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Un plan ambitieux de l’EASA pour la sécurité en aviation générale en Europe

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié son plan européen pour la sécurité aérienne pour la période 2021-2025. Prenant en considération l'impact fort de la crise sanitaire, le document présente les priorités stratégiques à travers 170 actions en faveur de la sécurité aérienne.

29.01.2021

Malgré la crise, l'EASA a relevé une hausse de 5% du nombre de licences de membre d'équipage en 2020. © EASA

La 10ème édition du plan européen pour la sécurité aérienne « définit les priorités stratégiques et les moyens de leur mise en œuvre, ainsi que les principaux risques affectant le système aéronautique européen, tout en définissant également les actions nécessaires pour atténuer les risques, dans le but primordial d’améliorer encore la sécurité aérienne. »

Le plan regroupe 170 actions, « parmi lesquelles les actions de réglementation ont été révisées pour alléger la charge de travail des parties prenantes pendant la crise sans précédent à laquelle le secteur de l’aviation est actuellement confronté. « 

Hausse du nombre de licences

Malgré la crise sanitaire, le nombre de licences de pilotes en 2020 a atteint 237.316 contre 225.303 en 2019, soit une augmentation de 5,3%. En 2020, les licences de pilote avion sont en augmentation de 2% (183.125) par rapport à 2019, 1,4% pour les hélicoptères (15.461) et 27% pour les licences de pilote montgolfière et planeur (38.730). En revanche, en un an, 62 ATO ont fermé.

Malgré des chiffres globalement satisfaisants, l’EASA s’attend toutefois à constater leur baisse en 2021 avec un besoin moindre en pilotes professionnels.

D’après les chiffres de l’EASA, en 2019, 37 accidents ont causé la mort de 70 personnes en aviation de loisir en Europe uniquement pour le vol moteur, à l’exclusion des aéronefs légers, planeurs et aérostats (dont 12 en France). La moyenne annuelle entre 2009 et 2019 en Europe se situait à 82 décès.

Les trois causes principales identifiées, et sur lesquelles veut travailler l’EASA, sont la perte de contrôle en vol suite à une position inusuelle, les collisions avec le terrain et les collisions en vol avec des obstacles.

L’agence européenne insiste sur le nécessaire entraînement aux positions inusuelles, à l’application des procédures en cas de panne moteur et à l’étude détaillée de la météo.

L’EASA dit vouloir faciliter l’installation d’un avertisseur de proximité avec d’autres aéronefs (désignés sous le terme « iConspicuity » selon l’appellation récente de l’EASA) à bord de tous les aéronefs EASA et travailler à la validation d’un système qui permette aux différentes solutions de communiquer entre elles.

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L’agence européenne étudie la faisabilité réglementaire et pratique pour l’installation d’un enregistreur de paramètres de vol pour les avions légers. Ces actions de sécurité dans ce domaine « visent à améliorer la localisation d’un aéronef en détresse, à améliorer la disponibilité et la qualité des données enregistrées par les enregistreurs de vol ».

En matière de formation et de licences, l’EASA souhaite moderniser et simplifier les deux sujets en se basant largement sur les systèmes TEM (Threat and Error Management) et CBTA (Competecy-Based Training and Assessement).

A l’horizon 2025, l’obtention d’une licence de pilote (PPL et LAPL) sera simplifiée, rendue à la fois plus légère et meilleure tout en prenant en considération les nouvelles technologies (aviation électrique).

Les exigences seront revues sur certains points du LAPL et du PPL, comme pour la qualification linguistique et les qualifications de type et de classe. L’EASA évoque aussi la création d’une qualification montagne pour hélicoptère.

Pour les instructeurs, l’agence européenne envisage la création d’un LAFI (Light Aircraft Flight Instructor) pour les LAPL exclusivement. L’EASA souhaite harmoniser le mode opératoire des examinateurs (FE) au sein de l’Europe. L’EASA mettra à leur disposition un site Internet dédié, un manuel de l’examinateur, des guides, cheklists et formulaires d’examen standardisés.

Fabrice Morlon

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A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

10 commentaires

  • Lavidurev

    « C est pas parcequ ils sont nombreux à avoir tort qu ils ont raison » Coluche

  • totoro

    la FAA propose une prime pour l’installation d’incidencemètre, le décrochage représentant 70% des pertes là bas, on qq chose comme ça ici ?

  • lavidurev

    Ameliorer la securite avec des appareils c est tres bien d autant que l augmentation des carburants impacte inversement le nombre d heures de vol par pilote et reduit ainsi l experience en vol qui partant diminue cette meme securite. Ceci explique peut etre cela.

    • stanloc

      Oui mais ces appareils vont être coûteux donc cela augmentera le prix de l’heure de vol et donc les pilotes voleront encore moins ce qui augmentera les risques d’accidents . CQFD
      Il est déjà complètement débile d’avoir du équiper les ULM d’un transpondeur.

    • Jean-Mi

      Et si on revenait à des avions simples et légers ?
      On m’a dit il y a déjà très longtemps que pour se tuer en D112 fallait le faire exprès, par exemple. Et ce n’est pas totalement faux… Un avion très simple, léger, robuste, sain, facile, avec un petit moteur largement suffisant. Qui se pose et décolle de partout, donc en particulier en campagne si besoin…
      Ou sont ces avions ? Ou sont les D112, les Piper J3, etc… Bref, cette catégorie d’avion école biplace légers, avec 65 chevaux, lents mais maniables, sains et fiables mais demandant à être pilotés un peu finement.
      Bref, des avions qui font des pilotes qui prennent du plaisir.
      Il ne me semble pas difficile aujourd’hui de refaire en version moderne ces avions : il suffit de certifier un ULM ! (genre Zlin savage au hasard). Modernes avec des moteurs d’aujourd’hui silencieux, avec deux instruments, des structures hyper simple, une aérodynamique ne cherchant pas mach 2, etc…
      Bref, des avions qui coûtent pas cher à acheter, entretenir, et stocker. Avec lesquels on va voler beaucoup et souvent.
      C’est bien le but non ?

  • woodplane

    Faut bien qu’ils s’occupent!

    • Jean Baptiste Berger

      Ben oui !
      Surtout que maintenant que l’aviation tourne à moins de vingt pour cent de ses capacités, alors vite vite il faut trouver des thèmes de remplissage de papier pour justifier ces braves gens, sinon ils risquent de subir aussi les plans sociaux qu’on voit partout dans ce secteur….
      Ah non, c’est vrai, j’oubliais qu’eux ils font partie des « activitės essentielles » !
      😷😂

      • Gauthier

        Je ne suis pas inquiet pour eux, ce sont des fonctionnaires européens, aucun risque de plan social…
        Comme dit le proverbe : l’oisiveté est mère de tous les vices !

  • Philippe

    Une mesure surement efficace : enlevez les taxes enormes sur le fuel ce qui ferait baisser fortement baisser le prix de l hdv et les gens voleront plus. Mais ca arrivera jamais.

  • Fbs

    On craint le pire…

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