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On a retrouvé l’USS Hornet !

L’épave du porte-avions coulé en 1942 vient d’être retrouvée et photographiée à 5.400 mètres sous le niveau de la mer. Cet exploit technologique remet en lumière une partie de l’histoire de la guerre aérienne.

17.02.2019

Un F4F Wildcat découvert à proximité de l'épave du Hornet. © Navigea

Paul Allen, le cofondateur de Microsoft décédé en octobre 2018, n’a pas investi seulement dans le Stratolaunch. En 2017, il a acquis auprès de la compagnie Subsea7 le 7 Petrel, un navire de recherches océaniques de 75 mètres de long pouvant accueillir un équipage de 30 personnes, utilisé principalement pour retrouver des épaves de navires perdus au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le Petrel, utilisé pour retrouver les épaves de navires coulés pendant la guerre du Pacifique.             © Navigea

De nombreuses épaves découvertes

En 2015, le Petrel avait permis de localiser, entre autres, l’épave du cuirassé japonais Musashi, classe Yamato, coulé par les avions de l’US Navy lors de la bataille du Golfe de Leyte avec 1.023 de ses marins le 24 octobre 1944.

Rebaptisé R/V Petrel, (Research Vessel, navire de recherche) et battant son nouveau pavillon, il a été maintenu dans ses fonctions et les résultats de ses missions ont été fructueux avec une trentaine de navires retrouvés, identifiés et filmés. Le 4 mars 2017 c’est l’épave de l’USS Lexington, un porte-avions coulé pendant la bataille de la Mer de Corail, le 8 mai 1942, qui était découvert.

Un des Wildcat du Lexington. Notez les quatre marques de victoires et le Felix le Chat emblème de la VF-3. © Navigea

Au mois d’août suivant, c’est l’USS Indianapolis qui a été localisé à 5.500 mètres de profondeur, un record. Ce croiseur avait été coulé par un sous-marin japonais en juillet 1945 alors qu’il rentrait vers les Philippines après avoir livré Little Boy, la bombe atomique destinée à Hiroshima.

L’USS  Hornet

Début 2019, c’est donc au tour de l’USS Hornet (CV-8) d’être repéré. Bien que les coordonnées du naufrage étaient connues avec une précision raisonnable, il ne faut pas sous-estimer l’exploit de l’avoir retrouvé et filmé car l’épave se trouve par 5.400 mètres de fond, à peine 100 mètres plus haut que celle de l’Indianapolis.

Ce navire est particulièrement emblématique puisque c’est de son pont d’envol qu’en avril 1942 les B-25 commandés par James Doolittle ont décollé pour le tout premier raid aérien contre le Japon. Quelques mois plus tard, après avoir brillamment participé à la bataille de Midway, le porte-avions et son groupe aérien étaient engagés dans ce qui prit ensuite le nom de Bataille des îles Santa Cruz et le 26 octobre 1942, le Hornet attaqué et lourdement endommagé par l’aviation ennemie est alors évacué et abandonné. La mort de 140 marins, sur les 2.200 présents à bord, fut à déplorer. Il finit par sombrer le lendemain.

Le Hornet, touché par les bombardiers japonais, gite et commence à couler. © US Navy

En dépit de la profondeur, et de la pression qui s’y exerce, l’armement, les équipements de pont, semblent à peine endommagés. Les marques de certains avions demeurent parfaitement lisibles. Les photos ramenées par les sous-marins autonomes ou guidés à distances qui équipent le Petrel sont simplement stupéfiantes.

Ces découvertes spectaculaires vont permettre d’éclaircir quelques mystères des guerres aéro-navales et portent en elles des espoirs jusque-là considérés comme utopiques… Et si un jour on parvenait à retrouver l’épave de La Croix du Sud ?

Frédéric Marsaly

A propos de Frédéric Marsaly

chez Aerobuzz.fr
Frédéric Marsaly, passionné par l'aviation et son histoire, a collaboré à de nombreux média, presse écrite, en ligne et même télévision. Il a également publié une douzaine d'ouvrages portant autant sur l'aviation militaire que civile. Frédéric Marsaly est aussi le cofondateur et le rédacteur en chef-adjoint du site L'Aérobibliothèque.

13 commentaires

  • Alex MOUTET

    La profondeur et donc la pression exercée sur un navire n’agit que sur les parties étanches, lorsque l’eau s’infiltre la pression est équilibrée entre l’intérieur et l’extérieur et le métal ne se déforme pas, c’est pour ça que les épaves semblent ne pas avoir souffert de la profondeur.

  • François Brevot
    François Brevot

    Magnifique sujet. Ces épaves, ces avions nous semblent si proches. On dirait qu’ils ont quelque chose à nous raconter. Ce ne sont pas ces rares coquillages qui nous troublent. Ces chasseurs déposés au fond de l’eau comme si le temps s’était arrêté. Je suis saisi, en apercevant ce  » Félix the cat « , et ces peintures qui ont pu défier le temps passé. Sans doute, les chercheurs vont nous apprendre un peu plus dans les années qui viennent sur cette épisode de la guerre du Pacifique, sur les bâtiments de guerre. Affaire à suivre.

    • Frédéric Marsaly
      Frédéric Marsaly

      Les histoires du Hornet et du Lex sont assez connues. D’autant plus que le premier a été évacué avant le naufrage, mais – et on s’éloigne un peu de l’aéronautique – l’histoire de l’Indianapolis est une des plus effrayante de toutes. (Elle a inspiré un film avec Nicolas Cage, qui ne vaut pas tripette par contre, la scène qui en parle dans le premier Jaws/Les Dents de la Mer est juste extraordinaire.) Avoir retrouvé cette épave a été un vrai évènement !

  • Raphael SALGUEIRO
    Raphael SALGUEIRO

    Commençons par l’envoyer chercher le MH370 avant de penser à « La croix du sud »…

    • Frédéric Marsaly
      Frédéric Marsaly

      On a retrouvé l’A330 AF447, donc retrouver un 777 fait partie des découvertes techniquement envisageables aujourd’hui. Il y a d’ailleurs des enjeux énormes à ce qu’il soit retrouvé. A contrario, retrouver le vieil hydravion français, ce serait juste pour le plaisir de la découverte archéologique et à ce titre, ça se rapproche bien plus des objectifs habituels des missions du Petrel.

      • Jean-Mi

        Retrouver la Croix du Sud sera extraordinaire et permettrait de comprendre des choses, d’éclaircir des hypothèses. Le rêve de tout aéro-chéologue… Au détriment de la légende de Mermoz ? La question qui tarabustes tout archéologue…
        On a bien retrouvé Saint-Exupéry ! Ce qui a amené plus de question que de réponses, mais n’a pas entaché la légende.
        Pour retrouver la Croix du Sud, il faudrait néanmoins avoir un petit début d’idée de « ou » chercher… Pour le moment, c’est assez vaste, non ?
        Ca me fait penser à l’oiseau blanc de Nungesser et Coli du coup… Le moteur Lorraine doit-être détectable pas les sonars…

      • Frédéric Marsaly
        Frédéric Marsaly

        Je ne crois vraiment pas que découvrir la Croix du Sud pourrait porter ombrage à la légende de Mermoz… En fait, ça fait 70 ans qu’on sait que le Hornet est là, ou à peu près. Aujourd’hui, on a les moyens technique de le retrouver et de le photographier avec une précision fascinante. Dans 20, 30, 40 ans, quels seront les moyens à disposition ? ça ouvre des horizons extraordinaires, et c’est pour ça que j’ai conclu sur la Croix du Sud (qui va être très difficile à découvrir étant donné la nature de l’avion et la zone d’incertitude de sa disparition) plutôt que sur d’autres exemples plus connus, plus emblématiques ou plus récents !

      • anemometrix

        D’après « l’Histoire de l’Aviation » de René Chambre, la position transmise par le radio de « La Croix du Sud » est : « Coupons moteur arrière droit. Position 11°08 Nord, 22°40 Ouest ».
        Par ailleurs, ils transmettaient leurs positions à intervalles régulier. A partir de l’heure de la dernière, et le chronomètre, la position présumée peut être assez précise.
        Restent les courants marins …

      • Sébastien

        Pas certain qu’il y ait des enjeux énormes à ce que soit retrouver le 777 du MH370, en tout cas pas forcément pour ceux qu’on pense. Cela m’étonnerait beaucoup que les grands états au premier duquel les Etats-Unis le recherche. Quand des témoignages de maldiviens ayant vu un avion de ligne volé au large à basse altitude sont diffusés sur les grandes chaînes françaises à peine 24h après la disparition de l’avion, que les témoignages concordent par rapport à l’heure estimée de survol, et que ces vidéos sont ensuite censurées, on peut se poser la question quant à la communication officielle diffusée dans les médias.

      • Frédéric Marsaly
        Frédéric Marsaly

        Le principal enjeu est justement de mettre à bas toutes ces théories complotistes parfois un peu ridicules. L’autre raison, ce sont les familles des victimes.

      • Sébastien

        Difficile de parler complot quand des témoignages arrivent sur les chaînes info quelques heures avant l’annonce officielle de la disparition de l’avion. Ce ne sera pas la première fois que des vidéos passés sur les médias d’information n’aient le droit qu’à un seul passage et qu’ensuite, toutes les traces sont supprimées. Cela me rappelle les premières images d’un crash d’avion en pleine zone résidentiel en Chine dans les années 90. Vu en direct sur LCI (à l’époque sur TPS chez mes parents), un quartier en feu, une centaine de morts. Cela m’intriguait, ma soeur avait vécu en Chine quelques temps auparavant. C’était sur une édition de 13 ou 14h. A l’édition suivante du journal, plus rien, et plus jamais rien. Et je n’étais pas en age de me droguer. La seule piste des enquêtes officielles tient sur les données d’Imarsat, un outil technologique, fiable, neutre, apolitique, au dessus de tous les états…

  • Paul HISSON

    Pourrait pas retrouver le MH 17 …?

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