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L’aéroport de Bordeaux passe le cap des 5 millions de passagers

L’aéroport de Bordeaux a le vent en poupe. Mais les bons résultats enregistrés en 2015 encore (+7,6%) ne doivent pas masquer les défis qui l’attendent dans un futur proche. A commencer par la mise en service de la LGV entre Paris et la Gironde…

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Bordeaux a vu l’ouverture de 8 lignes internationales entre mars et août 2015
© Aéroport de Bordeaux

L’aéroport de Bordeaux Mérignac connaît un spectaculaire décollage depuis 2009 : +61% de passagers sur les sept dernières années, avec pour la première fois en 2015 le franchissement du seuil symbolique des 5 millions de passagers. Avec très exactement 5.289.638 passagers, Bordeaux revendique la plus forte croissance de trafic (+7,6% l’an dernier) parmi les aéroports régionaux français.

Trafic passagers 2015 à Bordeaux-Mérignac
TraficNombre de passagers2015/2014
National2.825.000+2,2%
International2.465.000+14,6%
Total5.290.000+7,6%
Low cost2.217.000+11,6%

Aucun doute sur l’origine de ces bons résultats : depuis 2009, Bordeaux a vu son trafic international doubler, principalement grâce à l’implantation de compagnies à bas coût (Easyjet, Ryanair, Volotea, Vueling etc.) et la mise en service du terminal Billi qui leur est consacré. Pour la seule année 2015, le « low cost » représente un peu moins de la moitié du trafic, avec à la clef une croissance qui reste vigoureuse : +11,9% sur un an.

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En 2015, easyJet affiche à Bordeaux une croissance de son trafic de +52%, soit 162.204 passagers de plus qu’en 2014.
© Aéroport de Bordeaux

Pour 2016, l’aéroport de Bordeaux prévoit l’ouverture d’une dizaine de nouvelles lignes, avec une fois de plus Easyjet, qui desservira quatre villes supplémentaires, comme locomotive de la croissance. Le tableau est donc flatteur, mais on sait bien à Bordeaux que la fête ne va pas durer éternellement. Pas même jusqu’à la fin de la décennie… Car dès l’année prochaine, la mise en service de la LGV (Ligne à Grande Vitesse) entre Paris et la capitale girondine va venir bousculer l’équilibre économique de l’aéroport. Après cinq ans de travaux, la LGV placera Bordeaux à deux heures de TGV de Paris, contre un peu plus de trois heures aujourd’hui.

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Bordeaux fait preuve d’une belle croissance ces dernières années. Mais gare au choc avec l’arrivée annoncée de la LGV en 2017, qui placera Bordeaux à deux heures de Paris en train.
© Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

En 1981, Lyon avait été la première métropole régionale à subir l’effet TGV : le passage à deux heures de train, de centre à centre, avait alors complètement laminé le trafic aérien. Bordeaux pourra-t-il échapper à la malédiction ? « Oui, à condition de s’y préparer » répond Pascal Personne, directeur de l’aéroport. Cette préparation doit obligatoirement se faire avec Air France, dont la Navette vers Paris sera la plus impactée par l’arrivée de la ligne TGV. La Navette représente à elle seule 20% du trafic de l’aéroport, avec près d’un million de passagers par an. « Nous nous attendons à une perte de trafic, mais on ne descendra pas à 100.000 passagers » pronostique Pascal Personne. On lui souhaite. Mais de quelles armes disposent Bordeaux et Air France pour la bataille qui s’annonce entre l’aérien et le ferroviaire ?

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Air France représente 43% du trafic de l’aéroport. Une première place loin devant Easyjet (25%), mais cette dernière continue d’ouvrir des lignes et connaît une croissance à deux chiffres…
© Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Les deux acteurs ne souhaitent pas dévoiler trop tôt leurs batteries. On peut toutefois remarquer qu’en l’absence actuelle de compétition de la part des low cost, et en particulier d’Easyjet, la Navette est sans doute très rentable pour Air France. La compagnie nationale dispose donc certainement d’une marge de manœuvre en terme de tarifs. « Air France croit en son potentiel à Bordeaux et vient de rénover son salon d’accueil  » fait d’ailleurs remarquer Pascal Personne.

L’aéroport devrait lui-même s’engager dans une projet ambitieux de création d’une nouvelle zone commerciale et d’attente de 5.000m2 qui serait installée côté piste, entre les halls A et B actuels. Cette zone regrouperait l’ensemble des Postes d’Inspection Filtrage des deux halls et serait un point de passage unique pour les passagers. Le terminal Billi, récemment agrandi, conserverait son autonomie de fonctionnement. Des efforts vont également être réalisés sur la desserte de l’aéroport, avec notamment le prolongement du tramway (attendu pour 2019), la création d’une ligne de bus directe vers le réseau SNCF et la création d’ouvrages d’art pour fluidifier le trafic routier vers l’aéroport. Rendez vous en 2017 pour voir si les digues tiendront…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

5 Commentaires

  • gerard weber

    Bravo, c’est une belle performance...
    Il faudrait simplement faire sur cet aéroport les quelques aménagements manquants, en particulier sur le terminal Billi où les passagers, tant à l’aller qu’au retour doivent se faire tremper et patauger en cas de pluie.
    Ce n’ est pas digne d’un aéroport où on prend les passagers en considération.

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    • a

      Ça permet d’économiser les coûts d’une passerelle... Low Cost, ça implique d’éliminer ce qui n’est pas strictement nécessaire je suppose.

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    • gerard weber

      Je ne parlais pas des passerelles bien sûr très onéreuses, mais simplement des accès extérieurs pour lesquels one couverture entre l’ aérogare et Billi serait la bienvenue (en bois d’arbres locaux pour que cela reste low cost.....)

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  • lavidurev

    Plutot que voulor s acharner sur NDDL, ne serait il pas preferable et surtout plus rentable de lui preferer une plateforme deja existante comme Bordeaux ?

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  • Francesco 2

    Combien de millions de passagers faut-il qu’une plate-forme provinciale Française atteignent pour prétendre accueillir l’A380 ? Pourquoi Belfast et Francfort le peuvent et non Nice et Bordeaux ? Pourquoi refuser 2 destinations supplémentaires à notre géant des airs ? Air France semble exercer un gros pouvoir de nuisance sur le développement de l’aérien français, Est-ce une erreur que de le penser ? Ouvrons un nécessaire débat.

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