas aux défenseurs de la Nature et aux autres, ils aviseront. Il y a 1/2 siècle on mettait la nuit pour aller de Paris à Brest et comme pendant ce temps on dormait, on ne s’en portait pas plus mal.
    J’entends déjà dire que les trains sont électrifiés, certes mais ils ne rouleront que lorsqu’il fera jour et du soleil ou lorsqu’il y aura du vent.

    • Fbs

      Les avions (disons les jets qui font le gros du trafic) volent déjà à 400/500kmh….du moins c’est ce qu’indique l’anémomètre de bord . Ils se déplacent à 900km/h de vitesse sol, parce que dans l’atmosphère raréfiée de la haute altitude , l’énergie pour se déplacer est moindre. Par ailleurs l’histoire de la dépense d’énergie au carré de la vitesse ne s’applique qu’aux engins terrestres. Pour un avion, la traînée (résistance a l’avancement) est une fonction au carré de la vitesse au titre de son profil aérodynamique, mais à l’inverse du carré de la vitesse au titre de l’énergie nécessaire à en assurer la sustentation. De plus, le principe de la propulsion par réaction veut que le rendement de cette propulsion (puissance restituée par carburant consommé) soit quasiment une fonction linéaire de la vitesse, jusqu’à ce que l’on se rapproche du mur du son. Et que c’est même pour cela que la plupart des jets volent aux alentours de Mach 0.8

      Donc, merci de faire un peu de physique avant d’assommer les gens avec des poncifs écolos approximatifs

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