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Le BEA confirme les causes de l’accident de Renaud Ecalle

Dans un rapport de 32 pages, le Bureau d’enquêtes et d’analyses détaille les circonstances de l’accident qui a coûté la vie à Renaud Ecalle et à ses proches, le 3 octobre 2010. Les causes ont été clairement identifiées. Une fois de plus, le facteur humain a été déterminant.

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Tous les accidents d’aviation générale ne font pas l’objet de la publication d’un rapport aussi détaillé que celui de Renaud Ecalle, survenu le 3 octobre 2010. Surtout quand les causes sont aussi évidentes. Mais la notoriété du pilote et les conditions du drame qui a ému la communauté aéronautique dans son ensemble ont sans doute encouragé le BEA à faire un exemple. Ce rapport sans appel sonne comme une mise en garde adressée à tous les pilotes.

Selon le BEA, « l’accident résulte, d’une préparation du vol insuffisante, d’un choix de l’aérodrome de déroutement basé sur des considérations logistiques ayant amené le pilote à poursuivre le vol dans des conditions météorologiques très dégradées et incompatibles avec l’équipement de l’avion, d’une série de décisions qui rendaient impossible l’arrivée de jour à l’aérodrome de déroutement en raison de la sous-estimation de la composante de vent de face ». Et le rapport de conclure que « l’excès de confiance du pilote dans ses capacités, associé à des pratiques d’évolution en dehors du cadre réglementaire, ont contribué à l’accident ».
Image radar des précipitations à 17 h 35 et trajectoire du F-BKBZ
Le Jodel DR1050 « Ambassadeur » F-BKBZ avec ses quatre occupants « a heurté le relief en descente rectiligne, dans la couche nuageuse », indique le BEA qui souligne qu’ « aucun document météorologique n’a été retrouvé à bord de l’avion ». Un pilote de l’EVAA, interrogé par les enquêteurs affirme que Renaud « consultait principalement les METAR et utilisait rarement les cartes de prévision TEMSI, de vent et les TAF. Il manifestait peu de confiance dans les prévisions météorologiques ». Il ajoute que Renaud « avait pour habitude d’utiliser son iPhone pour obtenir ces informations en vol ». Les enquêteurs ont noté que « la fonction internet du téléphone a été utilisée pendant la majeure partie du vol ». Ils concluent que « l’utilisation en vol de son iPhone, avec possibilité de consulter des informations météorologiques, de communiquer et éventuellement d’utiliser d’autres applications telles que le positionnement, pouvait lui donner un sentiment de sécurité supplémentaire ».

Il ressort de ce rapport (ci-joint) que cet accident est atrocement banal dans ses causes. Il est pourtant arrivé à l’un des plus extraordinaires pilotes. Cela devrait faire réfléchir chacun d’entre nous…

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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