Accueil » Le coronavirus donne la fièvre au transport aérien en 2020

Le coronavirus donne la fièvre au transport aérien en 2020

L'Association du transport aérien international (IATA) estime que l’épidémie de coronavirus Covid-19 pourrait coûter environ 30 milliards de dollars au transport aérien mondial. Pour la première fois depuis la crise financière de 2008-2009, le nombre des passagers pourrait baisser en 2020.

24.02.2020

La chute abrupte de la demande résultant de l’épidémie de Covid-19 aura des incidences financières sur les compagnies aériennes, estime IATA, et elles seront graves pour les transporteurs exposés au marché chinois. © Airbus

Bien évidemment, ce sont les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique qui vont être les premières victimes du Covid-19. IATA table sur une diminution de 13 % de la demande du secteur passagers pour l’ensemble de l’année 2020. « Sachant que la croissance prévue des transporteurs de la région était de 4,8 %, l’impact net sera une contraction de 8,2 % pour l’ensemble de l’année, comparativement à 2019. Selon ce scénario, il y aurait des pertes de recettes de 27,8 milliards $ en 2020 chez les transporteurs aériens de la région Asie-Pacifique, dont une bonne partie chez les transporteurs enregistrés en Chine, qui perdront 12,8 milliards $ dans le seul marché intérieur. »

En se basant sur les mêmes hypothèses de travail, les transporteurs extérieurs à l’Asie-Pacifique devraient subir une baisse de recettes de 1,5 milliard $, en supposant que la baisse de la demande se limitera aux marchés reliés à la Chine. Ce scénario est valable tant que le principal foyer de contamination demeure en Chine.

Pour IATA, une baisse des prix du carburant contribuerait à compenser une partie des pertes de recettes. © Airbus

Au total donc, l’IATA estime les pertes totales de recettes pour le transport aérien mondial à 29,3 milliards $ ; c’est 5 % de moins par rapport à la prévision émise par l’IATA en décembre 2019. Cette nouvelle estimation aboutit à une baisse de 4,7 % de la demande mondiale. « Cette perte éliminerait complètement la croissance prévue pour l’année, ce qui se traduirait par une contraction de 0,6 % de la demande passagers dans le monde en 2020. »

L’allègement des coûts aéroportuaires contribuerait au maintien de la connectivité aérienne essentielle affirme IATA. © Boeing

L’exercice indispensable auquel se livre l’IATA est périlleux. Les experts ont pris pour modèle la précédente courbe d’impact du SRAS. « Cette courbe était caractérisée par une période de six mois de fort déclin de la demande, suivie par une période équivalente de reprise. En 2003, le SRAS a causé une chute de 5,1 % des RPK  chez les compagnies aériennes d’Asie-Pacifique. L’évaluation de l’impact de l’épidémie de Covid-19 suppose aussi que le centre de la crise sanitaire demeurera en Chine. Si l’épidémie se répand plus largement aux marchés d’Asie-Pacifique, l’impact sur les compagnies aériennes des autres régions pourrait être plus fort. »

Sans surprise, le directeur général d’IATA a déclaré : « L’année sera très dure pour les compagnies aériennes »,

Gil Roy

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.