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Une partie du moteur de l’A380 d’Air France retrouvée sous 4 m de glace

Contre toute attente, un morceau de titane de 150 kg environ (1 m3) appartenant au moteur de l'A380 d'Air France endommagé en vol le 30 septembre 2017, a été retrouvé enseveli sous environ 4 m de neige et de glace sur la calotte glaciaire du Groenland.

1.07.2019

C'est un élément de titane de 150 kg mesurant environ 1 m3 appartenant au moteur de l'A380 d'Air France que les chercheurs danois ont remontés à la surface de la banquise. © GEUS

C’est une véritable prouesse technologique qu’a réussie la Commission géologique du Danemark et du Groenland (GEUS). Au cours de la quatrième campagne de recherche sur la calotte glaciaire groenlandaise pour le compte des autorités danoises et françaises chargées des enquêtes de sécurité, elle a en effet exhumé une pièce appartenant au moteur endommagé de l’A380 d’Air France.

AF066 : les débris du moteur de l’A380 d’Air France localisés

Ken Mankoff, le chef de la mission de la GEUS ne cache pas sa satisfaction. « La phase de recherche a duré plus de 13 semaines au Groenland, dont 7 semaines à camper sur la banquise, à travailler dans un champ de crevasses à pied, en motoneige et robot, à effectuer des opérations de nuit, avec des risques d’ours polaires, à des températures allant jusqu’à -35 ° C, et des tempêtes de vent allant jusqu’à 25 m / s, avec des rafales pouvant atteindre 32 m / s ».

Il a fallu creuser un puit de 4 m de profondeur dans la glace pour atteindre la pièce du moteur de l’A380 d’Air France. © GEUS

La recherche a commencé dans une zone de 3 km sur 5 km, mais s’est concentrée sur quelques points du sud du Groenland identifiés à partir d’une recherche aéroportée effectuée par l’ONERA.

« Pour la campagne de 2019, nous avons fait appel à Polar Research Equipment et à son robot Frosty Boy afin de nous permettre de travailler en toute sécurité dans le champ des crevasses. Nous avons également fait appel au groupe de géophysique de l’Université d’Aarhus qui nous rejoint avec son instrument électromagnétique transitoire (TEM), normalement utilisé pour la cartographie des eaux souterraines. Aarhus a construit une version spéciale, SnowTEM, que nous pouvions remorquer en motoneige sur la glace. FrostyBoy et SnowTEM ont permis de détecter la pièce », raconte Kenneth Mankoff.

La pièce du moteur de l’A380 a été retrouvée au milieu d’un champ de crevasses recouvertes de neige, ce qui les rendait invisibles aux yeux de l’équipe. Celle-ci a néanmoins été capable de se déplacer en toute sécurité dans la zone grâce au robot Frosty Boy et à son radar de pénétration du sol (GPR) utilisé pour détecter et marquer les crevasses.

La phase d’extraction a nécessité deux jours de creusement. L’équipe a utilisé des scies à chaîne, des pelles, un palan électrique et un appareil de chauffage pour creuser et faire fondre la glace qui enchâssait la pièce de titane.

Les travaux ont été commandés par les autorités danoises et françaises d’enquête de sécurité, et les Français superviseront l’analyse ultérieure de la pièce trouvée.

Aerobuzz.fr

Ultime campagne de recherche des débris du moteur de l’A380 d’Air France au Groenland

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

3 commentaires

  • ZAMORA

    Bravo aux équipes. Espérons obtenir des informations complémentaires sur les causes de cette dislocation.

  • Dan

    Bravo,cela prouve que les autorités ne laissent pas les affaires en suspend comme souvent dit.
    Ce robot est vraiment une réussite technologique.Il démontre là son utilité.

  • stanloc

    Remarquable. Impressionnante cette réussite. Bravo Messieurs.
    Comme quoi la précision avec laquelle il a été possible de concentrer les recherches a pu être déduite par « simple » estimation du suivi du vol de l’avion. Dommage que ce ne fut pas le cas pour d’autres accidents.

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