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Premières étapes du Colibri World Tour dans le froid

Le Phenom 300 du Colibri World Tour a débuté dimanche 26 mars 2017, du Bourget, à 17h25 locales. Direction l'Islande et l'aéroport de Keflavic puis Anchorage en Alaska pour la deuxième journée.

28.03.2017

Approche sur Keflavik en Islande © Speedwings

« Pour être tout à fait honnête, avoue Philippe l’un des pilotes du Phenom 300, les semaines passées ont été intenses pour l’équipe et tout le monde a travaillé sans relâche pour préparer au mieux cette aventure. » Il reste encore quelques ajustements à faire.

L’équipage du Phenom 300 parti pour le tour du monde © Speedwings

Des ajustements jusqu’à la veille du départ

Jusqu’à la veille du départ, les équipes partenaires du Colibri World Tour ont échangé de manière à peaufiner le plan de route, notamment en matière de services AOG (Aircraft On Ground) pour l’entretien et les réparations éventuelles. Les points d’étapes ont également été quelque peu modifiés : le septième leg qui aura lieu le 29 mars, reliant Magadan (Sibérie orientale) à Hakodate (Japon) aboutira en fin de compte à Sapporo au Japon.
La préparation de l’avion a été particulièrement longue. Il fallait ainsi vérifier tous les équipements d’urgence tels que le canot de sauvetage, les PLB (Personal Locator Beacon), les kit AOG…

A 17h25, soit 25 minutes après l’heure prévue, le Phenom 300 a décollé du Bourget dimanche 26 mars © Speedwings

De plus, le Phenom 300 embarque également des pièces de rechange fournies par Embraer et Pratt & Whitney Canada. Ces kits AOG permettront à l’équipage de dépanner l’avion sans être contraint de l’immobiliser trop longtemps en attente d’une pièce. « Toutefois, la meilleure chose à faire avec un kit AOG, plaisante Nicolas, c’est de ne jamais avoir à l’utiliser.« 

Un départ un peu « lent »

Le vol entre Le Bourget et Keflavic s’est déroulé dans des conditions optimales. « Au départ, explique Nicolas, l’ATC de Roissy Charles de Gaulle nous a cantonné à 3.000 pieds, ce que nous n’avions pas prévu. Nous avons donc consommé un peu plus que prévu mais nous avons pu grimper par la suite. Après cinquante minutes de vol, on a atteint notre altitude de croisière au FL430 (43.000 pieds). » Installé à cette altitude, les deux moteurs ont besoin de 203 kg de Jet-A1 pour obtenir 434 Kts.

Après avoir reçu la clairance océanique au dessus de l’Ecosse, le Phenom 300 a rencontré des turbulences de sillage. « On rencontre de plus en plus ce genres de perturbations en jet d’affaires, même à haute altitude », s’inquiète Philippe. On se souvient en effet de la rencontre fâcheuse entre un Bombardier Challenger 604 et un A380 au sud d’Oman. Le jet d’affaire était passé dans les turbulences de sillage de l’Airbus, provoquant une dégringolade de 10.000 pieds du jet.

L’Islande, après 3h05 de vol © Speedwings

3h05 de vol

A l’arrivée : dépaysement total avec un paysage hors-normes composé de neige, de glace, de falaises, de mer et de terre sombre. Trois heures et cinq minutes après avoir décollé du Bourget, le Phenom 300 se posait sur le sol islandais après avoir parcouru 1.261 Nm.

« Le premier vol n’était pas très complexe, avoue Nicolas, mais ce qui est plus compliqué est de changer ses habitudes : en tant que pilotes de jet d’affaires, nous devons nous habituer à un rythme plus soutenu dans l’enchainement des vols et à une charge de travail qui nous font devenir des pilotes au long cours. »

Lundi, l’équipage est parti de Keflavik pour rallier Iqaluit au Canada. En route, les pilotes ont rencontré quelques problèmes de radio HF.  Cette nouvelle étape a été marquée par le premier contact avec le froid : -32 degré celcius à Iqaluit. Ici, seule la piste est déneigée : les taxiways restent encombrés de neige.  Le même jour, le Phenom 300 est parti pour Yellowknife, au Canada. L’immensité blanche à surpris l’équipage pendant les 3h12 de vol qui devaient les amener à Anchorage en Alaska.

Le Groenland au FL430 et 403 kts de vitesse au sol © Speedwings

Arrivée sans encombres du Phenom 300 après 9h33 de vol © Speedwings

« A Anchorage, on a été surpris lors de l’arrivée par la clairance d’atterrissage« , raconte Philippe qui poursuit « on a obtenu la clairance de l’ATC alors qu’un autre appareil était encore sur la piste. » Après l’atterrissage, et avant de rejoindre le parking, on a demandé à l’équipage de se positionner en zone de contrôle. « La police des douanes a inspecté l’avion de fond en comble puis a vérifié nos papiers et ceux de l’avion avant de nous inviter à rejoindre un emplacement de parking » raconte Nicolas.

Bilan : 10h10 de vol pour rejoindre le pays du froid et 3.536 Nm parcourus. Si tout se passe bien pour l’instant, l’avitaillement en JET-A1 reste une question épineuse sur laquelle l’équipage et les équipes  de Speedwings planchent depuis hier.

F.M.

 Les étapes du Colibri World Tour
 Départ – Arrivée Date de départ – d’arrivée Temps de vol estimé
PARIS, LE BOURGET KEFLAVIKSun 26.03.17 17:00
Sun 26.03.17 18:00

03:00

KEFLAVIK
IQALUIT
Mon 27.03.17 08:00
Mon 27.03.17 06:55

02:55

IQALUIT
YELLOWKNIFE
Mon 27.03.17 08:00
Mon
27.03.17 09:00

03:00

YELLOWKNIFE
ANCHORAGE
Mon 27.03.17 10:30
Mon 27.03.17 11:00

02:30

ANCHORAGE
ANADYR
Tue 28.03.17 11:15
Wed 29.03.17 09:30

02:15

ANADYR
MAGADAN
Wed 29.03.17 10:15
Wed 29.03.17 11:20

02:05

MAGADAN
SAPPORO
Thu 30.03.17 09:00
Thu 30.03.17 09:38

02:38

SAPPORO
NAGOYA
Thu 30.03.17 10:15
Thu 30.03.17 11:38

01:23

NAGOYA
HONG KONG
Thu 06.04.17 09:05
Thu 06.04.17 11:41

03:36

HONG KONG
PHUKET
Sun 09.04.17 14:30
Sun 09.04.17 16:30

03:00

PHUKET
TRANG
Sun 09.04.17 17:00
Sun 09.04.17 17:25

00:25

TRANG
PHUKET
Wed 12.04.17 07:30
Wed 12.04.17 07:55

00:25

PHUKET
MANGALORE
Wed 12.04.17 09:00
Wed 12.04.17 10:50

03:20

MANGALORE
DUBAI
Wed 12.04.17 12:00
Wed 12.04.17 13:42

03:12

DUBAI
SHARM EL SHEIKH
Fri 14.04.17 08:00
Fri 14.04.17 08:50

02:50

SHARM EL SHEIKH
GROTTAGLIE
Fri 14.04.17 10:00
Fri 14.04.17 12:48

02:48

TARANTO
PARIS, LE BOURGET
Fri 14.04.17 14:00
Fri 14.04.17 16:04

02:04

Colibri World Tour : en Phenom 300 autour du monde

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2 commentaires

  • A

    Tout cela est bien joli mais franchement sans vouloir remettre en cause la capacité ni l’expérience des pilotes je ne vois pas en quoi cela constitue une « aventure ».
    400 kt au dessus de l’Islande en jet privé n’a vraiment rien d’exceptionnel, à ce compte là autant parler de la traversée transatlantique de la PAF qui est autrement plus symbolique et sympathique.
    J’ai l’impression que ce récit s’apparente davantage à une pub déguisée pour Embraer / P&W qu’à un « Vol de nuit » de St Ex ! 😉

    • Gil Roy
      Gil Roy

      Ce n’est effectivement pas un exploit de faire le tour du monde en biréacteur d’affaires moderne, mais avouez que vous aimeriez bien être à leur place… Ce sont des pilotes professionnels qui ont réussi à sortir de leur routine pour inscrire dans leur carnet de vol des heures inoubliables. Juste par passion. Et c’est précisément ce que nous avons voulu souligner. Rien d’autre…
      Tant qu’il aura des hommes et des femmes qui prendront du plaisir à vouloir ou à construire des aéronefs, l’aéronautique aura de l’avenir !

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