Accueil » Geoffroy Bouvet : « Un quart des 300.000 pilotes de ligne seront sans travail à la reprise vers 2022 »

Geoffroy Bouvet : « Un quart des 300.000 pilotes de ligne seront sans travail à la reprise vers 2022 »

Les trois précédents cycles qu’a connu le transport aérien depuis la fin des années 80 permet d’imaginer l’enchainement probable des événements dans les mois et les années à venir sur le marché de l’emploi des pilotes de ligne. Pour Geoffroy Bouvet, le président de l’APNA, la solidarité est une solution pour aider les plus vulnérables à faire face à la situation.

10.05.2020

A la tête de l'APNA (Association des professionnels navigants de l'aviation), Geoffroy Bouvet veut recenser les pilotes et stagiaires pour les aider à faire face au retournement du marché de l'emploi des pilotes de ligne. © Aerobuzz.fr

Il y a eu la première guerre du Golfe qui, en 1990, est venue stopper du jour au lendemain les embauches de pilotes de ligne. Puis en 2001, ce fut les attentats du 11 septembre, et en 2008, la crise financière. Avec la pandémie de Covid-19, le transport aérien mondial est entré dans un nouveau cycle comme il en a déjà connu trois depuis la fin des années 80.

Avec le recul de ces trois précédents retournements de situation sur le marché de l’emploi des pilotes de ligne, Geoffroy Bouvet, président de l’Association des professionnels navigants de l’aviation (APNA),imagine le scénario le plus plausible quant aux conséquences sur l’emploi des pilotes de ligne. Il esquisse une stratégie pour permettre aux stagiaires de traverser la période d’incertitude à venir en mettant toutes les chances de leur côté, au moment de la reprise des embauches qui pourrait être brutale, comme cela fut le cas par le passé. Il rappelle que les périodes de plein emploi, comme celle qui s’est terminée début mars 2020, ont été jusque-là de très courte durée. D’où la nécessité d’anticiper. Il donne des pistes pour faire la différence face aux recruteurs, quand les compagnies recommenceront à embaucher. Mais pour l’heure, elles débauchent…

L’APNA a entrepris de recenser les pilotes et stagiaires en difficulté. Si tel est votre cas, vous pouvez vous inscrire ici. 

Interview réalisée le 7 mai 2020, à 10h00

Retrouvez nous en podcast et vidéo

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

18 commentaires

  • Jean paul Delevoye

    Excellent Gil le principe des interviews, et bravo pour celle-ci

  • Nicolas Combe

    Bonjour Gil et Geoffroy. J’ai ecoute votre interview avec interet, merci. A ce stade, savez-vous si le programme cadet d’Air France a ete suspendu ? Je me demandais si, de part le nombre de pilotes qui partiront a la retraite dans les prochaines annees, AF allait tout de meme continuer a recruter des cadets – la formation durant 2 ans. Merci a vous.

  • Patrick

    Je ne connais pas le marché de l’emploi de ce secteur, mais !!
    Pour intéressant que soit cet interview , M. Bouvet ne considère que la crise du virus , en se disant plus de virus donc plus de crise , donc tout redémarre comme avant, les compagnies aériennes reprennent leurs vols comme avant ( allez, on admet un redémarrage un peu mou ).
    Il fait totalement l’impasse sur le scénario pourtant très probable d’une crise économique très sévère et très longue, ce qui entraînera la faillite de la plus grande partie des compagnies aériennes.
    En ce moment, je ne miserais pas trop sur ce secteur et les jeunes ont tout intérêt à ne pas trop s’endetter et à prévoir un plan B ( se préparer au pire en espérant le meilleur )

  • Stormy
    Stormy

    Mais quel insupportable pontifiant personnage, du haut de sa position de CDB AF…. au fait Monsieur, que devient votre école Air Paris Academy de Tours, que vous avez monté l’an dernier (sélection minimale – entretien, lettre de motivation) et dont le coût était de 75 000 à 150 000 € – mais ils sont sympas, ils vous disent qu’ils ont un partenariat, avec une banque de leurs amis ….. et toujours le même discours, c’est quand il n’y a pas d’embauche qu’il faut se préparer (et dépenser la somme précitée)
    Faites l’ENAC/pilote, un point c’est tout.
    Et il continue à nous vendre son école, et passez aussi une QT…. mes amis et moi avons connu plusieurs de ces CDB AF, qui sont surtout là pour vous prendre vos sous en vous disant que c’est un « ticket d’entrée » …. à éviter absolument! Il nous parle de son idée, d’offrir des QT aux jeunes… en faisant participer financièrement ceux qui ont un emploi – et tout de suite après il nous dit en ricanant que cela ne s’est pas fait (on se demande bien pourquoi) alors pourquoi en parler ?
    Déjà il y a 20 ans on entendait le même discours…..
    Bon, je ne suis pas concerné, je suis passé par l’Ecole de l’air – et l’envie de faire pilote de ligne m’a pris après 22 ans de service. Jamais dépensé grand chose.
    Le monde civil est contrariant, en ce sens que tout est basé sur l’argent, l’argent et l’argent.

    • Jean-Luc soullier

      Mr Stormy
      Les places pilotes disponibles à l’ENAC sont insuffisantes pour couvrir les besoins. Autrefois il existait un service de formation (qu’on disait « Aéronautique » à l’époque) qui offrait un bon complément en maintenant le standard pédagogique. Les lobbyistes du genre de votre ami, là, (je n’ai surtout pas dit ni écrit qu’il était impliqué soyons bien clairs) se sont organisés pour faire supprimer ceci sous prétexte de « concurrence déloyale ». La messe est dite.

  • Christian Paris

    380 pilotes d’Air France, soit 10% des effectifs, ont plus de 60 ans.
    Ils peuvent faire valoir leurs pleins droits à la retraite et ainsi laisser la place aux jeunes pilotes.
    Voici la moitié du chiffrage -20%- couvert.
    Au fait, Bouvet qui a 64 ans va-t-il contribuer à la solidarité qu’il appelle de ses vœux ?
    CQFD

    • PIONEER300

      Helas ce n’est pas dans les gènes des pilotes AF de parler de solidarité et pourtant ce serait vraiment le moment d’en faire preuve pour ceux qui ont déjà eu cette opportunité de voler au dela de 60 ans lorsque l âge de la retraite est passé a 65 ans
      Allons messieurs ,pensez un peu a la nouvelle génération , ce sont vos enfants pour certains

    • Rantet.j

      Et pourquoi pas la retraite à 60 ans comme imposé à la fin des années 90. Cela ne coûte rien à l’ entreprise et diminue le nombre de chômeurs potentiels.Qu’attendent les décideurs pour prendre cette mesure de bon sens!

      • Pit

        Qui freine cela ? : Ceux qui veulent se faire un peu plus de fric après 60 ans mais aussi parceque à retraite ils n’existent pas d’avantage.

  • Jean-Luc soullier

    Si cela peut aider les gens actuellement en difficulté je confirme que l’embauche pilote a toujours été chaotique. De tous temps. Partout. J’ai des souvenirs très vifs de gars qui rentraient d’Afrique avec des blocs de plusieurs milliers d’heures de vol sur quadriréacteur et qui se faisaient virer comme des malpropres en sollicitant une place sur Piper Navajo. En d’autre temps des gens sur les dossiers desquels on avait écrit en gras et en rouge « Surtout Jamais! » sont passés comme des fleurs (ils on eu pleins d’ennuis mais de l’intérieur de la compagnie c’est tout de même plus facile d’avoir des ennuis). Je me souviens particulièrement d’un repris de justice (et oui je ne dirai pas ce qu’il avait fait pour protéger son anonymat) alors que la loi l’interdit dans le meme genre il faut aussi se souvenir d’un cas extrême comme le copi de la Germanwings qui avait été pris avec une licence restreinte avec les résultats que l’on sait…..
    Candidats pilotes n’oubliez jamais que l’industrie est aveugle et broie avec indifférence les individus car son propos est de générer du bien et non d’être un aéroclub de luxe pour adolescents attardés. Je lis ici des gens qui conseillent de se cultiver et de garder soigneusement des compétences latérales (ingénieur en est une bonne mais il y en a plein d’autres) et je ne peux qu’approuver chaudement cette voie de la sagesse et de la raison.

  • Bruno

    Les périodes de plein emploi sont effectivement courtes.
    Ayant connu la crise de 1979 liée à la chute du shah d’Iran, mon grand-père pilote m’avait fait cette remarque toute simple :  » c’est vrai qu’il n’y a pas de travail ; mais le jour où il y en aura, il faudra être déjà prêt » !
    Fin 1986, quand l’embauche a repris, j’étais prêt.
    La question reste d’être en état de – survivre – durant la mauvaise période, tout en supportant des dettes…

  • Daurat bernard

    Il serait bien de donner le cout réel des formations de pilote de ligne face à cet article merci

  • Rouviere

    Nous sommes en guerre, on nous l’a assez dit… . Alors, avant que les idées intelligentes de Monsieur Bouvet soient mises en application sur le terrain, ce que j’espère au plus vite, il serait bon que les stagiaires pris dans la nasse, lisent ou relisent « L’Art de la Guerre », qui leur permettra d’élaborer une stratégie de survie, avant que la nasse ne se referme définitivement.

  • Philippe

    Même chez lui il est en uniforme ?

    • Jean paul Delevoye

      C’est là le signe inquiétant
      Moi j’ai tendance à aller au boulot en civil et mettre l’accoutrement cravate galons et tout le toutim sur le parking de l’aéroport ou avant de passer le filtre.

  • JB

    En tant que jeune copilote et ingénieur aéro de formation, je trouve les propos de Mr Bouvet plein de bon sens. Mon métier d’ingénieur m’a permis de subsister le temps de trouver un emploi en ligne mais il m’a également été utile pour obtenir mon premier job face à des pilotes pourtant plus expérimentés mais moins polyvalents. Contrairement à de nombreux acteurs, Mr Bouvet refuse de faire preuve d’un optimisme irréaliste et présente les faits avec beaucoup de terre à terre. Je voyais encore ces jours derniers de jeunes pilotes fraichement sortis d’école, sans formation autre que le Baccalauréat s’auto-convaincre que le trou d’air ne serait que temporaire, mais en face, la dure réalité est pourtant criante et les licenciés s’accumulent. Il est vraiment temps que les jeunes s’apprêtant à se lancer dans une telle formation sans un plan B solide prennent pleinement conscience des coûts et risques qui y sont liés.

    De la part d’un jeune copilote non syndiqué et dont l’emploi est en péril.

    • Jean paul Delevoye

      Exactement. A mon club 2-3 jeunes ayant difficilement eu le bac se sont lancés dans le ppl pour ensuite filer CPL IRME et le reste. Aucun plan de secours.

      Ces jours-ci et pour quelques années, le plan B doit devenir le plan A, et le plan A (pilote) doit être peaufiné au chaud mais en plan B

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.