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Le constructeur français de drone Xamen Technologies liquidé

Le tribunal de commerce de Pau a prononcé la liquidation judiciaire de Xamen Technologies le 14 août 2018. Malgré la maîtrise d’un savoir-faire unique au monde, l’aventure s’arrête là pour le constructeur français confronté à un insupportable manque de trésorerie.

20.08.2018

Avec son drone Atex (ATmospheres EXplosibles), Xamen intervenait dans des environnements potentiellement explosifs. © Xamen Technologies

Xamen Technologies allait fêter son sixième anniversaire le 31 septembre 2018. Cette start-up paloise a été créée en 2012 par Philippe Bartomeuf autour du concept de drone certifié ATEX, capable d’intervenir dans un environnement explosif. Cette offre unique au monde avait séduit l’armateur danois Maersk en 2015 et fini de le convaincre début 2016 avec le succès d’un essai de largage d’une charge sur un tanker à un kilomètre des côtes danoises.

L’envolée des cours du baril de pétrole, en 2016, a eu raison du projet, Maersk s’étant séparé de son activité Oil & Gas. Xamen s’est alors tournée vers le Moyen-Orient où elle a réalisé plusieurs démonstrations concluantes au sein de raffineries. Ces essais ont débouché sur des promesses et très peu de contrats. Fin juin 2018, pour le compte du CNES, Xamen a réalisé une mission de surveillance au-dessus du pas de tir d’Ariane 6 en Guyane. Cette fois encore, les objectifs ont été atteints.

Faute d’une trésorerie suffisante, Xamen Technologies n’a pas pu faire face à ses échéances. D’où la liquidation prononcée mi-août 2018 par le tribunal de commerce de Pau.

Cette issue met en lumière la difficulté des start up français qui animent depuis le début des années 2010 un marché du drone qui ne décolle pas. Beaucoup maîtrisent un savoir-faire qui leur donne une longueur d’avance sur la concurrence étrangère. Il est regrettable que les grands groupes industriels français comme Thales, Safran ou Airbus ne viennent pas en aide de ces pépites. G.R.

9 commentaires

  • barthomeuf

    La problématique est simple : Imposer une nouvelle technologie à une industrie – oil and gas – qui utilise des moyens éprouvés (et sécure) depuis des années, dans un environnement qui croise plusieurs législations (Aéronautique, Atex, IECEX, Seveso etc) est un investissement sur du long terme, très long terme.

    Ce qui implique la disponibilité de fonds importants pour assurer :

    – Le fonctionnement de l’entreprise (locaux, salaires, outils de production),
    – La R & D
    – Le marketing et la commercialisation des produits réalisés

    Très peu (voire aucun) contrat cadre. Ce qui limite complètement la visibilité et les moyens d’actions de l’entreprise. On travaille au coup par coup, à la demande et sans lendemain. Ou ces lendemains sont tellement loin sur le calendrier (6 mois, 1 an voire 2) qu’il est impossible de monnayer auprès du système bancaire actuel les avances de trésorerie nécessaire pour atteindre ces lendemains.

    Ce qui nuit également au développement de ce type d’entreprise c’est la relation qu’entretiennent les grandes entreprises françaises avec ces PME. Souvent attitude de prédation.

    En Israël – j’ai pu le constater lors du dernier CES – chaque startup (en nombre très limité) est parrainée par un Grand Compte qui apporte sa caution dans le cadre de signature de contrats. En France, malgré les déclarations de bonnes intentions, peu est fait, ou de manière très marginale.

    Enfin, se porter par nécessité sur un marché à l’International est chose très compliquée, ça demande des investissements, une structure interne, des moyens (Traduction, étude de la législation locale, salons, présence etc). Les systèmes d’aide à l’export sont très largement insuffisants et défaillants. Encore une fois les outils proposés ne sont pas à la hauteur des enjeux.

    Quand je fais l’autopsie de l’entreprise, je constate que la belle Xamen est morte foudroyée par l’incapacité d’une communauté à défendre efficacement des projets nationaux.
    Il demeure néanmoins que de très bonnes volontés – une personne, une équipe, au sein de telle ou telle autre entité – ont soutenu cette pépite de toutes leurs forces. Je tiens à nouveau à les remercier.

    Soutenez les projets auxquels personne ne croit. Ils sont souvent très différenciants et peuvent être de redoutables moyens d’améliorer notre balance commerciale.

    Philippe BARTHOMEUF
    Fondateur Xamen Technologies.

  • Oui c’est bien entendu navrant mais en meme temps il y a tellement d’acteurs souhaitant se lancer dans ce marché des drones plus que juteux, qu’il faut bien que la sélection naturelle se fasse….

    • Gil Roy
      Gil Roy

      « Marché plus que juteux » ! Etes-vous sûr de votre analyse ? Pouvez vous nous citer des entreprises qui déjà des profits ? Attention au mirage !

  • C’est effectivement navrant, mais le crow funding ne servirait pas a grand chose.
    Si ils vendent pas de drones… Ils vendent pas de drones. La trésorie ne changera pas grand chose si il y’a pas un marché suffisant.
    En tous cas c’est bien dommage.

  • AMOUDRY Marc

    Je trouve cet exemple tout à fait navrant

    Je me demande s’il ne serait pas possible de lancer une application de crow funding
    pour relancer cette entreprise.

  • Daurat

    et après le gouvernement dit qu’on aide les entreprises innovantes

  • « qu’attendent ces fameuses Start up pour ENFIN se lancer dans le Drone hybride quadri places… »

    Je pensent que les Start-up attendent, elles aussi, de la trésorerie…… pour envisager de faire face à des concurrents tel qu’Embraer et Uber. Difficile de faire mieux en terme de puissance de feu: https://www.aerobuzz.fr/breves-aviation-generale/embraer-rejoint-laventure-du-ciel-uber/

    C’est vrai qu’il est triste de constater que nous (en France et en Europe) avons d’excellentes idées, que nous avons été le « berceau » de l’aviation dans le monde mais que nous n’arrivons pas à transformer les « essais ». C’est culturel il me semble.

    Cependant, concernant les Drones/Taxis, les pilotes étant en dehors de l’équation je préfère que tous prennent leur temps… longtemps! Ferais-je déjà partie de l’avant dernière génération de pilotes? Vite, une navigation en Piper Cub histoire de continuer à savoir piloter!
    « fly safe, be happy! »

  • BALLI

    Des fabricants de drones modèles réduits, il semble qu’il y en ait des wagons et qu’il ne soit guère possible de faire sa place avec nos salaires européens, par contre je me demande ce qu’attendent ces fameuses Start up pour ENFIN se lancer dans le Drone hybride quadri places, depuis l’invention de ces fameux moteurs électriques à vitesse variable et accéléromètres à deux sous, qui révolutionnent les manoeuvres et la stabilité dans le domaine vertical…

    Et pour avoir une vraie autonomie, un moteur essence propulsif de 2-300cv pour éviter le givrage, issu du domaine auto (il y a en de quantités sur le marché..), donc 10 fois moins cher qu’un moteur aéro!…

    Et avec cela, décollage/atterrissage automatiques de chez soi (plus d’entrainements de cosmonautes, de tests en vols tous les 4 matins…) plus de risque de panne au décollage (6-8 moteurs électriques…) et plus de risques non plus en zones inhospitalières (batterie tampon autorisant 15-20′ de vol et airbags en dessous pour survols maritimes…), et système anti collision automatique, vision de nuit etc…

    Bref on a toute la technique pour faire un truc sensationnel, ne manque plus que le déclic, les investisseurs pas difficile à trouver pour une révolution de ce genre, d’ailleurs moi je mets un paquet illico sur la table, à condition que l’engin ne soit pas tarifé à 2 fois le prix d’une Rolls, comme les bouffonneries du moment (Cirrus, Panthèra etc..).

    PS: Surtout ne pas compter sur les fabricants d’avions actuels, petits ou gros (ils sont dans d’autres logiques…), rappelons-nous ce ne sont pas les fabricants de locomotives qui ont inventé l’automobile, et que c’est un fabricant de vélos qui a inventé l’avion!

    • Kilrah

      La technique est « là » mais n’a pas encore fait ses preuves ou été analysée et vérifiée pour un niveau de sécurité qu’implique le transport de personnes.
      C’est pour ça que les options possibles coûtent une fortune – la technique représente une part quasi insignifiante du budget nécessaire à un tel projet, le gros morceau c’est de le faire accepter légalement, certifier, et de se protéger contre les éventuels problèmes. Vu comme ça plombe déjà pas mal de constructeurs d’avions et équiemenents « classiques » qui n’ont rien d’incroyablement différent, y’a qu’à imaginer pour quelque chose de tout « neuf ». Ton moteur auto c’est bien joli mais ça ne passera jamais une certif, ou alors en dépensant tellement dessus qu’il reviendra au final au prix d’un moteur aéro…

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