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La solution Airbus pour reconvertir en cargo les gros-porteurs

Airbus développe actuellement une modification pour les avions des familles A330 et A350 qui permettra aux compagnies d'installer des palettes de fret, directement fixées sur les rails de sièges du plancher cabine, après dépose des sièges passagers.

30.04.2020

Des cartons de masques anti-Covid-19 en lieu et place des passagers. © Airbus

Cette solution vise à aider le secteur à répondre à la forte demande de vols humanitaires pour transporter rapidement de grandes quantités de matériel médical et d’autres fournitures sur de grandes distances là où le besoin se fait sentir. Airbus affirme qu’en comparaison avec le chargement du fret sur les sièges, cette solution facilite et accélère les opérations de chargement et de déchargement, tout en évitant l’usure même des sièges. Parmi les autres avantages importants, l’aménagement et les procédures proposées offrent une protection supplémentaire contre les risques d’incendies, et la capacité de retenue de la charge à 9g permet d’empêcher tout mouvement des marchandises durant le vol.

Cette modification est proposée aux opérateurs sous la forme d’un Service Bulletin (SB) Airbus. Dans le cadre de cet accord, Airbus définit le périmètre des travaux d’engineering et gère également le processus d’obtention de la certification auprès de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). Son champ d’application comprend la dépose des sièges et des systèmes multimédia de bord (IFE), l’installation des palettes de fret et des équipements de sécurité associés, ainsi que la réinstallation des éléments de cabine d’origine pour revenir à la configuration de cabine passagers. La possibilité d’utiliser le SB sera également valable après la pandémie de COVID-19.

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24 commentaires

  • Eric

    L’ A380 aurait en version cargo aurait un problème insoluble: trop de place pour pas assez de poids transportable. C’est d’ailleurs aussi un de ses défauts en version passagers. (38 conteneurs LD3 contre 44 pour le 777 ou le 350-1000)
    En cargo ?
    102 tonnes de charge utile dans le meilleur des cas. contre 150 pour l’AN 124, soit un tiers supplémentaire. Voila pourquoi on loue des « Antonov routillantes de l’ère soviétique ». Voila pourquoi L’A380 cargo n’a jamais existé.

  • Stéphane

    Il faudrait ajouter une porte cargo, renforcer le plancher, le certifier…
    A l’origine du programme A380, il était prévu une version cargo (de mémoire il devait même y avoir une cinquantaine de commandes) mais elle a finalement était abandonnée alors que des éléments de fuselage avaient commencé à être produit.
    Cela couterait une fortune et le délai de réalisation serait bien trop long pour répondre à cette crise. De plus, cet avion n’aurait aucun avenir puisqu’il ne répondrait pas au besoin des compagnies car elles utilisent de plus en plus les soutes des vols Pax pour transporter le fret

  • Gérard

    Si je me souviens bien les B737 combi avaient des détecteurs d’incendie et un système d’extinction en cabine. Le chargement par les portes passagers va être un peu plus chronophage. Mais rien n’interdit de ne mettre des passagers derrière le fret.

  • JYP Air

    Ca serait bien d’avoir des aéronefs spécialement étudiés pour le cargo, n’est-ce pas ?

  • Regnier Didier

    Le cout des modifications ajouté l’amortissement residuel des machines ne garantit pas une rentabilite pour des chargements tres aleatoires quant aux quantites a transporter Seuls des Fedex ou autres UPS peuvent avoir un tonnage assuré et donc une rentabilte….. malheureusement nerf de la guerre.

    • Jean-Marie

      Pourquoi voulez-vous qu’une opération de guerre soit rentable ?
      Macron a bien compris qu’avec le Coronavirus la France était confrontée à une situation de guerre.
      La Défense Nationale par les armes, comme la Défense civile dont fait partie la protection des populations contre les risques sanitaires obéit à la logique « Para bellum, si vis pacem ». Elle n’obéit pas à la logique des marchés boursiers lu à la logique de la « rentabilité ».

  • DAURAT BERNARD

    mais…. et les bélougas….oubliés ?

    • Pilotaillon

      C’est une idée mais ces machines sont sans doute trop stratégiques dans le processus de production Airbus pour les engager dans les missions externes. Vitesse propre sur de longues distances, etc…
      Le ratio avantages – risques trop défavorable ?
      Peut-on expérer un avis dans ces colonnes des proches de ces étonnantes machines ?

      • Pilote31

        Ces avions peuvent effectivement voler en Asie et partout dans le monde car c’est déjà arrivé. (Satellites aux US, hélicoptères jusqu’en Australie…)
        Mais outre la nécessité de ces machines dans le système Airbus, l’absence de pressurisation et de chauffage de leur soute constitue probablement le plus gros obstacle à leur utilisation pour ces transports. De fret.

      • Pilotaillon

        Merci, au pilote aux premières loges semble-t’il.
        (si j’ai bien siasi l’identifiant départemental) !

    • KuunLaan

      Je crois me souvenir que ces avions ne sont certifiés qu’en Europe, limitant dans tous les cas leur utilité vers l’Asie.

      Sans ce problème, on peut imaginer que les bélugas ont été développés avec pour seul et unique but de transporter des marchandises très spécifiques à savoir les pièces d’Airbus et qu’à ce titre il doivent probablement être eux aussi reconfigurés pour du fret plus standard.
      Du coup l’investissement en développement semble plus intéressant à faire pour des avions disponibles en grand nombre à travers le monde que pour une série d’une dizaine d’appareil.

      De plus, le nombre de Bélugas vient aussi impacter la capacité à faire des livraison au détail alors que des avions en quantité pourraient permettre de mieux répartir les livraisons.

      Et enfin je pense que l’argument de Pilotaillon est aussi valable, les Bélugas sont important pour la production d’Airbus alors qu’il y a des milliers d’appareils cloués au sol faute de business. Reconvertir temporairement ces appareils inutilisés semble plus judicieux que d’impacter ceux qui tournent toujours.

      Bon je ne suis pas expert, juste passionné, donc cet avis n’engage que moi !

    • RICHEPIN Valentin

      Les Belugas sont des avions destinés uniquement à du fret de taille non habituelle, pas à un poids inhabituel. En effet des ailes ou un fuselage d’avion, malgré leur taille immense à transporter dans un avion, ne pèse pas grand chose quand au volume qu’ils occupent. En revanche le fret dont on parle ici, à savoir des caisses, des cartons de matériel médical densément rangé pesant lourd par rapport au volume qu’ils occupent sont placés sur des palettes à même le plancher de l’avion pour se regrouper proche du centre de gravité vertical de l’avion, un Beluga ayant de la place en hauteur se verrait déséquilibré en vol si une palette venait à être installée en hauteur dans sa soute à pièces d’avions. Tout ça pour dire que les Belugas resteront chez Airbus car le seul rôle pour lequel ils ont été uniquement conçus est celui là.
      (tout cela n’engage que moi même, n’ayant que 17 ans, mais étant assez informé sur le sujet pour commenter cela)

    • Isella

      C est pas la taille qui compte….

      Mais le ptac et l autonomie ( vols longs courriers )

  • sydney

    Les cies aériennes passagers veulent profiter du prix élevé du fret en ce moment, mais en augmentant l’offre sur le fret les prix vont baisser et toutes ces manips finalement servir à rien… il y a largement assez d’offre pour l’humanitaire si on le priorise par rapport aux commandes de sextoys sur Aliexpress 😉

  • michael tolini

    Le probleme c’est qu’il faut palettiser et depalettiser a l’interieur de l’avion faute de porte de soute assez large.

    • stanloc

      Il suffit de faire des palettes aux dimensions adaptées aux portes. C’est trop compliqué ?

    • philippe ouvrard

      C’était le concept des B737 « Quick Change » de l’Aeropostale où le changement de configuration ne prenait qu’une demi-heure. Les équipes au sol étaient très motivées et performantes.
      Cependant, cela avait nécessité d’ouvrir une porte de soute sur le coté gauche du fuselage derrière la porte passagers. C’était un très gros chantier de maintenance car la structure devait être renforcée. De surcroit l’isolation thermique laissait à désirer et nuisait au confort des passagers.
      Enfin, les nombreuses manipulations des palettes de sièges n’étaient pas anodines pour l’habillage intérieur de la structure ni pour les sièges eux-mêmes.

    • Massinissa

      Pourquoi ne pas transformer les A380 en avion cargo au lieu deles envoyés à la casse comme il est prévus…
      Le A380 a plus de place et comme plus personne n’en veut pour le transport de passager ce sérai une bonne reconversion pour cette avion.

      • RICHEPIN Valentin

        Impossible de ranger autant de fret vu la taille des palettes à faire rentrer par les petites portes de l’A380. De plus il consomme trop et serait encore moins rentable que d’autres avions de passagers transformés pour l’occasion déjà à peine assez rentables.

  • Robert

    Si cela existait pour l’A380…

    • Nagy Éric

      Nos avons démantelé nos A380 âgées d’à peine 10 ans pour aller louer des Antonov routillantes de l’ère soviétique.
      Nous souhaitons la remise en marche des usines de l’A 380.
      Nous avons dépensé des milliards le A 400M ,la même logique devrait fonctionner pour cette avions formidable.
      Notre indépendance pour les outils stratégique ne devrait pas être confrontée à l’hyperfinanciarisation.

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