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L’indemnisation des passagers aériens devient un marché juteux

C’est la surenchère entre les sites internet qui font de l’indemnisation des passagers aériens victimes de retards ou d’annulation leur fonds de commerce. Cet été en France seulement, avec les dysfonctionnements du ciel européen, ce sont plus de 800.000 personnes concernées.

13.09.2018

Selon l'enquête Flightright / Odoxa (février 2018), 54% des voyageurs ont entrepris des démarches de réclamation et une seule sur deux a abouti à un dédommagement. © Gil Roy / Aerobuzz.fr

La législation européenne est particulièrement favorable aux passagers confrontés à des retards ou des annulations de vols. Les indemnités peuvent aller jusqu’à 600 euros pour un vol de plus de 3.500 km. Selon les start-up qui se sont spécialisées dans l’aide aux passagers, un passager sur deux ne ferait pas valoir ses droits.

En s’octroyant une commission allant de 18% à 30% sur chaque dossier résolu, Air Indemnité, Refund my Ticket, Flight Right ou encore Air Help visent gros. Selon leurs estimations, rien que sur le premier semestre 2018, le marché de l’indemnisation représenterait 2,6 milliards d’euros dues aux voyageurs européens. Les grèves d’Air France (1,3 millions de passagers affectés) au premier semestre 2018 et celles de Ryanair (55.000) cet été sont venues gonfler ce gâteau.

Simplicité et rapidité d’action sont les principaux arguments que les plates-formes mettent en avant. En quelques clicks l’usager connaît ses chances d’être indemnisé et n’a plus qu’à attendre. Face aux compagnies récalcitrantes, elles n’hésitent pas à porter des dossiers en justice. Flight Right a récemment attaqué Ryanair qui refuse d’indemniser ses clients suite à sa grève historique.

En outre, d’autres actions ont permis d’étendre les droits des passagers depuis le début de l’année, notamment en cas de retard sur leur correspondance, même si cette escale a lieu en dehors de l’Union Européenne. A condition que les vols fassent partie de la même réservation. Du fait de leurs actions en justice, ces sites font aussi avancer la jurisprudence. Ils ne sont pas pour autant un passage obligé.

Il est toujours possible pour les passagers de faire valoir leurs droits eux-mêmes. En cherchant bien sur le site de leur compagnie, ils pourront trouver la démarche à suivre. Elle est relativement simple. Reste qu’il faut parfois insister pour obtenir gain de cause.

Jérôme Bonnard

 

A propos de Jérôme Bonnard

chez Aerobuzz.fr
Journaliste polyvalent, JRI (journaliste reporter d’image), et pilote sur ULM multiaxes, Jérôme est aussi vice-président de l'AJPAE (Association des Journalistes Professionnels de l'Aéronautique et de l'Espace). Il a couvert tous types d'actualités en France comme à l'étranger pour différents médias TV ( France 24, Arte, Itele, M6, Public Sénat...). Il a été co-finaliste du Prix Albert Londres 2012 pour sa couverture du conflit Libyen en 2011. Il est surtout passionné par tout ce qui vole depuis son plus jeune âge. Il réalise des reportages (Aerostar TV), ainsi que des films courts pédagogiques et découvertes (FFPLUM, FFAM, Ozelys...). Il vient de rejoindre l'équipe d’Aerobuzz.fr…

4 commentaires

  • Tonton Volant

    C’est le modèle une pratique générale étasunien, chère à certains, qui existe depuis des années. des avocats qui viennent vous voir et vous inciter à attaquer pour tout et n’importe quoi.
    Si je ne me trompe, pourquoi Cessna a arrêté de construire certains monomoteurs pendant un temps et retiré la licence de construction à Reims Aviation (C172, C182, RA82 – train rentrant, etc) ? A cause de la « garantie produit ». Il suffisait que quelqu’un se foule la cheville en montant ou descendant de l’appareil pour qu’il attaque — merci l’avocat — et aie une possibilité de récupérer des pépètes, c’est : « qui veut des millions « 

  • Tallec

    Pour un vol easyJet de Londres à Montpellier retardé initialement de 3 heures causé par la grève des contrôleurs aériens français la compagnie decide carrément d’annuler le vol pour ne pas avoir à dédommager et là les sites disent pas de compensation alors que le retard était la conséquence de la grève mais l’annulation une décision futée de la compagnie

    • Arès

      C’est de bonne guerre, il fallait s’y attendre.

      • michael tolini

        Pas du tout, ils ont annule le vol pour des questions operationnelles, maintenir un vol a destination d’un aeroport secondaire et chambouler tout le planning de l’avion n’aurait eu aucun sens. En annulant ce vol, ils ont mecontente un minimum de pax

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