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Le transport aérien français face au « flygskam »

Le sentiment de « honte de prendre l’avion » né en Suède et qui se répand dans les pays développés est le point de départ d’une étude réalisée par la Chaire Pégase (Montpellier Business School) qui tente d’en mesurer les impacts et propose, aux acteurs du transport aérien, des pistes pour y faire face.

12.02.2020

Sans tomber dans le piège du « green washing », les acteurs du transport aérien doivent communiquer efficacement sur les mesures qu’ils mettent en place pour réduire leurs émissions de CO2. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Paul Chiambaretto, directeur de la Chaire Pégase, et son équipe, ont retrouvé le tweet 0, celui à partir duquel le virus s’est répandu à travers une partie du monde, comme une véritable épidémie. « Si les premières utilisations du terme flygskam datent de novembre 2017, on observe un développement de son usage à l’automne 2018 avant de prendre toute son ampleur tout au long de l’année 2019. »

Le Flygskam a pris de court le transport aérien mondial

Le sentiment de honte est apparu en Suède, un pays dont les habitants volent entre 4 et 5 fois plus que la moyenne mondiale. Il a pris de court l’ensemble des compagnies aériennes à travers le monde. Les chercheurs montpelliérains ont étudié le phénomène, analysé les différentes phases de sa montée en puissance jusqu’à son recul à partir de mi-septembre 2019 et montrent sa propagation. « Le #flygskam a principalement été utilisé dans des pays développés, et sans surprise, les comptes suédois ont joué un rôle central dans sa diffusion. »

Twitter a été de déclencheur, Google l’accélérateur : « A l’échelle mondiale, on observe une augmentation régulière des requêtes faite sur Google à partir de novembre 2018, avec des pics de requêtes en juillet 2019 (pendant les vacances) et en septembre 2019 (suite au séjour de Greta Thunberg). Mais le phénomène semble perdre de son importance à partir de l’automne 2019. Les pays ayant réalisé le plus de requêtes, sont la Suède, la Finlande et la France. En France, les recherches Google ont mis plus de temps à apparaître (essentiellement à partir de mars 2019) avec un pic d’activité en octobre 2019. La majorité des recherches sur cette thématique ont été générées en Ile de France et en région Rhône-Alpes. »

L’étude précise que la presse française s’est emparée du flygskam ou de la honte de prendre l’avion « avec un certain retard » à partir de février 2019. La majorité des articles ont été publiés entre avril et septembre 2019, principalement dans Le Monde, La Tribune et Le Figaro.

Difficile de démontrer les effets du Flygskam

Les chercheurs ont évidemment tenté d’évaluer l’impact de cette prise de conscience sur le trafic aérien. Ils arrivent à la conclusion que « L’effet du flygskam n’est donc pas certain, d’autant plus que les évolutions du trafic peuvent s’expliquer par d’autres facteurs. »

Ils ont notamment observé que les vols intérieurs en Suède ont diminué de 3,6% pour l’année 2018 et 9% pour l’année 2019. L’Allemagne, qui suit le modèle Suédois, a pu observer une baisse de 8,6% des vols intérieurs au dernier trimestre de l’année 2019. A l’inverse, en France, le « flygskam » ne semble pas avoir eu de véritable impact sur le trafic aérien intérieur qui a augmenté de 2,4% entre 2018 et 2019.

Afin de mieux comprendre pourquoi le « flygskam » a pris autant d’ampleur en dépit de tous les efforts environnementaux réalisés par le secteur aérien, les chercheurs de Montpelier ont réalisé une enquête sur la perception de l’impact environnemental du transport aérien par les Français. Et c’est là que cette première étude de la Chaire Pégase devient très intéressante.

Les français surestiment lourdement l’impact environnemental du transport aérien

Les chercheurs ont interrogé, fin novembre 2019, un panel représentatif de la population française de 1.018 répondants. Il en ressort que 90% des répondants surestiment la part du transport aérien dans les émissions mondiales de CO2. « Alors que le transport aérien ne représente que 2 à 3% des émissions mondiales, plus de 50% des répondants pensent qu’il en représente plus de 10%. Alors que les émissions de CO2 par passager transporté ont diminué de 25% au cours des 15 dernières années, 90% des répondants pensent qu’elles ont été stables ou qu’elles ont augmenté. »

Les personnes interrogées n’ont pas idée des mesures mises en place pour réduire l’empreinte environnementale du transport aérien. Et cela n’est pas vraiment étonnant, pas plus que leur méconnaissance de la réalité du sujet. « Plus de 70% des répondants surestiment la consommation des nouvelles générations d’avions et près d’un quart des répondants pense que les nouvelles générations d’avions consomment plus de 10 litres par passager pour 100 kilomètres parcourus. » Et pourtant, Air France reprenant les arguments d’Airbus ne manque pas une occasion de répéter que ses A350-900 consomment 2,5 litres par passager aux 100 kilomètres. Apparemment le message ne passe pas. Moins bien à l’évidence que le #flygskam.

En conclusion, les chercheurs encouragent les acteurs du transport aérien à faire preuve de pédagogie, notamment en communiquant sur leurs efforts environnementaux « sans tomber dans le piège inverse du green washing ». Et effectivement, le danger est réel. D’où « une plus grande transparence vis-à-vis des passagers aériens » préconisée par Paul Chiambaretto et son équipe de chercheurs, au moment où « prendre l’avion c’est prendre le risque d’être stigmatisé ou labellisé comme pollueur. »

Gil Roy

 

Télécharger le rapport « Les Français et l’impact environnemental du transport aérien : entre mythes et réalités » de la Chaire Pegase.

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

33 commentaires

  • stanloc

    Est ce que nos éminents experts ont évalué l’impact ces 50 dernières années des éruptions volcaniques en Island, à l’Île de la Réunion, à Hawaï, en Malaisie et aux Philippines, pour ne citer que quelques unes, sur notre fameux EFFET de SERRE ?
    Lorsque le fameux volcan Islandais a cloué au sol nos avions, a t-on trouvé que c’était un avantage (le fait de ne plus avoir d’avions dans le ciel européens) ou tous comptes faits le « remède » était cent fois pire que le mal ?
    Raisonnons par l’absurde : « n’est ce pas la faute à nos avions si les dinosaures n’agrémentent plus de leur présence sympathique, nos parcs et jardins ? « 

    • Woodplane

      Ben oui, c’est la nature!

      Les activités humaines ne font qu’amplifier et accélérer ces phénomènes naturels incontournables et non maitrisables, eux!

      Désolé pour les touristes coincés dans les aéroports pour cause d’activite volcanique!!

  • stanloc

    Et SI, SI le réchauffement climatique n’avait RIEN à voir avec l’activité HUMAINE ???????

    • Jean-Mi

      Pas totalement faux, notre bonne vieille Terre ayant toujours eut des bouffées de chaleur suivies ou précédées de coup de froids… Mais cela a toujours été étalé sur des centaines et des milliers d’années. De manière progressive et lente.
      Là, en 150 ans, depuis l’apparition des industries lourdes et du chemin de fer milieu 19ème siècle, puis plus fortement depuis 1945, on a accéléré un beau bazar sur une période très courte, un claquement de doigt…
      Seules des catastrophes de très grande échelle ont su faire aussi vite ou plus vite. Par exemple la météorite qui a fait disparaître les dinosaures…

      • stanloc

        Vous parlez de 150 ans. Mais n’est ce point parce qu’avant on se moquait pas mal de mesurer et d’enregistrer précisément les variations de température. Mais qu’en était-il ? en Europe occidentale et dans le reste du monde ?
        Toujours est-il que les quelques dizaines de centimètres que l’on nous prédit pour la remontée du niveau des océans sont broutilles par rapport aux 37 mètres d’eau (par exemple) qui sont au dessus de l’entrée de la grotte Cosquer.
        De mon point de vue nos efforts vertueux en France ne serviront à rien car l’Asie et l’Afrique sont probablement à des années-lumière de faire les mêmes efforts.

  • Raphael

    Bonjour M. Roy, merci pour votre article.
    Quand on dit « le transport aérien ne représente que 2 à 3% des émissions mondiales », OK, mais pour quelle part de la population mondiale ?
    J’ai beaucoup de mal à trouver sur internet des chiffres concernant le pourcentage de l’humanité qui prend régulièrement l’avion, en avez-vous ?
    J’ai également des difficultés pour trouver les statistiques sur le ratio professionnel/loisir des voyages en avion ?

    • Philippe

      En 2018, plus de 4 Milliards de personnes ont voyagé en avion. C’est équivalent au nombre de personnes ayant accès à Internet.

      • Raphael

        Merci pour la réponse, mais de ce que j’avais compris, le chiffre de 4 milliards, c’est le nombre de voyages effectués, ce n’est pas le nombre de voyageurs différents qui doit être beaucoup plus faible.
        En comptant les correspondances, et le fait que les gens qui voyagents voyagent souvent plusieurs fois dans l’année, je pense que l’on peut diviser ce chiffre de 4 milliards au moins par 10, mais je n’ai aucune idée de la vraie valeur.
        Je doute fort que 4 milliards d’humains aient eu accès à l’avion en 2018.

  • Pilotaillon agro-écolo

    Juste ajouter, au-delà des parti-pris ou des profils des participants, un pléonasme :
    – chacune de nos respirations et chacune de nos bouchées alimentaires dépend de la « nature » – (et j’ajoute : des nombreux équilibres qui la compose).
    En clair : bien regarder en face la « finitude » des ressources naturelles.

    Mots de l’Auteur :
    « We depend upon the natural world for every breath of air we take & every mouthful of food we eat » —Sir D. Attenborough

  • Henri Payre

    Bonjour,

    Cette perception excessive de la pollution du transport aérien est à mon sens liée à une chose fort simple : lorsqu’un avion transportant 150 personnes passe au-dessus d’une ville, d’un pays, il est visible par des centaines de milliers de personnes, voire des millions. Trois autobus transportant au total le même nombre de personnes sur le même trajet sont visibles par quelques milliers de personnes, dizaines de milliers au plus ; les autres personnes, ne les voyant, pas n’auront pas de raison « immédiate » de penser que ces autobus existent.

    On peut montrer facilement du doigt ce qu’on voit, pour ce qu’on ne voit pas il faut réfléchir, sortir des informations, la calculette, etc., et c’est plus compliqué.

    Le flightshame est le fruit d’une réflexion bien trop basique, d’une absence de réflexion à vrai dire.

    Et par les temps qui courent, ce n’est pas facile à combattre.

    Henri
    NB. : ça n’empêche pas qu’il faut que l’aérien continue de faire des efforts ; il en fait d’ailleurs bien plus que d’autres secteurs ; le secteur des navires de croisière est par exemple très, très en retard.

    • precesseur

      Sans parler des trainées de condensation un jour clair mais avant l’arrivée d’un front donc humide en altitude. Juste au dessus d’Orly il y a des jours c’est impressionnant et là ce sont des millions de spectateurs.
      Or j’ai lu récemment dans un article de journal sérieux (et pas sur les blogs complotistes) que les avions déversaient des tonnes d’eau par leur réacteurs dans la haute atmosphère. Or comme l’eau est un puissant gaz à effet de serre (çà au moins c’est vrai) …. ablabla ablabla
      Argh!! Y’a du boulot question pédagogie.

  • Jean Marie

    Bonjour. Après l’envahisseuse langue angliche vla la suediche.. SCHEIZE. JM

  • Denis

    Bonjour,
    En , comme d’habitude, le problème c’est « les autres ! »
    JMV, HONNÊTEMENT, que fais-tu chaque jour pour améliorer la situation ? Parce que la solution n’est pas « chez l’autre » mais chez chacun de nous et c’est l’action de chacun qui apportera une solution globale. Il est vrai qu’un voyage de milliers de km pour un Week-end n’apporte rien, d’abord à celui qui le fait. Mais à part quelques bobos, ce ne doit pas être la majorité, heureusement.
    Quant à Pif, je lui dirais que les gilets jaunes sur les rond-points ont d’abord créé des décharges et provoqué localement des augmentations de CO2,….mais n’ont pas résolu son problème (en espérant qu’il ne soit pas que politique !)
    Bonne journée à tous

  • Jean-Pierre BOURGEOIS

    Tout cela montre qu’ il y a un tout petit début de prise de conscience des problèmes à venir, l’aérien n’est certes pas le plus responsable mais il en fait sa part.

    C’est de toute manière indémmerdable, le système actuel ne peut vivre que sur un modèle de croissance, la raison amènerait à la décroissance impossible à maitriser dans ce système libéral.

    Autrement dit, quoiqu’on fasse, ça risque fort de se terminer mal pour nos descendants et nous en avons tous une part de responsabilité qu’on le veuille ou non, ce ne sont pas des paroles d’écolos mais des paroles de raison.

    On peut vivre heureux dans la sobriété, le bonheur n’est pas d’avoir une voiture toujours plus grosse et plus puissante, ni d’aller en vacance à l’autre bout de la planète, alors qu’on ne connait même pas le 10% de son propre département, ni d’aller s’entasser comme des gros cons sur les plages en été, ni sur les pistes de ski l’hiver.

    Les gens, et en particulier les jeunes, commencent à se réveiller devant une réalité qu’on ne peut plus nier, c’est la seule source d’espoir.

    • Denis

      Bonjour,
      Dire que les jeunes se réveillent me paraît plutôt abusif. Que font-ils pour diminuer l’utilisation de leurs portables et tablettes qui produisent peut-être beaucoup plus de CO2 que les avions. Attention à l’arbre qui cache la forêt. Là encore, la solution viendra de l’action concrète de chacun et non de la dénonciation gratuite des autres comme le font les écolos de tout poil, histoire de faire parler d’eux….il y a des sièges à gagner !
      Bonne journée à tous

  • POUVREAU

    LA PLUS GRANDE ARNAQUE DE CE SIECLE

    Les glucides, sont synthétisés à partir du dioxyde de carbone CO2 et de l’eau H2O avec libération d’oxygène O2 comme sous-produit de l’oxydation de l’eau. C’est la photosynthèse oxygénique qui maintient constant le taux d’oxygène dans l’atmosphère terrestre et fournit toute la matière organique ainsi que l’essentiel de l’énergie utilisée par la vie sur Terre.
    Autrement dit :
    La photosynthèse végétale consiste à réduire le dioxyde de carbone de l’atmosphère par l’eau absorbée par les racines à l’aide de l’énergie solaire captée par les feuilles avec libération d’oxygène afin de produire des glucides.

    L’équation globale de la photosynthèse :
    6 CO2 + 6 H2O + lumière → C6 H12O6 + 6 O2

    C’est à dire que plus il y a de CO2, plus il y aura d’oxygène et de glucides
    L’aquarium hollandais en est l’exemple le plus frappant.
    Personnellement, ayant développé du phytoplancton, l’injection de CO2 et une lumière permanente donnaient le maximum de croissance..

    • Pilotaillon agro-écolo

      On pourrait entrer dans un débat « très technique » en observant la physiologie végétale et ses principes d’adaptation à son environnement,… car vous n’abordez qu’une petite partie du cycle Kreps…
      Il reste à implémenter les perturbations systèmiques des équilibre naturels qui à eux seuls méritent une décénie de R&D intensive.

      J’ai évoqué dans un autre fil de discussion l’ACV, qui prend en compte, de manière sous jacente, ces perturbations par l’identification et la quatification des entrées et sorties associées à la prodction du produit ou du service.

      Personne ne peut dire ce que sera demain, cependant tous les agronomes vous diront que face aux pollutions et aux dérèglements de tous ordres qui en découlent, l’homme disparaitra avant le végétal, c’est une certitude.

  • Michel

    Lorsque j’ai débuté comme contrôleur AF, je brulais une citerne de pétrole pour un P/F sortie de visite d’un B727, maintenant, sur A320, une MER avec bite suffit (#100kg).
    A la grande période des décodeurs canal+ pirate, j’allais chercher les pièces à Hong-Kong. Pratique, Kai tak airport était à Kowloon: on prenait le taxi pour l’électronic center et, le temps d’avaler une soupe dans la rue, je revenais avec l’avion qui m’avait amené ! Époque bénie des GP.
    Ma fille fête ses 10 ans le mois prochain , sans paille et sans soda: je veux un avenir pour elle. On DOIT changer.
    Nous sommes allé à Londres avec l’eurostar, je lui apprend l’espagnol: on va aller EN TRAIN à Saragosse voir le passé (arabe souvent) de l’Europe. Et , en avion, cette année ou l’année prochaine , les baleineaux de la péninsule Valdez.
    Je conchie les abrutis qui, avec un petit sourire entendu, parlent de « retour au char à boeuf ou à la lampe à pétrôle »

    • Pilotaillon écolo

      Je ne suis pas certain qu’il faille prendre les observations et le voies de « réajustements » de nos comportements comme des atteintes à nos liberté, à nos habitudes de vie.
      C’est davantage les conséquences de nos habitudes et l’emploi massif des technos utilisatrices d’énergie qui sont hyper-plaisantes mais qui génèrent les dérèglements climatiques.
      Il s’agit de réfléchir à notre confort, et au sens de ce que nous considèrons comme « indispensable » à notre vie. A-t-on à ce titre, le droit de fermer les yeux sur les conséquences de nos activités…
      Nous allons en parler dès Avril, les 10°c de trop de cet hiver remettent en cause la saison hivernale. Toutes les stations de ski, en dessous de 1500m sont fermées. Ce sont de miliers de personnes au chômage et toute une économie à rempenser, dans le Jura, les Vosges, l’Auvergne, les Alpes (hiver dans les Alpes = 25% des nuitées en région AuRa)…
      On pense ce que l’on veut des l’économie de la neige, on peut même totalement s’en détacher. Cela concerne tout le monde, par le jeu des sollidarité (dépendances économiques, assurances, etc…).
      Aussi dans le « Que faire ? », il y a forcément une contribution individuelle, qu’on le veuille, ou non.
      Et si nous le regardions cette situation comme une bonne raison de réinventer nos quotidien ?

  • PhD

    On voit toujours les mêmes clivages trop souvent manichéens dans les commentaires, qui demanderaient plus d’objectivité, et un peu plus de culture générale, moins d’agressivité cachant une absence de connaissance de la réalité d’un sujet. Les pourcentages d’amélioration des consommations des avions « au 100 » progressent dans le bon sens, mais heureusement encore! Est-ce un critère par rapport au sujet ? L’avion ou la voiture sont des outils extraordinaires, vecteurs d’un formidable potentiel de liberté… Qui le contestent ? Mais voilà, ce qui compte au bout du bout c’est seulement notre empreinte écologique absolue et globale par rapport à un biotope qui n’en peut plus. Si l’on prend les choses ainsi, pour respecter nos enfants, il faut agir partout et tout de suite, en essayant d’éviter les déflagrations possibles qui sont un vrai risque, c’est vrai… Donc, oui, côté avion, il va falloir l’utiliser à bon escient, absolument, en regardant son bilan carbone, notamment, et dans l’absolu, en comparant les choix qu’on a pour gérer son « crédit carbone », qu’il faudrait instituer pour nous aider à les faire. Le « crédit carbone individuel », qui comprendrait aussi la gestion de ses déplacements privés ou pro. Donc si j’adore ce que permet l’avion, je dois aussi limiter son utilisation à des trajets indispensables et à haute valeur ajoutée, privée ou pro. La consommation au passager au 100 ne suffit pas à se dire qu’il est plus écolo que la voiture, par exemple, comme pourrait le suggérer la communication à bord des avions – auriez-vous fait le trajet en voiture, et seul ? Non, pas certainement. Dans le même genre, si l’on peut justifier l’exploration spatiale scientifique par des astronautes professionnels, rien ne justifie d’accepter qu’on laisse se développer un « tourisme spatial », orbital mais surtout suborbital, qui contribuerait malheureusement à rendre là aussi « honteux » les missions d’astronautes pro.
    Tant qu’on aura pas compris que notre biotope (ridiculement réduit) est l’équivalent de celui d’un vaisseau spatial habité, on est pas au bout de nos peines et de nos surprises. Exemple : compressée à 1 petit bar de pression notre atmosphère fait une altitude de ? … 10 mètres. Tout ce qu’on l’on fait dedans tient dans 10 m de haut.

    • bdd13
      bdd13

      Je ne comprends pas votre dernière phrase. On y est à 1 bar de pression (ou 1000 millibars, 1013 pour être précis en moyenne). Vous voulez dire 1 bar de pression partout en altitude ? (la moitié de l’atmosphère étant déjà compressée sur 5500 mètres mais de façon non linéaire, le reste étant réparti jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de km, là où résident encore quelques atomes d’hydrogène…)

      • Alain Racoupeau

        …je suppose que PhD veut dire « si on comprime à un bar de plus que la pression au sol et pour l’ensemble de la masse d’air »? il est vrai que ça fait réflechir…

  • Jérôme Huret
    Jerome HURET

    Quelle agence internationale reconnue produit des données agrégées au niveau mondial des émissions de CO2 d’origine humaine, et leur évolution par année ? L’AIE ? https://www.iea.org
    Quel est le poids du transport dans ce total ? 25%
    https://www.iea.org/data-and-statistics/?country=WORLD&fuel=CO2%20emissions&indicator=CO2%20emissions%20by%20sector
    Quel est le poids du transport aérien mondial dans ce total ? 0.24 x 25% = 6%
    https://www.iea.org/data-and-statistics/charts/transport-sector-co2-emissions-by-mode-in-the-sustainable-development-scenario-2000-2030
    Quel est l’intérêt de s’attaquer à résoudre un problème en commençant par tuer le petit poucet qui représente 6% du problème : un peu de rationalité dans ce monde de brutes décérébrées !

    Par ailleurs, attention à ne pas exagérer la responsabilité du transport aérien lors des communications sur les projets (plus ou moins farfelus) d’avions électriques. Présenter la propulsion électrique comme une solution, c’est valider l’existence du problème …

    • bdd13
      bdd13

      Tous les défenseurs de tous les secteurs disent la même chose : « pourquoi s’en prendre à moi ? ».
      On s’en prend à tous les secteurs. Les amateurs d’automobiles à gros bruit râlent aussi en disant qu’il n’y a qu’eux qu’on attaque.
      Et pourtant, on démolit tout autant les usines à charbon, on s’attaque tout autant à l’agriculture, à l’industrie,….
      Alors, voyons les choses de façon globale et les efforts annoncés dans tous les domaines.
      Par ailleurs, 2,5% de forçage radiatif lié au transport aérien est le chiffre avant le boom qui a multiplié par deux le trafic commercial. On est plutôt aux alentours de 5% aujourd’hui.

      • precesseur

        Oui car bien sur 2,5% de CO2 egal 2,5% du ‘forçage’ radiatif. Cette doxa du forçage devient pour moi du ..forcing. Il semblerait en effet que des gaz à effet de serre dans la troposphère 95% est de l’eau, 4% du CO2, et 1% les autres. Qu’il semblerait aussi qu’au moins par le passé (carottage sous-marin, et glaciaires) les élévations de température n’aient pas suivi les augmentations de CO2, mais les aient précédé. Peut être confondons nous causes et effets.

  • paf le chat

    Il serait aussi mieux pour la planète d’arrêter de faire des gosses à la chaîne, d’arrêter de raconter sa vie sur les réseaux sociaux, de développer les transport en commun, de s’inspirer de la Suisse pour le transport par train des camions, etc, etc.

  • JMV

    Oui il est vrai que la propulsion des avions commerciaux a fait d’énormes progrès et que la consommation par passager se réduit chaque année mais comme le nombre de passagers augmente chaque année je ne pense pas que les émissions de co2 diminuent.
    les compagnies aériennes ne font que répondre à la demande des passagers. Ce qui est déplorable c’est la mentalité de tous ces gens qui voyagent cinq ou six fois par an pour ne passer que 2 jours 1 nuit à chaque voyage pour pavaner au retour devant parents et amis en montrant des photos prises à l’autre bout de la planète. Il serait plus profitable pour eux de partir une fois l’an ne serait ce qu’une semaine pour mieux connaitre le pays visité.

    • Hugues CHOMEAUX
      Hugues CHOMEAUX

      Si je vous comprends bien il ne faudrait pas prendre l’avion pour passer un week-end à Florence ou Marrakech ?

      • Pif

        Tu dois pas etre dans la même tranche de revenus que ceux qui gravitaient autour des ronds points, vetus de jaune …
        Le week-truc à Marra-bidule, c’est pour HOMARD Sheriff et pour toi, pas pour nous !

      • Bertrand Jaquemont

        Tout à fait !

      • Alain Racoupeau

        le probleme est là, vu les tarifs des low costs, pas besoin d’être riche pour un we à Marrakech ou ailleurs…et comme il y a plus de petites revenus que de gros…qui eux, ne prennent pas les low-costs, le bilan global est toujours plus de vols. Bien sûr, sur le plan éthique, permettre à tous de voyager peut paraitre sympa, sauf que c’est aussi un suicide sympa pour nos descendants. Malheureusement, personne ne voudra quitter ses avantages acquis et mauvaises habitudes, et nos gouvernants ne feront rien, car les mesures nécessaires imposeraient une dictature comme on a jamais connue. Il faudra d’immenses catastrophes pour enfin prendre des mesures, mais il sera trop tard…

    • Alain Racoupeau

      pour l’anecdote, quand ma compagnie a ouvert une ligne Lyon-Prague, les vendredis soirs, la « clientèle » était constituée à 80% de jeunes allant là bas pour se saoûler à la bière pas chère pendant le we…au retour le dimanche, ils avaient du mal à grimper l’escalier et je ne travaillais pas dans une low-cost…que dire alors des billets proposés à 15 euros pour aller un we à Ibiza ou ailleurs? On se demande quelquefois avec tristesse si l’humanité mérite vraiment de survivre…

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