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Ukraine : Rotax se défend d’avoir fourni des moteurs pour les drones kamikazes iraniens

Sur ce plan extrait du reportage de CNN, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un moteur Rotax monté sur le drone iranien Mohajer-6. © CNN

De toute évidence, les drones iraniens Mohajer-6 utilisés par l’armée russe pour des missions kamikaze en Ukraine sont propulsés par des moteurs Rotax 912, ces mêmes moteurs qui équipent une large partie de la flotte mondiale d’ULM. Le motoriste autrichien qui prend très au sérieux cette affaire enquête pour savoir d’où proviennent les moteurs.

C’est CNN qui a révélé l’affaire. Une affaire embarrassante pour Rotax. Dans un reportage diffusé le 19 octobre 2002, présentant un drone Mohajer-6 iranien intercepté par l’armée ukrainienne à Odessa, le moteur Rotax monté dessus est clairement identifiable. Aucun doute possible. Rapidement, Bombardier Recreational Products (BRP), la maison-mère de Rotax, a tenu à se dédouaner : « Nous prenons cette situation très au sérieux. Nous avons déjà entrepris une enquête en collaboration avec nos distributeurs et nous analysons la situation avec un partenaire ukrainien pour essayer de déterminer la provenance de ce moteur. »

Sur cette image extraite du reportage de CNN on identifie clairement un moteur Rotax 912is. © CNN
Le drone iranien Mohajer-6 abattu au-dessus de la mer Noire en octobre 2022. © CNN

Une des hypothèses avancées est l’utilisation par les Iraniens de moteurs volés. Selon Rotax, au moins 130 de ses moteurs 912 et 914 ont été volés dans le monde entre 2000 et 2021. Au moins 36 ont été volés sur des ULM au Royaume-Uni. Rotax mentionne également six vols aux États-Unis, dont deux récents en Floride et en Californie.

A noter que la majorité des vols ont eu lieu il y a une dizaine d’années. C’est aussi à cette époque que la gendarmerie française a démantelé un trafic de moteurs volés sur des aérodromes et des plates-formes français. Il s’agissait d’une filière d’Europe de l’Est.

Outre des moteurs volés, il peut aussi s’agir de moteurs neufs, livrés à un tiers. Le réseau de distribution de Rotax repose sur des distributeurs exclusifs par pays. Il n’est pas toujours facile de savoir qui est l’utilisateur final.

En 2020, le motoriste autrichien a déjà été confronté à une situation analogue. C’était en Arménie et il s’agissait alors de drones Turcs Bayraktar TB2 également équipés de moteur Rotax. Dès que l’affaire a été révélée, BRP avait annoncé la suspension de ses ventes de moteurs à la Turquie.

Dans son reportage, CNN précise que le moteur est d’origine autrichienne, mais qu’on retrouve aussi dans les drones iraniens Mohajer-6 des batteries provenant du Japon ou encore des composants venant des USA.

Gil Roy

Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable est reconnue. Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

2 commentaires

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  • par Christian SOLDEVILA

    Bonjour,
    Les pignons du réducteur, le vilebrequin, l’arbre à cames , les carters moteurs sont serialisés.
    Ainsi que les carbus sur les versions non-injection.
    Par contre , la plaque à numéro principale peut être facilement enlevée.
    Il sera très facile pour l’usine de connaître leur parcours .

    Répondre
  • Depuis quand rend-on responsables les fabricants de couteaux, du fait qu’une de leur fabrication ait servi à tuer ? Idem avec les armes évidemment. Pour moi il n’y a pas de différence entre un drone kamikaze (abus de langage d’ailleurs car ils ne sont pas pilotés) aujourd’hui et les V1 allemands, hier. On compte bien d’ailleurs que les russes ne puissent plus fabriquer leurs missiles parce que les sanctions économiques mises en place atteindront la fourniture de certains de leurs composants.
    A moins que j’ai raté l’épisode qui indiquait que les moteurs autrichiens ne pouvaient être vendus à l’Iran, sous embargo aussi, auquel cas mon billet est nul et non avenu

    Répondre

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