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« Je suis resté un instant sur le jump seat pour réaliser ce que je venais de vivre. »

"L’accélération de l'A400M était très impressionnante et j’en suis resté plaqué à mon siège ! "© Nicolas Bruger

Par Nicolas Bruger

J’ai 37 ans et je suis ingénieur au bureau d’études de Safran Landing Systems, où j’ai la chance de travailler sur le développement des trains d’atterrissage du prochain moyen et long courrier d’Airbus : l’A321 XLR ! En 2019, j’ai participé à un jeu-concours organisé par Aerobuzz.fr pour fêter les 10 ans d’existence du site d’information. Je croyais peu gagner, jusqu’au jour où j’ai appris que j’allais faire un vol en A400M, dans le cadre d’une mission d’entrainement de l’armée de l’air.

Je n’en revenais pas ! Un vol complet sur le jump seat de l’A400M, en compagnie de pilotes chevronnés et passionnés… C’était un véritable rêve de gosse qui allait se réaliser ! 

Nous nous retrouvons un matin d’aout 2019 à la Base Aérienne 123 d’Orléans-Bricy, qui est le fief français des A400M de l’armée de l’air. Nous sommes accueillis par le Capitaine Nicolas L., alias « Fisch », instructeur sur A400M, et membre de l’équipe de présentation de l’A400M Tactical Display. Nous faisons connaissance autour d’un café, puis il me présente la base, mais aussi le quotidien des pilotes. Nous passons ensuite par le hall de maintenance, où je peux apercevoir un A400M à moitié désossé. Mais le plus impressionnant fut l’arrivée sur le gigantesque tarmac, où se trouvaient une bonne dizaine d’A400M sur le parking dans un parfait alignement.

Nous montons dans l’un d’entre eux, accompagnés de trois jeunes autres pilotes en formation.

« Leur entrainement du jour sera d’effectuer plusieurs atterrissages dans des conditions dégradées, comme une panne de la manette des gaz automatiques ou de l’affichage tête haute.« 

Je m’installe sur le jump seat de l’A400M, juste derrière le pilote et le copilote. Probablement le meilleur endroit pour apprécier toutes les actions de pilotage, les discussions entre pilotes, mais aussi, bien évidemment, le paysage vu du ciel !

Au moment où la tour donne son feu vert, c’est l’agitation totale dans le cockpit. Les check-lists sont déroulées, les quatre gros moteurs de l’A400M sont allumés… C’était parti !

L’avion quitte alors son parking et se dirige vers la piste au ralenti. Après l’accord de la tour, il se met en ligne sur la piste pour le décollage, puis met les gaz. Les 4 moteurs de plus de 11.000 chevaux chacun se mettent alors à rugir dans un bruit assourdissant. L’accélération est très impressionnante. Je reste plaqué à mon siège !

Il a suffi d’à peine quelques secondes, et quelques centaines de mètres de piste pour que l’on décolle. Rien à voir avec un avion de ligne qui prend plusieurs dizaines de secondes avant de quitter le sol. Nous avons pris rapidement de l’altitude et nous nous sommes dirigés vers la piste de la base militaire d’Evreux sur laquelle les entrainements d’atterrissage en condition dégradée devaient avoir lieu. S’en est suivi alors une douzaine de Touch & Go avec les 3 jeunes pilotes militaires. A chaque phase d’approche et d’atterrissage, une nouvelle panne était simulée, avec une bonne dose d’adrénaline à la clé !

La concentration était extrême, mais même dans les conditions les plus difficiles le Capitaine Fisch restait toujours vigilant et donnait ses conseils dans la bienveillance. Certains atterrissages ont été quelque peu mouvementés, mais finalement chaque jeune pilote s’en est sorti haut la main !

« Après plus de trois heures de vol, le Capitaine Fisch a annoncé le retour à la base. J’ai profité de mes derniers instants sur le jump seat du quadrimoteur pour apprécier la vue, le cockpit, et l’ambiance.« 

J’ai également discuté avec les jeunes pilotes qui m’ont raconté leur parcours avant d’en arriver aux commandes de ce genre d’avion.

Nous avons fini par apercevoir au loin la piste de la base d’Orléans-Bricy, avec tous ses A400M en ligne. La vue était magnifique ! Nous avons atterri en douceur et l’A400M s’est stationné au même endroit qu’au départ.

Je suis resté un instant sur le Jump Seat pour réaliser ce que je venais de vivre. Je suis ensuite sorti de l’avion avec des étoiles plein les yeux, et des souvenirs incroyables gravés à jamais dans ma mémoire.

Je tiens encore à remercier infiniment Aerobuzz.fr, l’Armée de l’Air et de l’Espace, et plus particulièrement l’équipe d’Aerobuzz et le Capitaine Nicolas L., alias « Fisch » pour cette expérience inoubliable !

Nicolas Bruger

Nicolas Bruger est ingénieur au bureau d’études de Safran Landing Systems

Sur le Jump Seat

C’est la série de l’été 2022 proposée par Aerobuzz.fr. Des lecteurs évoquent leurs souvenirs de vols dans le cockpit, assis sur le jump seat. Le jump seat, c’est ce strapontin qui se déplie entre les deux pilotes. C’est la place du testeur. C’est le meilleur point de vue sur le travail de l’équipage. En certaines occasions devenues rares, le jump seat peut-être occupé par un observateur privilégié. En d’autres temps, il était rarement vide. Nous vous encourageons à partager vos souvenirs de vol sur un jump seat. Laissez un commentaire…

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