cfadelaerien

Accueil » Transport Aérien » Germanwings : Le BEA recommande un suivi médical ciblé des pilotes à risque

Germanwings : Le BEA recommande un suivi médical ciblé des pilotes à risque

Dans son rapport final sur l’accident de l’A320 de Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence (24 mars 2015), le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a orienté ses recommandations (11 au total) sur le suivi médical des pilotes entre deux évaluations médicales périodiques. Sont plus particulièrement ciblés les pilotes présentant des problèmes de santé mentale.

Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses a rendu public le rapport final sur l’accident de l’Airbus A320 de Germanwings, dans les Alpes françaises, le 13 mars 2016. La veille, il l’avait présenté aux familles des 150 victimes. Les enquêteurs auront donc mis moins d’un an pour boucler leur rapport de 122 pages. Les conditions dans lequel s’est déroulé ce drame, ne faisaient évidemment pas de doute.

Rapidement, la responsabilité d’Andreas Lubitz, le copilote qui a volontairement dirigé l’avion et ses occupants vers le sol a été mise en lumière. Mais comme toujours, lors d’un accident, les causes profondes de ce crash sont complexes. Que le système de suivi médical des pilotes ait été défaillant, cela ne fait pas de doute non plus maintenant, mais tout l’intérêt du rapport du BEA est d’être parvenu à enquêter sur chaque maillon de cette chaîne pour proposer des solutions pour renforcer l’ensemble.

L’enquête du BEA a conclu que le processus de certification médicale des pilotes, en particulier l’obligation d’auto-signalement en cas de diminution de l’aptitude physique ou mentale entre deux évaluations médicales périodiques, n’a pas permis d’empêcher le copilote, qui souffrait de troubles mentaux avec symptômes psychotiques, d’exercer le privilège de sa licence. Les facteurs suivants ont pu contribuer à la défaillance de ce principe :

  • la peur probable du copilote de perdre son aptitude à voler comme pilote professionnel s’il avait signalé sa diminution d’aptitude médicale à un AME (examinateur aéro-médical) ; 

  • les conséquences financières potentielles résultant de l’absence d’assurance spécifique couvrant les risques de perte de revenus en cas d’inaptitude au pilotage ; 

  • l’absence de directives claires dans la réglementation allemande sur le moment où une menace à la sécurité du public l’emporte sur les exigences du secret médical.

Depuis Juillet 2009, le copilote de Germanwings était titulaire d’un certificat médical contenant une dérogation en raison d’un épisode dépressif grave sans symptômes psychotiques qui avait duré d’août 2008 à juillet 2009. Cette dérogation précisait que le certificat deviendrait non valide s’il y avait une rechute dans la dépression.

Le BEA explique qu’en décembre 2014, environ cinq mois après la dernière prorogation de son certificat médical de classe 1, le copilote a commencé à développer des symptômes pouvant relever d’un épisode dépressif psychotique. Il a consulté plusieurs médecins, dont un psychiatre à au moins deux reprises, qui lui ont prescrit un traitement antidépresseur. Le copilote n’a contacté aucun examinateur aéromédical (AME) entre le début de la diminution de son aptitude médicale en décembre 2014 et le jour de l’accident.

Dans le mois qui a précédé son geste fatal, Andreas Lubitz avait consulté 5 médecins. Lors de la présentation à la presse du rapport final sur l’accident, au Bourget, le 13 mars 2016, Arnaud Desjardins, expert chargé de l’enquête a souligné le fait que plusieurs médecins privés avaient l’information indiquant qu’Andreas Lubitz était malade : « cette information n’est pas parvenue aux autorités aéronautiques ni à l’employeur Germanwings », a-t-il ajouté.

En conséquence, le BEA a adressé onze recommandations de sécurité l’évaluation médicale des pilotes présentant des problèmes de santé mentale :

  • l’analyse régulière des incapacités en vol ;

  • l’atténuation des conséquences de la perte de licence ;

  • les médicaments antidépresseurs et l’aptitude au vol ; 

  • l’équilibre entre secret médical et la sécurité publique ;
  • la promotion de programmes de soutien aux pilotes.

L’accident de l’A320 de Germanwings met le doigt sur un problème sensible. Il renvoie notamment au respect du secret médical. On notera également que pour le BEA, la solution ne passe pas par la présence obligatoire de deux personnes dans le poste de pilotage en permanence.

Aerobuzz.fr

A propos de Aerobuzz

Actualité aéronautique, transport aérien, aviation générale, défense, industrie, drones, hélicoptères, emploi, agenda.. Tout est sur Aérobuzz.fr.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

16 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4be46a0372c0b8cb23b28a20f0ed24b3WWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWWW