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Coavionnage 5/5 : Le retour d’expérience des pilotes Wingly de Saint-Omer

Les vols Wingly n'échappent pas à la possibilité que rien ne se passe comme prévu. Qui plus est dans une région où la météo n'est pas toujours favorable au VFR. Changement de programme de dernière minute, annulation du vol, remboursement des passagers,… la plateforme épaule les passagers et le pilote. Vécu…

24.08.2021

LA licence passager de la FFA permet de reprogrammer un vol qui n'a pas pu se faire dans la limite de 45 jours à partir de la date du vol initialement prévu. © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

L’itinéraire tracé, la météo vérifiée, tout est mis en œuvre par le pilote pour que le vol proposé sur le site non seulement corresponde à celui entrepris mais aussi que celui-ci se passe dans les meilleures conditions. Mais comme dans toute navigation VFR, il peut arriver parfois que tout ne se passe pas comme prévu, même pour un vol Wingly.

Le président de l’aéro-club de Saint-Omer, l’un des trois pilotes du club estampillés Wingly, en a fait les frais lors d’un vol prévu pour le mois de juin 2021. La météo des Hauts-de-France est changeante et capricieuse. En vol avec trois personnes à bord, la situation météo se dégrade rapidement et nécessite de se dérouter pour revenir au terrain. Le pilote conviendra d’un nouveau rendez-vous, dans la limite des 45 jours de la validité de la licence FFA souscrite par les passagers, pour effectuer un nouveau vol avec les trois passagers.

L’expérience Wingly au sein de l’aéro-club de Saint-Omer est concluante. Même s’il arrive que les vols ne se passent pas tout à fait comme prévu. © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

En préparant un vol prévu à l’automne 2019, les données météo prises la veille du vol sur Aeroweb et d’autres applications météo, semblent favorables, malgré l’arrivée imminente d’une perturbation venant d’Angleterre. Comme ma navigation passe par Boulogne-sur-Mer puis Calais, avant de partir en vol, je consulte les ATIS du Touquet et de Calais. Fragmenté à 3.000 ft, ça devrait aller, mais toujours se méfier du bord de mer.

Au décollage depuis Saint-Omer, tout se passe comme prévu, mais arrivé à hauteur de Licques, à mi-chemin entre le terrain de départ et Boulogne-sur-Mer, le plafond semble descendre au-dessous des 2.000 ft de notre altitude de croisière. Toute la Côte d’Opale paraît concernée par cette bande de nuages qui plonge vers la mer. Pas d’hésitation, j’informe les deux passagers de mon choix, en l’expliquant. Demi-tour pour rentrer à Saint-Omer.

Un peu déçus, mes deux accompagnants comprennent et respectent mon choix, tout en se réjouissant d’avoir pu voler 40 minutes sur les 80 initialement prévues. C’est la première fois que je rencontre cette situation lors d’un vol Wingly et, comme les passagers ont payé, tout comme moi, pour 80 minutes, il faut les rembourser.

François Mobailly, le président de l’ACSTO, s’apprête à partager son vol avec trois passagers vers la baie de Somme. © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Wingly envoie plusieurs mails au pilote avant le vol pour rappeler la réservation, puis après pour vérifier avec lui que le vol a bien eu lieu et ainsi débloquer le paiement. En suivant le lien du mail, j’envoie un message à Wingly pour faire part de la modification du vol. A peine 30 minutes après l’avoir envoyé, Théobald Ethis de Cornu, le responsable des opérations chez Wingly, m’appelle pour confirmer que nous avons écourté le vol. Deux jours après, les passagers étaient remboursés.

Du côté de l’association qu’est l’aéro-club de Saint-Omer, le retour d’expérience sur le programme Wingly est plutôt positif.

Pour l’aéro-club de Saint-Omer, les vols Wingly permettent avant tout de faire connaître son activité et aux pilotes de partager la passion du vol et de l’aéronautique. Pour le même prix, les pilotes volent ainsi plus longtemps, gagnant en expérience et en sécurité. Les deux avions volent aussi quelques heures en plus, soit en moyenne 23 heures sur l’année, depuis la mise en place du programme Wingly en 2019.

L’impact des vols Wingly sur les autres activités de l’ACSTO, tels les baptêmes de l’air, est restreint. Les vols à frais partagés élargis sont considérés comme venant en complément des baptêmes de l’air, désormais désignés « vols découvertes. »

Le vol découverte est réglementairement limité à 30 minutes maximum dans un rayon de 40 km et les conditions à remplir par le pilote sont strictes : 200 heures de vol depuis l’obtention de la licence et une expérience de 25 heures minimum dans les 12 derniers mois.

Pour les pilotes, même si les conditions pour accéder aux vols Wingly sont moins strictes, les responsables de l’aéro-club veillent au respect de la sécurité et de la réglementation, notamment en matière d’emport passager (trois atterrissages et trois décollages dans les trois derniers mois). Par ailleurs, le vol Wingly est entrepris à titre privé, alors qu’un vol découverte est mené dans le cadre d’un aéro-club : la somme d’argent reçue pour le vol va directement dans les caisses de l’association et le pilote ne participe pas financièrement aux dépenses liées au vol.

La météo capricieuse des Hauts-de-France m’a contraint a reprogrammer un vol sur trois. © Fabrice Morlon / Aerobuzz.fr

Aussi, les passagers des vols découvertes ne sont pas les mêmes que ceux des vols Wingly.

« La typologie de passagers est différente si l’on compare les vols découverte et les vols Wingly » explique François Mobailly, président de l’aéro-club de Saint-Omer (ACSTO), « pour les vols découvertes, à durée réduite, nous avons des passagers qui découvrent le vol, qui montent pour la première fois dans un avion et qui ont souvent l’appréhension de la découverte. » Pour les vols Wingly, en revanche, les passagers sont souvent expérimentés : « les vols sont le plus souvent réservés pour deux passagers, dont au moins l’un d’entre eux a déjà volé. Les passagers Wingly veulent aller au-delà des 30 minutes limitées par le vol découverte. »

Pour le moment, aucun des autres membres de l’ACSTO n’a encore manifesté son intérêt pour les vols Wingly. « De jeunes pilotes arrivent bientôt à maturité après le PPL » s’enthousiasme le président de l’ACSTO, François Mobailly, « je ne manquerai pas de les inviter à envisager la possibilités des vols à partage de frais élargi ! »

Fabrice Morlon

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A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

4 commentaires

  • stanloc

    Question : Y a t’il d’autres plateformes que Wingly pour gérer ces promenades en frais partagés ?
    Si oui est ce qu’un comparatif sur les frais de participation a été publié et par qui ?
    Il serait intéressant que certaines propositions de promenades soient faites en avion biplace car je vois une difficulté à faire coïncider l’emploi du temps de 4 personnes avec une météo propice à un vol VFR agréable.
    Merci

  • fildru

    Entre brave honnêteté de l’aeroclub et météo capricieuse du vfr, pourquoi ne pas faire payer qu’un accompte avant la fin du vol ? Comme des travaux de cuisine !

  • Afterburner

    « entre le terrain de départ et Boulogne-sur-Mer, le plafond semble descendre au-dessous des 2.000 ft de notre altitude de croisière. »
    Bigre, le plafond semble descendre…Il n’est pas interdit d’aller voir si cette dégradation se confirme. Voler sous 2000´ c’est pas encore dramatique.

  • Hedi

    Merci pour ce partage d’expériences !

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