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Le transport aérien pourrait renouer avec les profits dès 2023

L'IATA estime que le nombre de passagers en 2022 atteindra 83% de celui enregistré en 2019. © Alain Leduc / Groupe ADP

L'association internationale du transport aérien (IATA) a réévalué ses projections sur la reprise du trafic aérien. Alors qu'elle tablait sur un retour au niveau de 2019, pas avant 2024, l'IATA voit désormais en 2023, l'année du retour à la normale. Les compagnies aériennes renoueraient également avec les profits.

« Les compagnies aériennes sont résilientes. Les passagers répondent présents en plus grand nombre. Et le secteur du cargo se porte bien malgré l’instabilité économique » résume Willi Walsh, directeur général de l’IATA.

D’après les derniers chiffres publiés par l’association internationale du transport aérien, la reprise du secteur du transport passagers est plus précoce et plus forte que prévue. En 2020, les projections prévoyaient un retour au niveau d’avant crise, au mieux, en 2025. Aujourd’hui, 2023 apparaît comme l’année charnière du retour au niveau pré-Covid. En 2023, les compagnies aériennes devraient également renouer avec les profits d’après l’IATA.

Dans la mise à jour de son étude prospective sur le redressement du secteur aérien, l’IATA évalue désormais les pertes du secteur aérien pour 2022 à 9,7 milliards de dollars, contre 11,6 milliards estimés pour cette année par l’association à la fin 2021. Sur l’année 2020, les pertes ont atteint 137,7 milliards de dollars. En 2021, elles s’élevaient encore à 42,1 milliards de dollars. Si le résultat de 9,7 milliards de dollars se confirme dollars, ce serait évidemment le signe d’une forte résilience.

« Le temps est venu pour l’optimisme, même si de grands défis demeurent sur les coûts, en particulier du carburant, et sur les restrictions encore imposées sur certains secteurs » poursuit Willie Walsh.

Pour le directeur de l’IATA, le défi majeur est de garder la maîtrise des coûts. L’augmentation des prix du carburant à hauteur de 40% en moyenne est un problème qui impacte fortement la reprise. Mais l’optimisme de l’IATA demeure solide.

Les recettes du secteur devraient atteindre 782 milliards de dollars (+54,5 % par rapport à 2021), soit 93,3 % des niveaux de 2019. Par ailleurs, les vols opérés en 2022 devraient atteindre 33,8 millions, soit 86,9% du niveau de 2019 qui avait totalisé 38,9 millions de vols à travers le monde. De la même manière, le nombre de passagers attendus en 2022 atteint 3,8 milliards, soit 83% du niveau pré-Covid.

Les revenus passagers devraient ainsi représenter 498 milliards de dollars, soit plus du double des 239 milliards de dollars générés en 2021.

Enfin, toujours d’après les chiffres de l’IATA, les recettes du secteur cargo devraient baisser légèrement en 2022, passant à 191 milliards de dollars, contre 204 milliards enregistrés en 2021. Ces chiffres sont toutefois à mettre en perspective avec ceux de 2019, lorsque le secteur cargo avait enregistré 100 milliards de recettes. En 2022, plus de 68 millions de tonnes de fret devraient être transportées par voie aérienne.

Les dépenses globales devraient passer en 2022 à 796 milliards de dollars. Il s’agit d’une augmentation de 44 % par rapport à 2021, qui reflète à la fois les coûts liés au soutien d’opérations plus importantes en nombre et le coût de l’inflation pour certains postes clés.

Avec 192 milliards de dollars, le carburant représente le principal poste de dépenses du secteur en 2022 (24 % des coûts globaux, contre 19 % en 2021). Ce chiffre est basé sur un prix moyen prévu de 101,2 dollars le baril pour le Brent et de 125,5 dollars pour le kérosène. D’après les estimations de l’IATA, les compagnies aériennes devraient consommer 321 milliards de litres de carburant en 2022, contre 359 milliards de litres consommés en 2019.

La main-d’œuvre est le deuxième poste de coûts opérationnels le plus élevé pour les compagnies aériennes. L’emploi direct dans le secteur devrait atteindre 2,7 millions, soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2021, l’industrie se reconstruisant après l’importante baisse d’activité de 2020.

L’emploi reste cependant un peu inférieur aux 2,93 millions de postes de 2019 et devrait rester sous ce niveau pendant encore un certain temps si l’on en croit les prévisions de l’association.

« L’heure est à l’optimisme, même s’il reste des défis à relever en matière de coûts, notamment de carburant, et des restrictions persistantes sur quelques marchés clés. »

Willie Walsh, directeur général de l’IATA

Malgré le retour à l’optimisme, l’IATA demeure prudente en mettant en avant certains facteurs de risques qui pourraient impacter la reprise et impacter les chiffres.

L’étude prospective de l’IATA part du principe que la guerre en Ukraine ne connaîtra pas d’escalade ni ne débordera les frontières ukrainiennes. Ensuite, les chiffres de l’étude prennent comme principe que l’inflation sera maîtrisée en 2022. Enfin, l’IATA espère que la circulation du Covid-19 ne connaîtra pas de rebond qui contraindrait les gouvernements à prendre des mesures.

Si un événement en lien avec ces trois facteurs, en particulier, devait survenir, l’IATA prévient que ses prévisions en seraient forcément impactées de manière négative.

Fabrice Morlon

Fabrice Morlon

Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

Un commentaire

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  • par Xavier Bechereau

    J’aimerais y croire. Mais l’Europe et les États-Unis sont déjà en récession et ça ne fait que commencer sans parler de l’inflation dû à l’effondrement de l’euro… la récession ne fait que commencer et sera au minimum aussi forte qu’en 1929…

    Répondre

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