Accueil » Le trafic marque le pas en 2019 à Toulouse-Blagnac

Le trafic marque le pas en 2019 à Toulouse-Blagnac

Nombre de passagers en très légère baisse de -0,1% en 2019, mais bénéfice en forte hausse (+10,6%). En 2020, l’aéroport Toulouse-Blagnac tourne la page de Casil Europe qui a revendu ses parts (49,99%) dans le capital de la société aéroportuaire à Eiffage.

10.03.2020

2020 marque une nouvelle étape du développement de Toulouse-Blagnac après l'intermède Casil. © ATB

L’épisode Casil Europe est clos. Il n’aura duré que quatre ans et n’a visiblement pas laissé que des bons souvenirs aux toulousains, qui donnent l’impression de vouloir rapidement tourner la page de la parenthèse chinoise. Pour preuve, Casil n’est pas cité dans le communiqué de presse qui dresse le bilan 2019 et présente les perspectives 2020. Le nom n’apparaît que quatre fois dans les 36 pages du rapport annuel et encore toutes pour annoncer l’arrivée d’Eiffage.

La nouvelle répartition du capital d’Aéroport Toulouse-Blagnac. © ATB

« Avec l’arrivée d’Eiffage dans son actionnariat, fin 2019, l’aéroport de Toulouse-Blagnac engage une nouvelle étape de son développement. Une évolution capitalistique qui voit arriver un groupe implanté de longue date en Occitanie, connaissant la plateforme toulousaine pour avoir déjà apporté son expertise sur des projets importants engagés par l’aéroport. Au sein de la gouvernance nouvellement constituée, Eiffage s’est positionné comme un acteur de long terme, privilégiant un développement équilibré. » Autrement dit, l’exact opposé de ce que fut Casil.

Le Top 15 des destinations au départ de Toulouse-Blagnac. © ATB

En 2019, Toulouse-Blagnac a marqué « une courte pause », résume Philippe Crébassa, président du Directoire d’Aéroport Toulouse Blagnac (ATB). Le trafic a quasiment été stable à 9,62 millions de passagers (-0,1%) avec une baisse du trafic international (-2%) et une hausse du trafic national (+2,5%). Parmi les faits marquants de 2019, outre le changement d’actionnaire principal, il y a l’ouverture de la base Ryanair (2 avions basés et 24 lignes). Le trafic low cost en hausse de +1,2% représente 43,4% du trafic total de la plateforme.

Le classement des compagnies aériennes opérant à Toulouse-Blagnac. © ATB

Au cours des dernières années, Toulouse-Blagnac a entamé une refonte en profondeur de son offre commerciale qui porte ses fruits. Alors que le trafic passagers a stagné en 2019, le chiffres d’affaires total a progressé de +6% à 160,6 M€ sous la poussée des activités extra-aéronautiques (+8,7%) et en particulier des activités commerciales en hausse de +25,7% à 21,5 M€. Au final, le résultat opérationnel courant du groupe ATB s’établit à 36,6 M€ en 2019, en hausse de 10,6 % par rapport à l’exercice précédent.

En 2019, ATB a investi 48,3 M€, dans son développement. En 2020, l’aéroport va aménager un nouveau poste de stationnement avions, au nord des infrastructures actuelles, d’une capacité de traitement de 600.000 passagers par an (départs et arrivées). Des travaux de réfection de la piste 14R32L (côté installations Airbus) et des taxiways attenants seront également engagés, pendant la période estivale, pour refaire à neuf la couche de roulement, la mettre en conformité avec la réglementation EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne), améliorer l’assainissement ainsi que le balisage. L’usure de la piste qui, outre le trafic commercial, reçoit l’activité Airbus, impose ce chantier : la dernière campagne de rénovation date de 2004. Enfin, après avoir fait l’acquisition en fin d’année 2019 d’une salle de peinture exploitée par Sabena Technics, ATB engagera la construction de deux nouveaux ensembles immobiliers en 2020 (livraisons prévues en 2021) : le nouveau centre de tri Fert  express pour FedEx et des locaux d’activité pour le groupe Hutchinson.

2020 verra aussi l’ouverture de la première ligne transatlantique entre Toulouse et Montréal par Air Canada . Si tout se passe comme prévu, le premier vol aura lieu le 5 juin 2020.

Gil Roy

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

2 commentaires

  • J. Tuan

    Cette baisse du trafic n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Le seul indicateur intéressant est celui de la recette unitaire. Or le très intrigant actionnaire chinois dont l’incompétence est aujourd’hui notoire, a utilisé une recette simple : le recours aux compagnies « bas-coûts / bas-prix ». Résultat ? un accroissement de la fréquentation qui a permis un moment à Toulouse de dépasser l’aéroport de Marseille. Mais à quel prix ? celui de lourds investissements en infrastructures permettant de recevoir ce nouveau flux de passagers. Mais des passagers qui ne dépensent pas ou très peu en taxi, hôtel, restaurant et achats dans les boutiques. Et plus grave, une dépendance pour Toulouse-Blagnac à ces compagnies (près de 50% du trafic). Or elles sont instables et demain peuvent décider de quitter la plateforme. Quant aux riverains, ils sont fous furieux face au surcroît de pollution (sonore et kérosène).
    Pour en savoir plus sur le scandale de la vente d’ATB à un chinois, lisez mon récit « L’empreinte du dragon » publié chez C.L.C. Editions. « La fiction n’est rien d’autre qu’une face insoupçonnée de la réalité ». (Arturo Perez Reverte).

  • Gramsch

    Non depuis Toulouse, ce n’est pas la première ligne transatlantique qu’Air Canada ouvrira.
    Dans les années 90, avant que la Cie UTA, ne rachète Air France (réalité due à la qualité de SCOP d’UTA et raison pour laquelle les salariés d’UTA ont été grugés) UTA effectuait des vols vers Newark (US) en DC 10 30.
    Si nécessaire je donnerai un copie de mon carnet de vol de l’époque.
    Luc Gramsch

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.