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Adieu au Super Etendard !

Quarante deux ans après son premier vol, le SEM arrête définitivement sa carrière sous les couleurs françaises. La Marine Nationale lui a rendu un dernier hommage, le 12 juillet 2016, sur la base aéronavale de Landivisiau.

13.07.2016

Le dernier envol !

Plus qu’une page qui se tourne, c’est un chapitre qui se termine, ou même un livre que l’on referme. Les trois flottilles de chasse de l’aéronavale, les 11F, 12F et 17F, évolueront désormais uniquement sur Rafale M.
Le dernier envol !
Pour marquer l’événement, l’aéronavale avait convié un grand nombre d’anciens, parmi lesquels quelques célébrités, sur la base de Landivisiau. Dans le hangar accueillant tout ce petit monde, des vendeurs d’insignes et de chemisettes, des illustrateurs, un éditeur de BD, des maquettes, mais aussi un avion accessible pour la photo souvenir et un buffet comme on en voit plus que très rarement dans les armées.
Passage d’un box de deux SEM et deux Rafale M, suivi d’un Morane Saulnier Paris, d’un Zéphyr et d’un Grumman Hawkeye. Un Crusader et un Etendard IV auraient été les bienvenus…Super Etendard de la Marine Nationale
L’avion tira sa révérence au terme d’un défilé aérien suivi d’une présentation des SEM 41 et 51 puis d’un solo du numéro 1. Avec une alternance de soleil et de nuages, les avions ne furent pas avares d’aigrettes de condensation en bout d’aile et ce fut bien joli… Les trois derniers SEM revinrent ensuite au parking et coupèrent leur réacteur simultanément. « Little », « Tristan » et « Paston », pilotes de la 17F, se partagèrent ensuite la traditionnelle bouée…
Ca y est, c’est fini ! Mardi 12 juillet : les Atar 8K50 se taisent définitivement face à la foule des invités.
La flottille 17F disposait encore de onze appareils en état de vol à l’automne 2015. Un chiffre qui était ensuite tombé à huit avions dans le courant du mois d’octobre. Les potentiels furent alors surveillés de très près de manière à préserver les appareils et à pouvoir les engager une dernière fois en opération. Ce qui fut fait dans le cadre de l’opération Chammal pendant cinq mois, d’octobre 2015 à mars 2016.
Dernière coupure des moteurs pour le SEM sur la BAN de Landivisau. Le n°1 est peint dans le schéma de peinture qui était celui des SUE à leur mise en service, en 1978.La base aéronavale de Landiviseau tourne la page du Super Etendard
De ces huit avions, cinq sont aujourd’hui encore en état de vol et seront stockés. Il leur resterait entre tous environ 200 heures de potentiel. Largement assez pour rejoindre en vol un jour ou l’autre la base de Châteaudun où ils pourront être stockés dans des hangars à l’atmosphère contrôlée. Pour en faire quoi ensuite ? Sans doute rien… L’idée d’une revente à l’Argentine, parfois évoquée, est aujourd’hui totalement hors jeu, ne serait ce qu’en raison de la fin totale du soutien industriel pour cet avion.
Yves « Bill » Kerhervé, qui a bien fréquenté le SUE pendant sa carrière dans la marine puis chez Dassault.
En retirant le SEM, la Marine salue un avion solide et bien conçu, qui a traversé les époques avec panache. Né à l’époque du Mercure et de la Renault 12, le Super Etendard a bien négocié le passage des décennies pour finalement terminer sa carrière opérationnelle dans le ciel irakien en compagnie des Rafale et autres F-22.
La force du SEM tenait dans sa polyvalence acquise au fil des ans. Les sièges éjectables ont été retirés des derniers avions présents à Landivisiau, à l’exception bien entendu des cinq derniers appareils encore en état de vol.
Son architecture simple et efficace, ses commandes de vol classiques mais très bien pensées lui ont permis d’accueillir sans traumatisme des modernisations. Le Super Etendard n’était à sa naissance qu’un Etendard auquel avait été greffé un radar optimisé pour le bombardement et la mission anti-surface. Pour dégager la visibilité du pilote à l’appontage, la nouvelle pointe avant avait été légèrement tournée vers le bas, donnant à l’avion sa silhouette légèrement courbée et finalement très gracieuse, marque de fabrique de l’appareil. A son retrait de service, porté au standard 5, il est devenu un avion remarquablement polyvalent dont le seul défaut majeur tient finalement à sa motorisation anémique.
Un hangar accueillait diverses expositions thématiques. Les cabines de SEM exposées auraient très rapidement trouvé preneur si elles avaient été à vendre…
D’ici quelques mois, la Marine disposera de trois flottilles opérationnelles sur Rafale M. Le biréacteur fera tout mieux que le SEM dans tout le spectre de mission, aucun doute là dessus. Il reste pourtant un petit caillou dans la chaussure de l’aéronavale, qui perd avec le SEM la capacité de tirer la bombe GBU-49. Une munition à guidage mixte laser/GPS, qui n’est pas à ce jour intégrée sur le Rafale. Ce dernier peut certes tirer l’AASM reprenant les mêmes modes de guidage, mais à un prix très (très) supérieur… Et c’est pour cela que le SEM est déjà regretté par certains…

Frédéric Lert

Le soleil se couche sur le dernier Super Etendard

A propos de Frédéric Lert

chez Aerobuzz.fr
Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.

10 commentaires

  • Gilles

    Adieu au Super Etendard !
    J’ai eu la chance de travailler sur le developpement du Standard 5, le SEM restera une des grandes experiences de ma carriere, un magnifique avion!

  • Lascar2

    Adieu au Super Etendard !
    Je soutiens tout à fait les messages s’étonnant de l’absence d’un SEM au défilé du 14 juillet… A deux jours près, il n’est plus en service, alors hop, à la trappe et aux oubliettes !! « Servez la France, elle vous le rendra » reste donc hélas toujours vrai ! Pourtant, le SEM décoré présent lors de son retrait suivi de 3 Rafale aurait été à la fois un belle hommage rendu à l’aéronautique française, aux plus de quarante années d’utilisation et de misions réalisées, aux pilotes l’ayant servi dont certains morts en service et un passage de flambeau avec le Rafale…. En Angleterre, cela aurait été autre chose c’est certain…. Ils rendent encore hommage au Lancaster, Spitfire et Hurricane… Et nous à quoi déjà ??

    • stanislas

      Adieu au Super Etendard !
      Je ne suis pas sûr que cette absence soit due au manque d’intérêt de la Royale pour marquer une fin de carrière en beauté car cette année à La Ferté Alais j’ai été agréablement surpris de l’importance de la participation de la Royale à ce meeting. L’organisation du défilé du 14 juillet doit dépendre de tellement de choses (et de gens) que cela ne doit pas être facile d’y insérer un truc en plus. D’ailleurs le défilé aérien est si rapide que je ne suis pas certain ce soit si grave que ça que cet avion n’y ait pas été « invité ».

  • ratel

    Adieu au Super Etendard !
    voila un vieux solide qui nous quitte!!!!! une bonne carrière le concernant . c’est ainsi.
    pour son dernier voyage , j’ai une pensée toute particulière pour tout les pilotes qui ont
    côtoyer ce super aéronef!!!!! bien amicalement à vous tous.

  • Jean-Loup FROMMER

    Adieu au Super Etendard !
    @ stanilas et Frédéric Lert
    son « Père », lors d’un meeting en 1973 sur l’ex- BAO 132 de Colmar-Meyenheim.
    Cordialement.
    Jean-Loup FROMMER

  • Jean-Marc

    Adieu au Super Etendard !
    Quelle tristesse…. c’est vraiment dommage de ne pas les avoir fait défiler une dernière fois à Paris pour le 14 Juillet !
    J’espère qu’ils ne finirons pas discrètement à la ferraille étant donné le nombre d’appareils du passé de l’aéronavale qui n’existent plus à cause de la très courte vue des
    différentes autorités de l’époque ! Quand je pense à la triste fin des Corsairs dans le parc à ferrailles de Cuers… et des Cruzes également j’ai presque la haine qui monte !!!
    Alors gardez ces SEM et pourquoi pas en faire voler un ou deux en meetings ??

    • montembault

      Adieu au Super Etendard !
      les Corsairs ont animé ma vie de marin sur le PA ARROMANCHES de 1963 à 1965!!
      Les Crusaders , nous avions éte en chercher une partie,toujours avec l’ARROMANCHES en 1964 à Norfolk(Virginie) Etats Unis!!
      Que de bons souvenirs!!

  • stanislas

    Adieu au Super Etendard !
    C’est curieux voilà plusieurs fois que vous parlez de cet avion en « laissant croire », selon moi, que l’Histoire a commencé avec le SEM. J’aimerais que l’on n’oublie pas qu’avant le Super Etendard il y a eu l’Etendard dont fut équipé le Clémenceau pratiquement au début de sa carrière. D’ailleurs je ne suis pas sûr qu’au premier coup d’oeil on puisse faire la différence entre ces deux avions.
    J’ai pu assister à bord du Clémenceau à une première en France, c’était le passage du mur du son par un avion -un Etendard- volant à quelques centaines de mètres au dessus de la mer.

    • Dominique de Champeaux

      Adieu au Super Etendard !
      Si, il est très facile au 1er coup d’oeil de différencier l’Etandard IV M du SEM. Comme dit dans l’article leurs nez sont différents.

      En revanche, ce qui m’étonne et m’attriste ait qu’il n’ait pas été considéré de leur faire effectuer leur dernier vol opérationnel au défilé du 14. Comme l’AA, qui avait retiré ainsi ses derniers Mirage F1 il y a deux ans, avec panache. À deux jours près….

    • Daniel

      Adieu au Super Etendard !
      Je veux simplement rajouter qu’à 2 jours près, cet avion qui a tant fait pour la France, aurait pu faire un vol d’adieu ce 14 juillet dans le ciel de Paris.

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