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RETRO – Airbus débranche l’E-Fan

Au printemps 2017, Airbus a annoncé discrètement qu’il arrêtait le programme E-Fan. Adieu les avions électriques destinés à la formation des pilotes de ligne. Adieu l’usine de Pau qui devait en produire 200 par an.

17.08.2017

C’est un peu comme si son jouet ne l’intéressait plus. Airbus laisse tomber l’E-Fan. Il n’y a pas eu d’annonce. Mais dans les faits, la décision était déjà actée depuis quelques temps. Quelques semaines plus tôt, le départ précipité de Jean Botti qui portait le projet en interne était un signe. Plus personne ne parlait de la construction de l’usine de Pau où il était prévu de produire l’E-Fan en série.

L’E-Fan n’intéresse plus Airbus

Officiellement, l’E-Fan ne pouvait plus rien apporter à Airbus dont la priorité, en termes de recherche, est désormais l’avion hybride. D’ailleurs, au salon AirVenture 2016 d’Oshkosh, le constructeur européen exposait une version hybride de l’E-Fan. Ce fut la dernière apparition publique de l’avion électrique.

L’E-Fan réussit sa traversée de la Manche

Nous ne reviendrons pas non plus sur les deux années d’emballement médiatique et d’enthousiasme politique. On se souvient des envolées lyriques du ministre du développement productique de l’époque. Il y a aussi eu une traversée de la Manche perturbée par un trouble-fête aux commandes d’un Cri-Cri… électrique.

La France prépare l’arrivée des avions électriques dans ses aéro-clubs

Mais une chose est sûre, Jean-Luc Charron, le président de la Fédération française aéronautique, a eu du nez. Lui qui portait depuis plusieurs années le projet d’un aéro-club expérimental 100% électrique a réussi à échapper aux pressions d’Airbus qui cherchait à lui imposer l’E-Fan. La FFA débutera cet automne l’expérimentation de l’utilisation d’un avion électrique en aéro-club électrique avec le modèle de Pipistrel. Quant à l’E-Fan, apparemment Airbus refuse de lui donner une seconde chance…

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

18 commentaires

  • mikeul

    Surprenant que DAHER qui était partenaire d’AIRBUS n’est pas réagi.
    A noter que le développement des solutions hybrides se fait essentiellement à travers un partenariat entre SIEMENS et AIRBUS dans de nouvelles installations en Allemagne. Que fait le bureau d’études d’AIRBUS à TOULOUSE ? Le départ de Charles Champion responsable de l’engineering avion dans un grand silence après celui de BOTTI ne me dit rien de bon pour l’avenir des développements hybrides en FRANCE

    • Pilotaillon

      J’émets une hypothèse :
      Peut-être Airbus a-t-il finalement jugé que la prévision de 200 unités produites annuellement comme irréaliste… avec à la clé un modèle économique déséquilibré donc inacceptable par les associés. Les aéroclubs sont décidément accrochés à leur DR400…
      L’investisseur attend un retour et ne souhaite pas (encore) porter l’avenir mais exploiter les réelles opportunités, à chacun sa mission. Dommage. En période d’évolution techno, le risque paye parfois, beaucoup même.
      Merci au travail de fond des FFAé et de ceux qui à l’ombre facilitent la transition vers l’aéronef « durable » : silence, CO2 global, prix d’exploitation,…
      En attendant, même si cette machine reste un démonstrateur unique, bravo à l’équipe qui a lancé l’E-fan.
      Bon vols.

      • Uma31

        Quand le marché est porteur les investisseurs répondent présent même si dans un premier temps les pertes sont récurrentes.

        Cf Tesla

  • Philippe Boutry

    L’avenir n’appartient plus à l’Efan mais à Vahana , Pop-up et autres investissements dans la Silicone Valley. Pendant que certains dirigeants s’amusent le X6 prend du retard.

  • nono le mecano

    bonjour.
    dans bien des cas, le credit impot recherche est ´dilapidé’ ou utilise a mauvais escient.
    seules les grosses boites ont une structure suffisante pour pouvoir deposer un dossier…
    a t il ete utilise par Airbus pour ce projet???
    si Quelcun a la reponse.. merci.

  • Arminius

    Pourquoi cracher dans la soupe ? Je pense que l’E-fan a permis de valider un certain nombre de concepts quant à la propulsion et que se tourner vers l’hybride permet de conserver les acquis dans ce domaine tout en trouvant une solution au problème de la source d’énergie. Il ne faut pas confondre ce que les ingénieurs ont voulu à l’origine et ce que les communicants en ont fait.

  • Bobby

    Ce n’est pas la vocation d’une grosse boite comme Airbus de fabriquer des trapanelles, fussent elles électriques… Laissons plutôt cela à des boites innovantes comme Electravia par exemple.
    De plus, en électrique, hors de la pile à combustible point de salut !

  • chalumeau

    eh oui c est pas vraiement une surprise,je pense il faut attendre encore et encore , au moins l après rotax pour nos ptits coucous!!!!! et encore nico

  • Gérard Weber

    Hé oui, on aimerait bien entendre tous les politiques qui étaient venu se « prosterner » devant cet avenir électrique et qui en plus ont donné des budgets.
    Il serait bien de faire un bilan et je suis sûr qu’ait us n’a pas perdu d’argent sur ce cas…..
    Comment « aspirer » des subventions régionales et européennes sans laisser d plumes…..
    Hé oui cette fameuse usine Pau…
    Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…..

  • lavidurev

    « N’allez pas là où le chemin peut mener, allez là où il n’y a pas de chemin et laissez une trace » (Ralph Waldo Emerson)

  • michael tolini

    L’energie contenue dans une batterie lithium est de 0.5 Mega Joules par kilo, contre 45 dans 1 kg de kerosene, presque 100 fois moins.
    Sans compter qu’un avion electrique ne s’allege pas durant le vol, la messe est dite.

  • Thomas

    c’était juste de la com’ ce projet…. faut bien communiquer sur l’écologie lorsqu’on construit des machines qui brulent du pétrole.

    • Parparin

      Bonsoir,
      Cela ne peut être que de la com car alors Airbus serait l’industriel le plus nul au monde en matière de com.

      Et puis on peut faire moins cher que de développer un avion en matière de com….

      Faut pas simplifier un problème beaucoup plus complexe comme le rendement ou le retour sur investissement par exemple.

    • Kilrah

      Hé oui, rien de plus qu’un énième projet dont on savait très bien qu’il n’a aucun avenir sans des développments que le fabricant ne contrôle pas (batteries), mais qu’on exploite quand même pour redorer son blason en profitant de l’ignorance du grand public sur le sujet.

      On sait très bien que n’importe quel particulier peut faire une telle machine a l’heure actuelle, mais la plupart ne le fait pas parce que ça n’a aucun sens. Ca a donc encore moins de sens pour une entreprise avec des moyens et une expérience énorme de s’y lancer. Leur métier n’y fait aucune différence.

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