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Marc Houalla quitte l’ENAC pour Paris-Orly

Celui qui a ouvert avec succès l’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) à l’international et réussi d’une manière remarquable l’intégration du SEFA (Service d’exploitation de la formation aéronautique) prendra, le 15 octobre 2017, la direction de l’aéroport Paris-Orly. Les challenges que Marc Houalla aura à relever sont à la hauteur de cet expert du secteur aéronautique, doublé d’un grand manager.

30.08.2017

A 56 ans, Marc Houalla accepte de relever un nouveau défi. © H. Ressayres / ENAC

Les chasseurs de tête d’ADP ne se sont pas trompés. Ils ont visé juste en proposant Marc Houalla comme directeur de l’aéroport Paris-Orly. Il faudra en effet plus qu’un gestionnaire d’infrastructures aéroportuaires pour réussir la modernisation du deuxième aéroport français et l’augmentation de ses capacités d’accueil. La pente est raide et le savoir-faire et l’énergie du patron sortant de l’ENAC seront nécessaires pour emmener les équipes d’ADP-Orly jusqu’au sommet.

SEFA-ENAC, double casquette

A l’ENAC, ceux qui ont travaillé avec lui reconnaissent que Marc Houalla a fait du « très bon boulot ». Il a été nommé à la direction de cette prestigieuse école fin 2008. Toutefois deux ans plus tôt, il était devenu chef du SEFA, le service en charge de la formation pratique des pilotes. Jusqu’en janvier 2011, il cumulera ainsi les deux fonctions, ce qui lui permettra d’englober le SEFA dans l’ENAC.

Là non plus, la partie n’était pas gagnée d’avance. Sans faire offense au personnel du SEFA, ce service vivait dans le souvenir de sa splendeur passée quand il formait des bataillons de pilotes de ligne pour le compte d’Air France. Une poignée d’élèves pilotes de ligne, les légendaires « EPL », recrutés sur concours par l’ENAC, permettaient d’entretenir le mythe et de conserver un niveau pédagogique d’excellence. Quelques étrangers aussi… C’était un peu juste…

Au pied du mur

Marc Houalla a eu le courage de mener avec succès une refonte qui s’imposait mais que ses prédécesseurs avaient prudemment repoussée. La réforme, il l’a menée, non pas contre, mais avec le personnel. Il a fait accepter une nouvelle organisation plus opérationnelle et réactive et une baisse significative des effectifs de 540 à 360 agents par le non remplacement des départs à la retraite. Il s’est impliqué personnellement, en suivant chaque dossier, et en se retroussant les manches. Sa marque de fabrique.

Ses équipes lui reconnaissent une forte capacité de travail et un sens de l’initiative. « Il ose prendre des risques et ne raisonne pas en termes de carrière ». Le personnel d’ADP-Orly qui s’apprête à l’accueillir est prévenu. « Il sait faire confiance et laisse place à l’initiative, tout en couvrant ses collaborateurs », reconnaît un de ses anciens subordonnés. Marc Houalla sait aussi s’entourer.

L’ENAC dans la cour des grandes

Si l’intégration du SEFA au sein de l’ENAC est un des succès à mettre à l’actif de Marc Houalla, le principal, sur les dix dernières années de sa carrière, demeurera sans doute d’être parvenu à hisser l’ENAC au niveau des plus grandes écoles aéronautiques de la planète. Son élection au comité directeur du programme « Trainair Plus » de l’OACI , début 2017, est une preuve de la crédibilité acquise.

Partenariats tous azimuts

Pour réussir sa mondialisation, l’ENAC s’est associée aux plus grandes écoles françaises d’ingénieurs et a multiplié les partenariats internationaux. L’un des plus récents (décembre 2016) a été conclu avec l’Airport Authority Hong Kong (AA) en vue de la création de la Hong Kong International Aviation Academy ; des contrats qu’il faut aller chercher sur place et pour lesquels la concurrence est rude. En parallèle, l’école ne cesse d’étoffer son offre de formations pour coller au plus près des besoins des entreprises de l’aéronautique. La multiplication des chaires spécialisées en est une illustration.

Vous l’aurez compris, c’est un manager qui débarque à Orly. Reste maintenant à la DGAC de trouver le remplacement de Marc Houalla à la tête de l’ENAC. Elle pourrait peut-être demander, un coup de main, aux chasseurs de tête d’ADP.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

4 commentaires

  • cambrouse

    Diminuer les effectifs d’1/3, c’est vraiment du « très bon boulot ». J’aime cette prise de risque qui n’implique que la carrière des autres…

  • filias.dom@free.fr

    pourquoi aller chercher ailleurs des compétences que l’entreprise peut assumer? encore un directeur qui va plomber la masse salariale….
    A moins qu’il ne vienne pour la dégraisser justement…
    et / ou
    A moins que les recrutements récents assurent à Vinci la compétence pour devenir l’actionnaire majoritaire de l’entreprise

    par contre au niveau parité, l’entreprise est à la rue!!!!
    à suivre !!!!

  • Pierre

    Alors celle là mon Gilou,
    cette grande nouvelle va faire ma journée aéronautique,
    Merci pour cette immense pertinence journalistique 🙂
    Comme on dit chez les British, c’est du relevant tout juste suitable…
    C’est à la hauteur de l’info qui consiste à éventer que Meyer passe sa SET TBM et que AIRBUS va produire des avions électriques à base de carbone 14…:)
    J’aime bien votre site, je m’y rends souvent, ça me détends 🙂
    Pierre

  • Michel Roy

    Allez M Roy dites donc défi plutôt que « challenge ». Au fait comment prononcez-vous? Chat-lange, chat-linge, tcha-lange, tcha-linge. Défi est simple, percutant et sans embûche..

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