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Un nouvel avenir pour le Morane-Saulnier 760 Paris III

C’est un exemplaire unique au monde d’une version spéciale du biréacteur d’affaires MS760 Paris développée par Morane-Saulnier dans les années 50 qui va être remis en état par les élèves du nouveau centre de formation DITECH, jouxtant l’aéroport de Tarbes.

24.09.2019

Le Morane-Saulnier 760C Paris III de retour à Tarbes pour une renaissance. © Héritage Avions Morane-Saulnier

L’association Héritage Avions Morane-Saulnier a réceptionné (19 septembre 2019), sur le site de DITECH, à Lannes (Hautes Pyrénées), un avion unique : le Morane-Saulnier MS 760C Paris III. Il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources pour cette vénérable machine puisque c’est ici, sur l’aéroport de Tarbes, que le biréacteur d’affaires français, effectua son premier vol voici 55 ans.

Un nouvel objet de travaux pratiques pour les 120 « Bac Pro » qui composent les deux premières promotions du nouveau centre de formation DITECH de Lannes. © Héritage Avions Morane-Saulnier

Un biréacteur pour l’école

L’arrivée de cet avion s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’UIMM Occitanie Adour-Pyrénées, le site DITECH (Développement de l’Industrie dans les Territoires en faveur de l’Emploi et des Compétences dans les Hautes-Pyrénées) du Pôle Formation Adour et l’association. L’association a ainsi un lieu pour préserver une pièce unique du patrimoine aéronautique du plus vieil avionneur encore en activité, successivement Morane-Saulnier, Socata puis aujourd’hui Daher. Pour le centre d’apprentissage, il s’agit d’un outil pédagogique qui va permettre aux élèves de mettre en pratique leurs connaissances au travers du chantier de remise en état de ce jet.

L’objectif est de remettre le Morane-Saulnier 760C Paris III dans un état proche du vol. © Héritage Avions Morane-Saulnier

L’idée est de le remettre dans un état proche de l’état de vol. Tous les espoirs sont ensuite autorisés… C’est donc un projet passionnant qui est proposé aux apprenti(e)s bac professionnel Aéronautique (deux options : aérostructure et systèmes) , du site de formation par apprentissage du Pôle Formation Adour.

Le prototype du jet d’affaires

Le MS 760C Paris III est une évolution du quadriplace MS 760 Paris, premier jet de liaison à voler en juin 1954. 157 appareils ont été produits dans l’usine Morane-Saulnier de 1956 à 1962.

Le modèle Paris III devait répondre aux remarques de la clientèle potentielle nord-américaine recueillies lors d’une tournée commerciale en 1955 : un fuselage plus long pour accueillir une cabine pressurisée confortable pour accueillir 4 passagers et une porte latérale, plus pratique pour accéder à bord.

Le Morane-Saulnier 760C Paris III a eu une carrière d’avion de liaison. © Héritage Avions Morane-Saulnier

Après le décès de son concepteur, l’ingénieur René Gauthier, en 1956 et par suite de difficultés financières, le Paris III restera à l’état de projet jusqu’au début des années 60. Le programme est finalement lancé à la faveur de la reprise des établissements Morane-Saulnier par Henry Potez, illustre pionnier de l’aviation. Le prototype effectue son premier vol le 28 février 1964, sur les pistes de Tarbes-Lourdes-Pyrénées avec pour équipage Lucien Colomes, pilote et Jean Burolleau, ingénieur navigant.

Une reconversion en avion de liaison

Après la cession de Morane-Saulnier à Sud Aviation en 1965, le programme Paris III est abandonné au profit d’un autre projet de jet d’affaires. Toutefois le prototype connaît une nouvelle carrière comme avion de liaison. D’abord au sein de Sud Aviation, qui devient Aerospatiale en 1970, où le MS 760C sert de navette entre Toulouse, le centre d’essais en vol d’Istres et les sites britanniques du programme Concorde. Les pilotes d’essais André Turcat, Jean Pinet, Gilbert Defer et bien d’autres se relaient à ses commandes pour faire avancer l’aventure à une époque où les visio-conférences relèvent encore de la science-fiction.

Après son utilisation par la division Hélicoptères d’Aerospatiale à Marignane, l’avion est cédé en 1983 à Euralair, présidée par Alexandre Couvelaire, pionnier de l’aviation d’affaires et du charter en France. Une compagnie aérienne bien connue dans la région pour avoir assuré des vols au départ de l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Partenaire du programme TBM à la fin des années 80 Alexandre Couvelaire a bien voulu confier à l’association le soin de restaurer ce maillon de l’évolution de l’aviation d’affaires, qui préfigurait l’avion Daher TBM aujourd’hui en production sur l’aéroport bigourdan.

Gil Roy

 

 

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

13 commentaires

  • Emmanuel PETIT

    Bonjour. Mon fils est scolarisé dans ce centre d’apprentissage et m’a parlé de la réception de cet avion et de sa rénovation qui débute. Il y aurait apparemment beaucoup de travail et l’objectif de le revoir voler serait très lointain voire impossible. En tout cas, belle histoire qui a été marquée par la visite de certains de ces concepteurs et monteurs sur le site de Lanne.

  • DUSART gerard

    cet avion était stocké sous des bâches jusque a 1972 date a laquelle il a été décidé a la demande de Aérospatiale de le remettre en état de vol.un chantier a donc était organisé avec rénovation de la planche de bord et montage d’un radar météo et rénovation de tous les accessoires ,nouvelle peinture.Il a ensuite était livré aux essais en vol de toulouse ou il a fait un carrière d’avion de liaison.

  • JARRY

    Dans les années 80-90, cet avion était rangé à l’abri dans le hangar du Bourget où Euralair avait ses bureaux: du bureau d’Alec où on négociait les contrats A330 et A321, on avait l’oeil sur le magnifique Paris III !

  • Decre Bernard

    Merci Alec!
    BD

  • silve

    C’est l’occasion de saluer le travail remarquable effectué par les bénévoles d’Armor Aéro Passion… http://www.aeropassion.fr/

  • Albert06

    Dans les années 60 – 61 l’escadron de reco 2/33 base à Strasbourg disposait pour ses liaisons d’un MS 760 Paris, suite a une explosion de la verriere en vol (elle etait en une seule piece ) l’appareil est retourné en usine a Tarbes et malheureusement n’est jamais revenu , l’appareil etait tres aprecié des pilotes de RF.84 en + des mecanos qui ont put voler à bord, il etait tres bruyant avec sa motorisation « Fouga » ( le sifflet à roulette…) la consommation…boof le MS 760 900l/h le RF.84 5000l/h…..

  • patex

    Quel bel avion ! J’ignorais son existence.
    Certains MS760 ont démarré une nouvelle vie aux Etats-Unis, avec une avionique et des réacteurs modernes:
    https://www.youtube.com/watch?v=YCBdEh_k3TQ

  • Pif

    Un truc que l’on a oublié : un avion tres gourmand en carburant aux performances mediocres…

    • Pilotaillon

      Normal, il utilise des moteurs créés à son époque…
      C’est vrai que cette machine a une ligne intemporelle (Cf Jaguar type E)
      Reste à savoir si le nombre de cellules encores utilisables, le coût du job de de revamping et le marché donneraient suffisement de perspectives pour qu’un entrepreneur s’y mette…

    • Athos7

      A l’aune des progrès technologiques réalisés en 65 ans, vous avez raison.

      Mais ramené en 1954, année de la conception de cet avion, vous avez tort.
      Prenez un peu de recul Pif : en 1900 on peinait à arracher du sol un plus lourd que l’air, et 70 ans plus tard on marchait sur la Lune!

      On ne peut pas juger nos anciens à la lumière de connaissances dont ils ne disposaient pas.

  • Gramsch

    Je me demande s’il n’y a pas une erreur de dates.
    Il me semble que cet avion était garé dans les hangars nords de Marignane, dans les années 1970; il était « la propriété » d’Euralair déjà à l’époque, enfin ce me semble.
    J’étais ITT (FI maintenant) à l’époque à l’aéroclub de l’aéroport.
    Luc Gramsch

  • Fournier Pascal

    Merci pour ces merveilleuses chroniques

  • DAUMONT

    Une ligne étonnement moderne pour un avion cinquantenaire. Ça serait chouette de le revoir en vol.

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